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Sortir du nucléaire, c’est possible

Ecrit le 7 décembre 2011

Le petit Nicolas est en campagne électorale, sans le dire. Il a choisi de mettre la barre à droite, très à droite. Il souffle sur les braises nationalistes et sécuritaires, montrant ainsi qu’il se sait en péril. Il multiplie mensonges et provocations. La presse le sait bien, le signale parfois mais laisse faire car il faut éviter de trop éveiller l’esprit critique des (é)lecteurs.

Autour de lui, Claude Guéant, Jean-François Copé, Laurent Wauquiez et d’autres, manient, aussi, la provocation, lancent des ballons d’essai, obligeant les gens de gauche à se placer sur la défensive. A droite la démagogie, à gauche la pédagogie. Qu’est-ce qui prendra le mieux dans l’opinion publique ?

Revenons sur la question du nucléaire. Les chiffres donnés par Nicolas Sarkozy dans son discours du 25/11 au Tricastin sont (encore !) faux :

1) Il dit « Savez-vous que l’économie française aujourd’hui émet 10 fois moins de CO2 dans l’atmosphère que l’Allemagne », Eh bien c’est faux. Selon l’INSEE, en 2008, la France émettait 527 millions de tonnes d’équivalent CO2, et l’Allemagne 958,1 .

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2) N.Sarkozy dit : « le coût de production de l’énergie photovoltaïque représente 5 à 10 fois le coût de production de l’électricité nucléaire ». Eh bien c’est faux : une étude de l’Agence Internationale de l’Energie révèle qu’il n’y a pas de source de production d’électricité qui se révèle systématiquement moins chère que les autres. « Nicolas Sarkozy n’y connaît rien. Il est persuadé que le nucléaire ne coûte pas. C’est la raison pour laquelle il a commandé à la Cour des comptes un rapport sur le coût de la filière nucléaire ! S’il connaissait la réalité, il ne l’aurait pas accepté ! » dit Serge Orru, directeur du WWF

3) N.Sarkozy dit : « si on remet en cause la recherche dans le nucléaire, alors viendra le procès du spatial, puis le procès de l’aéronautique, puis le procès de la robotique, puis on est déjà dans le procès de l’automobile. Dans quelles usines irez-vous travailler ? Et quels seront les emplois pour vos enfants ? ». Eh bien, dans ce discours, N. Sarkozy manie la peur : « Sans le nucléaire, tremblez, vous n’aurez plus d’emploi ! ». On remarquera qu’avec le nucléaire on n’a plus d’emplois non plus actuellement ! Et on n’oubliera pas que le nucléaire n’assure pas l’indépendance énergétique de la France : celle-ci importe beaucoup plus d’énergie qu’elle n’en vend et l’uranium est importé à 100 % de l’étranger.

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Corinne Lepage commente : « La fermeture de 24 centrales, prévue dans l’accord PS-Verts n’interviendra pas demain : l’accord prévoit la fermeture de deux réacteurs seulement d’ici 2017. Il n’y a pas de menace sur l’emploi. Et puis Nicolas Sarkozy parle d’emplois conservés dans le nucléaire, mais il oublie qu’il en a supprimé 12.000 dans la filière photovoltaïque et qu’il en supprime encore en choisissant de ne pas développer cette filière ».

Le patron d’EDF, lui, dit que la remise en cause du nucléaire supprimerait un millions d’emplois. Mais Anne Lauvergeon, ancienne patronne d’Areva commente : « Quand j’ai entendu les propos du patron d’EDF, je me suis dit qu’il avait fumé la moquette ! » a-t-elle lancé lors d’un débat organisé dans le cadre du Forum Libération de Lyon en précisant : « Il y en aurait plutôt 125 000 directs et 400 000 indirects selon une étude que j’avais fait faire » (étude réalisée par le cabinet PriceWatherhouseCoopers et publiée en mai dernier)

4) Enfin N.Sarkozy annonce que, en l’absence du nucléaire, le prix de l’électricité augmenterait. « Veut-on doubler la facture d’électricité des ménages français ? » dit-il, négligeant le fait que le prix de l’électricité va augmenter de toutes les façons. En effet, selon la très pro-nucléaire Union française de l’électricité, en cas de maintien de la part du nucléaire, le prix de l’électricité en France augmentera tout de même de 33% en 20 ans.

Une étude de Médiapart, dans les secteurs intensifs en électricité (papier, chimie, métallurgie), montre que les pays où le prix de l’électricité est relativement bas (comme la France) ne s’en sortent pas mieux que les autres, et l’évolution de l’emploi n’a rien à voir avec celle du prix de l’électricité. « Si ces secteurs ont perdu des emplois, c’est principalement du fait de l’automatisation. A cet égard, une hausse du prix de l’électricité aurait le mérite de freiner le processus de remplacement du travail par de l’énergie, si néfaste pour l’emploi comme pour l’environnement ».

Et si l’on supprime des emplois dans le nucléaire, on peut en trouver d’autres dans les énergies alternatives : « L’Allemagne a créé 350 000 emplois dans le renouvelable et ce secteur représente aujourd’hui en termes d’emploi la moitié de son secteur automobile. La vraie question n’est du reste pas tant celle du coût (qui n’est peut-être pas plus élevé que celui du renouvellement complet du parc nucléaire) que celle du financement » dit encore Corinne Lepage.

Contrairement à ce que dit le gouvernement, la gauche ne veut pas la suppression brutale du nucléaire. Elle demande qu’un processus soit engagé pour passer de 75 % nucléaire à 50 % nucléaire, en mettant en place progressivement d’autres sources d’énergie, et en diversifiant ces sources d’énergie.

Sans oublier qu’il est important de mener en parallèle des opérations d’économie d’énergie. Quand le pétrole était abondant et bon marché, nous avons gaspillé cette ressource sans écouter ceux qui sonnaient l’alerte. Pour le nucléaire, c’est la même chose et les catastrophes de Tchernobyl et Fukushima doivent faire réfléchir.

Aujourd’hui devenue une évidence, la vraie question n’est plus « Faut-il sortir du nucléaire ? », mais plutôt « Quelles sont les solutions pour en sortir ? ».

Le livre « Sortir du nucléaire » apporte des réponses claires et pragmatiques, loin du « dogmatisme » parfois reproché aux écologistes. Il s’appuie sur deux volets prioritaires : la sobriété énergétique dans un premier temps ; et l’efficacité énergétique dans un second temps, avec le développement des énergies renouvelables.


Ecrit le 7 décembre 2011

 Les Pellets en Bourse

Le granulé de bois est un produit très attrayant parce que souple d’utilisation, facile à transporter, et avec un assez grand pouvoir calorifique. Il est intéressant s’il est issu d’un marché local. Mais le marché peut à tout instant s’emballer, face à une ressource limitée, comme toutes les énergies renouvelables. Deux signes sont apparus en ce sens en novembre 2011 :

1) l’ouverture, le 3 novembre 2011, d’une bourse de la biomasse à Amsterdam, ciblée sur le pellet pour commencer. Voici comment on pose le cadre de belles spéculations futures.

2) la publication début novembre du rapport de Greenpeace intitulé « Biomasse et Biomascarade » décrivant tout ce qui se met en place dans la forêt canadien ne pour produire de l’énergie et notamment exporter massivement des pellets vers l’Europe : A quel prix ? En 2010, le Canada a exporté 1,2 Mt de granulés vers l’Europe multiplié par 8 en 8 ans, et on prévoit une nouvelle multiplication par 10 d’ici 2020.


Ecrit le 7 décembre 2011

 Pinocchio du développement durable

Le groupe Vinci a reçu le prix « Plus vert que vert » décerné par Les Amis de la Terre pour ses efforts de « verdissement » du projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Afin de compenser la destruction massive de terres agricoles, Vinci se contente de créer un observatoire agricole, une ferme de démonstration en face des parkings et une AMAP afin d’ « encourager l’agriculture durable »


 Intrusions

Intrusion de Greepeace dans une centrale nucléaire-20120503]

Lire : Survoler une centrale nucléaire