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Accueil > Thèmes généraux > Chômage, emploi > Crise 2008 à 2015 > Triple A : une fiction dangereuse

Triple A : une fiction dangereuse

Ecrit le 30 septembre 2011

 Le triple A de la France est une fiction dangereuse

Cette fiction est entretenue par les agences de notation pour leur permettre de peser
sur le résultat des présidentielle 2012 et les programmes des candidats.

Dans la zone euro, les marchés financiers ont déjà, dans les faits, en fonction des taux auxquels ils rachètent les titres des différentes dettes publiques, classé les principales dettes publiques en quatre groupes [1] :

 1er groupe : Allemagne, Pays-Bas, Danemark, Luxembourg, Finlande

Les taux auxquels les marchés financiers achètent les nouveaux titres de leur dette publique sont par exemple de 1,80 % pour l’Allemagne et 2,50 % pour les Pays-Bas. Ce sont, dans la zone euro, les seuls réels survivants du triple A, il faut d’ailleurs constater que, même dans ce groupe, les taux tendent à diverger entre l’Allemagne et les autres pays. [1] 

 2e groupe : France, Belgique,Autriche

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Les taux vont de 3,40 % pour l’Autriche à 4,60 % pour la Belgique en passant par 3,50 % pour la France. [1] 

La Belgique et la France sont dans le collimateur des marchés financiers et lorsqu’on est dans cette situation on n’en sort plus. L’Espagne que les marchés semblaient avoir oubliée, est là pour le rappeler : le 14 novembre, avec un taux de 6,06 %, l’écart de taux entre les obligations d’État espagnoles et allemandes atteignait un record historique : 4,28 points !

La Belgique a bénéficié d’un sursis [1] tout simplement parce qu’elle n’a pas de gouvernement depuis plus de 500 jours. Dès qu’elle en aura un, on peut être sûrs que les marchés financiers s’acharneront sur les titres de sa dette publique (près de 100 % de son PIB) pour que ce nouveau gouvernement impose un plan d’austérité aux salariés belges, qu’ils soient Wallons ou Flamands. [ndlr : la Belgique a été dégradée à AA le 25 novembre au soir]

Selon le jugement des marchés, ces deux pays sont bien loin de la note AAA. Ils risquent, à court ou moyen terme, de connaître le sort de l’Italie et de l’Espagne. Ce qui ne manquera pas d’être le cas si des plans d’austérité à répétition entraînent leurs économies dans la récession.

L’Autriche n’est pas encore dans la ligne de mire des marchés mais la récession qui se généralise à toute l’Union européenne risque fort de l’y placer.

 3e groupe : Italie, Espagne

L’Italie est à 6,30 % et l’Espagne à 6 % [1].
Ces deux pays sont sur la sellette : à partir de 7 %, il devient quasi impossible à un Etat d’emprunter pour rembourser les titres de sa dette arrivés à échéance. Il n’a plus qu’à choisir : faire défaut de sa dette ou connaître le sort de la Grèce, de l’Irlande et du Portugal en empruntant auprès du FMI et de l’Union européenne. Encore faudrait-il que ces derniers aient les moyens de leur prêter, ce qui est plus que douteux, même si un seul de ces deux pays se présentait au guichet.

 4e groupe : l’Irlande (8 %), le Portugal (12 %) et la Grèce (32 %)

L’Irlande est à 8 %, le Portugal est à 12 % et la Grèce est à 32 % [1]. Contrairement aux objectifs annoncés de la troïka (Banque centrale européenne, Commission européenne et FMI) ces pays sont incapables de se refinancer sur les marchés financiers à des taux acceptables pour leurs économies. Ils sont condamnés, s’ils ne font pas défaut de leur dette publique, à des plans de rigueur à répétition imposés par la troïka, à la généralisation du chômage, du travail précaire et de la pauvreté, à la vente à prix bradés de leurs services publics aux multinationales européennes.
Pour ne pas laisser la France entrer dans le 2e groupe (une catastrophe aux yeux de la droite) il aurait fallu que Sarkozy fasse une politique exactement contraire à celle qu’il a menée tout au long de son quinquennat et qu’il ait haussé vigoureusement les impôts des ménages les plus riches et des sociétés plutôt que, comme il l’a fait, de les baisser avec autant d’enthousiasme. Mais c’était beaucoup trop demander à un Président dont la politique n’est faite que pour les 1 % les plus riches de la population.

Ce sont ces baisses d’impôts des ménages les plus riches et des sociétés qui sont à l’origine de la plus grande partie de la dette publique actuelle et donc des attaques des marchés financiers. Ces baisses d’impôts, ces niches fiscales s’élèvent à 100 milliards d’euros pour la seule année 2010 si l’on ajoute à celles mises en place sous Sarkozy les baisses d’impôt qui avaient déjà été accordées sous le quinquennat de Jacques Chirac et de ses ministres des finances dont le plus acharné à baisser les impôts des riches et des sociétés ne fut autre qu’un certain ... Nicolas Sarkozy.

Jean-Jacques Chavigné
Source

[1] Les chiffres ci-dessus concernent les obligations d’État à 10 ans (Tec 10) au 14 novembre 2011. Ca change tous les jours. Voici un petit tableau comparatif.

Les obligations d’Etat (TEC 10)
Pays Taux en % au 14/11/2011 Taux en % au 22/11/2011
Allemagne 1,80 1,92
Pays Bas 2,50 2,55
France 3,50 3,58
Belgique 4,60 5,15
Autriche 3,40 3,64
Italie 6,30 7,19
Espagne 6,00 6,58
Irlande 8,00 8,30
Portugal 12,00 11,49
Grèce 32,00 33,29

On trouve ici les chiffres du « TEC 10 »


Ecrit le 27 novembre 2011

 Préparer les esprits

Le gouvernement assure « tout » faire pour préserver le AAA de la France, et éviter l’annonce de nouvelles mesures de rigueur, impopulaires et susceptibles de menacer l’actuel locataire de l’Elysée. Mais les agences de notation sont plus hésitantes et en l’absence de nouvelles mesures conjuguant à la fois rigueur et préservation de la croissance (exercice considéré comme des plus périlleux !), les agences de notation pourraient sanctionner la France ... juste après le 6 mai, date du second tour de la présidentielle.


Ecrit le 27 novembre 2011

 La crise de la dette rattrape l’Allemagne

« Émission obligataire allemande : un désastre complet absolu » titre la Tribune du 23.11.2011. Pour Angela Merkel et le capitalisme allemand, c’est une sacrée dou-che froide. L’Allemagne a voulu placer pour 6 milliards d’euros d’obligations d’État à 10 ans mais les marchés financiers n’en ont acheté que 3,6 milliards. La raison principale : les « marchés financiers » estiment que la crise de la dette européenne n’épargnera pas l’Allemagne.

La vision du monde, ou du moins de l’Europe, d’Angela Merkel en prend donc un sacré coup. Deux coups en réalité.

1) D’abord sa vision de l’Union européenne divisée entre les bons et les mauvais élèves et où l’Allemagne finissait par être le seul bon élève.

2) En autorisant la Bundesbank à acheter les 2,4 milliards dont les marchés n’ont pas voulu, Angela Merkel n’a plus de justification pour refuser que la Banque centrale européenne agisse de la même façon non seulement en rachetant les titres des dettes publiques en difficulté sur le marché secondaire (la Bourse) mais même sur le marché primaire lors de leur émission puisque c’est ce que vient de faire la Bundesbank.

Il devient difficile, maintenant, de présenter l’Allemagne comme modèle et d’imposer, au nom de ce modèle, plan de rigueur sur plan de rigueur.


Ecrit le 21 décembre 2011

 La France en récession

La France est menacée d’une double peine : dégradation et récession, en attendant un troisième plan d’austérité qui viendra sûrement après les élections présidentielles. La France devrait, selon l’Insee, connaître une brève récession au quatrième trimestre 2011 et au premier trimestre 2012 et il sera « difficile » d’atteindre l’an prochain la prévision de 1% de croissance sur laquelle le gouvernement a basé son deuxième plan de rigueur.

Pour Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, c’est « le produit de l’austérité » et des plans successifs mis en place par la droite depuis le début de la crise (...). « Il est remarquable que ce soient les pays à qui l’on fait appliquer les plans d’économie drastique qui subissent de plein fouet la récession » - « La suppression de près de 170.000 emplois dans la Fonction publique, le gel des salaires et des minima sociaux, l’asphyxie des collectivités locales, la restriction des crédits aux PME ont fini par faire reculer notre économie ».

Les autres pays aussi vont voir le PIB diminuer, y compris l’Allemagne. Le pouvoir d’achat va être restreint, les demandes intérieures restreintes tout comme les importations. Tout le monde va être touché, autant l’individu que l’entreprise.


NOTES:

[1] Les chiffres ci-dessus concernent les obligations d’État à 10 ans (Tec 10) au 14 novembre 2011. Ca change tous les jours. Voici un petit tableau comparatif.

Les obligations d’Etat (TEC 10)
Pays Taux en % au 14/11/2011 Taux en % au 22/11/2011
Allemagne 1,80 1,92
Pays Bas 2,50 2,55
France 3,50 3,58
Belgique 4,60 5,15
Autriche 3,40 3,64
Italie 6,30 7,19
Espagne 6,00 6,58
Irlande 8,00 8,30
Portugal 12,00 11,49
Grèce 32,00 33,29

On trouve ici les chiffres du « TEC 10 »