Accès rapide : Aller au contenu de l'article |  Aller au menu |  Liste complète des articles  |  Aide  |  Contact |
bandeau

Accueil > Thèmes généraux > Grappillages et Mée-disances > Mée-disances d’octobre 2011 (1)

Mée-disances d’octobre 2011 (1)

Ecrit le 5 octobre 2011

 Fadettes

Libération.fr du 28/09 : Le procureur de Nanterre, Philippe Courroye, a été convoqué en vue d’une mise en examen par la juge parisienne, Sylvia Zimmermann, qui doit aussi entendre deux des plus hauts responsables de la police française dans son enquête sur la violation des sources du Monde dans l’affaire Bettencourt. [,,,]

Elle aura alors peut-être déjà mis en examen Philippe Courroye, une mesure dont le principal syndicat de magistrats (USM) a relevé le caractère rarissime, « du jamais vu », selon l’organisation.

Sylvia Zimmermann tente de déterminer si le magistrat, irrité par l’annonce par le quotidien d’une perquisition chez la milliardaire Liliane Bettecourt, a illégalement tenté de découvrir qui informait en 2010 deux journalistes du Monde, en demandant l’analyse de leurs factures détaillées.

Partie civile, Le Monde publie des extraits d’une audition d’un enquêteur de l’Inspection générale des services (IGS) compromettante pour un magistrat réputé proche du pouvoir. Le policier y explique que la surveillance des journalistes avait été menée par son service en 2010 à l’instigation du cabinet de Philippe Courroye qui « demandait très précisément les fadettes des deux journalistes », Raphaëlle Bacqué et Jacques Follorou. […]

Le procureur Courroye s’est indigné d’une « mise en cause calomnieuse ». Et, pour l’heure, MM. Péchenard et Squarcini ont reçu le soutien de Claude Guéant. [,,,]

La saga familiale Bettencourt a viré à l’été 2010 au scandale politico-financier. L’ex-comptable de la milliardaire Liliane Bettencourt, Claire Thibout, a confirmé le 20/09 dans Libération les accusations qu’elle avait portées devant les enquêteurs. Elle a notamment répété l’épisode des 50.000 euros qui auraient été destinés à Eric Woerth, trésorier de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007.*
Ndlr : la République irréprochable aurait-elle-besoin d’une « Courroye de transmission » ?

 Juré craché

Lu dans le courrier des lecteurs de Télérama du 01/10 : avant le « serment d’allégeance aux armes », trompe-couillon électoral, je suggère le « serment d’allégeance au fisc », que prêteraient moult évadés fiscaux. Ce serait beau de voir, un 14 juillet, Alain Delon, Johnny, Christophe, le pdg de Total, Nanard et mille autres lever la main droite en tenant une feuille d’imposition dans celle de gauche !

 Prime à l’arrestation

Marianne.fr du 28/09 : Henri Leroy, le Maire UMP de Mandelieu-La Napoule vient provisoirement de prendre la tête du classement des idées les plus saugrenues de l’UMP. Ville de 20 200 habitants, sa population est relativement âgée. Le taux de personnes d’un âge supérieur à 60 ans (35,7 %) est en effet supérieur au taux national (21,6 %). Elle arrive au 23e rang du palmarès des 50 villes les plus riches de France au sens de l’ISF (impôt sur la fortune) Selon un conseiller municipal d’opposition de gauche, c’est une sorte de : « réserve de gens aisés ». Son maire Henri Leroy déclare : « Je ne veux pas faire de HLM ». Il préfère payer les amendes, pour non respect de la loi SRU.

La sécurité est l’arme électorale préférée du maire qui s’est doté d’une police municipale disponible 7 jours sur 7 et 24 h sur 24 et bien entendu d’une surveillance vidéo de pointe. Selon le site web de la ville, les effectifs de sécurité, tout confondus, sont de 78 personnes. Rien n’est trop beau pour protéger les biens et les personnes habitant la commune : le maire inaugure la rénovation du centre de vidéo-protection. En lançant l’idée qui lui vaut « l’oscar » du mois des idées saugrenues de l’UMP : « il a promis une prime d’un euro chaque fois que l’un de ses agents du centre de vidéo-protection permettrait l’arrestation d’un délinquant en flagrant délit ». […]
Dessin de leplacide.com

Cette rétribution faramineuse d’un euro, proposée par le maire, a déclenché un tollé chez les policiers municipaux, qui ont immédiatement fait savoir qu’ils jugeaient la proposition vexatoire.

Les habitants sont hilares ou désabusés, alors que la nouvelle installation a coûté plus de 900 000 euros ! Le Maire a néanmoins tenu à rassurer ses policiers, puisque cette prime à l’arrestation n’est, selon lui, pas figée et pourrait évoluer : « J’ai annoncé le minimum mais nous allons refaire nos calculs sur la question et nous verrons à combien s’élèvera cette prime ». Jusqu’à ... 2 euros ?

Nous ne pouvons que regretter que notre Président n’ait pas pensé à un portefeuille de ministre pour cet élu inventif, économe et fervent défenseur du : « travailler plus pour gagner plus » !

 Neige d’été

Ouest-France du 30/09 : les revenus des employés publics de Sicile sont réputés élevés, en Italie. On comprend mieux pourquoi, grâce à une info de La Repubblica. Un agent de la protection civile provinciale de Palerme, chaude capitale de l’île, a demandé 350 heures supplémentaires pour le déblaiement de la neige, dont 200 heures pour le seul mois d’août, alors que la température dépassait les 30° à l’ombre. Le pire, c’est qu’il a réussi à s’en faire payer 45 !

 Pas de pitié pour les exilés

Rue89 du 29/09 : Edouard Courtial est le nouveau Douillet des Français de l’étranger d’un secrétariat d’Etat qui avait été créé sur mesure pour l’ex-judoka, parti remplacer Chantal Jouanno au ministère des Sports. Ce proche de Brice Hortefeux – il fait partie de sa « cellule riposte » chargé de valoriser le bilan de Nicolas Sarkozy et de répliquer à la gauche – est également responsable des fédérations UMP et député de l’Oise. A 38 ans, c’est le benjamin de l’Assemblée nationale.

Son jeune âge explique peut-être qu’il a imprudemment signé une proposition de loi déposée le 11/05/2011 par des députés UMP, « visant à permettre la perte de nationalité pour les citoyens non domiciliés fiscalement en France ». L’exposé des motifs est méritoire : « Peut-on se revendiquer français en ne s’acquittant d’impôts que dans des pays étrangers ? Afin de garantir une société juste et solidaire, l’équité doit être la vertu première de notre système d’imposition. Participer à l’effort fiscal public constitue un des premiers devoirs républicains et concourt au principe de solidarité. »
Le nouveau David Douillet va-t-il mettre sa menace à exécution maintenant qu’il est au gouvernement ? Cela risquerait de faire tout drôle à pas mal d’amis de Nicolas Sarkozy, chefs d’entreprises, sportifs, ou chanteurs exilés fiscaux, comme Johnny Hallyday ou Charles Aznavour, que le Président est allé écouter chanter mercredi soir à l’Olympia.

Ndlr : c’est dur, la République irréprochable ! A propos, qui voyez-vous comme futur ministre des Sports : Jeannie Longo ou Thomas Voeckler ?

 Mallettes africaines

Libération.fr du 28/09 : L’ancien Premier ministre gabonais (de 2006 à 2009) Jean Eyeghe Ndong a assuré mercredi que l’envoi de « valises d’argent » était une pratique courante entre l’ex-président Omar Bongo et « certaines autorités françaises », citant des versements au responsable d’extrême droite Jean-Marie Le Pen. […]

« S’agissait-il d’argent personnel d’Omar Bongo, de l’Etat gabonais, de l’argent du pétrole ? Je n’en sais rien. Mais les pratiques de valises, c’est réel », a-t-il insisté. Omar Bongo m’a dit un jour qu’il a eu quelques gentillesses avec le président de l’extrême droite française : "ce Monsieur, pourtant il est raciste mais il n’empêche que je lui ai fait cette gentillesse des valises d’argent ». Robert Bourgi a assuré que Jean-Marie Le Pen avait reçu des fonds occultes d’Omar Bongo pour financer sa campagne présidentielle de 1988. […]

Selon Jean Eyeghe Ndong, qui fait aujourd’hui partie de l’opposition, « il serait étonnant que ces pratiques aient cessé ». Tous les responsables mis en cause ont bien sûr démenti.


Ecrit le 12 octobre 2011

 Association de malfaiteurs

Selon lemonde.fr du 4/10 : Le policier n°2 de Lyon a été mis en examen pour corruption, trafic d’influence, association de malfaiteurs, trafic de stupéfiants, détournement de biens et violation de secret professionnel. Rien que ça ! Il a été placé en détention provisoire, ont annoncé ses avocats, au terme de quatre jours de garde à vue à Paris. Sur la base d’écoutes, les enquêteurs soupçonnent cet homme, jusque là très coté, d’avoir détourné du cannabis avant son placement sous scellés ou sa destruction, afin de rémunérer des informateurs ou pour le revendre. Le policier a concédé devant l’inspection générale des services avoir été « imprudent ». Il « a en particulier été questionné sur ses relations avec deux hommes » réputés proches de la pègre lyonnaise, écroués dans cette affaire, notamment pour corruption. Il a reconnu avoir été invité par de présumés truands sur la Côte d’Azur et avoir bénéficié d’« avantages » dont « un voyage à Marrakech ». Le chef de l’antenne grenobloise de la PJ a aussi été mis en examen.

Ndlr : ça doit mettre de l’ambiance dans les maisons d’arrêt !

 Indignés aux USA

Les indignés - texte de la revue Golias

Cela a commencé timidement il y a un mois, par quelques manifestations épar-ses dénonçant le « fossé grandissant entre riches et pauvres », Et puis, très vite, grâce à la force mobilisatrice des réseaux sociaux, les « indignés » américains ont réussi à faire entendre leur voix dans plusieurs villes des Etats-Unis, ralliant des milliers de partisans. Leur cible privilégiée ? Les ploutocrates de Wall Street et, à travers eux, les abus du système financier. Convaincus de la justesse de leur cause, ces militants « autonomes, sans leader, sans hiérarchie et apolitiques » se sont baptisés « Les 99 % » - une manière d’exprimer le fait que la quasi-totalité de la population vit de plus en plus mal, quand le 1 % restant, lui, continue de s’enrichir. Est-ce à dire que le mouvement « Occupy Wall Street » (« Occupons Wall Street ») qu’ils incarnent, largement inspiré du « printemps arabe », est en train de s’implanter dans le paysage politique ? s’interroge le CS Monitor. En cas de succès, il pourrait représenter une réponse au Tea Party, son pendant ultraconservateur. Reste que, pour l’heure, cette colère citoyenne embarrasse l’administration Obama, dont l’échec à sortir le pays de la crise est, en filigrane, pointé du doigt.

[Ndlr : ce mouvement des indignés s’étend en France, Espagne, Belgique ...]

 Matins bruns

Selon l’Humanité du 04/10 : la ville de Gyöngyöspata est administrée depuis juillet 2011 par le parti d’extrême-droite Jobbïk. « La première mesure prise par le nouveau maire a été d’obliger les Roms à travailler : 16 hectares de terrain à débroussailler » dans des conditions très difficiles : pas de toilettes, pas assez d’eau, des outils inadaptés. Le contremaître le reconnaît : « avec d’autres outils cela n’aurait pris qu’un mois, mais seules cinq personnes auraient travaillé ». Dans la ville, les vexations se multiplient : milices fascistes et défilés, intimidations dirigées contre les Roms et les Juifs par exemple à la porte des commerces, gestes déplacés par exemple en laissant des jeunes uriner sur la porte des maisons des Roms.

[Ndlr : quels bons souvenirs ! L’avenir sera noir.]

 Dexia : Un sursis qui finit mal

Malfaiteurs

D’Alternatives économiques du 6/10 : Le démantèlement annoncé de la banque franco-belge Dexia ne fait pas de celle-ci la 1re victime de la crise de 2008 mais la dernière (pour l’instant) de la folie financière des années 2000. (...) La banque s’est fourvoyée au cours des années 2000 avec des actifs toxiques : elle a distribué des crédits aux collectivités locales sur la base de prêts fondés sur des instruments financiers sophistiqués qui ont évolué dans le mauvais sens. Du coup, les investisseurs ne lui font plus confiance et Dexia ne trouve plus d’investisseurs pour la refinancer ou pour augmenter son capital.

La banque était déjà dans cette situation en septembre 2008. Les Etats se sont alors substitués aux investisseurs : la France, la Belgique et le Luxembourg ont mis 6,4 milliards au pot pour augmenter le capital de la banque et la sauver. Depuis, ses dirigeants cherchent à se débarrasser de certains actifs toxiques. Mais depuis 2010 et la montée de la crise des dettes souveraines, les marchés ne vont pas très bien. Vendre des actifs est difficile. Le cercle vicieux est en place : un refinancement difficile => plus de vente d’actifs pour diminuer les besoins de refinancements => plus de pertes => un refinancement encore plus difficile => encore plus de vente d’actifs, etc. Résultat : les investisseurs vendent Dexia à tour de bras et le cours de l’action, qui était monté à 23,82 € en 2007 est tombé à moins d’un euro.

Face à une telle situation, il n’y a que trois solutions : on liquide, on vend, on demande à l’Etat d’intervenir. La liquidation n’étant pas à l’ordre du jour, un mélange des deux autres solutions a été retenu.

Dans le même temps, on fait ce qu’ont fait beaucoup de pays : on regroupe tous les actifs toxiques dans une « bad bank » dont on vend les actifs petit à petit en essayant de limiter les pertes. Et quand il y en a, ce sont les Etats français et belges qui paient pour éponger. La Bad bank de Dexia regrouperait entre 96 et 200 milliards d’euros selon les estimations. Et qui c’est l’Etat ? Ce sont les contribuables, évidemmment ! [Bad, en anglais, ça veut dire mauvais. François Baroin, ministre des Finances, préférerait qu’on parle de « banque résiduelle ». La magie des mots ! ]

 Incorrigible !

Au moment où nous constatons que les banques que nous pensions être « de dépôt » se sont amusées à faire des affaires (mauvaises) avec notre argent, il me semble important de narrer un comportement local significatif.

D’une part, une agence d’un de ces établissements recapitalisés il y a quelques
mois par les contribuables, obligés d’admettre qu’il est infesté de prêts toxiques qui vont l’amener dans peu de temps à exiger une nouvelle aide de l’Etat.

D’autre part, une nonagénaire disposant de quelques dizaines de milliers
d’euros suite à la vente d’une résidence secondaire qu’elle ne peut plus utiliser.

Et enfin, une jeune conseillère qui propose fortement, incite, insiste pour que l’argent de cette cliente soit placé en BOURSE ! Est-ce un conseil ? ou une arnaque ? Voilà des employés de banque, prolos bac+5 qui, tels des Papon ayant reçu des ordres, les exécutent sans l’ombre d’une réflexion ..

A.Borgone

 A cran !

L’agence de notation Standard & Poor’s a annoncé, le 7 octobre, avoir baissé d’un cran les notes des établissements bancaires composant le groupe financier franco-belge Dexia. Par ailleurs, l’agence Moody’s a abaissé de un à deux crans la note des principales banques du Portugal, craignant que l’Etat, affaibli, ait plus de mal à se porter à leur secours en cas d’aggravation de leurs problèmes. Elle a aussi abaissé la note de cinq grandes banques britanniques, estimant que le gouvernement était moins enclin à leur apporter son soutien financier en cas de problème. L’agence Fitch a abaissé les notes de l’Espagne et de l’Italie. Mais qui contrôle les agences de notation ??