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Mai 2012 : Justice, UMP et Mme Taubira

Ecrit le 30 mai 2012

 Christiane Taubira

 « Taubira est une cible parfaite. On va bien se marrer... », décrypte un élu UMP en parlant de la Ministre de la Justice, tandis que JF Copé, le sympathique secrétaire général de l’UMP met en garde : « Quand on vote Front National, on a la gauche et Taubira ». Ils ne disent pas « Madame Taubira », ils disent « Taubira ». Et l’élégant éditorialiste du Point la désigne par « la Tanagra guyanaise »...

Madame Taubira offre toutes les « qualités » requises pour devenir le symbole idéal de ce que les extrémistes de l’UMP appellent « l’anti-France ». D’abord, elle est une femme et elle a la peau noire, ce qui n’est pas forcément indifférent aux électeurs du FN  . Ensuite, pêché mortel, elle a milité un court moment dans sa jeunesse (1993) pour l’autonomie de la Guyane, et donc contre la République.

On lui connaît une forte personnalité, une liberté de comportement, un esprit indépendant, qui, pour certains, sont des traits incompatibles avec « le sexe faible ».

Mais ce que la droite la plus dure de l’UMP ne lui pardonne pas, c’est d’avoir fait voter la loi mémorielle qui porte son nom, le 10 mai 2001, sur la reconnaissance des traites négrières et des esclavages comme crime contre l’humanité.

Et voilà que, maintenant, reprenant une des propositions de Fr Hollande, elle entend supprimer les tribunaux correctionnels pour mineurs, soutenue en cela par les professionnels de la justice des mineurs. « Cette annonce était espérée et attendue » dit JPierre Rosenczveig, juge pour enfants, qui y voit trois messages.

Premier message : le gouvernement Ayrault entend tenir les engagements du candidat Hollande : les moins de 18 ans doivent être jugés pour ce qu’ils sont, c’est-à-dire comme des enfants avec une procédure spécialisée et des magistrats spécialisés.

Deuxième message de François Hollande : marquer un coup d’arrêt symbolique à la démolition systématique de la protection judiciaire de la jeunesse engagée depuis 2002, spécialement accentuée depuis 2007 comme l’a rappelé en 2009 le Comité des droits de l’enfant de l’ONU.
On sait que Nicolas Sarkozy projetait d’abaisser la majorité pénale à 16 ans. Pour lui les jeunes d’aujourd’hui ne sont les plus jeunes d’hier et ont plus de maturité. Dès lors ils doivent être punis comme les adultes. « L’assertion est fausse : les enfants d’aujourd’hui ne sont pas plus matures que ceux d’hier ; le fait qu’ils maitrisent telle ou telle technologie ne doit pas faire illusion ; pas plus que leur taille. On se souvient de l’assertion sarkoziste selon laquelle les halls des tribunaux pour enfants étaient jonchés de grands blacks allongés ! Même grands physiquement, les jeunes que je côtoie sont malheureusement souvent petits dans leur tète. En tous cas, peu matures et généralement incapables de mesurer les conséquences de leurs actes, ce qui ne signifie pas qu’ils ne doivent pas en rendre compte et être punis ».

Troisième message : commencer à restaurer la confiance que la République porte à ses magistrats, et par-delà aux travailleurs sociaux, dans leur capacité à la fois de mener des réponse éducatives de qualité pour peu qu’on leur en donne les moyens et encore de tenir des postures fermes face à la délinquance juvénile quand il le faut.

« Je le répète une fois de plus ici, la justice des mineurs est performante : dans 85% des cas les jeunes dont nous nous préoccupons comme mineurs ne sont plus délinquants une fois devenus majeurs. Pas plus que la médecine ne peut guérir 100 % de ses patients, nous ne pouvons éradiquer le crime systématiquement avant 18 ans ».

 Vengeance sociale

JPierre Rosenczveig poursuit : « Christiane Taubira, dans la foulée de François Hollande, tient à réaffirmer l’importance qu’il y a à mettre en œuvre pleinement la protection judiciaire de la jeunesse. Contrairement à ce qu’avancent ses opposants, l’ordonnance du 2 février 1945 régulièrement mise à jour, n’est pas ringarde. Ses principes sont bons et demeurent d’actualité, la priorité éducative n’exclut pas la fermeté.

Pas d’angélisme mais un travail en profondeur et sur la durée sur la personne du jeune et sur son environnement familial. On n’a pas fait mieux jusqu’ici comme démarche. On n’est pas dans la vengeance sociale, mais dans le souci de conduire un jeune en conflit avec la loi à rebasculer du bon coté. Le but n’est pas de punir, mais d’éviter la récidive. La menace d’une peine n’a jamais empêché un passage à l’acte contrairement à ce que des archaïques comme M. Ciotti peuvent dire ».

La majorité sortante s’est délectée sur le thème de la justice des mineurs à faire lois sur lois pour l’affichage politique quand elle avait besoin de remobiliser son électorat. Encore trois en 2011 et une en février 2012. La plupart de ces dispositions ne sont pas appliquées car pas adaptées. Elle aurait mieux fait de prendre des mesures concrètes qui s’imposaient pour que toute mesure éducative décidée soit mise en œuvre sur le champ. Elle est restée dans le champ de l’incantation.

« En vérité elle n’a jamais été intéressée par la justice des mineurs » dit J.Pierre Rosenczveig. « Elle était dans l’ignorance des réalités de terrain. Elle a déconstruit sur des bases idéologiques datées du XIX° siècle un instrument monté patiemment au fur et à mesure des années et performant. Il est encore temps de le reconstruire car ses fondations sont solides et ses personnels dévoués. Il faut toiletter cette jungle législative qui a voulu nous étouffer mais aussi envoyer un message fort aux professionnels. C’est la voie qu’entend apparemment suivre la nouvelle ministre. Il faut concrétiser et poursuivre. La feuille de route est chargée ».

Source 


Ecrit le 30 mai 2012

 Harcèlement sexuel

Christiane Taubira a annoncé la prochaine élaboration d’une nouvelle loi sur le harcèlement sexuel. O ma Doué ! Le chroniqueur Eric Zemmour n’apprécie pas du tout : pour lui le harcèlement sexuel n’est pas simplement une attaque contre les hommes, réduits à ne plus pouvoir se détendre avec une petite main aux fesses ou à travers la sollicitation contrainte de faveurs sexuelles. Non, pour lui, ce que C. Taubira attaque, ce sont « les hommes blancs ». C’est lui qui le dit en ajoutant : « Après tout, les femmes votent majoritairement à gauche depuis 1981, et dans les banlieues, Hollande a réalisé des scores de dictateur africain. Mais en quelques jours, la ministre de la Justice (...) a donné une couleur angélique aux débuts de la gauche » … ainsi chez lui, les allusions renvoient à la couleur de peau de la ministre !