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Sablière - évocation 2011

Ecrit le 12 octobre 2011

 Tous les Guy Môquet du monde

La prochaine commémoration de la Sablière (70e anniversaire) aura lieu le 23 octobre 2011. Elle se veut une grande manifestation de la jeunesse militante. Texte écrit par Alexis Chevalier. Chants : Christine Maerel, Dany Coutant et la chorale Méli-Mélo  . Acteurs : une centaine de comédiens et comédiennes amateurs du Pays de Châteaubriant   parmi lesquels :
– Des élèves de l’école élémentaire René Guy Cadou
– Des élèves des collèges de la Ville-aux-Roses de Châteaubriant et Louis Pasteur de St Mars la Jaille.
– Des jeunes des lycées Guy Môquet et Etienne Lenoir de Châteaubriant.
– Des jeunes étudiants et adultes de la Région Parisienne.

Le défilé « Les Droits des enfants » sera réalisé avec le concours d’une centaine d’enfants et de leurs enseignants des écoles primaires du Pays Castelbriantais

Des « Grands Témoins » interviendront : Henri Duguy, Georges Prampart et Corinne Provost. Ainsi que des invités : une Palestinienne et une Sud Africaine.

Le thème de cette année, « Tous les Guy Môquet du Monde », donne la parole aux jeunes : « Est-ce qu’on doit quelque chose aux anciennes générations ? Est-ce qu’on doit se sentir redevable ? ». Il balaie l’histoire moderne, du 11 novembre 1940 au Printemps Arabe de 2011.

11 novembre 1940, la manifestation des étudiants, à Paris, refusant l’humiliation de la défaite. Parmi ces jeunes : Claude Lalet, Odette Nilès. [Guy Môquet, lui, est déjà en prison]. 1948 : la grève des gueules noires dans le bassin lorrain, contre la misère et la remise en cause du statut des mineurs. 1950 une voix noire et martiniquaise entre dans le combat politique. Aimé Césaire dénonce : « ce que l’on ne pardonne pas à Hitler, ce n’est pas le crime en soi, c’est le crime contre l’homme blanc, c’est d’avoir infligé à l’Europe des procédés colonialistes dont ne relevaient que les Arabes d’Algérie, les Coulis de l’Inde et les Nègres d’Afrique ». Paroles terribles.

1955 : les grandes grèves des métallos de Nantes et St Nazaire. 1961 : les « ratonnades » à Paris. « Jusqu’à ce jour, aucun gouvernement n’a reconnu les assassinats, ni honoré la mémoire des victimes ».

1965 : les manifestations contre la guerre au Vietnam. 1967, la Guerre des Six Jours 1968 : les événements de mai en France et l’invasion de la Tchécoslovaquie par les chars russes. L’étudiant Jan Palach s’immole par le feu. Au Mexique 300 étudiants sont abattus par l’armée.

1973, le souvenir de Victor Jara farouche dénonciateur du fascisme et de la dictature au Chili. Puis encore Bobby Sand en Irlande du Nord, Malik Oussekine à Paris, les grèves contre le plan Juppé, contre la présence de Le Pen au second tour des présidentielles en 2002, puis Mohammed Bouazizi en Tunisie et Hamza Ali Al Khateeb en Syrie ...

Un seul message : « des causes à défendre il y en a beaucoup, la place des jeunes est dans la longue chaîne de leurs aînés, pour participer à la création de l’avenir ».


Ecrtit le 19 octobre 2011

 Huit manifestations dans la carrière des Fusillés

Octobre 1941-octobre 2011 : 70e anniversaire de l’exécution des Otages. Cette année 2011 verra une grande manifestation de la jeunesse, pour la cérémonie officielle et pour la commémoration artistique.

Celle-ci a pour thème « Tous les Guy Môquet du monde » et veut faire le lien entre le 11 novembre 1940 et aujourd’hui.

11 novembre 1940, malgré l’interdiction, des étudiants manifestent à Paris pour commémorer l’armistice du 11 novembre 1918. Premier acte collectif de résistance à un occupant qui est là depuis juin 40.
[A Châteaubriant des anciens combattants mettent un drapeau français au monument aux morts ...]

Des manifs

Le spectacle « Tous les Guy Môquet du monde » veut montrer que, dans l’Histoire, il y a toujours eu des gens vigilants, prêts à lutter contre les injustices, à garder l’esprit du Conseil National de la Résistance. La Carrière des Fusillés verra donc de nombreuses « manifestations » sillonner la foule des spectateurs rappelant :

1948 : la grève des « Gueules Noires »
1955 : la grande grève des métallos,
en particulier à Nantes et St Nazaire
1965-67 : les manifestations contre la guerre au Vietnam, et contre la guerre des Six Jours en Pales- tine.
1968 : grands mouvements sociaux en France et dans le monde
1974-1981 : les mouvements féministes, la loi Veil sur la contraception et l’avortement.
1986 : contre les lois Devaquet
1995 : les jeunes protestent contre le plan Juppé
2000-2010 : manifestations contre la présence de Le Pen au second tour de la Présidentielle, contre le CPE (contrat première embauche) et le CNE (contrat nouvelle embauche).

 Des témoins

Dans tous ces mouvements, il y a eu des jeunes ! La commémoration appellera trois « Grands Témoins » : Henry Duguy, Georges Prampart, Corinne Provost pour répondre de leurs actions passées.

Elle citera aussi les noms de Nazim Hikmet, Aimé Césaire, Nelson Mandela, Victor Jara, Bobby Sand, Jan Palach, Angela Davis et, plus récents, deux jeunes du Printemps Arabe : Mohammed Bouazizi (Tunisie) et Hamza Ali Al Khateeb (Syrie).

Ces « promenades en histoire » rappelleront aux jeunes qu’ils sont les témoins d’aujourd’hui, qu’il leur appartient de poursuivre la lutte.
Et des témoins de la période actuelle seront appelés à s’exprimer, notamment une jeune fille palestinienne Suheir Tabanja (syndicaliste) et une jeune fille d’Afrique du Sud, Irène Mkhize Khonzeni.
Des chants

La chorale Méli-Mélo   interprétera la complainte de Pablo Neruda

Nous parlons même langage
Et le même chant nous lie
Une cage est une cage
En France comme au Chili
et le chœur des esclaves du Nabucco de Verdi.

Christine Maerel chantera « Camarade » de Jean Ferrat (en allusion au Printemps de Prague)

C’est un nom terrible Camarade
C’est un nom terrible à dire
Quand, le temps d’une mascarade
Il ne fait plus que frémir

et Dany Coutand donnera « Chanson pour Victor Jara »

On a trouvé Victor
Sur le bord du chemin,
Plus de vie dans le corps
Et massacrées les mains
 
Qui chante le bonheur
Et la fraternité ?
Celui-là fait-il peur
Aux barbares casqués ?

 Tous ensemble ! tous !

Cette fresque historique a été écrite et mise en scène par Alexis Chevalier du Théâtre Messidor, avec l’assistance de Christine Maerel chargée notamment des costumes ! Et ce n’est pas rien quand il faut habiller 128 personnes en costumes d’époque !

128 comédiens sur scène, 48 choristes Méli-Mélo   sans oublier ceux de la Musique des Andes, et 18 élèves d’une classe de St Mars la Jaille. Ce sera un spectacle grandiose et émouvant, comme d’habitude.

Dimanche 23 octobre, dès 13h30, une centaine d’enfants quitteront le Théâtre de Verre   pour se rendre à la Carrière. Venus de Noyal sur Brutz, Soudan, St Aubin des Châteaux, René-Guy Cadou, et de la Région Parisienne, ils manifesteront sur le thème des « Droits des enfants » avec pancartes et slogans.

La cérémonie officielle commencera à 14h30 dans la Carrière, puis il y aura des allocutions de Bernard Thibault (CGT) et Pierre Laurent (PCF). L’évocation artistique commencera à 15h30. Il y aura 2000 chaises sur place et plus de 5000 personnes sont attendues.

« Rendre cet hommage, chaque année, c’est dire l’actualité de ce combat surtout dans la période actuelle où la droite et l’extrême-droite sont à la manœuvre et tentent un discours »social« pour mieux masquer un programme xénophobe et libéral » dit Aymeric Seassau, secrétaire départemental du PCF.

[Ceux qui voudraient assister à la dernière répétition du spectacle, et prendre des photos, peuvent venir à la Carrière le samedi à partir de 14h ]

 Cortège funéraire

17 octobre 61, la manifestation du FLN à Paris contre le couvre-feu est massive. Des milliers d’Algériens convergent des banlieues. La manifestation est réprimée dans le sang. On retrouve plus de 300 cadavres dans la Seine.

Face à ces « ratonnades » c’est l’indignation ! Papon, préfet de police, rétorque que « la police a fait ce qu’elle devait faire ! » (...)

7 février 1962, dix charges explosives [attribuées à l’OAS] secouent la capitale. L’une des bombes, destinée à André Malraux, ministre de la Culture, blesse grièvement une fillette de 4 ans, Delphine Renard. Le lendemain, 8 février, la population émue manifeste. Ils sont près de 60.000 à défiler. Vers 18h, au moment de la dislocation du cortège, au métro Charonne, la police charge, se déchaîne et s’acharne sur des manifestants anti-OAS qui se précipitent dans l’escalier de la bouche du métro. Quelques-uns tombent et se blessent. Les corps s’entassent. Les policiers interdisent tout secours. Pire ! Ils jettent des grilles de protection d’arbres, et une table de bistrot, sur les corps blessés ! Ils lancent des grenades lacrymogènes ! Neuf militants de la CGT ou du Parti Communiste sont assassinés. Parmi eux Anne-Claude Gaudeau, jeune nantaise de 24 ans, employée aux chèques postaux. Et Daniel Féry, 15 ans, apprenti. (...)

(Jusqu’à ce jour, aucun gouvernement n’a reconnu les assassinats, ni honoré la mémoire des victimes !)

Résistance dans les camps nazis
La Mée du 19 octobre 2011

Voir aussi ici : http://www.musee-resistance-chateaubriant.fr/spip.php?article23

Guy Môquet
Le souvenir reste entier
La Sablière
Spectacle à la Sablière
l’esprit de résistance
La Mée du 26 octobre 2011
La Mée du 2 novembre 2011

Compte-rendu des discours


NOTES:

Octobre à Paris

Il s’agit d’un film exceptionnel. Œuvre de
Jacques Panijel, il a été réalisé dans la
foulée de la manifestation du 17 octobre
1961 à Paris. Ce film intense et bouleversant, aussi incroyable que cela puisse
paraître, n’a jamais été exploité en salles,
même s’il a fait à plusieurs reprises l’objet
de projections illégales. Arbitraire de la
répression, tabassage meurtrier des
manifestants, noyades délibérées dans la
Seine, fusillades, suivis du parcage bestial
au Palais des sports, des tortures sadi-
ques des supplétifs harkis dans les caves
de la Goutte d’or, des descentes pro-
vocatrices dans les bidonvilles de la
banlieue.
Ici on noie les Algériens, réalisé en 2011
par Yasmina Adi, jeune femme d’une
trentaine d’années, est un complément qui
actualise douloureusement la portée du
film précédent (les témoins d’aujourd’hui,
dont les veuves des victimes, attendent
toujours la reconnaissance officielle du
préjudice qui leur a été infligé).