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Mée-disances du 15 février 2012

Ecrit le 15 février 2012

 Le croisé Guéant

 
Libération.fr du 07/02 : pour Nicolas Sarkozy : oui, certaines « civilisations » valent plus que d’autres. Il a soutenu sans réserve les propos « de bon sens, tenus le 4 février par Claude Guéant devant les militants du syndicat étudiant Uni. »Une civilisation, un régime, une société qui [n’accorde] pas la même place et les mêmes droits à des hommes et à des femmes, ça [n’a] pas la même valeur« , a assuré le chef de l’État, ajoutant cyniquement qu’il n’entendait »pas perdre de temps« avec une »polémique" qu’il contribue pourtant à entretenir et à prolonger.
 
Avec la bénédiction de l’Élysée, Guéant se charge donc d’expliquer aux Français que la droite et la gauche se différencient bien plus dans leurs jugements sur la « ci­vilisation » musulmane que dans leurs pro­positions pour en finir avec les déficits pu­blics.[…]. « Plus Guéant se droitise, plus il sera facile pour Sarkozy de se recentrer le moment venu », indique-t-on à l’UMP. […]
 
Les gaullistes et les centristes de l’UMP ont vainement tenté de désa­morcer la polémique en plaidant l’approxi­mation sémantique. […] Tenant de la ligne droi­tière, le patron de l’UMP, Jean-François Copé, a appelé ses troupes à ne pas céder au « politiquement correct ». Selon lui, l’UMP doit se donner les moyens de faire comprendre aux élec­teurs du FN   que la droite est mobilisée contre « les dérives intégristes », alors que la gauche fait preuve « d’un certain laisser-aller ».

 Total régale

 
L’Humanité.fr du 10/02 : 2,28 euros par action, c’est ce que Total s’apprête à reverser à ses actionnaires après avoir annoncé un bénéfice net de plus de 12 milliards d’euros pour 2011. Un dividende « stable par rapport à l’année précédente », selon la direction. Mais libre au conseil d’administration des actionnaires de s’octroyer un bonus plus élevé lors de sa réunion du 11 mai 2012.
 
Total a réalisé son meilleur exercice depuis 2008 (13,9 milliards d’euros), au temps où le prix de l’or noir flambait, avec des activités de raffinage en pleine forme. Pour 2011, Total a profité des cours élevés du pétrole qui ont compensé un léger recul de sa production (la faute à la guerre en Libye) et des difficultés persistantes dans le raffinage. Les chiffres annoncés par Total : +16% pour son chiffre d’affaires (184,7 milliards d’euros). Pour le seul quatrième trimestre 2011, le bénéfice net a augmenté de 13% à 2,290 milliards. Les perspectives sont radieuses, avec 20 milliards d’investissements nets en 2012, après 22 milliards l’an dernier et un objectif d’une hausse de sa production de 2,5% par an en moyenne entre 2010 et 2015. Les actionnaires ont de quoi voir venir, avec les réserves d’hydrocarbures prouvées du groupe qui ont progressé de 7% l’an dernier, à 11,423 milliards de barils équivalent pétrole.
Ils ont surtout de quoi sabrer le champagne, avec des prix de l’essence à la pompe qui ont battu un nouveau record historique en France il y a quelques jours.
 

 Casseroles

 
L’Humanité.fr du 10/02 : Eric Woerth, ancien trésorier de l’UMP, a été entendu au tribunal de Bordeaux sur de possibles faits de financement illégal de parti politique dénoncés par l’ancienne comptable des Bettencourt. L’ancien ministre de Nicolas Sarkozy a été mis en examen pour trafic d’influence passif.
 
L’ancien ministre du Budget est suspecté d’avoir perçu de la part de l’héritière de L’Oréal des sommes excédant le plafond légal pour le financement de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007. Eric Woerth doit répondre des accusations formulées contre lui par l’ancienne comptable Claire Thibout, qui a affirmé avoir remis en janvier 2007 à l’ancien homme de confiance de Mme Bettencourt, Patrice de Maistre, et à la demande de celui-ci, 50.000 euros en liquide destinés à Eric Woerth pour le financement de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy. Elle avait également avancé que 100.000 autres euros, également destinés à cette campagne, avaient été retirés par Patrice de Maistre sur des comptes des Bettencourt en Suisse. […]
 
Une information judiciaire pour trafic d’influence actif commis par un particulier, trafic d’influence passif commis par une personne investie d’un mandat électif public vise les relations entre de Maistre et Woerth, qui se sont connus en 2006, alors, comme l’a expliqué lui-même à la police en juillet 2010 M. Woerth, que M. de Maistre se demandait comment lui et les Bettencourt pouvaient aider l’UMP. Eric Woerth a affirmé lui avoir simplement communiqué le montant légal des dons, 7.500 euros par personne.
 
Par la suite, alors qu’Eric Woerth était ministre du Budget, les deux hommes avaient poursuivi leurs relations, le premier permettant au second d’obtenir la Légion d’Honneur en 2008, tandis que l’épouse du premier était embauchée chez Clymène, société chargée d’administrer la fortune de Mme Bettencourt, et dirigée par le second. Patrice de Maistre a été mis en examen le 15 décembre à Bordeaux pour abus de faiblesse, complicité d’abus de confiance et escroquerie aggravés, ainsi que pour blanchiment, des faits distincts du financement politique.
 
Une enquête visant M. Woerth, député-maire de Chantilly (Oise), est par ailleurs ouverte devant la Cour de Justice de la République pour la vente en mars 2010, à un prix jugé beaucoup trop bas, d’une parcelle de 57 ha de la forêt de Compiègne à la Société des courses de Compiègne.

 Référendum chômeurs

 
NouvelObs.com du 10/02 : Dans son entretien au « Figaro magazine », Nicolas Sarkozy évoque « une forme de révolution » de « notre système d’indemnisation du chômage ».[…] En dénonçant l’assistanat, Nicolas Sarkozy flatte son électorat. « la mesure concerne directement les Français. C’est peut-être l’une des réformes qu’il faudra soumettre à leur jugement direct. »
 
En 2008, la loi a évolué, mettant en place le Projet personnalisé d’accès à l’emploi (PPAE), qui est créé par le demandeur d’emploi et l’agent de Pôle emploi pour encadrer la recherche. Le nouvel article détermine les conditions de radiation de la liste des demandeurs d’emploi dont celle ci : « est radiée la personne qui sans motif légitime, refuse à deux reprises une offre raisonnable d’emploi ». […]

Le chômeur doit accepter l’offre, si celle-ci est rémunérée à 95 % de l’ancien salaire pendant les six premiers mois de recherche. Ensuite le taux tombe à 85%. Par ailleurs, le temps de trajet entre le domicile et le lieu de travail, doit être au maximum d’une heure, pour qu’une offre soit déclarée raisonnable ( ou à 30 km).
 
C’est tout ce dispositif qui serait remis en question. Nicolas Sarkozy insiste sur la formation professionnelle : « l’indemnisation ne sera pas une allocation que l’on touche passivement, mais la rémunération que le service public de l’emploi versera à chaque demandeur d’emploi en contrepartie de la formation qu’il devra suivre. »
Le chômeur devrait donc accepter une « formation qualifiante » qui ne serait pas forcément en rapport avec ses précédents emplois. Et ensuite il devrait accepter la première offre d’emploi qui tombe. […]. La notion d’offre raisonnable d’emploi serait donc ainsi enterrée.
 
L’idée d’un référendum passe mal chez les organisations syndicales qui y voient une stigmatisation des demandeurs d’emploi pour « détourner les regards des vraies raisons de la crise ». La CGPME, le syndicat des patrons de PME s’interroge surtout sur la faisabilité d’une telle mesure. […] Pour former tous les demandeurs d’emploi il faudrait réformer en profondeur le dispositif de la formation professionnelle.*

Mais Sarkozy écarte l’option de lancer la réforme d’ici avril... La proposition vient donc rejoindre la longue liste des projets du président qui façonne à tout va son programme de candidat.