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Mée-disances du 16 mai 2012

Ecrit le 16 mai 2012

 Actionnaires en colère

 
Challenges.fr du 10/05 : les énormes salaires des dirigeants de sociétés donnent de l’urticaire aux actionnaires britanniques, furieux de voir leurs dividendes fondre, quand les patrons continuent, eux, à toucher des fortunes. Le patron de l’assureur britannique Aviva est la dernière victime d’un mouvement baptisé « printemps des actionnaires » par la presse d’outre-Manche, en référence aux révoltes dans les pays arabes de l’année dernière. La semaine dernière, 54% des actionnaires ont voté contre le rapport sur les rémunérations des dirigeants du groupe, bien qu’Andrew Moss eût promis de renoncer à une augmentation cette année. Ce dernier a annoncé qu’il démissionnait de ses fonctions de directeur général.
 
Au cours des dernières semaines, les actionnaires de la banque Barclays Capital s’en étaient pris au salaire du directeur général, Bob Diamond, surnommé « l’hom-me aux cent millions de livres ». Une polémique de même nature a touché le groupe minier Xstrata, le fonds d’investissement Man Group, le groupe de presse Trinity Mirror, dont la patronne a dû démissionner, le producteur agro-alimentaire Premier Food et enfin le groupe pharmaceutique AstraZeneca. La liste pourrait s’allonger si le sujet des salaires est évoqué aux assemblées générales à venir.
 
L’hiver dernier, les manifestants anti-capitalistes du mouvement Occupy London portaient l’estoc contre les salaires des patrons. Aujourd’hui, et c’est plus fâcheux pour ces derniers, la critique émane du cœur du système. Parmi ces nouveaux protestataires figure notamment l’Association des assureurs britanniques (ABI) dont les membres représentent environ 20% de la capitalisation de la Bourse de Londres.

 Illégitime

Le Canard enchaîné du 09/05 : la toujours raffinée députée-maire UMP d’Aix en Provence, Maryse Joissains-Masini, qui, en attendant les chars soviétiques, « considère illégitime » le nouveau chef de l’Etat, a balancé à un site d’infos locales, dimanche soir : « je ne le crois pas compétent ou capable, en tout cas physiquement, il ne donnera pas l’image d’un président de la République. Vous savez, quand on présente Marianne, on aime bien qu’elle soit représentée par une très belle fille ».

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 Clip de rap   licencieux

 
Libération.fr du 10/05 : « J’avais la verge duuuure, jusqu’à c’que j’voie ses vergetuuuures. » A cause d’un clip de rap   aux vers bien troussés, une assistante d’éducation d’un établissement catholique de Juan-les-Pins a été licenciée. Véronique Bonazzola, 50 ans, surveillante et comédienne à ses heures, joue le rôle d’une « cougar » dans le clip Fontaine de Jouvence du rappeur niçois Novia (« j’voulais pas t’faire mal / juste baiser une vieille dame »).[...]

La performance a déplu à la direction du collège Notre-Dame de la Tramontane. Jugeant cette vidéo « incompatible au regard de la nature du travail de cette personne et du règlement intérieur »i, la direction a décidé de renvoyer la surveillante.
 

Pour son avocat Me Pierre Chami, « elle ne comprend pas qu’après 20 ans de bons et loyaux services, on la jette comme une malpropre pour un clip de moins de cinq minutes ». […] Selon lui, sa cliente a participé à ce clip « avec la volonté de faire une performance d’acteur et de parler du phénomène de société des femmes cougars en le tournant en dérision, sur le ton de l’humour ». Atteinte par le passé d’un cancer du sein, dont elle est sortie « mutilée », elle avait à cœur de montrer qu’« à 50 ans, on n’est pas foutu », ajoute Me Chami, qui porte l’affaire aux Prud’hommes.
 
Si les parents se sont « ioffusqués »i, les élèves ont au contraire manifesté leur soutien à la surveillante en lui adressant des messages par centaines, assure-t-il, déplorant que "l’école refuse le débat.
 

 Tweet sexiste

 
Libération.fr du 10/05 : Le journaliste Pierre Salviac, spécialiste du rugby, a été remercié par RTL après avoir posté un tweet injurieux à l’égard de la nouvelle Première Dame et des femmes journalistes. Quelques heures plus tôt, le commentateur avait lancé : « A toutes mes consœurs, baisez utile, vous avez une chance de vous retrouver première dame de France », provoquant une rafale de réactions dénonçant son « machisme », son « sexisme » ou sa « beaufitude ».[…]
 
« Dans le cadre d’un message publié sur Twitter, Pierre Salviac a tenu au sujet de ses consœurs journalistes des propos intolérables et totalement inacceptables qui n’engagent que lui et que RTL condamne sans aucune réserve », a déclaré la direction de la station. « A compter de ce jour, RTL met un terme à toute forme de collaboration avec Pierre Salviac ».
 Ndlr : si on ne peut plus plaisanter…

 Régularisé par les échecs

 
Libération.fr du 11/05 : Nura Alam est originaire du Bangladesh, où il s’opposait au pouvoir politique en place. Un activisme qui déplaît, d’autant que le fils de Nura est champion d’échecs. Après les premiers succès de Fahim, la famille reçoit des lettres de menaces. Le père décide de quitter le pays avec son garçon. Le périple les mène en Inde, en Hongrie, et se termine en France.

On est en octobre 2008. Premières demandes d’asile auprès de l’Ofpra, pour obtenir le statut de réfugié politique. Refus à répétition. Le père et son fils sont d’abord logés dans un foyer de France Terre d’asile, à Créteil. Une ville qui abrite un des meilleurs clubs d’échecs français. Nura Alam décide d’y inscrire Fahim. Une décision qui se révélera capitale, car tous les recours de Nura Alam pour obtenir un titre de séjour échouent.

En septembre 2010, il reçoit une Obligation de quitter le territoire français (OQTF). En clair : s’il tombe aux mains de la police, il sera expulsé. Son fils, en tant que mineur, est davantage « protégé ».
 
Pendant de longs mois, Nura et Fahim sont séparés. Le père dort à Paris, logé grâce aux solidarités associatives. Il travaille au noir, faute de papiers en règle. Tous les soirs, il prend la ligne 8 du métro pour aller dîner avec son fils à Créteil, risquant à chaque fois l’arrestation. Fahim, lui, est logé à tour de rôle chez deux familles de camarades du club d’échecs. La situation semble bloquée, jusqu’au mois d’avril 2012. A Nîmes, Fahim devient champion de France d’échecs des moins de 12 ans.
 
Immédiatement, sa situation intrigue les médias. L’affaire remonte jusqu’aux oreilles de François Fillon. Interrogé sur France Inter, le Premier ministre promet d’examiner la situation « avec la plus grande attention ».

Un rendez-vous avec la préfecture du Val-de-Marne est rapidement fixé. « Cela faisait des mois qu’on essayait, mais on n’a jamais pu avoir d’entrevue », regrette Isabelle Charfi. Pour la présidente de la FCPE   au collège C. Guyard, où est scolarisé le garçon de 11 ans, c’est l’aboutissement de plusieurs mois de mobilisation.
 
L’entretien a duré à peine une heure. Le temps pour la préfecture d’examiner le dossier et de délivrer à Nura Alam une autorisation de travail de trois mois. Un délai qui permettra à l’homme de compiler des fiches de paie pour ensuite déposer une demande de titre de séjour d’un an. […]
 
Pour le Réseau éducation sans frontières, cette décision « est dans la droite ligne de l’immigration choisie. Quand les gens sont bien, ils peuvent rester en France. Mais des enfants comme Fahim, il y en a des milliers dans notre pays. Sauf qu’ils ne sont peut-être pas tous champions d’échecs. »