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Agriculture et langue de bois

Ecrit le 2 février 2012

 Lettre ouverte « espérance et progrès » à destination des candidats à la présidentielle

Xavier Beulin Président de la FNSEA , a envoyé une belle lettre aux candidats déclarés ou supputés. En voici des extraits :

Dans cette campagne politique, nous voulons que l’agriculture prenne toute sa place, non par réflexe, non par tradition mais par envie, par nécessité et par volonté. Entre hasardeuses promesses et faux espoirs, il y a une place pour d’autres réflexions, plus originales, sans être pour autant impossibles.(...) La folie des marchés et d’une partie de ceux qui les animent doit nous faire penser, de nouveau, à la place de l’Homme dans la société et plus spécifiquement à la place du paysan au sein de la nation. (...) Notre manque de compétitivité nous a fait perdre beaucoup d’énergies vives, celles-là même qui peuvent stimuler l’économie agricole et agroalimentaire. En effet, comment continuer à se battre à armes égales, avec, notamment des écarts de coûts sociaux et de normes aussi importants à l’intérieur de l’Europe, comme à l’extérieur ? D’ailleurs, face à ce constat, la TVA sociale, idée défendue depuis 10 ans par la FNSEA, peut nous aider dans notre volonté farouche de retrouver une meilleure compétitivité.

Il ne s’agit pas d’être les premiers pour être les premiers. Il s’agit de revenir à nos fondamentaux. Nous produisons pour qui ? Pour quoi ? Quels sont nos objectifs ? Quelle rémunération pour quel travail ? (...) une agriculture dynamique et conquérante. Il s’agit probablement d’avoir un nouveau contrat entre agriculture et société, agriculteurs et citoyens. L’objectif est bien de satisfaire des besoins croissants et diversifiés. (...) De l’alimentation de la planète à la chimie verte, du conventionnel au bio, des signes de qualité à la production d’énergie, de la santé à la protection des ressources naturelles, nous avons de multiples opportunités à saisir. La chance de la France est d’avoir tous les climats et toutes les agricultures. Notre chance est aussi de pouvoir répondre, à la fois à une demande de proximité, et grâce à nos entreprises agroalimentaires, à des marchés de grande consommation. Notre avenir c’est une agriculture adaptée et adaptable. (...)

Mais arrêtons-nous sur l’espérance (...) , la fierté d’être Français, la fierté d’être agriculteur, la fierté d’être paysan en France. Sortons du débat stérile sur la décroissance et affirmons qu’une croissance durable liant performance économique et environnementale est une voie de progrès. (...) L’agriculture a su garder des principes et des valeurs qui peuvent servir à notre pays mais pour cela il faut que la République garde... des agriculteurs, des agriculteurs bien dans leur peau et dont elle doit être fière.

En participant à la construction de la France, nous avons construit de l’espérance et donc des chances. Maltraités parfois et montrés du doigt souvent, les paysans veulent une juste reconnaissance de ce qu’ils sont et de ce qu’ils apportent.
L’heure est à la réconciliation, au rassemblement, au collectif et à l’harmonie. (Vivre ensemble dans un nouveau respect !). Ce que le progrès scientifique et technique peut apporter en positif aux productions, nous devons l’accompagner de nouvelles règles en matière de relations humaines dans une société marquée par la défiance et la peur. La confiance se gagne et se construit.
(...) Il faut redonner du sens à nos missions et à nos actions. La recherche de compétitivité n’empêche pas l’humanité. La volonté de résultats ne bloque pas le collectif et les causes. La nécessité de l’efficience n’est en rien un frein au durable et à l’écologiquement compatible. La performance doit être économique mais aussi environnementale comme sociale. (...) les agriculteurs veulent la vérité. Cette même vérité qui permet de se regarder dans le miroir du pays avec fierté, avec espérance. Le progrès peut nous y conduire, la confiance aussi. Nous faisons un beau métier mais pour demain nous avons besoin de progrès économiques, sociaux, environnementaux, techniques et scientifiques. Tout cela se tient et, dans l’urne, nous nous y tiendrons.

Xavier Beulin Président de la FNSEA


Une belle accumulation de mots choisis « positifs » : espérance, progrès, chance, compétitivité, conquérante, dynamique, satisfaire, opportunités, diversifiés, espérance, concret, fierté, confiance, performance, progrès, principe, valeurs, meilleur, collectif, harmonie, vivre ensemble, respect, humaines, progrès, confiance, raisonnable, raisonné, efficience, humanité,.. ; et re-fierté-espérance-progrès. Ce que Raffarin appelait la positive-attitude ! Mais en fait ça propose quoi de concret pour l’agriculture ?

 Un cours de langue de bois

Alors nous vous proposons, ci-dessous, dans la perspective des élections, un cours de langue de bois.

Commencez par la case en haut à gauche, puis enchaînez avec n’importe quelle case en colonne 2, puis avec n’importe laquelle en 3, puis n’importe laquelle en 4 et revenez ensuite où bon vous semble en colonne 1 pour enchaîner au hasard…

Mais surtout, n’oubliez pas d’y mettre l’intonation et la force de conviction…

Mesdames, messieurs, la conjoncture actuelle doit s’intégrer à la finalisation globale d’un processus allant vers plus d’égalité.
Je reste fondamentalement persuadé que la situation d’exclusion que certains d’entre vous connaissent oblige à la prise en compte encore plus effective d’un avenir s’orientant vers plus de progrès et plus de justice.
Dès lors, sachez que je me battrai pour faire admettre que l’acuité des problèmes de la vie quotidienne interpelle le citoyen que je suis et nous oblige tous à aller de l’avant dans la voie d’une restructuration dans laquelle chacun pourra enfin retrouver sa dignité.
Par ailleurs, c’est en toute connaissance de cause que je peux affirmer aujourd’hui que a volonté farouche de sortir notre pays de la crise a pour conséquence obligatoire l’urgente nécessité d’une valorisation sans concession de nos caractères spécifiques.
Je tiens à vous dire ici ma détermination sans faille pour clamer haut et fort que l’effort prioritaire en faveur du statut précaire des exclus conforte mon désir incontestable d’aller dans le sens d’un plan correspondant véritablement aux exigences légitimes de chacun.
J’ai depuis longtemps (ai-je besoin de vous le rappeler ?), défendu l’idée que le particularisme dû à notre histoire unique doit nous amener au choix réellement impératif de solutions rapides correspondant aux grands axes sociaux prioritaires.
Et c’est en toute conscience que je déclare avec conviction que l’aspiration plus que légitime de chacun au progrès social doit prendre en compte les préoccupations de la population de base dans l’élaboration d’un programme plus humain, plus fraternel et plus juste.
Et ce n’est certainement pas vous, mes chers compatriotes, qui me contredirez si je vous dis que la nécessité de répondre à votre inquiétude journalière, que vous soyez jeunes ou âgés, entraîne une mission somme toute des plus exaltantes pour moi : l’élaboration d’un projet porteur de véritables espoirs, notamment pour les plus démunis.