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Presse : tu ne persifleras pas !

Ecrit le 14 septembre 2005 :

Tu ne persifleras pas

Le plus grand quotidien régional français n’aime pas les moustiques qui sifflent aux oreilles de son patron. C’est pourquoi un simple pigiste a été prié de prendre la porte pour cause qu’il est de ceux qui écrivent dans « La Lettre à Lulu » irrégulomadaire satirique nantais. Licenciement pour faute grave, sans préavis ni indemnités. Sans qu’il y ait, au préalable, mise en garde ou avertissement.

La Direction du journal Info-mer (filiale de Ouest-France) ne s’appuie sur aucun article précis, ni sur aucune date précise.

La Direction dit même que, s’il fait appel aux Prud’hommes, le salarié « a toutes les chances de gagner. Mais tant pis, l’entreprise paiera »

Ooooh Pignon !

Ainsi, il est interdit de critiquer ? ! Ou du moins, si, on peut critiquer les petits mais s’attaquer à « Dieu » et à sa famille, houla, non ! non !

Un licenciement qualifié pour « faute grave » est réservé à ceux qui ont volé quelque chose dans l¹entreprise, ont été en état d’ébriété au travail, ont commis une faute professionnelle, ont persisté dans le refus d’exécuter un ordre, ou exercé des violences à l’égard des autres salariés. Autant de reproches qualifiés de « faits d’une telle gravité qu’ils rendent immédia-tement et définitivement impossible toute collaboration professionnelle entre l’employeur et le travailleur », disent les textes.

En fait, aucun grief professionnel n¹a été relevé contre le salarié, pigiste depuis 17 ans. Aucun manquement à un règlement intérieur. Rien qui concerne Info-mer. La lettre de licenciement et l¹entretien préalable reprochent uniquement des textes concernant Ouest-France, sans préciser lesquels, parus dans le journal nantais la Lettre à Lulu.

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Le directeur d’Info-mer a seulement montré un article paru en avril dernier dans La Lettre à Lulu relatant une audience des prud’hommes de Nantes : une correspondante locale de presse en poste depuis onze ans assigne Ouest France au tribunal pour réclamer la requalification de son contrat de travail en emploi salarié. La publicité faite à cette démarche a, semble-t-il, agacé les plus hautes sphères du groupe Ouest France. L’enjeu pourrait concerner de nombreux collaborateurs d’Ouest France employés comme correspondants de presse.

En les maintenant dans une situation de Correspondants de presse, Ouest-France sous-paye des employés et évite de payer les charges sociales dont elle devrait s’acquitter si elle rémunérait ces vrais-faux journalistes. Par ailleurs, elle les maintient dans la précarité, les rémunérations étant tellement basses qu’elles ne leur permettent pas de demander la carte professionnelle de journaliste, et donc de pouvoir faire reconnaître leur ancienneté dans la profession.

François-Régis Hutin a été épinglé cet été par le Canard Enchaîné vis-à-vis du traitement de Dominique de Villepin en villégiature dans le Golfe du Morbihan. Le P.-D.G. n¹a pas pour autant attaqué Le Canard enchaîné. La liberté d’informer, légitimement prônée par Ouest France, serait-elle intolérable quand Ouest France est le sujet de ce droit d¹information ?

T’as pigé ?

Après 17 ans comme salarié-pigiste, le journaliste est mis à la porte par un licenciement sec que l’on réserve habituellement à ceux qui mettent en danger le fonctionnement de l’entreprise.

Vous pouvez juger par vous-même sur le site <lalettrealulu.com> où sont versées toutes les archives de la cinquantaine de numéros parus depuis 1995. Un moteur de recherche interne permet de cibler les articles évoquant des écrits de ... François-Régis Hutin et ses proches.

BP  

Ce journaliste de Infomer (filiale de Ouest-France) a été licencié pour faute grave en aout 2005, pour avoir écrit dans « La Lettre à Lulu ». Il a porté l’affaire devant les prud’hommes de Nantes. L’audience a eu lieu en le 22 février.

Par jugement prononcé le 29 mai 2006, la SA Infomer a été condamnée pour licenciement abusif.

Et condamnée à verser
– 5000 euros au titre de dommages et intérêts pour licenciement sans cause réelle et sérieuse
– 10 000 euros au titre du préjudice moral
– 750 euros au titre de l’article 700 du nouveau code de procédure pénale (frais de justice)

C’est un jugement de première instance, comme on dit.
La société Infomer a un mois pour faire appel ou cracher direct au bassinet

Ce jugement ne tient pas compte des indemnités de licenciement sur 17 ans d’ancienneté dans l’entreprise, que le journaliste doit aller plaider devant une autre
instance paritaire, la commisison arbitrale des journalistes, à Paris...