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Economie : le billet de 100 euros

Ecrit le 9 novembre 2011

Leçon d’économie : Le billet de 100 euros

Une journée maussade dans un petit bourg humide au fond de l’Irlande. Pluie battante. Rues abandonnées. Les temps sont durs, tout le monde est endetté, tout le monde vit à crédit.

Alors arrive un touriste, riche. Il arrête sa belle voiture devant le seul hôtel de la ville et il entre. Il pose un billet de 100 € sur le comptoir et demande à voir les chambres disponibles afin d’en choisir une pour la nuit. Le propriétaire de l’établissement lui donne les clés et lui dit de choisir celle qu’il veut.

Dès que le touriste monte l’escalier, l’hôtelier prend le billet de 100 €, file chez le boucher voisin et règle sa dette envers celui-ci. Le boucher, qui doit de l’argent à un éleveur de porcs, se rend immédiatement chez lui et lui donne le billet de 100 €. L’éleveur à son tour règle ses dettes envers la coopérative agricole où il achète ses fournitures.

Le directeur de la coopérative court au pub, régler son compte au bar. Le barman, glisse le billet à la prostituée qui lui fournit ses services à crédit déjà depuis des semaines. Celle-ci, qui utilise l’hôtel professionnellement, court régler son compte avec l’hôtelier. L’hôtelier pose le billet de 100 € sur le comptoir là où le touriste l’avait posé auparavant.

Là dessus le touriste descend l’escalier, annonce qu’il ne trouve pas les chambres à son goût, ramasse son billet et s’en va. Personne n’a rien produit, personne n’a rien gagné, mais personne n’est plus endetté et le futur semble beaucoup plus prometteur.

C’est finalement un système de troc mais en réalité ça ne fonctionne pas comme ça parce qu’il y a les banques, et les aggios, et les pénalités .... et tous les intermédiaires qui n’ont qu’un but : s’enrichir au passage. C’est pourquoi une taxe sur les

transactions financières, comme le propose James Tobin depuis 1972, puis le mouvement ATTAC depuis 1997, serait juste et nécessaire. On dit qu’un très petit pourcentage (inférieur à 0,1 %) rapporterait 48 à 50 milliards d’euros.

Mais rien d’autre que des mots au G20 de Cannes : rien sur la régulation financière, rien contre la spéculation sur les produits agricole, rien sur la réforme du système monétaire international. Ah si, un « succès » : le projet de référendum en Grèce a été battu en brèche : consulter le peuple sur une politique d’austérité destinée à satisfaire les marchés financiers ! – était bien trop dangereux !

Il faudra donc que les citoyens organisent l’insurrection civique et pacifique nécessaire pour mettre un terme à cette démission des politiques. Le mouvement d’indignation planétaire, arrivera-t-il à se structurer et à imposer la démocratie contre la dictature des choix financiers ?