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Syrie, août 2011 : sang et colère

Ecrit le 13 juillet 2011

Les deux hommes qui en cachent 500 000 autres

Le ministère syrien des Affaires étrangères a convoqué dimanche 10 juillet les ambassadeurs américain Robert Ford et français Eric Chevallier pour protester contre leur visite sans autorisation dans la ville rebelle de Hama (nord), dans cette cité assiégée par l’armée syrienne.

Le régime syrien est totalement aveugle. Il a vu ces deux hommes à Hama. Il n’a pas vu, à Hama, les 500 000 Syriens qui y manifestaient, qui re-disaient, encore et encore, leur rejet absolu du régime.

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Répression en Syrie

C’est depuis le 15 mars que les Syriens sortent dans la rue, meurent, enterrent les leurs et reprennent la rue. Cela fait des mois que le régime réprime avec férocité en escomptant une usure de la contestation. Selon des ONG, il y aurait déjà eu 1300 morts. Cela fait des mois qu’il est manifeste que cette politique ne mène nulle part…, hormis de préparer le terrain à l’ingérence étrangère.

Car il faut le dire et le répéter : ceux qui sont dans la rue réclament la liberté et des droits fondamentaux, ils ne sont pas demandeurs d’intervention étrangère. C’est le régime de Bachar al-Assad qui, dans une logique parfaitement tordue, cherche une intervention extérieure qui donnerait une légitimité à sa course folle vers la destruction de la Syrie.

La contestation en Syrie n’est pas télécommandée par la CIA, elle est bien le produit de la maturité politique des Syriens, de leur rejet de la brutalité d’un régime fermé sur lui-même, continuant à réprimer et à chercher à faire un procès en trahison à ceux qui le contestent. En jouant à fond la répression, le régime syrien escomptait rétablir l’ordre fondé sur la peur : il ne récolte que plus de révolte. La cruauté avec laquelle le chanteur de la révolte syrienne, Ibrahim Kachouche, a été tué après qu’on lui eut arraché les cordes vocales, est édifiante. Ce côté spectaculaire de la mort donnée est censé créer de la dissuasion : il ne fait que provoquer une nausée générale et une détermination contestataire plus grande.

Le régime n’a aucune vision politique. Il est dans une logique de gangsters qui va être désastreuse pour le pays. Toutes les intentions proclamées de dialogue sont démenties au jour le jour par une accentuation de la répression. Le régime policier ne peut pas entraver le chan-gement qui s’est déjà exprimé, il est en train de le faire payer très cher aux Syriens.
(Source : le quotidien d’Oran)

L’association HRW (Human Right Watch) a publié un document sur le crimes contre l’humanité, commis par les forces sy-riennes dans la ville de Daraa. Réservoirs d’eau percés à coups de fusils, électricité et communications coupées, confiscation des téléphones portables, organisation d’une pénurie de l’alimentation, arres-tations massives et tortures, y compris sur des enfants, massacres dans les hôpitaux ... La répression est féroce.

Vendredi dernier, 1er juillet, Ibrahim Kachouche, menant la manifestation pacifique de Hama, s’était distingué par une chanson révolutionnaire particulièrement critique - mais vraie - sur Bachar Al-Assad, son frère Maher et leur clan. Dimanche matin, Kachouche a été enlevé par les hommes du régime, qui lui ont arraché les cordes vocales avant de le jeter, dans l’Oronte. Les images de son cadavre ont fait l’effet d’une bombe en Syrie ; ses vidéos se sont répandues dans le pays ; et sa chanson est devenue l’hymne de la Révolution et le catalyseur des révolutionnaires.

Source : http://www.hrw.org/node/99375?tr=y&auid=8448280S