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RSA : la Droite réinvente les travaux forcés

Ecrit le 21 septembre 2011

 Les chômeurs, yzont qu’à pas chômer !

La droite « sociale », comme la droite « populaire », c’est un groupe politique créé par des députés qu n’ont pas de problèmes d’emploi et qui ont le bras assez long pour caser leurs propres enfants ; Allors, les chômeurs, ils ne connaissent pas ! Et ils imaginent qu’ils profitent largement de leur inactivité avec un revenu mirifique de quelque 466 €/mois (la moitié du seuil de pauvreté !).

D’où l’idée de leur imposer un travail : 7 h par semaine, payées au SMIC, ce qui leur ferait 214 € de plus par mois... sauf que cela réduirait le montant du RSA   et que, du coup, le gain supplémentaire serait ramené à 130 €/mois soit 4,33 €/jour. Même pas le prix d’un bifteck-frites !

Comme dit Philippe Labbé : On touche manifestement le fond avec ce type de proposition : une journée de travail par semaine, c’est-à-dire l’exceptionnalité du travail mais, contrairement à la règle économique selon laquelle ce qui est rare est cher, on est ici au cœur du discount. La question se pose sur le véritable dessein de cette journée hebdomadaire car, d’une part, il ne peut s’agir d’un réentrainement à l’activité professionnelle – il vaudrait bien mieux, sur cet objectif, un mi-temps - pas plus qu’offrir des ressources financières : 130 euros de plus, ne permettront pas de s’extraire de la pauvreté, pas plus que rattraper les prix qui flambent, tels les loyers.

Bosse, camarade !

Nul besoin de chercher trop loin la réponse : « Le refus de ce CUI   (contrat unique d’insertion) serait constitutif d’un manquement aux devoirs de l’allocataire et entraînerait automatiquement une sanction, conformément à la loi. » Voici donc une proposition qui nous apprend, pour celles et ceux qui n’auraient pas tout compris de Roland Barthes, à distinguer ce qui est dit de ce qui est poursuivi. L’objectif n’est pas d’accompagner mais de rayer et il faut désormais remplacer le concept d’« inclusion active » par celui d’« expulsion active ».

Pour le député socialiste Christophe Siruge, vice-président du groupe PS à l’Assemblée chargé de l’insertion, cette mesure « porte en elle le défaussement du chômage sur les chômeurs » avec comme idée que ces derniers sont « installés confortablement dans un chômage volontaire ». Il juge aussi que « cette vieille nouveauté » n’est « pas réaliste ». « Même les Anglais, particulièrement allergiques à l’idée d’aide sociale, ont renoncé à ces dispositifs de travail obligatoire par pragmatisme : cela leur coûtait trop cher car ils étaient obligés de créer de faux postes », a assuré le député, se demandant « où Marc-Philippe Daubresse compte trouver les travaux d’intérêt général à effectuer pour ces 150.000 contrats futurs ».

Notons aussi que ces emplois-à temps-très-partiels devront, selon Ph  . Daubrfesse, « être utiles socialement » et « couvrir des besoins qui ne le sont pas », tels que le bricolage, la collecte des déchets, la maintenance du patrimoine (...) ». C’est venir directement en concurrence avec les associations, comme l’ACPM  , qui cher-chent justement des travaux de ce genre, et qui ont bien du mal à joindre les deux bouts d’autant plus que le gouvernement réduit les subventions aux associations qui font de l’insertion par le travail !

Et que dire de l’encadrement des allocataires RSA   ainsi mis à disposition des associations ou collectivités ? Que dire de l’accompagnement social de ces personnes ? Que dire de leur formation éventuelle ? Que dire des perspectives qui leur seraient offertes de pouvoir travailler davantage, d’avoir un vrai emploi ?

On connaît déjà le problème des personnes ayant eu un emploi aidé à 20 h/semaine et qui, au bout d’un an, se retrouvent sans rien. Devront-elles alors se contenter d’un travail à 7 h/semaine ? On habitue ainsi les gens à se contenter de très peu et on les culpabilise de ne pas pouvoir travailler davantage.


 Frégates

Les frégates de Taïwan coûtent cher aux RMIstes : dans une lettre rectificative au budget 2011, F. Fillon dresse une liste des postes ministériels qui vont trinquer pour rembourser 460 millions d’euros aux Taîwannais : 8,6 millions seront sucrés à l’aménagement des quartiers pauvres, les allocataires du RSA   devront se passer de 6 millions, et un million sera pris sur les aides aux familles vulnérables. Les seuls qui ne paient rien ... ce sont les vrais responsables de cette affaire.

 Radiations

Les dirigeants de Pôle Emploi ont mis en place un système diabolique : ils ont demandé aux chômeurs d’avoir une adresse internet. Ceux qui n’ont pas d’ordinateur peuvent ouvrir une adresse dans un cybercafé, chez un voisin ou même à Pöle-Emploi. Bon. Pour économiser du papier, Pôle Emploi envoie ses convocations sur cette adresse internet. Et tant-pis pour les chômeurs qui ne la consultent pas souvent ! Pour eux c’est la radiation ! Bon moyen de faire baisser les statistiques. De plus, outre un ordinateur, un bon chômeur se doit d’avoir une imprimante car les formulaires sont à remplir à la main et à poster !

 Cantines

Depuis la rentrée la FCPE   est interpellée par des parents d’élèves qui ne peuvent pas inscrire leurs enfants au restaurant scolaire, au motif qu’ils ne peuvent justifier d’un emploi salarié ou ne peuvent produire des documents justificatifs, tels qu’attestations d’employeurs, de Pôle emploi ou de feuilles de paye…
Il n’est plus tolérable que des municipalités continuent d’importuner parents et enfants alors que l’égalité de tous devant les services publics est un droit comme le rappellent tous les jugements des tribunaux administratifs et le conseil d’Etat ! La restauration scolaire doit être accessible à tout enfant dont les parents en font la demande.

Après avoir écrit aux ministres de l’Intérieur pour les écoles primaires et de l’Education nationale pour le secondaire afin qu’ils demandent aux préfets et aux inspecteurs d’académie d’exercer leur contrôle de légalité sur les décisions et les règlements intérieurs, la FCPE   encourage les parents d’élèves à refuser ces situations abusives et à contacter ses conseils départementaux pour qu’ils les accompagnent dans leurs démarches.

La FCPE   appelle les parlementaires à déposer une proposition de loi pour garantir dans la loi ce droit reconnu par les tribunaux.

 Livres

A St Herblain, un élève a été privé de ses livres scolaires parce que ses parents avaient une dette de cantine : une somme considérable ! 20,80 €.

Dans un communiqué, le président du Conseil Général de Loire-Atlantique, Philippe Grosvalet demande que l’Education Nationale se ressaisisse. « La décision de retirer ses livres à un voire plusieurs collégiens dont la famille est redevable d’une dette de cantine est incompréhensible et injustifiable. Elle en dit malheureusement long sur les effets des discours tenus par le Ministère de l’Education nationale, et sur la perte de sens qui marque notre époque ».

La situation présente est d’autant plus choquante qu’elle remet en cause l’accès aux savoirs de chaque élève - l’un des symboles forts de notre ambition collective pour l’école publique - accès que doit précisément garantir l’attribution gratuite des manuels scolaires à chacun des élèves (une responsabilité de l’Etat).

« Si on peut entendre le souci de l’équipe pédagogique de remobiliser une famille autour de la scolarisation de son enfant, je condamne la méthode choisie, totalement inadaptée et inconvenante, et qui va bien-au-delà de la « maladresse ». Le fait de cibler un enfant par des procédés discriminants et vexatoires n’est en aucun cas une voie pour restaurer un dialogue, parfois difficile, avec ses parents. Cela me semble même à l’opposé des valeurs d’humanisme et de responsabilité personnelle que doit transmettre l’école. »

Ph  .Grosvalet rappelle que le Département de Loire-Atlantique met à disposition des collèges, de façon totalement volontariste, un Fonds départemental collégien destiné à répondre aux difficultés rencontrées par les familles pour faire face au coût de la restauration.

RSA : on a toujours besoin d’un plus petit que soi ... pour taper dessus !