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L’engagement des jeunes

Ecrit le 22 février 2012

 Avec les Potes et la Mano : l’engagement des jeunes

Le Conseil de Développement a organisé jeudi 9 février 2012, à la salle municipale de Jans, une soirée sur le thème de l’engagement des jeunes, en partenariat avec LaMano et Les Pôtes des 7 lieux, à l’initiative   du « groupe citoyen » du Canton de Derval. Il s’agissait de mettre en avant ces jeunes qui s’engagent, et de souligner le rôle social-éducatif-formateur des associations de jeunes.

Deux jeunes, Anatole et Noëlla, qui ont participé à des projets au sein de ces deux associations intercommunales des secteurs de Nozay et Derval sont venus témoigner de leur expérience.

 Anatole

Avec Stéphanie Guigand, directrice des Potes de(s) Sept Lieux, Anatole a expliqué comment il a participé en tant que jeune du secteur de Derval à l’élaboration du schéma régional des jeunesses du Conseil Régional, et comment il a pu avoir la satisfaction de voir que les idées et propositions avaient été prises en compte sur l’Education, la santé, le logement ..

« Nous avons eu tout un week-end de réflexion avec d’autres jeunes à St Aignan de GrandLieu. Ce fut assez étonnant ! » dit-il
« J’ai bien vu les différences entre le monde rural et le monde urbain. C’est effarant ! »

« Je me souviens d’un jeune Nantais qui voulait prendre un bus et piaffait d’impatience à cause d’une attente de 5 minutes. Nous, ici, nous n’avons pas de transport en commun toutes les cinq minutes ! ». « Un autre jeune voulait aller en seconde, et son école le lui refusait. Et moi je voulais aller en BEP et mon collège insistait pour que j’aille en seconde ! ».

Les jeunes ruraux ont pu expliquer aux autres jeunes qu’il n’y a pas de cybercentre dans toutes les communes, pas d’accès quotidien dans une bibliothèque, des « zones d’ombre » pour capter l’ADSL   et pas de lieu associatif.

« Et puis nous avons rencontré les élus adultes pour leur faire part de nos réflexions. Nous avions des divergences assez flagrantes. Et surtout … on ne comprenait pas ce qu’ils disaient ! Ils avaient des grands mots et des phrases à rallonge. Nous le leur avons dit. Ils ont fait des efforts. On s’est rendu compte que nous étions écoutés. Et quand j’ai reçu le schéma, j’en ai lu une partie et j’ai vu que les choses avaient évolué ».
Les documents sont sur le site internet de la Région (http://www.crajep-pdl.org/spip.php?rubrique33) ainsi que toutes les indications sur le pass culture-sports et sur le pass santé.

« Et maintenant je sais que je peux parler aux adultes » a conclu Anatole.

 Des Jamo

Jérôme Vincent (directeur de la Mano) et Florence Joulain (de la Mission Locale), ont évoqué l’expérience « Service civique » qui a concerné une dizaine de jeunes, des « Jamo » comme on dit ! Jeunes Ayant Moins d’Opportunités que d’autres. On les dit aussi « décrocheurs », « fragilisés ».

« Ils se sont engagés volontairement dans cette activité (rémunérée) et ils ont découvert leur territoire, les institutions, les associations. Ils avaient des parrains et un encadrement permanent. L’un de ces parrains était le commandant de gendarmerie ! ». Au moment du choix, les jeunes disaient « tu ne me mets pas le flic ! » mais il a bien fallu que cela tombe sur un jeune. « Tu crois que je peux lui demander un conseil » a dit ce jeune à une animatrice, dans les mois qui ont suivi . « Hé oui, tu peux ! ». Finalement cela s’est très bien passé.

Ces jeunes ont été reconnus sur le territoire. Ils ont appris à fabriquer des briques de terre crue et à monter des toilettes sèches sur le site de Gruellau. Ils ont préparé un match de « foot solidaire » et ont été demandés pour donner un coup de main pour la collecte des Restos du Cœur et dans un magasin pour la période de Noël. En échange, ils ont récolté des fonds pour leur voyage en Guinée.

Noëlla a témoigné de ces neuf mois passés au sein de LaMano, au sein de ce projet « Aventure solidaire, ici et ailleurs », qui lui a permis de participer à la construction d’un local jeunes à Mambya en Guinée. « Nous y avons rencontré des jeunes très engagés, de futures élites locales. Nous avons aussi découvert d’autres façons de se comporter, d’autres façons de vivre. Aller voir les autres, cela permet de se connaître soi-même » dit-elle en reconnaissant que cette période l’a beaucoup changée, et lui a donné de la maturité.... et l’envie de s’investir dans la vie locale.

 Loic DUTAY, sociologue

Loic DUTAY, sociologue, intervenant de la soirée, a apporté des éléments de réflexion à la suite de ces témoignages

  • s’interroger sur la question des images que les uns ont des autres
  • s’inquiéter des écarts culturels, et de la façon de les réduire.

Les jeunes sont l’avenir des territoires. Ils faut montrer aux jeunes que les adultes peuvent être leurs alliés, même si leurs idées sont différentes (et en sachant que le regard change au fur et à mesure qu’on vieillit. Les adultes d’aujourd’hui ont peut-être oublié ce qu’ils pensaient, naguère !). Changer le regard, cela s’apprend .

Il y a des structures dédiées aux jeunes. Souvent les jeunes n’y viennent pas. Il faudrait se demander pourquoi il y a une carence de l’engagement ! -* L’association est un lieu où l’on n’est pas obligé d’aller.

  • Elle offre un cadre où peuvent se passer des choses, à condition que ce cadre favorise la liberté. Souvent les structures sont trop préparées, pré-digérées. Laisse-t-on aux jeunes le temps de rencontrer des adultes ?

Une étude aurait révélé que le face à face entre les personnes diminue de 15 % tous les dix ans. « Dans quelques décennies, on ne se rencontrera plus. Plus on utilise des écrans et moins on se parle. Ca vaut le coup d’y réfléchir »

Pour apprendre la citoyenneté, pour apprendre à agir dans la cité, quatre choses sont importantes 
 :

  • l’écoute réciproque. Il y a aussi des méthodes pour cela.
  • Le choix des mots, auxquels il faut trouver un sens partagé. Par exemple nous ne mettons pas tous le même sens sous les mots « développement local » « insertion »
  • la mobilisation : il y a aussi des techniques pour mobiliser les jeunes (un peu à la façon Tupperware !)
  • les projets : le but des associations, c’est d’apprendre à faire des projets

Les Conseils de Développement servent à discuter de ces questions, certains d’entre eux ont une commission « jeunes ». Un projet de société ne peut pas se faire sans les jeunes mais, étrangement, dans nos territoires, on s’occupe de l’enfance (à garder, à occuper) et on oublie la jeunesse. Même chose au niveau national, d’ailleurs, où il n’y a plus de ministre de la jeunesse, plus de financement pour des projets du genre « Mille clubs » qui a vu la naissance de 2 346 clubs de jeunes en France entre 1968 et 1982, en utilisant des structures légères livrées en kit, la plupart du temps mises en œuvre par les jeunes eux-mêmes. [Ndlr : à notre époque, à part Erbray et La Chapelle Glain, il n’y a pas d’espace de liberté pour les jeunes dans la Com’Com’   du Castelbriantais). Et on s’étonne qu’ils s’en vont voir … ailleurs)

Loic DUTAY a conclu en proposant un nouvel enjeu aux élus et représentants associatifs présents : construire, sur le Pays de Châteaubriant  , une véritable politique de la jeunesse, par et pour les jeunes.

Renseignements au Conseil de Développement : 02 40 55 68 00

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