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Morts brutales et émotions choisies

Ecrit le 28 mars 2012

Le drame de Montauban-Toulouse a frappé les esprits, à juste titre : la mort d’un professeur et de trois enfants juifs, après les meurtres froidement exécutés à l’encontre de trois militaires français issus de l’immigration, c’est un climat de terreur qui s’installe. Qu’ils relèvent de la démence pure ou d’un projet de haine raciale ou politique –ce qui ne le rendrait d’ailleurs pas moins dément– ces meurtres sont inacceptables et le pays tout entier doit le signifier avec une détermination égale à sa colère, à son chagrin.

Mais un lecteur nous écrit :

« Un fait de ce genre, horrible, condamnable par tous, c’est parfait pour l’union nationale ; bouh... on est tous tristes et indignés ensemble ! Ca c’est important, il faut en parler, oulala c’est horrible. OUI !!! des éditions spéciales, des flashs spéciaux : tout d’un coup je me sens vivre. Heureusement qu’il y a l’actualité ! Ca met un peu de sel dans ma vie d’exploité et d’hypnotisé.

Mais dites-moi, quand 23 employés de France Télécom se sont suicidés en 2010, qui en a parlé, et comment ?

Alors qu’en Tunisie, une immolation c’est une révolution... »
Cette réaction pose la question de la violence, surtout quand celle-ci est « instrumentalisée » comme on l’a vu ces jours derniers. La violence « institutionnelle » est-elle donc acceptable, même quand elle con-duit une vingtaine de personnes à la mort ?

Un salarié de France Télécom-Orange à Schiltigheim, en banlieue de Strasbourg, s’est suicidé le 8 mars à son domicile après avoir dénoncé ses conditions de travail dans un courrier.

A la Poste, deux suicides ont eu lieu en Bretagne. Les syndicats dénoncent le mal-être des salariés du groupe qui compte environ 240 000 salariés. Ils mettent en cause les réorganisations, suppressions de postes ou encore des méthodes managériales néfastes.

Au Ministère du Travail, les syndicats et les proches de deux inspecteurs du travail qui se sont suicidés récemment exigent que soit reconnu le lien entre ces décès et leur travail. Ils ont manifesté le 22 mars devant le ministère du Travail.

Le 21 mars, une gendarme de 23 ans a mis fin à ses jours dans son appartement. En utilisant son arme de service.

Faits isolés ? Non, ces 15 dermiers jours on relève des suicides chez PSA, à la Caisse Primaire d’assurance maladie de Béziers, au Tribunal de Nanterre.

En matière de suicide, le pire est peut-être à venir. Philippe Rodet, ancien médecin urgentiste et aujourd’hui spécialiste du stress au travail, affirme qu’il existe une conjonction entre l’effet retard de la crise de 2008 et les difficultés économiques que nous traversons actuellement.

De manière fort opportune, la tuerie de Toulouse occultera ces récents suicides.


Ecrit le 28 mars 2012

Monstre

De TF1-News : « Le psychologue, Alain Penin, qui avait expertisé Mohamed Merah en 2009, avait préconisé une prise en charge psychothérapique et des mesures d’encadrement, et de suivi au plan éducatif ». Il l’avait décrit comme « fragile, influençable, fasciné par la violence et souffrant d’une « faille identitaire » ». Confronté à un problème d’identité et à un problème de sécurité affective, le jeune a jeté son dévolu sur la Légion étrangère mais a été refoulé par l’armée. Il ne l’a jamais digéré.

[Ndlr : Ce jeune homme s’est attaqué à des militaires, issus comme lui de l’immigration. Il a attaqué des enfants juifs, par hasard, parce qu’ils ont eu le tort d’être sur sa route. Au cours des derniers jours, il est devenu le centre du monde, il était « quelqu’un », il a vu ses besoins narcissiques être totalement comblés, mais jusqu’à la mort].