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Accueil > Intercommunalité et diverses communes > Pays de Châteaubriant > Pays : l’Economie du pays de Châteaubriant (suite)

Pays : l’Economie du pays de Châteaubriant (suite)

Ecrit le 19 octobre 2004 :

 Déséquilibres au Nord

Lors de l’assemblée générale des maires de Loire-Atlantique, le 9 octobre 2004, Patrick Mareschal, Président du Conseil Général, a présenté des cartes pour illustrer les déséquilibres du département. En voici deux (en regrettant de ne pouvoir imprimer en quadrichromie !)

« Si j’ai tenu à répondre personnellement à votre invitation, c’est pour vous dire qu’un vent nouveau souffle sur les cantons de Loire-Atlantique, sur les 221 communes qui la composent et que vous représentez. La nouvelle majorité départementale, issue des urnes le 28 mars dernier, a choisi de placer les solidarités au cœur du développement et de l’équilibre du département » a déclaré Patrick Mareschal

« Le débat d’orientation budgétaire, à la fin du mois, et le budget primitif, début décembre, permettront d’accélérer la mise en place de ces nouvelles orientations ».

L’année 2005 sera marquée par la loi de décentralisation sur les Libertés et responsabilités locales. Son impact sur le Conseil Général sera très important. Les mesures les plus importantes touchent les ressources humaines, avec l’intégration des agents non-enseignants des collèges, et certains agents de la DDE, c’est-à-dire du ministère de l’Equipement. Au total, ce sont environ 1 100 personnes qui, à terme, rejoindront le Conseil Général, avec pour ceux qui le choisiront un statut différent de celui de la fonction publique territoriale.

Parallèlement, l’Etat a annoncé le transfert de la gestion de la plupart des routes nationales.

« Reste donc une question, mais elle est primordiale : quels moyens
l’Etat va-t-il nous donner pour assurer la gestion de ces nouveaux agents
et de nos nouvelles compétences ?

À ce jour, nous n’en sommes qu’au stade des hypothèses » dit Patrick Mareschal
en invoquant « le flou »

Malgré ces incertitudes, notre volonté de travailler à un meilleur équilibre entre les
territoires est plus forte que jamais. »

Démographie : chute au Nord

« Si j’ai tenu à occuper la présidence de la commission Aménagement du territoire du Conseil Général, c’est parce que ce dossier est prioritaire au sein de la majorité. Il faut garder à l’esprit que la Loire-Atlantique a connu ces dernières années de grands changements. Malgré cela, de fortes inégalités demeurent. »

Démographie 1982-
Rouge : communes dont la population a augmenté plus vite que la moyenne départementale
jaune : dont la population a augmenté moins vite que la moyenne départementale
Vert : communes dont la population a diminué

La première carte, qui trace l’évolution de la population entre 1982 et 1999, montre en les zones qui ont connu une croissance démographique supérieure à la moyenne départementale. À l’inverse, les parties [jaunes] ont connu une croissance moindre.
Enfin [en vert], les communes où la population a diminué.

Le nord de la Loire-Atlantique manifeste une évidente chute
démographique.

Carte des revenus mo
en rouge (clair ou sombre) : les revenus supérieurs à la moyenne départementale : 15241 euros
En jaune foncé : les revenus compris entre 13000 et 15241 euros
En jaune clair : les revenus inférieurs à 13 000 euros/an

Revenus : faibles

La deuxième carte s’intéresse au revenu net moyen imposable des foyers pour l’année 2001. La moyenne départementale est de
15 241 euros, le indique des revenus
supérieurs, le des revenus inférieurs.

Dans le Nord de la Loire-Atlantique, seules Châteaubriant , Erbray et La Grigonnais s’en tirent un peu mieux avec un
revenu compris entre 13 000 et 15200 € par an..

Toutes les autres communes sont à moins de 13 000 € par an, avec par exemple 8950 € de revenu moyen au Petit Auverné (alors que le
revenu moyen à Sautron est de 30 715 €).

Rappelons que, selon la Chambre de Commerce, la zone de Châteaubriant, avec un revenu moyen de 11263 € est inférieure de 24 %
au revenu moyen du département de la Loire-Atlantique
(qui était de 14 826 € en 2000)

Evolution du nombre d’enfants de moins de 4
La dominante rouge indique des croissances. La dominante bleue indique des diminutions

La dernière carte montrée par Patrick Mareschal, symbolisait l’avenir en indiquant l’évolution, entre 1982 et 1999, du nombre d’enfants de moins de 4 ans. Sur cette période, la Loire-Atlantique a connu une baisse de 14,9 %. Dans le Pays de Châteaubriant   on note
– Une évolution positive à Fercé, Soulvache. Noyal sur Brutz, Villepôt et Puceul
– et dans une moindre mesure à Lusanger et Vay
– les autres communes (26 sur 33) manifestent une baisse

Les pointes se situent au Petit-Auverné, avec - 58,3%,
alors que Basse-Goulaine enregistre une progression de + 68,3%.

  Solidarité des territoires

« Ces fortes disparités démographiques et sociales, et l’évolution attendue de la population, montrent qu’il est indispensable de mettre en place une véritable solidarité entre les territoires les plus aisés et les zones les moins favorisées. Pour cela, le Conseil Général entend intervenir via ses compétences obligatoires, mais aussi en prenant des mesures hors de ce cadre, en usant de notre droit à l’innovation » dit encore Patrick Mazreschal.. « C’est ainsi que nous avons lancé trois plans de développement dans le domaine social.

Petite enfance : le premier concerne la petite enfance, avec un objectif de renforcer l l’offre d’accueil des jeunes enfants sur les secteurs les moins bien dotés ;

Personnes âgées : Le plan personnes âgées est destiné à accroître l’offre d’accueil des personnes âgées dépendantes, mais aussi à promouvoir les métiers d’aide à domicile et favoriser la formation ;
Insertion des jeunes : Enfin la mise en place du plan d’insertion des jeunes offre aux moins de 25 ans de nouvelles perspectives de formation et d’insertion, moyennant une contrepartie financière du Conseil Général. »

Parallèlement à ces innovations sociales, le Conseil Général travaille à d’autres problématiques qui visent également à assurer un aménagement plus équilibré du territoire.

► Transports : « la qualité du réseau, par son maillage et par son entretien, est indéniable. Malgré cela, l’accidentologie est repartie à la hausse en 2004. Améliorer encore le réseau risque de favoriser une augmentation de la vitesse moyenne, facteur aggravant des accidents. Nous souhaitons donc, à l’inverse, travailler sur la sécurité des usagers en réduisant la vitesse partout où cela sera nécessaire. »

► Ferroviaire : « nous travaillons à l’utilisation et l’optimisation des ressources existantes. Notre rencontre cet été avec la SNCF, mais aussi nos partenaires de la Région et du Conseil Général d’Ille-et-Vilaine, a été l’occasion de le rappeler. »

► Tarif unique : « objectif de mise en place d’un tarif unique pour notre réseau départemental de transport, qui permettrait une meilleure lisibilité de notre offre par les usagers et, surtout, les futurs usagers »

► Pompiers : « nous poursuivrons le soutien au Service départemental d’incendie et de secours. Je tiens cependant à souligner qu’il est indispensable d’observer une certaine modération dans les exigences, la collectivité ne pouvant pas faire, en cette matière comme dans d’autres, tout et tout de suite ».

► Désenclavement routier et Haut Débit : « Dans le domaine du développement économique, les masses financières nécessaires à un désenclavement routier nécessiteront de longues années d’investissement. Mais que les territoires les moins favorisés sachent que nous travaillons à un développement accru et rapide du très haut débit, de façon à donner aux entreprises de ces secteurs un avantage concurrentiel compensatoire. »

  Contrats de territoires

Le Conseil Général va mettre en place des contrats de territoires.

Le rôle de ces contrats : améliorer l’efficacité du Conseil Général. « Seule une contractualisation à moyen terme peut permettre de couper court à la politique de coup par coup et éviter le saupoudrage inefficace »

Signés à partir de 2005 pour des périodes de 6 ans, ces contrats visent à « définir une politique de développement global des territoires, en dégageant les priorités, en définissant les moyens sur lesquels vous pourrez compter. Ouvrage de référence, ces contrats visent aussi à la simplification de nos relations : moins de structures, moins de réunions, et au final plus d’efficacité. ».

« Les sommes alloués à ces contrats seront en augmentation notable par rapport aux crédits équivalents actuels. Enfin ces contrats tiendront compte de l’objectif de solidarité entre les territoires, pour assurer un meilleur équilibre social et économique à l’échelon départemental »

Enfin le Conseil Général souhaite développer « de véritables points de présence globaux dans les maisons du Département. Elles regrouperont à terme l’ensemble des services décentralisés du Conseil Général. » (...) « L’objectif du Conseil Général est d’établir, en coopération avec les communes, groupements de communes et Pays, une vision des priorités et des financements correspondants à moyen et long terme. Pour le bien de vos administrés, et pour celui de l’ensemble des habitants de Loire-Atlantique. »


Ecrit le 31 août 2005 :

 La pauvreté se cache à la campagne

La pauvreté progresse en France, pays qui fait pourtant partie du G8 (groupe des 8 pays les plus riches du monde). A Nantes, Serge Fraboul et Jeannine Rabaud ont analysé la pauvreté dans les Pays de Loire.(étude parue en juin 2005 - www.insee.fr/pays-de-la-loire).

En 2002, dans les Pays de la Loire,
environ 300 000 personnes, dont 130 000 enfants,
vivaient avec un revenu inférieur au seuil de pauvreté (698 € par mois), soit 10,8 % de la population ligérienne
de moins de 65 ans.

Cette proportion est inférieure à la moyenne nationale. (qui est de 12,6 %)

La recette pour devenir pauvre
Etre seul et avoir des enfants

Personnes isolées, familles monoparentales et familles nombreuses sont les plus touchées par la pauvreté. La pauvreté est inégalement répartie sur le territoire régional. Les zones les plus touchées sont le cœur des grandes agglomérations et l’espace rural peu dynamique, zones qui se caractérisent un chômage élevé.

Les allocs

Le revenu de 698 € par mois, retenu comme seuil de pauvreté, comprend les revenus d’activité (salaires ou retraites) et les « allocs ». Les prestations versées par les CAF (caisse d’allocations familiales) et MSA   (mutualité sociale agricole) sont fondamentales pour atténuer la pauvreté : elles représentent 56 % du revenu des allocataires à bas revenus. En l’absence des prestations, plus de 500 000 Ligériens âgés de moins de 65 ans seraient pauvres, ce qui porterait le pourcentage à : 18 % de pauvres.

L’étude de l’insee a donc porté sur les allocataires de minima sociaux des Pays de Loire, c’est-à-dire sur la quasi totalité des familles pauvres.

Deux grandes catégories :
– les personnes isolées
– les familles

Les allocataires pauvres sont plutôt des personnes isolées dans les villes et des familles dans le rural.

Les allocataires CAF à bas revenus vivent souvent seuls :
– jeunes de moins de 25 ans qui entrent dans la vie active en occupant des emplois précaires,
– allocataires de minima sociaux, le plus souvent le RMI, âgés de 25 à 50 ans.

Les ménages ayant des enfants constituent l’autre grande catégorie de familles pauvres. Les familles monoparentales sont davantage touchées par la pauvreté, mais pour toutes les familles, le risque de pauvreté augmente avec le nombre d’enfants.

Chômage et pauvreté

Le lien entre chômage et pauvreté est fort :

1) la majorité des allocataires à bas revenus n’a pas de travail (56 %). Il s’agit essentiellement de personnes isolées ou de familles monoparentales

2) cependant plus de quatre allocataires pauvres sur dix disposent d’au moins un revenu de travail.

Ce qui montre bien que le travail ne protège pas de la pauvreté

Le logement des personnes pauvres

C’est dans le « parc social » que les familles pauvres sont les plus nombreuses.

Quand ils ne résident pas dans le parc social, les ménages à bas revenus habitent plutôt des logements anciens et de confort moindre Ils sont plus souvent à l’étroit : la superficie moyenne du logement est plus faible et souvent ils disposent de moins d’une pièce par personne.

Dans les villes

La situation familiale, l’activité, les revenus et le lieu de résidence sont souvent liés. La pauvreté est d’abord un phénomène urbain.

Les ménages pauvres résident plutôt dans les grands pôles urbains : Nantes, St Nazaire, Angers, Le Mans : ces quatre agglomérations regroupent 46 % des habitants pauvres de la région. Cela se comprend : les familles cherchent, dans les grandes villes, le travail qu’elles ne trouvent pas en zone rurale.

La pauvreté est concentrée dans les centres-villes, là où il y a des HLM et des immeubles collectifs. La pauvreté touche moins la périphérie des grandes villes (zones plus résidentielles)

Carte de la pauvreté dans les Pays de L
Source, Insee juin 2005

Région de Châteaubriant

Le rural, et plus particulièrement le Nord de la Loire-Atlantique, souffre de la pauvreté. Celle-ci est importante dans les territoires en déclin démographique, peu attractifs et à la population vieillissante, ou touchés par le chômage.

Sur la carte de l’INSEE on constate que la région de Châteaubriant est en grande pauvreté, ce qui n’est pas étonnant : le revenu moyen est inférieur de 24 % à celui de la Loire-Atlantique.

Quel avenir pour les enfants pauvres ?

Quel avenir pour les enfants de familles défavorisées ? L’apport des travaux américains aux États-Unis, de nombreuses études - en particulier depuis la réforme du système d’aide sociale au milieu des années quatre-vingt-dix - ont montré que les enfants élevés dans une famille pauvre ont nettement plus de risques d’être pauvres une fois adultes que ceux élevés dans une famille non pauvre. En outre, plus la pauvreté est durable et plus elle affecte tôt l’enfant, plus ses effets sont dommageables pour son avenir.

Les mécanismes par lesquels se transmet la pauvreté sont liés aux bas revenus des familles. Mais il y a d’autres critères à prendre en compte. Seln Ian Hacking, philosophe canadien, Sous le seuil de pauvreté, « un artisan est placé au meme niveau qu’un ouvrier pauvre, alors qu’il peut être plus « riche » en ressources culturelles ou en réseaux relationnels, qu’un ouvrier précaire » (voir Alternatives Economiques de juillet 2005)

C’est pourquoi, si l’on se contente d’accroître le revenu des parents sans prendre en compte l’environnement social et familial des enfants, on ne peut améliorer significativement leur devenir.

En France, la réflexion reste à faire.