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Impôts : 75 % c’est pas les trois quarts

Ecrit le 7 mars 2012

 75 % c’est pas les trois quarts

Y en a qui croient que le fait d’instituer une tranche d’impôt à 75 % pour les contri-buables gagnant plus d’un million d’euros par an, obligerait ceux-ci à reverser les trois-quarts de leurs gains. Ils se trom-pent. Quoique, après tout, il leur resterait 250 000 € par an, ce qui fait plus de 20 000 €/mois. C’est déjà pas mal ! Mais c’est pas ça du tout !

En France, les impôts sont calculés selon un certain barème. Celui qui est en vigueur depuis février 2012 est celui-ci :

Jusqu’à 5 963 euros : 0 % 
de 5 964 à 11 896 euros : 5,5 % 
de 11 897 à 26 420 euros : 14,0 %
de 26 421 à 70 830 euros : 30,0 %
plus de 70 830 euros : 41,0 %

Imaginons donc un célibataire gagnant 1 000 000 euros : il paierait un impôt de 397 000 € environ. Il lui resterait quand même 603 000 € soit 50 250 €/mois. Ca peut aller ! Et s’il y avait une tranche à 75 %, il ne paierait rien de plus.

Si notre cher célibataire gagnait 1 500 000 euros/an, il paierait 602 000 € d’impôts (avec le barême actuel) et il lui resterait 898 000 € soit 74 833 €/mois.

Et s’il y avait une tranche à 75 %, il paierait 772 000 € d’impôts et il lui resterait 728 000 € soit 60 667 €/mois. Une misère !

Et en réalité, nos super-riches paieraient moins d’impôts car ils savent très bien rémunérer des conseillers fiscaux sachant actionner toutes les niches fiscales possibles et imaginables.

 Confiscatoire

Cette tranche à 75 % toucherait peu de gens. Selon l’Insee, seuls 1% des salariés du privé gagnent plus de 215 600 euros, soit environ 133 000 personnes. D’après un rapport du Comité des prélèvements obligatoires (CPO) de la Cour des Comptes, seuls 3523 foyers, soit les 0,01% les plus riches, déclaraient plus de 1,221 million d’euros de revenus en 2009.
Le même rapport démontre au passage que l’impôt sur le revenu cesse d’être progressif pour les très hauts revenus, puisque le taux global d’imposition diminue : il est de 20,5% pour les 0,1% les plus riches des foyers, mais seulement de 15% pour les 0,001% les plus riches. De multiples moyens permettent en effet d’« optimiser » les revenus déclarables pour en soustraire une partie du calcul de l’impôt.

Donc la tranche d’impôt à 75 % est plus politique et symbolique que confiscatoire. Et 61 % des Français sont favorables à cette mesure qui recueille l’assentiment majoritaire des catégories populaires comme celui des catégories supérieures, même si les cadres sont un peu moins emballés. A noter que seuls les sympathisants UMP s’y disent en majorité défavorables (65% contre 29% favo-rables).

Le projet de taxation des super-riches a provoqué une levée de bouclier (fiscal) mais qui s’est scandalisé lorsqu’on a appris dernièrement que les patrons du CAC 40 s’étaient augmentés de 34% en moyenne ? A-t-on vu de telles pro-testations lorsqu’on a su que l’écart de salaires entre patrons et salariés ne fait que se creuser davantage ?

Le président-candidat-des pauvres, qui prétend aujourd’hui que c’est le nombre de pauvres qu’il faut faire diminuer en France (et non pas les riches) est le même que ce Président-des-riches qui propose de supprimer la prime pour l’emploi et de remplacer par une baisse des cotisations sociales. Tous comptes faits, l’équipe de Sarkozy a calculé que le montant de cette prime serait de 840 €/an pour un SMICard et que, déduction faite de la prime pour l’emploi (qui sera supprimée), le gain pour un SMICard serait de 70 à 210 €/an seulement.
Après la prime, la déprime !