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Un jour part’âgé - bilan 2011

Ecrit le 18 avril 2012

 Mais que veulent-elles encore ?

« Ces pauvres dames ! On les soigne, on les nourrit, on les lave. Mais qu’est-ce qu’elles veulent encore ? » : telle pourrait être la réaction de notre société « moderne » vis-à-vis des vieilles personnes qui, pense-t-on, sont une charge pour la société ! Ce n’était pas l’avis de Nathalie Roynard !

Celle-ci, auxiliaire de vie, avait compris que les personnes âgées avaient besoin, comme les autres, d’une vie sociale et que, dans un milieu rural qui amplifie l’isolement, le quotidien des personnes âgées et de leur entourage devient souvent lourd à assumer. « Un relais doit être assuré, car une réelle souffrance existe dans ces familles » disait-elle. D’où l’idée de faire quelque chose …

Mais il ne faut pas imaginer que la personne âgée, à un certain âge, va pouvoir rejoindre un groupe de randonneurs, ou participer à un club de gymnastique, surtout quand il y a perte d’autonomie et absence de moyen de locomotion. Alors quoi ? un « accueil de jour itinérant pour des personnes âgées isolées en perte d’autonomie » : c’est ce qu’a proposé Nathalie Roynard. Un comité de pilotage s’est réuni pour la première fois en février 2006 et le projet a mûri lentement, précisant son financement et son organisation.

En ces périodes d’élections, une petite fille a été interrogée sur ce que serait son programme, à elle. « Elle a répondu qu’elle penserait aux personnes âgées à qui elle apporterait des jeux ». Comme quoi le bon sens sort de la bouche des enfants ! (Rapporté par Mme Cochet, maire du Petit-Auverné)

Et puis, en mars 2007, la première sortie de « Un jour Part’Agé » a eu lieu à La Meilleraye. D’autres sorties ont été organisées à Rougé ou Soulvache puis Villepôt et d’autres communes. Et, maintenant, 16 communes sont concernées (il reste à s’implanter à Louisfert, St Aubin des Châteaux et Ruffigné).

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Photo : Corinne accueille une Mamie

Des bénévoles vont chercher à domicile ces jeunesses de quelque 80 printemps en moyenne (un seul homme !) : elles sont prêtes et pimpantes, ravies de l’après-midi qu’elles vont passer. Une salle municipale les attend, il y a des boissons et des gâteaux souvent apportés par ces mamies. « Le gâteau partagé a plus de saveur que celui qu’on mange seul » a dit Michel Moreau, maire de La Meilleraye. On y fête les anniversaires, on y pratique des jeux de mémoire et si vous voyez ces dames dodeliner de la tête et hausser les épaules, c’est tout simplement qu’elles font de la gymnastique adaptée à leur âge !

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L’initiative   était excellente, les résultats le sont aussi : en 5 ans la fréquentation est passée de 26 à 60 personnes âgées, 4 après-midi par semaine (mais chaque personne âgée n’a droit qu’à un après-midi par semaine). Les bénévoles, 4 au départ sont maintenant 16 et ont suivi des formations pour adapter leur comportement aux besoins de la personne âgée.

Le service devrait pouvoir s’étendre prochainement sur les cantons de Nozay et Derval. L’idée était si bonne qu’elle a été reprise au sein de « Familles Rurales », mais aussi à Rezé (près de Nantes), à Pornic, dans le Maine et Loire et en Alsace. De nombreux prix ont récompensé cette action : notamment le Prix de la Fondation de France et le prix de la Fondation Kronenbourg, avec un complément de financement. « Mais le plus important, c’est l’encouragement que cela nous apporte » dit l’animatrice Corinne Sécher.

Les bénéficiaires, elles, sont intarissables. « J’aime le contact avec d’autres personnes », « Il a fallu que j’attende mes 72 ans pour pouvoir sortir de chez moi », « Dans le temps j’avais pas de copines, j’étais toute seule en ferme », « ici on se sent en confiance ».

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Les projets 2012 : échanger avec les maisons de retraite (pour garder un lien avec les personnes qui y sont désormais hébergées) ; s’implanter sur Nozay et Derval ; établir un partenariat financier avec les caisses de retraite.

Contact : Corinne Sécher - 02.40.55.26.59


Ecrit le 18 avril 2012

 Nos dix-huit mémoires

Rappelez-vous, nous avons 18 mémoires.
C’est ce qu’a expliqué Nadine PELLOQUET lors de la réunion « Un jour part’Agé ». En voici la liste :

  1. 1) 5 mémoires liées aux cinq sens :
  • - mémoire visuelle
  • - mémoire olfactive
  • - mémoire auditive
  • - mémoire tactile
  • - mémoire gustative
  1. 2) 3 mémoires physiques
  • - mémoire procédurale : je sais faire de la pâte à crêpe
  • - mémoire kinesthésique : je sais lever les bras, marcher à reculons, etc
  • - mémoire somesthésique : le corps se souvient du chaud, du froid, de la douleur
  1. 3) 6 mémoires cognitives
  • - mémoire logique
  • - mémoire verbale
  • - mémoire épisodique (se souvenir des événements, des dates, des lieux)
  • - mémoire rétrospective (le passé)
  • - mémoire prospective
  • - mémoire visuo-spatiale (la mémoire des lieux)
  1. 4) Et les 4 dernières :
  • - mémoire transactionnelle (tout ce que
  • les humains ont acquis au fil des siècles)
  • - mémoire sémantique (mots, concepts)
  • - mémoire culturelle (histoire)
  • - mémoire affective.

Toutes ces mémoires fonctionnent en nous mais pas toutes en même temps. Les cinq mémoires principales sont : visuelle, auditive, kinesthésique, logique, visuo-spatiale. On peut les utiliser par exemple pour ne pas perdre ses clefs. Voici comment : les clefs, il faut les regarder (les objets aiment bien qu’on les regarde), il faut leur parler à voix haute (Chères clefs, je vous range ici), il faut les manier dans la main, en faisant du bruit, et les placer de façon logique (par exemple à un clou près de la porte) et bien regarder où on les range. Et alors, pour les retrouver, c’est bien rare si l’une de ces mémoires ne fonctionnera pas !

Plusieurs « clefs » entretiennent la mémoire : on dit A.P.L.I.M :

  • Attention
  • Perception
  • Langage
  • Intelligence
  • Motivation

Pour mémoriser, il faut trois choses :

  • 1) Encoder : je mets du sens à ce que je fais
  • 2) Stocker : j’organise ma mémoire avec intelligence
  • 3) Restituer ce qui a été stocké.

Alfred Jarry disait : .L’oubli est la condition indispensable de la mémoire". L’oubli intervient parce que notre cerveau est organisé pour éliminer tout ce qui pourrait l’encombrer inutilement ou lorsque l’information n’a pas subi le traitement approprié. Le processus d’organisation est essentiel dans le travail et le succès du rappel : les chances de retrouver un souvenir, dans l’immense bibliothèque qu’est la mémoire, dépendent de la qualité avec laquelle on a étiqueté ce souvenir.

Beaucoup d’oublis ont également une cause affective. Les psychanalystes montrent bien que l’oubli est souvent associé à des choses qu’on veut oublier ou qui n’ont pas d’importance pour nous.