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Le chômage des jeunes

Ecrit le 9 novembre 2011

 Jeunes une génération traumatisée

L’OIT met en garde contre une
génération « traumatisée » par la crise mondiale de l’emploi des jeunes.

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Dessin de Moon - 06 87 32 77 47

L’Organisation internationale du Travail (OIT) alerte sur le « traumatisme » des jeunes travailleurs, confrontés à un dangereux mélange de chômage constamment élevé, d’inactivité et de travail précaire croissants dans les pays développés, ainsi qu’à une multiplication du nom-bre de travailleurs pauvres dans les pays en développement. (Communiqué de presse du 19 octobre 2011)

Le rapport « Les tendances mondiales de l’emploi des jeunes : édition 2011 » qui vient de paraître (en anglais !) indique que « cela pourrait aussi avoir des conséquences à long terme, sous forme de rémunérations plus faibles à l’avenir et de défiance à l’encontre du système économique et politique ».

 Frustration et révolte

Le rapport note que cette frustration collective chez les jeunes a été l’un des moteurs des mouvements de protestation qui ont eu lieu à travers le monde cette année parce qu’il devient de plus en plus difficile pour eux de trouver autre chose qu’un travail à temps partiel ou un emploi temporaire. Il ajoute qu’au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, par exemple, au cours des 20 dernières années, près d’un jeune sur quatre s’est retrouvé au chômage malgré les progrès accomplis en matière d’éducation des garçons et des filles.

Il y a pourtant eu une amélioration : le nombre absolu de jeunes chômeurs a légèrement diminué après le pic atteint en 2009 (de 75,8 à 75,1 millions à la fin 2010, soit un taux de 12,7 pour cent) ; il devrait descendre à 74,6 millions en 2011 soit 12,6 pour cent. Cependant, le rapport attribue cette « amélioration » au fait que de plus en plus de jeunes se retirent du marché du travail plutôt que de chercher un emploi. Cela est particulièrement vrai pour les économies développées de l’Europe. Il note des tendances particulièrement sombres en Irlande où le taux de chômage des jeunes, de 9 % en 2007 est passé à 27,5 % en 2010 et qu’il aurait pu être de 19,3 points de pourcentage plus élevé si ceux qui « se dissimulent » dans le système éducatif ou attendent chez eux que la conjoncture s’améliore avaient été pris en compte dans l’analyse.

 Englués

D’un autre côté, les économies à bas revenu sont prises dans le cercle vicieux de la pauvreté au travail. « A l’échelle mondiale, on dénombre beaucoup plus de jeu-nes qui sont englués dans leur condition de travailleurs pauvres que de jeunes sans travail ou à la recherche d’un emploi », souligne le rapport.

« Ces nouvelles statistiques reflètent la frustration et la colère que ressentent des millions de jeunes de par le monde », a déclaré José Manuel Salazar-Xirinachs, Directeur exécutif du Secteur de l’emploi au BIT (Bureau international du Travail) « Les gouvernements s’efforcent de trouver des solutions innovantes pour intervenir sur le marché du travail, par exemple en s’attaquant au décalage des compétences entre l’offre et la demande, en offrant un accompagnement à la recherche d’emploi, une formation au métier d’entrepreneur, des subventions à l’embauche, etc. Ces mesures peuvent vraiment faire la différence mais, en fin de compte, davantage d’emplois devront être créés grâce à des mesures extérieures au marché du travail pour lever les obstacles à la reprise de la croissance. »

 Voici d’autres enseignements du rapport

Entre 2008 et 2009, le nombre de jeunes chômeurs a enregistré une hausse inédite à l’échelle mondiale de 4,5 millions. Cette augmentation est à comparer avec la hausse moyenne d’avant la crise (1997-2007) estimée à moins de 100 000 personnes par an.

Pendant la crise, l’expansion de la main-d’œuvre des jeunes a été bien inférieure aux attentes : en 2010, dans 56 pays pour lesquels on dispose de données, les marchés du travail ont accueilli 2,6 millions de jeunes de moins que prévu par les tendances à long terme d’avant la crise.

Beaucoup de ces 2,6 millions sont certainement des jeunes découragés qui attendent une embellie. Ils sont susceptibles de revenir sur le marché du travail en tant que chômeurs, ce qui signifie que les taux actuels du chômage officiel sous-estiment sans doute l’ampleur réelle du problème dans les économies développées.

La proportion de chômeurs qui cherchent du travail depuis 12 mois ou plus est bien plus élevée pour les jeunes que pour les adultes dans la plupart des économies développées. En Grèce, en Italie, en Slovaquie et au Royaume-Uni, les jeunes sont entre deux et trois fois plus menacés par le chômage de longue durée que les adultes.

Le taux du travail à temps partiel chez les jeunes a augmenté dans tous les pays développés entre 2007 et 2010, sauf en Allemagne. L’ampleur de la hausse dans certains pays – 17 points de pourcentage en Irlande et 8,8 points de pourcentage en Espagne par exemple – laisse penser que le travail à temps partiel apparaît comme la seule option possible pour les jeunes demandeurs d’emploi. A la fin de 2010, tout jeune ayant du travail occupait un emploi à temps partiel au Canada, au Danemark, aux Pays-Bas et en Norvège.

La proportion de jeunes travailleurs qui souhaiteraient travailler davantage dépassait celle des adultes dans tous les pays de l’Union européenne, excepté l’Autriche et l’Allemagne, en 2009.
Le rapport propose une série de mesures politiques destinées à promouvoir l’emploi des jeunes, entre autres : élaborer une stratégie intégrée de croissance et de création d’emplois axée sur les jeunes ; améliorer la qualité des emplois en renforçant les normes du travail ; investir dans un enseignement et une formation de qualité ; et, peut-être plus important encore, poursuivre les politiques financières et macroéconomiques qui visent à lever les obstacles à la reprise économique.


Ecrit le 9 novembre 2011

 Trop de contrats courts tue l’emploi

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Trésor public : chômage des jeunes - rapport 2011

Un rapport du « Trésor Public » en date de septembre 2011 indique que les jeunes subissent les mêmes difficultés que les adultes « Le taux de chômage élevé des jeunes et les difficultés d’insertion qu’ils rencontrent sont d’abord le reflet du dualisme du marché du travail et de sa faible fluidité : quel que soit l’âge, l’accès à l’emploi stable est difficile pour les entrants » .

Mais il y a des caractères spécifiques :

– les jeunes ont un accès plus rapide à l’emploi et aussi une instabilité plus forte dans cet emploi, en raison de la multiplication des contrats courts.

– le passage d’un jeune par un emploi temporaire peut faciliter l’accès à un emploi stable en lui permettant d’acquérir de l’expérience professionnelle ou en évitant qu’il soit stigmatisé par une trop longue période de chômage. Mais à condition que ce premier emploi temporaire débouche sur un emploi stable car, plusieurs études le montrent, la réitération de plusieurs contrats courts créé un risque d’enfermement dans l’emploi temporaire. En effet « les périodes de non-emploi peuvent être stigmatisantes et induire une perte en capital humain. Dès lors, l’accompagnement par le service public de l’emploi est essentiel pour raccourcir au maximum ces périodes et les mettre à profit pour consolider la formation professionnelle des jeunes demandeurs d’emploi ».

– de plus, l’accès à l’emploi stable n’est pas toujours synonyme de réussite puisqu’il s’opère parfois au prix d’un déclassement , « ce qui est, en soi, socialement et économiquement inefficace ». Avec une autre conséquence : ces jeunes « déclassés » recherchent un autre travail plus adapté à leurs compétences, ce qui accroît l’instabilité dans les entreprises.

– Suite au déclassement des plus diplômés, les moins diplômés subissent un « effet d’éviction »

– Les jeunes non-diplômés connaissent des difficultés spécifiques par rapport aux autres jeunes. D’après l’enquête Génération 2007, le taux d’emploi des non-diplômés trois ans après la sortie de formation initiale s’élève à 48 %, contre 70 % pour les titulaires d’un CAP ou BEP et 90 % pour les plus diplômés (master, grandes écoles, doctorat).

Pour autant, le diplôme ne garantit pas du chômage : en France, les jeunes diplômés rencontrent des difficultés plus importantes qu’ailleurs. D’après les données publiées par l’OCDE en 2004, après la Grèce et à égalité avec l’Italie, la France est le pays où le taux d’emploi des jeunes diplômés du supérieur est le plus faible. (environ 60 %). Cette situation contraste avec l’Allemagne et le Royaume-Uni, où le taux d’emploi dépasse 80 %

Contrat courts et
cotisation dégressive

Selon les auteurs de l’étude, l’introduction des contrats courts, dont le coût de rupture est moindre que celui d’un CDI, induit un turn-over important de la main d’œuvre sur ce type de contrat. Ce faisant, les allers-retours sont plus fréquents entre emploi et chômage.
En effet, les employeurs peuvent trouver plus profitable de rompre un CDD pour en conclure un autre que de stabiliser leurs employés en CDI .

C’est pourquoi la CFDT propose un système de cotisation dégressive. Au premier mois de travail d’un jeune, l’employeur paie plein pot les cotisations d’assurance-chômage. Au deuxième mois, on fait baisser le taux et ainsi de suite jusqu’à 12 mois pour stabiliser le taux un peu en dessous de la normale : ce serait un bon moyen pour inciter les patrons à garder les jeunes.


Ecrit le 9 novembre 2011

 Lettre à la jeunesse

« Le courage, ce n’est pas de laisser aux mains de la force la solution des conflits que la raison peut résoudre ;

Le courage pour vous tous, courage de toutes les heures, c’est de supporter sans fléchir les épreuves de tout ordre, physiques et morales, que prodigue la vie.

Le courage, c’est de ne pas livrer sa volonté au hasard des impressions et des forces ; c’est de garder dans les lassitudes inévitables l’habitude du travail et de l’action.

Le courage dans le désordre infini de la vie qui nous sollicite de toutes parts, c’est de choisir un métier et de le bien faire, quel qu’il soit (...) ; et cependant de ménager à son regard, à son esprit, quelques échappées vers le vaste monde et des perspectives plus étendues.

Le courage, c’est d’être tout ensemble, et quel que soit le métier, un praticien et un philosophe.

Le courage, c’est de comprendre sa propre vie, de la préciser, de l’approfondir, de l’établir et de la coordonner cependant à la vie générale.

Le courage, c’est de surveiller exactement sa machine à filer ou à tisser, pour qu’aucun fil ne se casse, et de préparer cependant un ordre social plus vaste et plus fraternel où la machine sera la servante commune des travailleurs libérés.

Le courage, c’est d’accepter les conditions nouvelles que la vie fait à la science et à l’art, d’accueillir, d’explorer la complexité presque infinie des faits et des détails, et cependant d’éclairer cette réalité énorme et confuse par des idées générales, de l’organiser et de la soulever par la beauté sacrée des formes et des rythmes.

Le courage, c’est de dominer ses propres fautes, d’en souffrir mais de n’en pas être accablé et de continuer son chemin.

Le courage, c’est d’aimer la vie et de regarder la mort d’un regard tranquille ; c’est d’aller à l’idéal et de comprendre le réel ; c’est d’agir et de se donner aux grandes causes sans savoir quelle récompense réserve à notre effort l’univers profond, ni s’il lui réserve une récompense.

Le courage, c’est de chercher la vérité et de la dire ; c’est de ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe, et de ne pas faire écho, de notre âme, de notre bouche et de nos mains aux applaudissements imbéciles et aux huées fanatiques ».

Source : Jean Jaurès, discours à la jeunesse - Albi 1903

Plans sociaux, explosion sociale

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