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Accueil > Intercommunalité et diverses communes > Pays de Châteaubriant > Pays : L’opinion des industriels

Pays de Châteaubriant

Pays : L’opinion des industriels

 L’avis des industriels de l’ADIC :
noir c’est noir, il n’y a plus d’espoir ?

Fallait-il le faire ? En décembre 2004, les industriels de la Région de Châteaubriant, regroupés au sein de l’ADIC, inquiets, sont allés exposer la situation à la Région où ils ont été reçus par Joël Batteux (Président de la Commission Action Économique) et par Françoise Gentil (Conseillère Régionale).

Ces deux élus leur ont proposé, à titre expérimental, de mandater un consultant de haut niveau afin « d’identifier les actions de valorisation au service de la stratégie de développement ».

Une somme de 25 000 € a été attribuée à cet effet. La restitution de cette étude a été donnée le 29 septembre 2005.

Trente-sept personnes ont été interrogées : 19 du monde industriel et 18 élus ou institutionnels.

 Des résultats inquiétants

Le résultat de cette étude, qui n’a rien appris à personne, est très noir :

L’identité du Pays de Châteaubriant   est une notion « par défaut dont il est difficile de percevoir les contours ».

La mentalité locale montre peu d’esprit d’ouverture, d’où la difficulté d’intégration des nouveaux arrivants.

Au milieu de nulle part

Parmi les critères retenus pour l’enquête :

– La position géographique :

« la centralité du territoire est en opposition avec son accessibilité., (...).

C’est un territoire enclavé, à l’écart des dynamiques régionales ».

Le Pays de Châteaubriant   se ressent comme laissé-pour-compte de la croissance, aux confins de la région et du département.

– Accès et réseaux :

Ils sont insuffisants (sauf sur Nozay-Derval), qu’il s’agisse des routes ou des nouvelles technologues de communication (ADSL  , Haut-débit).

– La ville de Châteaubriant :

La ville-centre a un passé historique certain, mais qui n’attire plus les populations du Sud du Pays et les nouveaux arrivants, malgré de nombreux points positifs : l’offre commerciale, les prix du logement, les services aux familles, le dynamisme culturel.

– Le tourisme   :

Il offre des ressources diffuses, mais pas de locomotive.

 Les activités essentielles

– L’agriculture :

Elle est active et homogène mais « dans 7 ans, la moitié des producteurs de viande devra faire face à la question de la transmission ».

– L’industrie :

« Des établissements sont en difficulté ». dit l’étude.

Une forte concurrence internationale, des risques de délocalisation, et la faible attractivité des métiers constituent des facteurs défavorables à leur développement, voire à leur maintien.

– La main d’œuvre :

Les chefs d’entreprise interrogés la voient de façon positive.

Pour eux : « la main d’œuvre fait preuve d’une culture liée au travail ; l’absence de culture syndicale assure la paix sociale, avec une forte identification à l’entreprise ».

Mais la médaille a ses avers : il est reproché aux salariés leur « faible prise en charge de leur destin individuel, leur faible mobilité et leurs profils peu qualifiés ... »

NDLR : en somme, si les salariés ne bougent pas, tant mieux, on est tranquilles, pas besoin de les payer cher.

Mais s’ils bougeaient davantage, ils contribueraient au développement de la région !!!

Quand par hasard des salariés, lassés de harcèlements stupides, se tournent vers un syndicat, tout est organisé par la Direction pour faire couler la boite et après on regrettera la passivité des salariés !... [voir le cas : UFM Marie]

 Verbatim

Noir ce constat. Mais qui faut-il incriminer ? L’étude du « verbatim » c’est-à-dire des propos tenus par les uns et par les autres, est effectivement négative.

C’est aussi une question de présentation.

Par exemple, il a été relevé « des structures d’accueil encore insuffisantes en matière touristique », sans dire qu’il y a eu une forte progression depuis 10 ans (650 lits touristiques en 1998, et 1600 maintenant)

... alors qu’une équipe dynamique y travaille autour d’un réseau professionnel et associatif.

L’étude présente un aspect négatif du monde industriel, mais un aspect positif de l’agriculture et du commerce.

Est-ce parce que, dans le monde économique, les personnes interrogées sont essentiellement des industriels ? L’herbe est toujours plus verte dans le pré du voisin.

L’ADIC, association des industriels, n’a pas manqué, dans cette étude, de signaler son propre dynamisme : « une culture entrepreneuriale forte », « un tissu d’acteurs économiques solidaires » ,...
... mais « qui limite la diversification et l’ouverture et qui ne laisse pas apparaître de leadership économique local » autour de « chefs d’entreprises vieillissants » et « une multiplication des rachats extérieurs ».

C’est noir, noir, on vous dit...

 L’aspect institutionnel.

Les industriels interrogés connaissent bien les structures consulaires (Chambre de Commerce) mais pas les structures des collectivités locales (communes, Communautés de Communes, Pays) auxquelles ils reprochent « une faible lisibilité » en matière de développement économique, et « une faiblesse des coopérations territoriales ».

Ils regrettent que le Contrat de Pays soit « une addition de projets » sans vue d’ensemble.

 Qu’attendent les industriels ?

Si l’amélioration de la Nationale 171 (Laval-St Nazaire) est un leitmotiv, le rétablissement de la ligne SNCF Nantes-Châteaubriant n’est pas réclamé.

Au cours du débat, un participant signale qu’une quatre voies (la Rennes-Angers) passe à 20 km de Châteaubriant et qu’il serait sans doute judicieux de créer rapidement une bretelle à 4 voies pour la relier à Châteaubriant.
Les industriels réclament un schéma de développement global pour le Pays de Châteaubriant   afin de clarifier les espaces dédiés à l’agriculture, aux zones d’activités, au développement résidentiel, etc ...

Ce schéma de développement global devrait être « plus un lieu de débat qu’un document d’orientation ».

En matière économique, s’ils suggèrent fortement de se pencher sur la « qualité de l’emploi » ( travail des femmes, mobilités, formation continue, mutualisation des services aux petites entreprises), ils n’ont pas parlé de réduire la précarité ni d’augmenter les bas salaires.

Ils demandent de « renforcer les coopérations entre les acteurs », « inter entreprises et entreprises / élus), créer des lieux de rencontre (petit déj, soirées ...) »

Enfin, les industriels demandent de créer « des solidarités territoriales pour limiter les déséquilibres engendrés par le développement métropolitain » et globalement de « doter le territoire d’un projet partagé, mobilisateur et fédérateur ».

Les commentaires
de la Mée :

Avant même la fin de l’exposé, le maire Alain Hunault a quitté la salle en laissant ses consignes à Stéphane Adnot (directeur des services de la Communauté de Communes du Castelbriantais).

Ce n’est pas encore aujourd’hui que la discussion pourra s’engager avec le maire-président du Pays.

L’exposé est jugé trop noir par Yvan Etiembre, Président du Conseil de Développement :

« Vous avez insisté sur le développement économique, mais il y a aussi un tissu associatif ici.

Il aurait fallu mettre en avant ces potentialités ».

Courageusement, Guy Lehembre, de l’ADIC, soutient l’exposé, qu’il trouve « objectif », en ouvrant lui aussi des perspectives plus colorées :

« malgré le manque d’apport extérieur et d’attractivité, le tissu économique a réussi à tenir ».

Au nom de l’ADIC, Bernard Beyer rappelle qu’il y a eu 2000 créations d’emplois nettes sur le Pays de Châteaubriant   entre 1998 et 2002, dont 1200 dans l’industrie.

 Comme à confesse

Le débat s’installe entre plusieurs participants... à voix basse, comme s’ils parlaient entre eux, pour eux seuls !

Deux participants regrettent qu’une des perspectives tracées pour le Pays de Châteaubriant   soit celle d’être un « jardin », « notion d’espace vert au milieu des grandes villes » ... une réserve d’Indiens ?

Les industries locales sont en grande partie des industries traditionnelles, très soumises à la concurrence des pays de l’Est (délocalisation).

N’y aurait-il pas une politique volontariste à mener pour développer, dans ce « jardin du pays de la Mée », des emplois nouveaux liés aux services.

Il a été question d’économie « résidentielle », d’un pays qui tourne avec les salaires, les retraites.

Henri Baron signale à ce sujet que la zone géographique de Châteaubriant est la dernière des Pays de Loire avec des salaires très faibles.

Dans une autre étude présentée le 27 septembre 2004, l’ADIC et la Chambre de Commerce avaient affirmé :

« La zone de chalandise [de Châteaubriant] se distingue par un revenu net moyen (11 263 €) inférieur de 24 % au revenu net moyen du département (14 826 € en 2000) ».

 Quelles perspectives ?

On a parlé de filières, l’agro-alimentaire par exemple
(mais l’abattoir Tendriade est parti après un providentiel incendie), ou la plasturgie (mais Peguform va mal et Atlas-Issé vient à nouveau de déposer le bilan).

Georges Garnier, adjoint aux affaires économiques, s’est déclaré « effondré à l’écoute d’une partie de l’exposé ».

Il affirme : « il faut d’abord créer de l’activité et le reste viendra ».

Force est de constater que depuis ... 4 ans qu’Alain Hunault est maire, les implantations industrielles sont en panne.

A propos de culture syndicale, Henri Baron a signalé que c’est la culture syndicale forte, en milieu agricole, qui sert le Pays de Châteaubriant  .

Il a regretté l’absence de liens entre les établissements d’enseignement de Châteaubriant et l’Université, « ce qui est handicapant pour le Pays ».

Stéphane Adnot « la voix de son maître » a mis en avant l’importance des fonds attribués au Pays de Châteaubriant   par l’État, le Conseil Général et la Conseil Régional.

(ndlr : les fonds suffisent-ils quand il n’y a pas de volonté politique forte, quand une Communauté de Communes tire dans les pattes des autres et tend à tout ramener à elle ?)

En terminant, Marie Noëlle Orain a rappelé la nécessité d’un schéma de cohérence territoriale : « Il ne faut pas considérer les espaces agricoles comme des espaces vacants ».

Et Gilles Philippot a réclamé « que tous les acteurs se réunissent pour mettre en place un projet ».

 Restaurer le dialogue

Cette étude a le mérite des formaliser les impressions des industriels. Le constat fait, est connu depuis longtemps, et on n’a rien appris. Et il n’y a toujours pas eu de réel dialogue entre les acteurs du Pays : seulement le tiers des personnes interrogées étaient présentes à la restitution de l’étude.

Le diagnostic est noir, mais il correspond à ce qu’on entend en général quand on a l’occasion de discuter avec des industriels locaux.

Ceux-ci réclament petit déjeuners, soirées et autres lieux de discussion.... !

Mais force est de constater qu’ils ne se déplacent pas en foule pour travailler au sein du Conseil de Développement :

Leitmotiv : on n’a pas le temps !

Du temps de Martine Buron, il y avait de temps en temps les fameux « petits déjeuners » réclamés.

La pratique semble s’être perdue.

Ce n’était pas tant pour quelques croissants mais pour les occasions d’échanger des idées. Cela ne semble plus possible.

Bien que sollicité, Alain Hunault Maire-Président du Pays, ne figure pas dans la liste des personnalités rencontrées dans le cadre de l’étude.

BP  

le départ de Bernard Beyer

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