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Congo-Kinshasa : une armée d’enfants

Ecrit le 21 mars 2012

Thomas Lubanga condamné

Le 14 mars 2012 à La Haye, la Cour pénale internationale (CPI) a estimé que le chef de guerre congolais Thomas Lubanga était coupable de recrutement et d’utilisation d’enfants soldats-âgés de moins de 15 ans dans la République démocratique du Congo.

Lubanga était le chef de file de l’Union des patriotes congolais (UPC), un groupe rebelle impliqué dans des massacres ethniques, des tortures et des viols dans le district de l’Ituri au nord-est du Congo. Là, les armées gouvernementales et de nombreuses milices armées, souvent divisées selon des critères ethniques, se sont battus pour les mines d’or de la région et les routes commerciales - et l’argent qui en résulte, des fusils, et le pouvoir.

Plus de 60.000 civils ont été massacrés dans le conflit en Ituri entre 1999 et 2006. Des milliers d’enfants ont été recrutés, souvent par la force, dans les rangs de l’UPC de Lubanga et d’autres groupes armés. Les enfants étaient tellement nombreux dans les rangs de l’UPC que celle-ci a été appelée « une armée d’enfants ».

La plupart des seigneurs de la guerre du Congo semblent penser qu’ils peuvent terroriser les gens et ne jamais être tenus pour responsables de leurs crimes.

Mais avec le verdict de culpabilité de Lubanga, cela pourrait changer.

Thomas Lubanga a commis bien d’autres méfaits durant sa carrière de chef politique et de chef de guerre :
collaboration et intelligence avec des puissances étrangères occupant son pays,
pillages des ressources naturelles,
incitation à la haine tribale,
massacres à caractère ethnique à l’encontre des communautés lendu et ngiti d’Ituri,
assassinats d’agents humanitaires, etc...

Thomas Lubanga sera sans doute condamné à une conséquente peine de prison. Il fera très certainement appel et la procédure à son encontre durera des années. Il peut cependant s’estimer heureux : il n’a eu à se défendre que d’un seul chef d’accusation. Et la vie dans une prison néerlandaise est certainement bien meilleure que celle qu’il a fait mener à des milliers d’enfants recrutés par ses soins.

Une éventuelle condamnation de Thomas Lubanga risque malheureusement de raviver les haines et de provoquer de nouvelles violences, en Ituri.