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Juin 2012 : les pauvres ne doivent pas trinquer

Ecrit le 20 juin 2012

35 fédérations et associations nationales de lutte contre la pauvreté et l’exclusion,
membres de la Commission lutte contre la pauvreté de l’UNIOPSS
30 collectifs inter-associatifs locaux présents dans 14 régions., communiquent :

La France traverse, comme d’autres grandes puissances, une crise économique profonde doublée d’une crise de la dette publique de grande ampleur. Aucun signe d’amélioration n’est aujourd’hui perceptible et les prévisions pour l’année 2012 ne sont guère encourageantes ; de plus, aucun indice de sortie de crise n’apparaît au delà de cette année. Dans ce contexte, les indicateurs sociaux, qui sont pratiquement tous « au rouge » devraient encore s’aggraver.

C’est ainsi que le chômage devrait confirmer la tendance haussière constatée ces derniers mois, avec une augmentation sensible des chômeurs de longue durée, des personnes en fin de droit. Il devrait en être de même pour les admissions au Revenu de solidarité active (RSA  ). Dans ce registre noir, il faut notamment évoquer l’augmentation du surendettement des ménages les plus pauvres, un accroissement des difficultés d’accès et de maintien dans le logement pour ces mêmes populations.

Chacun le sait, en période de crise, ce sont les plus vulnérables, les plus pauvres qui « trinquent » en premier et le plus fort. Si dans un premier temps, leurs ressources financières, si faibles, ne sont pas impactées, c’est leur capacité à croire que leur avenir peut s’améliorer qui est gravement remise en cause. Dans ces temps difficiles, la solidarité a tendance à s’effriter, le « chacun pour soi » prend le pas, laissant sur la route les plus vulnérables et rendant leur réinsertion sociale et professionnelle encore plus difficile. L’État, garant du lien social au sein de notre société, ne peut accepter une telle situation. Il doit mobiliser notamment des ressources financières supplémentaires afin que les plus pauvres, les plus exclus ne sombrent pas dans la misère. À la crise économique, à la crise des finances publiques, nous devons éviter d’ajouter une crise de solidarité.

Les associations de solidarité du Collectif ALERTE veulent bâtir, avec les responsables politiques de demain, une espérance collective fondée sur les valeurs de la République : Liberté, Egalité, Fraternité.

Elles veulent travailler avec les Pouvoirs publics à un « vivre ensemble » plus harmonieux. Elles demandent que les responsables politiques défendent les intérêts collectifs, sans opposer les catégories de population entre elles. Il s’agit avant tout de « ré-humaniser » notre société, de revaloriser la dimension sociale, la considérer comme fondamentale, ce qui passe notamment par une revalorisation de la position des aidants, des soignants, des travailleurs sociaux.

Il faut « remettre de l’humain » dans notre société dominée par l’argent et la recherche d’un profit rapide.

En ce sens, par une nouvelle carte scolaire, il faut recréer de la mixité sociale dans nos écoles et collèges. Toutes les politiques publiques, et notamment les politiques sociales, doivent désormais être élaborées avec les personnes concernées.

Sans nier le rôle des associations qui les soutiennent, les personnes en situation de pauvreté, par exemple, doivent être associées par les pouvoirs publics et par l’ensemble de la société à l’élaboration, à la mise en œuvre et à l’évaluation des politiques publiques, comme cela commence tout juste à se faire en matière d’hébergement et de logement.

Pour cela, ces personnes doivent être représentées dans les instances nationales et locales de concertation. Leur parole doit
être véritablement prise en compte et non instrumentalisée.

Détail des propositions : voir ici 


Ecrit le 20 juin 2012

Pourquoi tant de dettes ?

Les faits sont têtus : l’endettement public s’est accru en France depuis l’entrée en vigueur des politiques néo-libérales et il s’est accéléré avec la crise à partir de 2007 pour atteindre plus de 1700 milliards de dollars soit 80 % du PIB (produit intérieur brut).

La dette publique est due en grande partie à « la baisse de la fiscalité directe » dit la Fondation Copernic. (L’INSEE, dans un rapport de 2010, estime que la France a ainsi perdu 400 milliards d’euros en dix ans) et ce « dans une période où les traités européens ont obligé les Etats à emprunter auprès des marchés financiers pour combler leurs déficits annuels ». Ainsi, en France, au lieu d’emprunter à la Banque de France et de lui verser des intérêts, l’Etat est tenu d’emprunter aux marchés financiers et c’est à ces banques privées qu’il paient les intérêts. La politique économique de la France est commandée par des intérêts privés ! Ce diagnostic est confirmé par les rapports de la commission des finances de l’assemblée nationale,par la Cour des Comptes et par l’INSEE.

Sources : Politis du 14 juin 2012 – INSEE (rapport sur la situation des finances publiques par Champsaur et Cortis, 2010) – Cour des Comptes (rapport sur les finances publiques, 2011)v