Accès rapide : Aller au contenu de l'article |  Aller au menu |  Texte seul |  Liste complète des articles  |  Aide  |  Contact |
bandeau

Accueil > Intercommunalité et diverses communes > Maires : Un coup tordu

Maires : Un coup tordu

le 20 juin 2001

La légalité à 000 %

Selon Presse-Océan du 11 juin 2001, il s’est passé des choses à l’association fédérative des maires de Loire-Atlantique, le samedi 9 juin dernier.

Lors de l’élection du Conseil d’Administration de cette association, « Jean Luc Colin, le maire PS de St Vincent des Landes s’est étonné d’avoir été rayé, sans en avoir été averti, de la liste par Alain Hunault (...). Sportivement, Christian de Grandmaison a décidé de se retirer pour laisser la place à Jean Luc Colin »

Les choses en réalité ne se sont pas passées comme ça. Voici les informations recueillies auprès de Jean Luc COLIN :

Zéro !

« Alain Hunault, en tant que Maire, dans l’ardeur de sa prise de pouvoir local, et son cumul de fonctions a tout faux . Sur le plan administratif et juridique, il mérite un double zéro. Sur le plan de la démocratie et de la transparence, un triple zéro » dit Jean Luc Colin. Voici pourquoi :

Acte 1 : l’élection

Lors de la réunion du « Groupement des Maires de l’arrondissement de Châteaubriant », le 18 mai 2001 à Abbaretz, Alain Hunault a été élu par 26 voix, contre 11 à Jean Luc Colin et 10 à Gilles Heurtin, maire de Blain, et deux abstentions.

Le bureau a été constitué par un représentant de chaque canton soit :

1 Président... .......... Alain Hunault
3 vice-Présidents..... Jean Luc Colin, Gilles Heurtin, Joël Dauvé
1 Secrétaire...... ..... Christian de Grandmaison
5 Membres...... ...... Damien Migot, Jacques Lemaître, Yvon Mahé, Michel Moreau, Jean Poulain
et un représentant des EPCI (établissements publics de coopération intercommunale) : Daniel Boistuaud

En fin de réunion, Jean Luc Colin a rappelé au nouveau président du groupement de l’arrondissement de Châteaubriant que les délégués de ce groupement devaient être immédiatement désignés pour siéger au Conseil d’Administration de l’association fédérative des maires de Loire-Atlantique. C’est ainsi que 5 maires ont été élus, à main levée : Alain Hunault, Jean Luc Colin, Gilles Heurtin, Joël Dauvé et Daniel Boistuaud.

Acte 2 : la radiation

En se pointant à l’Assemblée Générale de l’association fédérative des Maires de Loire-Atlantique, qui s’est tenue à la Cité des Congrès à Nantes le samedi 9 juin 2001, avec plus de 150 élus présents ou représentés, Jean Luc Colin découvre avec stupéfaction qu’il ne figure plus sur la liste proposée pour le Conseil d’Administration.

Explication : le Président Alain Hunault a volontairement modifié, sans autre forme de dialogue avec l’intéressé, la liste antérieurement arrêtée à Abbaretz : il a éliminé Jean Luc Colin pour le remplacer par Christian de Grandmaison (subitement récompensé pour avoir invité ses collègues à élire Alain Hunault comme président de l’association des maires de notre secteur ?). Ainsi le groupement des élus de l’arrondissement de Châteaubriant devenait le seul (sur les 6 de Loire-Atlantique) à ne comporter qu’une famille politique ! Il se trouvait monolithique de droite, piètre exemple de non-respect de la diversité et de la mixité politique. Le maire socialiste Jean Luc Colin était sans doute de trop.

Donc ce 9 juin à Nantes, le Président Serge Poignant, député-maire de Basse-Goulaine, seul candidat à la Présidence, obtient 127 voix sur 156 votants. Il propose ensuite d’élire les 36 candidats au Conseil d’Administration, à partir de la liste imprimée où ne figure pas le nom de Jean-Luc Colin. Sollicitant l’assemblée des élus, Serge Poignant demande s’il y a d’autres candidats.

Alors Jean-Luc Colin exprime sa désapprobation devant les méthodes employées par Alain Hunault et demande sa réintégration sur la liste officielle des candidatures. Stupeur de l’assemblée, suspension de séance de plus d’une heure, les élus présents de l’arrondissement de Châteaubriant se concertent en l’absence d’Alain Hunault qui se trouve, lui, en Allemagne, au 20e anniversaire du jumelage avec Radevormwald. C’est alors que Christian de Grandmaison, qui était dans la liste comme un cheveu sur la soupe, se désiste « sportivement » comme dit Presse-Océan, « se dévouant pour laisser sa place » comme dit Ouest-France, cependant que tous les élus constatent la manœuvre d’Alain Hunault, le non respect des procédures démocratiques, et soutiennent la réintégration justifiée de Jean-Luc Colin.

Au cours du vote solennel concluant l’Assemblée générale, les 36 candidats ont été élus. Jean-Luc Colin a obtenu 142 voix sur 151 votants tandis qu’Alain Hunault a fait le plus mauvais score avec 119 voix. Le pire c’est que, dans notre région, dans un « consensus mou », des élus dits « de gauche » ont voté pour Alain Hunault, tandis que ce sont plutôt des élus de droite qui ont sanctionné sa manipulation en ne votant pas pour lui.

Où est le respect de la légalité ?

Cette histoire (une parmi d’autres), montre que sur le plan administratif et juridique Alain Hunault présente quelques défaillances significatives :

1). Il a modifié des décisions prises en assemblée d’élus

2). Il a voté ... alors qu’il n’en avait pas le droit : il faut savoir en effet qu’à l’assemblée d’Abbaretz, il a voté 2 fois, une fois en tant que maire, et une deuxième fois en tant que président de la Communauté de Communes du Castelbriantais. Or celle-ci N’ETAIT PAS ADHERENTE du groupement des maires du Castelbriantais puisque ce n’est que le 21 mai, c’est-à-dire trois jours plus tard, que la Communauté de Communes du Castelbriantais a décidé d’adhérer à l’association des maires. A-t-on vu voter, dans nos plus petites associations locales, un membre non adhérent ?

3). Sur le plan de la démocratie locale et de la transparence, voire de la tolérance, le constat est révoltant et montre qu’à grande allure le pays castelbriantais part à la dérive. Cet épisode lamentable, heureusement rectifié par Jean-Luc Colin, invite chaque élu (et surtout les nouveaux), et tous les citoyens, à ne pas se conduire comme des « marionnettes » d’Alain Hunault. Outrancièrement, il peut imposer une chape de plomb au pays de Châteaubriant   en éliminant tous ceux qui ne sont pas à sa botte.

Un devoir de vigilance s’impose face à la « Hunaultcratie »

(*) Ce n’est pas la première fois : on a pu constater par exemple que les délégués de la ville au Conseil d’Administration de l’Office de Tourisme  , ne sont pas, maintenant, ceux qui ont été élus lors du Conseil Municipal du 29 mars 2001. Mme Josette Dauffy, par exemple, n’a pas été désignée le 29 mars 2001 mais beaucoup plus tard, suite à une modification de la délibération initiale.

Que fait donc la Sous-Préfecture ? Que fait-donc le contrôle de légalité ?

Il est évident qu’il va falloir une vigilance de tous les instants pour surveiller celui qui prétend, pourtant, vouloir respecter la légalité à « 1000 % ». Un 1 de trop.

BP  

Assemblée des maires


NOTES:

Notons en passant qu’on peut « sportivement » quitter une place à laquelle on ne devrait pas être .