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Le Sénat passe à gauche en septembre 2011

Ecrit le 25 septembre 2011

 Sénat : 23 sièges et plus

Il fallait que la gauche emporte 23 sièges ce dimanche 25 septembre. C’est fait. Ce sera peut-être davantage quand on connaîtra le résultat des départements d’outre-mer. Pour la première fois de l’histoire de la Ve République, le Sénat compte une majorité de sénateurs de gauche. Innovation : sur instruction du cabinet de Claude Guéant (ministre de l’Intérieur), la liste des élus est publiée … sans leur étiquette politique ! Une première qui trahit une grande fébrilité à droite. Il existe de fait dans certains départements, notamment ceux d’Outre-mer, quelques candidats à l’appartenance politique un peu floue. La Droite va sûrement faire pression sur eux, avant l’élection du président du Sénat, le 1er octobre, pour obtenir leurs suffrages en faveur de Gérard Larcher.

« Il nous appartient de bâtir un nouveau Sénat, réellement représentatif des territoires », « Un sénat plus moderne et plus modeste », a promis Jean-Pierre Bel, président du groupe PS du Sénat, avant de préciser : « Je veux tendre la main à tous ceux qui veulent rejoindre cette nouvelle majorité ». suite


Ecrit le 1er octobre 2011

 Un Bel espoir

Au Sénat, le 1er octobre, Jean-Pierre Bel a été élu Président dès le premier tour par 179 voix, contre 134 voix pour le président UMP sortant, Gérard Larcher, et 29 voix pour la centriste Valérie Létard. Il a obtenu 7 voix de plus que la majorité absolue des suffrages exprimés. C’est la première fois dans l’histoire de la Ve République que la Haute assemblée, représentante des collectivités territoriales, bascule à gauche, la fin de « l’anomalie » dénoncée par Lionel Jospin. Dans son discours d’intronisation, le nouveau président a rendu hommage à l’Ariège, à sa femme et ses enfants, aux anciens sénateurs, dont François Mitterrand et Gérard Larcher aussi … et n’a pas oublié les mots qu’attendaient les dix nouveaux élus écologistes :
« Le Sénat doit prendre sa part dans la mutation écologique devenue une absolue nécessité. Un autre mode de développement est possible. Un autre monde… »

L’homme est d’une famille ancrée à gauche, résistante et communiste. Son père, qui a connu 8 licenciements dans sa vie, est un militant pur et dur du PCF, qui a manié la mitraillette dans la Résistance. Sa tante « Nanou », était officier des Forces Françaises de l’Intérieur, son oncle était chef de réseau. Lui-même a fait ses premières armes, dans les années 1960-1970, dans la solidarité avec les militants de l’Etat espagnol pourchassés par la dictature franquiste. Accueil de réfugiés, soutien actif aux mouvements de lutte contre le régime de Franco, convoyage de matériel de l’autre côté des Pyrénées, ce qui lui vaudra d’effectuer un petit séjour derrière les barreaux espagnols.

Il adhère à la Ligue communiste révolutionnaire, puis devient maire d’un tout petit village, Mijanès, une centaine d’habitants. Par la suite il devient maire de Lavelanet (6500 habitants). Chargé de cours à la faculté de Droit de Toulouse, il se reconvertit dans la promotion du tourisme   social, s’essaie à la pisciculture. Il laisse la mairie en 2008 et est élu sénateur. Il est, depuis cette année-là, adhérent au PS.

« Il va nous étonner, disent ses amis. En France, quand on habite au sud de la Loire, qu’on a l’accent du midi et qu’on ne passe pas son temps à se pousser du col, on est pris pour moins que rien. Mais il sait très bien où il va, il a des convictions et, quand il faut trancher, il tranche. ». On le dit modeste mais opiniâtre. « Il a des convictions chevillées au corps, et il ne lâche jamais rien. Simplement, il ne fait pas de concession sur sa vie, il n’est pas dans les cénacles parisiens ». Il affirme sa volonté de travailler dans l’écoute et le rassemblement. « Je ne serai jamais là pour servir un clan » dit-il.

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