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Mée-disances du 25 avril 2012

Ecrit le 25 avril 2012

 Victoire amère

 
leMonde.fr du 21/04 : La tension, qui est allée crescendo depuis des mois entre les inspecteurs du travail et leur ministre, Xavier Bertrand, va-t-elle retomber ? En tout cas, l’une de leurs revendications a abouti : jeudi 19 avril, la commission de réforme a rendu, à Lille, un avis favorable à la reconnaissance en accident de service du suicide de Romain Lecoustre, jeune inspecteur du travail et syndicaliste de SUD, survenu le 18 janvier. M. Bertrand a indiqué qu’il suivrait cet avis. […]
 
En moins de trois mois, c’est la troisième décision favorable que rend une commission de réforme pour un événement dramatique survenu au sein de l’inspection du travail. Le 12 avril, c’était pour le suicide (en mai 2011) de Luc Béal-Rainaldy, secrétaire national du syndicat SNU Travail-Emploi-Formation/FSU. Et le 7 février, la tentative de suicide de Romain Lecoustre, en juillet 2011, avait été reconnue par le ministre du travail en accident de service. Malheureusement à titre posthume...
 
« C’est une victoire, mais à quel prix ! », réagit Philippe Royer, représentant CGT et membre de la commission de réforme. « Nous sommes soulagés mais amers », confie Pierre Joanny, représentant de SUD-Travail dans le Nord-Pas-de-Calais. « Si la reconnaissance de la tentative de suicide de Romain, qu’il avait demandée dès novembre 2011, était arrivée plus tôt, il serait encore parmi nous. » […]
 
« Les causes qui ont provoqué la mort de nos collègues sont toujours présentes », relève M. Joanny, citant « les objectifs chiffrés, la conduite de certains entretiens professionnels, les attitudes de petits chefs zélés que personne, dans la ligne hiérarchique, ne vient freiner ».

 Diffamation : Mme Le Pen déboutée

 
Libération.fr du 19/04 : La présidente du Front national, Marine Le Pen, a perdu le procès en diffamation qu’elle avait engagé contre sa rivale écologiste à l’élection présidentielle, Eva Joly, qui l’avait accusée d’être « l’héritière de son père milliardaire par un détournement de succession ». L’ancienne magistrate faisait allusion à l’héritage qu’avait reçu Jean-Marie Le Pen dans les années 1970 d’un de ses amis, Hubert Lambert, et qui avait donné lieu à un début de conflit avec la famille du défunt, avant un règlement à l’amiable.
 
Le tribunal correctionnel de Paris a estimé que Marine Le Pen était «  irrecevable en son action  » car elle n’était «  pas visée par les propos incriminés  », le détournement de succession étant imputé à son père. Après l’annonce de cette décision par le tribunal correctionnel de Paris, l’avocat de Marine Le Pen a déclaré qu’il ferait appel, estimant que le tribunal «  commettait une erreur de raisonnement  ». «  C’est une décision logique, attendue qui permet de faire tomber les masques  », réagissait pour sa part Me Joseph Breham qui avait défendu lundi Eva Joly. Tout cela montre que Marine Le Pen est «  l’instrument de son père et de la politique de son père  », a-t-il ajouté, en se réjouissant qu’elle ait « échoué dans sa tentative d’instrumentalisation de la justice  ».

 Coup de filet anti-islamiste

 
LeMonde.fr du 17/04 : Deux frères ont été libérés sans charge après trente-sept heures de garde à vue et une violente interpellation. […] Comme huit autres personnes qu’ils ne connaissent pas, à Bon-Encontre, Bordeaux, Carpentras, Marseille, Roubaix ou Valence, Saad et Farid, 28 et 22 ans ont fait l’objet d’une interpellation musclée avant d’être relâchés, sans aucune charge, après trente-sept heures de garde à vue dans le cadre antiterroriste. Ce coup de filet national visait à neutraliser les émules potentiels de Mohamed Merah, tueur à Montauban et Toulouse de trois militaires, de trois enfants juifs et d’un père de famille entre les 11 et 19 mars.

Un périple de quatre mois effectué entre septembre 2011 et janvier 2012 par Farid et Saad en Inde, en Birmanie, en Thaïlande et au Cambodge, juste après le bac pro de menuisier-aluminium du benjamin, a suffi à les cataloguer « présumés activistes isolés se préparant au djihad ». […]
 
Mes Thierry Sagardoytho et Julien Marco, qui les défendent, s’apprêtent à assigner l’Etat au civil pour faute lourde. « Si le voyage en Asie de nos clients posait question, une convocation au commissariat suffisait, s’insurge Me Sagardoytho. Pour placer quelqu’un en garde à vue, il faut des indices laissant présumer la commission d’une infraction. Or, les enquêteurs ne disposaient d’aucun élément. Alors que Mohamed Merah, repéré par la DCRI - direction centrale du renseignement intérieur -, n’a pas été inquiété avant ses assassinats, on peut s’étonner que des gens ne figurant même pas dans les fichiers locaux du renseignement intérieur fassent l’objet d’un tel traitement. »

La famille Z aurait apprécié des excuses du ministre de l’intérieur, Claude Guéant, pour « sa grossière erreur ». Farid a commencé un nouvel intérim dans le bâtiment et Saad a repris le chemin de Pôle emploi. Il doit se marier en septembre. « A une étudiante qui s’habille comme vous, Madame, précise son père. Parce que l’islam, c’est avant tout une philosophie. »

 Un destin de traître

 
leFigaro.fr du 18/04 : Lors d’une rencontre avec des ouvriers de Still Saxby à Montataire (Oise), dont l’usine doit fermer, François Hollande a évoqué le rôle qu’un ministre de l’Industrie devrait jouer lorsqu’un site est menacé, faisant une digression sur « la personne qui occupe le poste aujourd’hui ». « Nous le laisserons à son triste destin ! » a-t-il jugé sur le ton de la fausse pitié. « Vous savez, un destin de traître, ça vous suit toute votre vie. Vous portez l’étiquette jusqu’au bout ! » a-t-il lancé.
 
Aujourd’hui ministre de l’Industrie, Eric Besson avait quitté le Parti socialiste pendant la campagne de 2007 puis rallié Nicolas Sarkozy qui lui avait ensuite offert un premier ministère, celui de l’Identité nationale, aujourd’hui disparu.
 
Ces derniers jours, plusieurs personnalités symboles de « l’ouverture » sarkozyste ont annoncé qu’elles voteraient François Hollande, notamment l’ancien président d’Emmaüs   France Martin Hirsch, ex-Haut-commissaire aux solidarités actives contre la pauvreté, et l’ancienne présidente de l’association « Ni Putes ni soumises » Fadela Amara, ex-secrétaire d’Etat chargée de la Ville.

 Le Crillon du peuple

 
L’information du « Canard enchaîné » du 18 avril risque de mettre encore un peu plus à mal l’image de « candidat du peuple » revendiquée par Nicolas Sarkozy. Dimanche 15 avril, le meeting de campagne du président-candidat à la Concorde a été précédé d’un lunch à l’Hôtel Crillon, palace situé sur cette même place. Selon l’hebdomadaire, « Une cinquantaine de membres du premier cercle, qui regroupe les donateurs les plus généreux de l’UMP, se sont retrouvés pour trinquer dans le salon Marie-Antoinette ».
 
En meeting à Lille mardi, François Hollande a vivement réagi : « Voilà ce qui résume ce quinquennat ; il avait commencé dans un grand restaurant et il finit dans un grand hôtel avec les mêmes convives ».

L’UMP ne nie pas la tenue d’un tel déjeuner, mais dément « formellement avoir organisé la moindre réunion de donateurs avant, pendant ou après le rassemblement de la Concorde ». 

 « Le Canard enchaîné » révèle par ailleurs que Patrick et Isabelle Balkany, proches de Nicolas Sarkozy, ont, au même moment, loué la suite la plus chère de l’hôtel, officiellement tarifée 9.500 euros par jour, repas non-compris. « Il s’agissait de fêter notre 36e anniversaire de mariage », précise l’épouse Balkany. « On allait à la Concorde dimanche après-midi et l’occasion fait le larron. On s’est donc fait une séquence nostalgie avec mon mari, qui voulait me faire plaisir. On s’est fait un plateau télé le samedi soir. »

Ndlr : la nostalgie, ça n’a pas de prix !