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Le bilan "social" de N. Sarkozy

Ecrit le 18 avril 2012

 Salaires, pouvoir d’achat : L’explosion des inégalités

Le candidat du pouvoir d’achat
a vite tombé le masque pour
devenir le Président des riches.

Depuis 2007, il n’y a eu aucun « coup de pouce » au SMIC. Au niveau des agents de la Fonction publique, la politique gouvernementale s’est traduite par une perte de pouvoir d’achat de 6%. La valeur du point d’indice est gelée.

Le patronat a vite compris le message. Dans les Négociations annuelles obligatoires (NAO) depuis 5 ans, c’est le dogme de « la modération salariale ». Doux euphémisme !

En parallèle, les dépenses contraintes ont augmenté : logement, énergie, nourriture, santé, éducation pesant davantage sur les salaires les plus bas.

Pour une majorité, en dessous de 1500 euros bruts, les choix ont été de plus en plus difficiles jusqu’à l’obligation de choisir entre nourriture et santé par exemple.

Conséquence : le pouvoir d’achat n’est plus un moteur de la consommation, sa contraction est au contraire un facteur de la crise

Le Parlement a décidé d’augmenter la TVA au 1er octobre 2012 pour marquer une nouvelle fois le sens qu’il donne à son action.

L’écart salarial entre les femmes et les hommes demeure de 25%. Les obligations pour les entreprises ont été assouplies, notamment à l’occasion de la loi sur les retraites.

Plus de 8 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté (avec moins de 954 euros par mois). Et la moitié d’entre elles avec moins de 773 euros.

A l’autre bout de l’échelle des revenus, la rémunération des patrons du CAC 40 a augmenté de 34%. Dans ces mêmes groupes, un tiers des bénéfices en 2011 sont allés aux actionnaires. En pleine crise, les dividendes distribués aux actionnaires ont continué à augmenter, les stocks options et autres retraites chapeaux se sont multipliés. La répartition inégale des richesses s’est poursuivie et les entreprises non financières ont versé plus à leurs actionnaires qu’elles n’ont investi.

 Explosion du chômage. Le chômage de masse

Le candidat « anti-chômage » qui
avait affiché un objectif de 5%
de chômeurs s’est mué en
Président-champion des 10%
de chômeurs et de
la désindustrialisation.

Il y a 810 000 chômeurs de plus de 50 ans. Le chômage des moins de 25 ans a progressé de plus de 3 points, culminant à 22,9 %. 350 000 emplois ont été supprimés dans l’industrie. La rupture conventionnelle est venue renforcer les dispositifs mises au service des employeurs pour se débarrasser plus facilement des salariés.

Dans la Fonction publique d’Etat, 150 000 emplois ont été supprimés. L’hôpital public souffre d’un sous-effectif dramatique. L’Education Nationale a subi le plus grand plan social jamais connu avec la suppression de 70 000 emplois. La formation des maîtres a été remise en cause et l’autonomie des universités a créé une grande instabilité de l’enseignement supérieur. Même la police manque de matériel !

Avec la loi TEPA, défiscalisant les heures supplémentaires, la CGT chiffre à 400 000 le nombre d’emplois non créés équivalant aux heures supplémentaires subventionnées et un coût de 4 milliards d’euros par an qui fragilise la protection sociale.

C’est en pleine augmentation du chômage qu’est intervenue la fusion entre ANPE et Assedic créant Pôle Emploi avec des moyens en baisse, des réductions d’effectifs, avec pour conséquence une dégradation de l’accompagnement des chômeurs pourtant stigmatisés. Le nombre de bénéficiaires des minima sociaux a augmenté en même temps que la pauvreté progressait.

 Chômage : les grosses ficelles de Sarkozy

Pour Sarkozy, le nombre de chômeurs n’aurait augmenté « que » de 400 000 depuis 2007. Ces chiffres n’ont rien à voir avec les chiffres de Pôle Emploi. Selon cet organisme, le chiffre des demandeurs d’emploi de la catégorie A (personnes sans aucune activité) s’élevait à 2 137 000, lors de l’arrivée au pouvoir de Nicolas Sarkozy. Il est aujourd’hui de 2 867 000, soit une augmentation de 730 000 depuis 2007.

Mais si l’on ajoute à ces 2 867 000 demandeurs les deux autres catégories de demandeurs d’emplois, ceux de la catégorie B (personnes pourvues d’un emploi de 78 heures ou moins à la recherche d’un emploi) et ceux de la catégorie C (personnes pourvues d’un emploi de plus de 78 heures et à la recherche d’un emploi) le total de demandeurs d’emplois s’élève à 4 278 000, c’est-à-dire un million de plus que lors de l’élection de Sarkozy.

Les demandeurs d’emplois ne se limitent pas à la catégorie A de Pôle Emploi. Cela reviendrait à ne pas considérer comme demandeurs d’emploi des personnes disposant en tout et pour tout de CDD très courts, parfois d’une semaine seulement, ou de contrats à temps partiels ou (très) saisonniers.

 Conditions de travail dégradées, droit du travail attaqué ; Des reculs permanents

Le mal-être au travail, les risques psycho-sociaux, les questionnements sur le sens, le contenu, la finalité du travail, les modes de management par le stress ... tous ces phénomènes se sont amplifiés.

Les suicides chez France Télécom, dans les banques, au sein même du Ministère du Travail, à La Poste, sont apparus comme autant de symptômes d’une société malade, ne jurant que par la rentabilité financière à court terme, la chasse aux « coûts » du travail.

Le gouvernement, sous l’impulsion de N. Sarkozy, a promu les méthodes de la gestion par le stress, de la course aux résultats comme le critère décisif d’appréciation des politiques publiques, singeant ainsi les méthodes patronales les plus débridées. A l’heure du bilan, il voudrait s’exonérer de son propre bilan, de ses résultats désastreux.

Après la recodification du Code du Travail, l’objectif est d’aller plus loin dans la mise en cause du droit du travail, pour imposer plus de flexibilité, de précarité (CDD, temps partiel, contrats de chantier) et des licenciements plus faciles.

L’annonce des accords compétitivité-em-ploi va dans ce sens, comme les attaques qui se préparent contre toute référence à un salaire minimum, une durée du travail légale, un temps de travail maximum. Les « corps intermédiaires » sont dans le collimateur pour mieux aider à cette offensive, dont l’objectif est d’imposer le « gré à gré » entre salarié et employeur dans un rapport dominé par la subordination.

 Retraites : Mise à mort des 60 ans

Le candidat Sarkozy avait annoncé en 2007 qu’il ne toucherait pas à l’âge légal de départ en retraite. Pourtant, dès 2007, il s’attaque aux régimes spéciaux.

Fin 2009, des dispositions remettent en cause les droits familiaux des femmes salariées du privé.

Après un simulacre de concertation, le président lance les hostilités au printemps 2010, après des Régionales catastrophiques pour sa majorité. Très vite, il reprend les revendications du Medef : report des âges (62 et 67 ans) et poursuite de l’allongement de la durée de cotisations.

Malgré une opposition de plus de 70% de la population, des manifestations atteignant 3 millions de personnes, le gouvernement passera en force.

Touchant tous les salariés, la réforme est particulièrement injuste vis-à-vis de ceux qui connaissent des carrières discontinues, à temps partiel, majoritairement des femmes. En novembre 2011, le Premier Ministre annonce l’accélération de la mise en œuvre de la réforme des retraites. En 2012, le Président-candidat promet, comme en 2007, qu’il ne touchera plus à l’âge de la retraite. Sans blague ?

Aucun rattrapage des pensions n’a été fait sous le quinquennat malgré les promesses de Sarkozy ; pire l’indexation des pensions sur les prix a conduit à une perte de plus de 1 % par an du pouvoir d’achat des retraités.

 Où est le président qui promettait en 2007 de réduire la pauvreté ?

En 2007, le Président Sarkozy déclarait : « Je ne veux pas gérer la pauvreté, je veux la combattre ». Il ajoutait : « J’ai voulu prendre un risque : fixer un objectif de réduction de la pau- vreté (...) J’ai en effet fixé au gouvernement l’objectif de réduire d’au moins un tiers en cinq ans la pauvreté dans notre pays (...) J’ai voulu nous mettre dos au mur pour rendre des comptes aux Français (...) »

Mais loin de diminuer d’un tiers, le nombre d’habitants de notre pays touchés par la pauvreté est passé de 7 millions en 2007 à 11,2 millions en 2012, selon les chiffres du rapport du 29 mars 2012 de l’Observatoire national de la pauvreté et de l’exclusion sociale.

Aujourd’hui, avoir un emploi ne suffit plus à éviter la pauvreté : 6,7 % de la population disposant d’un emploi est pauvre ; 15,5 % chez les femmes seules chargées de famille. Du coup, plutôt que de rendre des comptes, Sarkozy préfère taper à coups redoublés sur ceux qu’il appelle les « assistés », les « profiteurs », alors qu’ils ne sont que les victimes de la politique qu’il mène depuis 5 ans, main dans la main avec le MEDEF.

 Santé et protection sociale : dans le collimateur

Les exonérations de cotisations sociales ont eu des effets sur les comptes de la Sécurité Sociale qui se sont nettement détériorés, accentuant les effets de la crise. De nouveaux transferts vers les salariés et les familles ont été mis en œuvre : franchises médicales, déremboursement de soins, augmentation du forfait hospitalier.

L’hôpital public est désormais menacé. Des fermetures de nombreux services de proximité sont intervenues, menaçant le bien être et la santé des Français, à commencer par les plus fragiles, ceux en zone rurale ou éloignés des centres villes.

En 2011, les mutuelles ont été lourde- ment taxées, avec des impacts lourds sur le pouvoir d’achat et l’accès aux soins. Les droits des femmes ont été remis en cause du fait des politiques publiques, avec des centres de planning familial fermés, de nombreuses fermetures de centre d’IVG, la contraception non rem-boursée .....

La loi annoncée sur la dépendance a été reportée sine die. La volonté d’une prise en charge hors de la sécurité sociale reste présente. Le transfert des charges sur les départements, sans les moyens financiers nécessaires - du fait de la hausse prévue des bénéficiaires potentiels - menace durement l’allocation autonomie actuelle, celle pour les adultes handicapés... Le social n’est décidément pas la marque de fabrique de Sarkozy.

Dans le même sens, la politique familiale a été marquée par une dégradation du pouvoir d’achat des prestations (modification de l’indexation....). L’accueil des jeunes enfants, les crèches, les écoles maternelles, les services périscolaires sont mis en cause. La loi qui remplace la cotisation familiale payée par les entreprises (5,4%) par une augmentation de la TVA payée par tous est non seulement un transfert de charge des entreprises vers les salariés, mais constitue, de fait, une menace sur l’avenir des prestations familiales.

 Mise en cause des politiques publiques

La Révision générale des politiques publiques (RGPP), avec fusions de ser- vices, attaques contre le statut général, développement de partenariats public-privé, répond à une double orientation parfaitement cohérente : réduire l’intervention publique et « libérer » le privé de toute contrainte. Comment parler de lutte contre la fraude fiscale, les paradis fiscaux, tout en réduisant les moyens en fonction- naires aux Finances publiques par exemple ? Là comme ailleurs, ce sont les actes qu’il faut juger, pas les discours.

Les baisses d’impôts, les nouvelles niches fiscales (la niche Copé !) depuis l’élection de Nicolas Sarkozy ont fragilisé les comptes publics : exonération des heures supplémentaires, bouclier fiscal, suppression de la taxe professionnelle, réforme de l’ISF (Impôt sur la Fortune) … L’ensemble de ces mesures a alourdi la dette publique de 400 milliards d’euros en dix ans, soit 20 points de PIB. C’est pourtant au nom de la dette et des déficits publics que l’austérité est imposée, alors qu’il apparaît claire- ment un problème de recettes insuffi- santes et une répartition des richesses totalement déséquilibrée.

 Mesures anti-grève

Le « service minimum », notamment dans les transports publics, intervient dès le début du quinquennat. Il impose des obstacles nouveaux pour empêcher ou contourner la grève (allongement du préavis, obligation de se déclarer gréviste, ...). Un dispositif similaire est mis en place dans l’Education nationale en 2008. Pendant le conflit sur les retraites, des salariés des raffineries sont réquisitionnés. Et il est prévu d’étendre ces dispositifs (transport aériens et services de sous-traitance qui leur sont liés ...).

 Sarkozy : après moi le déluge !

Sarkozy aura tout essayé pour diminuer artificiellement les chiffres du chômage. D’abord, en demandant à son ministre du Travail de multiplier, selon le diri- geant de la CFDT François Chérèque, les coups de téléphone aux chefs d’en- treprise pour les supplier de ne mettre en œuvre leurs plans de licenciements qu’après le 6 mai. Ensuite, en faisant voter, dans la loi de finance pour 2012, une concentration de l’utilisation des emplois aidés prévus pour l’ensemble de l’année : les 2/3, soit 206 000 sur les 311 000 inscrits au budget, selon le SNU-FSU Pôle Emploi.

« Ensemble, tout devient possible » pro-clamait Sarkozy en 2007. Aujourd’hui, force est de constater que sa devise serait plutôt « Après moi le déluge ! »

 Logement

Il y a 10 millions de mal logés, 700 000 personnes sans domicile personnel, dont plus de 100 000 à la rue ! Le budget logement des familles a augmenté. Les logements notamment sociaux ne se sont pas accrus en conséquence, les prix et les loyers ont été poussés à la hausse, les aides (APL) ont baissé, ainsi que le nombre de leurs bénéficiaires.

Les fonds du Livret A, destinés au financement du logement social, sont pour partie captés par les banques, au lieu d’être centralisés et utilisés à leur destination d’origine. Dans les banlieues, la dégradation des conditions de logement s’ajoute à une dégradation des conditions de vie, au chômage, à la baisse des budgets des associations.

En matière d’Environnement, enfin, le Grenelle a accouché d’une souris. Les engagements sur le fret ferroviaire, les aides à l’énergie solaire, les obligations en termes de responsabilité sociale des entreprises, d’empreinte carbone ont été passés à pertes et profits.

 Logement : Sarkozy n’est plus d’accord avec Sarkozy

« Si on fait l’encadrement des loyers, c’est très simple : plus personne ne louera et plus personne ne construira. C’est exactement le contraire de qu’il faut faire. Cela n’a marché nulle part même à l’époque de l’Union soviétique ». C’est ce qu’affirmait Nicolas Sarkozy, le 29 janvier 2012, lors d’une interview télévisée réalisée à l’Elysée. Deux mois et demi plus tard, il semblerait que le président, devenu depuis candidat à sa réélection, ait changé d’avis.

Dans une interview à paraître la semaine prochaine au magazine Femme actuelle, le chef de l’Etat prend désormais en exemple le modèle allemand, qui permet aux locataires d’attaquer en justice leurs propriétaires s’ils paient un loyer supérieur de 20% au prix du marché. « C’est une bonne idée. Il ne s’agit pas de bloquer les loyers mais bien d’un encadrement. C’est en cela qu’elle est intéressante. Je l’appliquerai », promet Nicolas Sarkozy.

Souvent Président varie
Bien fol qui s’y fie !

 Patronat : Extraordinaire

La présidente du MEDEF n’a pas de mots assez forts pour soutenir Sarkozy : « le bilan de Nicolas Sarkozy n’est pas un boulet mais un boulot extraordinaire ».

Il est vrai que le MEDEF n’a guère eu à se plaindre de Sarkozy. Celui-ci a imposé la réforme des retraites que souhaitait le patronat. Il n’a pas donné un seul coup de pouce au Smic en cinq ans. Malgré la crise, jamais les dividendes des actionnaires n’ont été aussi élevés. Les exonérations fiscales ont enrichi les grands groupes de plusieurs dizaines de milliards d’euros. Le remboursement des soins fait de plus en plus de place aux assurances privées, tout comme celui des frais liés à la dépendance des personnes âgées. Il avait juré de réguler la finance, mais il n’a strictement rien fait. Et pour finir son quinquennat, il tire à boulets rouges sur les organisations syndicales.

On comprend l’enthousiasme de Mme Parisot. Son soutien à N.Sarkozy devrait pourtant donner à réfléchir, surtout quand elle annonce que la prochaine réforme que Sarkozy devrait mener à bien serait celle de l’assurance-maladie

(Ci-contre : dessin de Frap paru dans Presse Océan)

 Sortir Sarkozy

L’heure des bilans s’achève
et l’heure du choix arrive.
Le bilan de N. Sarkozy,
c’est d’avoir obéi,
malgré ses dénégations,
aux marchés financiers.
C’est la raison fondamentale
de sa hargne à mettre en cause
notre modèle social,
à réduire les acquis sociaux,
à abaisser nos protections.

Comme tous les libéraux, il pense que seule une défaite du salariat
redonnera des marges de manœuvre au monde des affaires,
à sa prétendue compétitivité
face aux marchés émergents.

Nous lui opposons une autre logique, celle de la satisfaction
des besoins sociaux.
La seule qui fait société,
qui donne un sens à l’activité humaine et à l’action politique.

La reconduction de Sarkozy
serait terrifiante
pour le monde du travail.
L’élection présidentielle
est le point de départ
pour de nouvelles logiques,
de nouvelles solidarités
pour plus de justice et d’égalité.

Battre Sarkozy, c’est permettre
un contexte plus favorable
aux revendications du monde du travail, pour le progrès social.

C’est la raison pour militer
jusqu’au bout
pour la victoire de la Gauche
le 22 avril et le 6 mai,
et pour une majorité de gauche
rassemblée dans sa diversité
à l’Assemblée le 17 juin.