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Les retraités : une richesse

Ecrit le 28 mars 2012

 Heureusement qu’ils sont là !

A l’heure où on parle tant de réduire les charges qui pèsent sur les Etats, il est courant d’aborder la question des personnes âgées sous l’angle de la dépendance et des charges qu’elles font peser notamment sur le système de santé. La CFDT, dans son congrès du 15 mars 2012 à Châteaubriant renverse la vapeur, montrant que les retraités sont au contraire une richesse.

Pas une richesse pour l’entreprise ! Car souvent l’entreprise se débarrasse des personnes âgées dès qu’elles atteignent 45-50 ans [Ce qui n’empêche pas les patrons de rester en poste jusqu’à 75-90 ans voire plus, n’est-ce pas M. Dassault ?].

Certes les personnes qui atteignent 55-60 ans fatiguent, surtout quand on leur a imposé des horaires postés voire les 5 x 8 ! Certes leur rythme de travail diminue quelque peu. Mais les connaissances et expérience acquises compensent largement leur moindre productivité apparente.

Si elle n’est pas « productive » au sens de l’entreprise, la richesse des seniors est sociale. Et solidaire, oh combien !

 Une richesse sociale

Une richesse sociale : les retraités jouent un rôle considérable au niveau des familles, par exemple pour la garde des enfants, ou le soin apporté à des parents plus âgés. On les voit aussi s’engager dans de nombreuses associations :

  • - office des retraités
  • - club des aînés ruraux  
  • - accompagnement de sorties scolaires
  • - accompagnement de personnes à mobilité réduite
  • - accompagnement de séjours de personnes en maison de retraite
  • - bibliothèques communales
  • - associations multiples et variées.

Faites le tour des associations existantes dans le Pays de Châteaubriant   : au moins 90 % sont animées par des retraités ! (Dommage, on manque de jeunes !)

Sans les personnes âgées, sans leur disponibilité, sans leur sens de l’action collective, beaucoup de services apportés aux familles ne fonctionneraient pas. Les plus jeunes générations ont perdu ce sens de l’action collective. En est-on bien sûr ? N’est-ce pas au contraire les conditions de la vie actuelle qui détruisent la solidarité : les horaires fragmentés, les temps de transport trop longs … limitent les possibilités d’action. [On peut se demander d’ailleurs si ce n’est pas voulu !].

Cette action sociale, considérable, est très souvent solidaire. « La solidarité est une démarche humaniste, un lien fraternel et une valeur sociale » dit la CFDT. « L’amélioration des conditions de vie des plus défavorisés est au cœur de notre action. Loin des caricatures grossières de certains médias qui les voudraient vieux, privilégiés et égoïstes, les retraités, avec la CFDT, se revendiquent citoyens à part entière, ils ont le souci des générations qui suivent, notamment par l’éducation, la formation et l’accès à l’emploi. La solidarité intergénérationnelle constitue, pour la CFDT, le socle d’une cohésion sociale garante de justice, d’égalité et d’émancipation ». « Pas de ghettos dorés ! Maintien des seniors dans la cité, source de lien social indispensable ».

 La CFDT souhaite « une société pour tous les âges » :

– Un aménagement du territoire favorisant la mobilité, les circulations douces, avec des moyens de transport efficaces, adaptés et accessibles.
– Le logement adapté à chaque âge de la vie, aux situations d’autonomie, à la mixité intergénérationnelle, à la proximité des services et des professionnels de santé.
– L’accès à la culture et aux loisirs y compris pour les plus défavorisés.
– Un souci de la réalité environnementale : déchets, eau, pollution, économies d’énergies, nuisances ...

Pour eux, et pour les autres, les retraités CFDT ont des revendications en matière de pensions, d’accès aux soins, de conditions de vie.

 Non à la pauvreté

La CFDT n’accepte pas le développement de la pauvreté qui touche certains retraités, vivant en dessous du seuil de pauvreté, et notamment de nombreuses femmes. « Les allocations de solidarité doivent satisfaire aux exigences d’un revenu décent » dit-elle en revendiquant une amélioration des pensions de réversion pour les conjoints survivants ayant de faibles ressources.

La CFDT n’oublie pas son objectif : « minimum de pension égal au SMIC net pour une carrière complète »

 Discriminations

Le 8 mars est traditionnellement une journée militante pour les droits de la femme. La CFDT Retraités constate, pourtant, que les discriminations de genre continuent de marquer le quotidien des femmes, en France, en Europe comme dans le reste du monde. Au moment de la retraite, c’est un lourd héritage pour les femmes : la retraite est le miroir grossissant de ces discriminations. Petits boulots à répétition, temps partiels subis, moins de postes à responsabilités, salaires plus faibles : ces disparités, importantes, dans les parcours et les rémunérations, entraînent souvent de faibles droits de retraite pour les femmes. Les femmes perçoivent une pension de 42% inférieure à celle des hommes.

Pour la CFDT Retraités, c’est en amont qu’il faut agir en priorité, pour réduire, dans les faits et pas seulement dans les lois, les inégalités au travail. Il s’agit aussi de créer, à tous les stades de la vie, les conditions d’une véritable mixité dans toutes les sphères de la société. Pour la CFDT Retraités, c’est le passage obligé pour que la retraite reflète, à son tour, la véritable égalité de genre.

 Des soins de qualité

La permanence des soins de proximité est une préoccupation. Les retraités des territoires ruraux se sentent exclus d’une offre de soins de qualité. Les maisons de santé peuvent constituer une réponse. « Elles ne peuvent se réduire à une juxtaposition de professionnels de santé. Elles doivent s’inscrire dans un plan santé/prévention en lien avec les collectivités territoriales et les usagers » dit la CFDT qui, par ailleurs, dénonce « les dépassements d’honoraires, le reste à charge, la hausse récente des cotisations mutuelles injustement imposée par le gouvernement ». Combinés aux déserts médicaux, ces mesures éloignent de l’offre de soins une part croissante de la population.

 La perte d’autonomie

La perte d’autonomie a été reconnue par la loi de 2005 au même titre que le handicap. Mais les choses traînent. Pour la CFDT, la lutte contre la perte d’autonomie passe d’abord par le développement de la prévention. L’organisation revendique une prestation universelle (APA) assurée par un financement public, sur le principe d’une solidarité basée sur tous les revenus (donc y compris les pensions de retraite). Les aidants familiaux jouent un rôle irremplaçable dans le maintien à domicile. Ils doivent bénéficier d’une reconnaissance, notamment sur le plan juridique, et à travers le soutien à leur fonction.

La CFDT-Retraités est présente dans les actions « ni force d’appoint des salariés, ni une journée commémorative d’anciens combattants » mais la croyance en « la solidarité des travailleurs qui permet de s’opposer au pouvoir de l’argent ».