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Syrie : shoot to kill

[->2824 ] [->3107 ] Ecrit le 21 décembre 2011 {{{Shoot to kill : tirer pour tuer}}} Le président syrien, Bachar al-Assad, ne dit pas la vérité quand il dit que des manifestants ont été tués en raison de "fautes commises par certains officiers." Un rapport de Human Rights Watch basé sur des entretiens avec des soldats et des officiers déserteurs, et avec les agences de renseignement, montre que les commandants supérieurs ont systématiquement ordonné et toléré des abus. {{{74 noms}}} Le rapport contient 74 noms de commandants et de responsables impliqués dans ces crimes. Les transfuges disent que, lorsque les manifestations ont commencé (le 15 mars 2011), les forces de sécurité ont confisqué les téléphones portables, interdit toutes les télévisions (sauf les canaux pro-gouvernementaux) et déclaré qu'il s'agissait de gangs armés, soutenus par l'étranger, et voulant détruire la Syrie. Les commandants ont distribué des munitions à leurs hommes avec consigne d'arrêter ces protestations "par tous les moyens nécessaires", n'hésitant pas à ordonner de tirer sur les manifestants directement sans avertissement. Les soldats qui ont désobéi aux ordres ont été tués. Depuis que les protestations ont commencé, les forces de sécurité ont tué plus de 5.000 Syriens. Les déclarations des déserteurs ne laissent aucun doute : les abus ont été généralisés et systématiques et constituent des crimes contre l'humanité. Le rapport de 88 pages, 'By All Means Necessary !': est basé sur plus de 60 entretiens. "Ceux qui ont donné l'ordre de tirer et tuer devront répondre de leurs crimes contre le peuple syrien", a déclaré Anna Neistat, directeur adjoint des urgences à Human Rights Watch, et l'un des auteurs du rapport. {{{Arrestations arbitraires, tortures, exécutions}}} Arrestations arbitraires, tortures, exécutions... les exactions sont nombreuses. Les déserteurs racontent par exemple la façon dont ils battaient et maltraitaient les détenus avec les encouragements de leur hiérarchie. Comme "Hani", qui décrit comment, le 1er avril, le colonel Suheil Hassan a ordonné à ses hommes de frapper directement à la tête les personnes, sans se soucier des conséquences. Il est impossible de savoir exactement combien de personnes ont été arrêtées depuis le début du mouvement souligne l'organisation. Mais au 3 décembre, 15.500 étaient documentées. Le nombre réel est sans doute bien plus élevé, souligne Human rights watch. Vendredi 16 décembre 2011, les contestataires syriens ont frappé un grand coup. Ce n'est pas moins de 200.000 personnes –selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme- qui sont sorties dans les rues de Homs, "capitale de la révolution", ville encerclée par l'armée depuis des semaines. Alors que la révolte populaire est entrée dans son dixième mois, les manifestants crient "la Ligue arabe nous tue", estimant que les délais arabes accordés, avant de prendre des mesures contre la répression, "donnent le temps au régime pour tuer davantage de Syriens". En parallèle, la Russie a lâché un peu de lest. Le pays, qui refusait jusqu'à présent toute sanction contre Damas, a présenté le 15 décembre un projet de résolution au Conseil de sécurité

"Près de 5.000 morts, 3 millions de Syriens affectés par la répression sanglante, d'innombrables exactions et crimes contre l'humanité quotidiens: combien de victimes faudra-t-il encore pour que le monde comprenne que Bachar al-Assad doit partir ?", a déclaré le ministre Alain Juppé

------------ Note du janvier Selon lemonde: {{Syrie : la France prudente, les sanctions paient}} Le ministre des affaires étrangères, Alain Juppé, écarte l'idée du Qatar d'envoyer des troupes arabes en Syrie "dans le contexte régional actuel", dans un entretien à Ouest-France. Il n'explicite pas les raisons qui poussent Paris à adopter cette position. Il se borne à dire : "En revanche, nous dialoguons avec l'opposition syrienne afin qu'elle se structure et s'ouvre à toutes les sensibilités". Le rejet français rejoint la position russe. Pourtant, la mission en Syrie des observateurs de la Ligue arabe a pris fin hier sans avoir mis un terme aux violences. Depuis l'arrivée de cette mission, le 26 décembre, on estime que plus de 600 personnes ont été tuées en Syrie, où les insurgés armés ont radicalisé leur lutte. Les observateurs étaient censés veiller au respect de l'accord conclu entre la Ligue arabe et le pouvoir syrien, prévoyant notamment le retrait des troupes déployées dans les villes et l'ouverture d'un dialogue avec l'opposition. Des pressions plus fortes pourront-elles produire des changements ? Damas a annoncé jeudi que son secteur pétrolier avait subi des pertes de plus de deux milliards de dollars en raison des sanctions. Mais la répression se poursuit... [Les étranges conversations du président syrie -> http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2012/03/15/l-etrange-portrait-de-bachar-al-assad-et-des-son-entourage_1669277_3218.html] [->2824 ] [->3107 ]

Ecrit le 21 décembre 2011

Shoot to kill : tirer pour tuer

Le président syrien, Bachar al-Assad, ne dit pas la vérité quand il dit que des manifestants ont été tués en raison de « fautes commises par certains officiers. » Un rapport de Human Rights Watch basé sur des entretiens avec des soldats et des officiers déserteurs, et avec les agences de renseignement, montre que les commandants supérieurs ont systématiquement ordonné et toléré des abus.

74 noms

Le rapport contient 74 noms de commandants et de responsables impliqués dans ces crimes.

Les transfuges disent que, lorsque les manifestations ont commencé (le 15 mars 2011), les forces de sécurité ont confisqué les téléphones portables, interdit toutes les télévisions (sauf les canaux pro-gouvernementaux) et déclaré qu’il s’agissait de gangs armés, soutenus par l’étranger, et voulant détruire la Syrie.

Les commandants ont distribué des munitions à leurs hommes avec consigne d’arrêter ces protestations « par tous les moyens nécessaires », n’hésitant pas à ordonner de tirer sur les manifestants directement sans avertissement. Les soldats qui ont désobéi aux ordres ont été tués.

Depuis que les protestations ont commencé, les forces de sécurité ont tué plus de 5.000 Syriens. Les déclarations des déserteurs ne laissent aucun doute : les abus ont été généralisés et systématiques et constituent des crimes contre l’humanité.

Le rapport de 88 pages, ’By All Means Necessary !’ : est basé sur plus de 60 entretiens. « Ceux qui ont donné l’ordre de tirer et tuer devront répondre de leurs crimes contre le peuple syrien », a déclaré Anna Neistat, directeur adjoint des urgences à Human Rights Watch, et l’un des auteurs du rapport.

Arrestations arbitraires, tortures, exécutions

Arrestations arbitraires, tortures, exécutions... les exactions sont nombreuses. Les déserteurs racontent par exemple la façon dont ils battaient et maltraitaient les détenus avec les encouragements de leur hiérarchie. Comme « Hani », qui décrit comment, le 1er avril, le colonel Suheil Hassan a ordonné à ses hommes de frapper directement à la tête les personnes, sans se soucier des conséquences.

Il est impossible de savoir exactement combien de personnes ont été arrêtées depuis le début du mouvement souligne l’organisation. Mais au 3 décembre, 15.500 étaient documentées. Le nombre réel est sans doute bien plus élevé, souligne Human rights watch.

Vendredi 16 décembre 2011, les contestataires syriens ont frappé un grand coup. Ce n’est pas moins de 200.000 personnes –selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme- qui sont sorties dans les rues de Homs, « capitale de la révolution », ville encerclée par l’armée depuis des semaines.
Alors que la révolte populaire est entrée dans son dixième mois, les manifestants crient « la Ligue arabe nous tue », estimant que les délais arabes accordés, avant de prendre des mesures contre la répression, « donnent le temps au régime pour tuer davantage de Syriens ».

En parallèle, la Russie a lâché un peu de lest. Le pays, qui refusait jusqu’à présent toute sanction contre Damas, a présenté le 15 décembre un projet de résolution au Conseil de sécurité

« Près de 5.000 morts, 3 millions de Syriens affectés par la répression sanglante, d’innombrables exactions et crimes contre l’humanité quotidiens : combien de victimes faudra-t-il encore pour que le monde comprenne que Bachar al-Assad doit partir ? », a déclaré le ministre Alain Juppé


Note du janvier

Selon lemonde : Syrie : la France prudente, les sanctions paient

Le ministre des affaires étrangères, Alain Juppé, écarte l’idée du Qatar d’envoyer des troupes arabes en Syrie « dans le contexte régional actuel », dans un entretien à Ouest-France. Il n’explicite pas les raisons qui poussent Paris à adopter cette position. Il se borne à dire : « En revanche, nous dialoguons avec l’opposition syrienne afin qu’elle se structure et s’ouvre à toutes les sensibilités ». Le rejet français rejoint la position russe.

Pourtant, la mission en Syrie des observateurs de la Ligue arabe a pris fin hier sans avoir mis un terme aux violences. Depuis l’arrivée de cette mission, le 26 décembre, on estime que plus de 600 personnes ont été tuées en Syrie, où les insurgés armés ont radicalisé leur lutte. Les observateurs étaient censés veiller au respect de l’accord conclu entre la Ligue arabe et le pouvoir syrien, prévoyant notamment le retrait des troupes déployées dans les villes et l’ouverture d’un dialogue avec l’opposition. Des pressions plus fortes pourront-elles produire des changements ?

Damas a annoncé jeudi que son secteur pétrolier avait subi des pertes de plus de deux milliards de dollars en raison des sanctions. Mais la répression se poursuit...

Les étranges conversations du président syrie