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2012 : la pauvreté des enfants du monde

Ecrit le 6 juin 2012

 La pauvreté des enfants des pays riches

On parle régulièrement de la pauvreté en France, plus rarement du cas des enfants pauvres. L’Unicef vient de publier un rapport sur la pauvreté des enfants dans 35 pays riches et la France n’a pas un rôle flatteur : 14e rang des 35 pays étudiés : la France compterait entre 8,8% (en prenant en compte l’indicateur de la « pauvreté relative ») et 10,1% d’enfants pauvres (en utilisant celui du « taux de privation »).

La « pauvreté relative » estime qu’un enfant est « pauvre » s’il vit dans un ménage dont le revenu disponible, (ajusté en fonction de la taille et de la composition de la famille ) est inférieur à 50% du revenu médian par ménage, soit 14 370 euros par an (soir 1 197 euros mensuels).

Autre méthode de calcul : le « taux de privation ». Il s’agit de s’intéresser à des variables essentielles, « le fait de manger des fruits et légumes frais tous les jours, de disposer de livres adaptés à l’âge de l’enfant à la maison ou encore de pouvoir profiter d’un endroit calme avec de l’espace pour faire ses devoirs », précise le rapport. (voir encadré)
Enfin, il convient de noter que, malgré les mesures très différentes employées dans ces deux méthodes, sept pays apparaissent toujours parmi les dix meilleurs, à savoir, Chypre, le Danemark, la Finlande, l’Islande, la Norvège, les Pays-Bas et la Suède.

 Un risque pour la société

Un lien étroit unit la pauvreté des enfants et une longue liste de risques sociaux et individuels, allant du mauvais développement cognitif aux difficultés comportementales croissantes, de la santé physique défaillante à l’échec scolaire, des compétences et des aspirations plus limitées au risque accru de dépendance à l’égard de l’aide sociale, d’une plus grande exposition aux grossesses adolescentes, à la probabilité accrue de l’alcoolisme et de la toxicomanie. Les multiples exceptions – de nombreux enfants grandissent dans des familles économiquement pauvres et ne sont pas concernés par ces problèmes – ne changent rien au fait qu’une enfance pauvre est étroitement et régulièrement liée à un handicap mesurable tant pour les individus que pour les sociétés dans lesquelles ils vivent.

Il est évident que l’augmentation du nom-bre de personnes dans le besoin et la diminution des services disponibles due aux mesures d’austérité, exercent partout une forte pression sur les services de première ligne destinés aux familles. Il est tout aussi clair que le pire est à venir. De nombreuses familles, y compris celles ayant de faibles revenus, disposent d’une sorte de « matelas de sécurité » – économies, actifs ou aide fournie par d’autres membres de la famille – qui leur permet de couvrir leurs dépenses pendant les moments difficiles. Il y a donc pratiquement toujours un décalage entre le début d’une crise économique et le moment où son impact est le plus virulent.

D’après un rapport de l’Institut des études fiscales (IFS) datant d’octobre 2011, tout porte à croire que les progrès accomplis au cours des dernières années vont partir en fumée. Si le taux de pauvreté des enfants est actuellement perçu comme étant stable, il est prévu qu’il recommence à augmenter en 2013.

À plus long terme, on s’attend à ce que les niveaux de pauvreté « relative » et « absolue » des enfants atteignent respectivement 24 % et 23 % d’ici à 2020-2021,

 Remédier

Comment y remédier ? Dans la pratique, le revenu des ménages continue d’être un facteur essentiel pour déterminer si les besoins des enfants sont correctement satisfaits ou pas. Les dépenses publiques peuvent également aider les parents à couvrir les besoins de leurs enfants. C’est pourquoi la baisse des revenus des ménages n’est pas nécessairement synonyme d’aggravation des niveaux de privation des enfants. Les gouvernements qui parviennent le mieux à les protéger de la pauvreté sont généralement ceux qui s’efforcent de réduire le nombre de ménages à faible revenu et qui contribuent à fournir aux enfants issus de ces ménages les biens, les services et les possibilités essentiels. Cette stratégie permet d’assurer un certain niveau de protection aux enfants, y compris en temps de crise économique.

L’Unicef souligne notamment « l’engagement de la France » - le plus important en Europe, « les fortes dépenses publiques consacrées aux familles » qui permettent « de diminuer pour moitié le taux de pauvreté relative des enfants ». Mais, faute d’efficacité, l’Unicef plaide pour un suivi plus précis de l’enfant : « l’aider concrètement dans sa scolarité, favoriser l’accès régulier aux sports et aux loisirs, permettre une visite médicale régulière, le doter d’un équipement (bureau, ordinateur, accès internet) ».

L’Unicef précise enfin que ses chiffres ne sont pas exhaustifs, car ils ne prennent pas en compte les « enfants invisibles », échappant aux statistiques : les « enfants issus de familles en situation administrative précaire, ceux qui vivent en institution, dans des logements temporaires ou à la rue, dans des hôtels sociaux, foyers pour réfugiés ou demandeurs d’asile, à l’hôpital ou encore en prison ». Et de conclure, sur une inquiétude : « Ce rapport a dû se baser sur des chiffres de 2009, faute de données plus récentes… Et entre temps, la crise est passée par là ; dans quelle situation sont aujourd’hui les enfants de ces statistiques ? ».

 Pauvreté par privation

Dans les pays riches, il s’agit d’être privé d’au moins deux des 14 variables suivantes parce que les ménages dans lesquels vivent les enfants ne peuvent pas se les permettre.

  • 1- Trois repas par jour.
  • 2- Au moins un repas avec viande, poulet ou poisson (ou équivalent végétarien) par jour.
  • 3- Fruits et légumes frais tous les jours.
  • 4- Livres appropriés à l’âge et au niveau de connaissances de l’enfant (à l’exclusion des livres scolaires).
  • 5- Équipement de loisir extérieur (bicyclette, rollers, etc.).
  • 6- Activité de loisir régulière (natation, instrument de musique, organisation pour la jeunesse, etc.).
  • 7- Jeux d’intérieur (au moins un par enfant, dont des jouets éducatifs pour bébé, des cubes encastrables, des jeux de société, des jeux informatiques, etc.).
  • 8- Ressources financières pour participer à des voyages et des manifestations scolaires.
  • 9- Endroit calme avec assez d’espace et de lumière pour faire les devoirs.
  • 10- Connexion Internet.
  • 11- Quelques vêtements neufs (tous les vêtements ne sont pas d’occasion).
  • 12- Deux paires de chaussures de la pointure appropriée (y compris au moins une paire de chaussures toutes saisons).
  • 13- Possibilité d’inviter parfois des amis à la maison pour partager un repas et jouer.
  • 14- Possibilité de célébrer des occasions spéciales (anniversaire, fête et fête religieuse, etc.).

Dans l’ensemble, l’étude de l’UNICEF montre qu’environ 85 % des 85 millions d’enfants (âgés de 1 à 16 ans) vivant dans 29 pays européens ont accès à au moins 13 des 14 variables de l’indice de privation et ne sont par conséquent pas « démunis ».

Les 15 pays les plus riches, tous sauf la France et l’Italie, ont des taux de privation des enfants inférieurs à 10 %. La France est à 10,1 %, le Portugal est à 27,4 %.

Mais la Hongrie et la Lettonie comptent plus de 30 % d’enfants démunis, la Bulgarie plus de 50 % et la Roumanie plus de 70 %.

Ce n’est pas forcément une question de revenus : L’Allemagne et la Belgique ont un revenu par habitant comparable à celui du Danemark et de la Suède mais des taux de privation des enfants supérieurs de presque trois et sept fois

Rapport à consulter ici 

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