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Accueil > Châteaubriant > Entreprises > Novembal (ex-ALCA) > ALCA-Novembal (01) en grève

ALCA-Novembal (01) en grève

Ecrit en novembre 2000 :

Grève chez Alca-Novembal

Le personnel de l’entreprise Alca-Novembal s’est mis en grève le vendredi 3 novembre 2000, pour une augmentation de 1,3 % et l’octroi de primes à tous les salariés. Le conflit est venu brutalement quand le personnel de production s’est rendu compte qu’une dizaine de régleurs avaient reçu une prime de 1500 F. « Nous avons signé un accord de réduction du temps de travail en mai dernier et accepté une modération salariale : nos salaires doivent suivre l’inflation, moins 0,9 %. Or nous constatons que l’inflation est à 2,2 % depuis le début de l’année. Nous avons donc droit à une augmentation de 1,3 % (soit 2,2 - 0,9) et la direction ne veut rien entendre mais elle trouve de l’argent pour donner des primes à une petite minorité ! ». Les délégués syndicaux sont allés discuter avec la Direction mardi 31 octobre et jeudi 2 novembre. En vain. C’est alors que l’entreprise s’est mise massivement en grève le 3 novembre, dès 5 heures du matin avec une fermeté qui a surpris la Direction. Portails bouclés avec des palettes de bois, expédition et approvisionnement bloqués, etc. La Direction a proposé 700 F de primes et 0,5 % d’augmentation pour tous, mais à l’heure où nous écrivons ces lignes, les salariés ne s’en satisfont pas.


4 milliards de bouchons


Complément du 15 novembre 2000 :

ALCA NOVEMBAL
satisfaction partielle

S’ils n’ont pas obtenu l’octroi de prime pour tous, les salariés de Alca-Novembal à Châteaubriant ont obtenu une augmentation de salaires de 1,2 % pour tenir compte de l’inflation. Les jours de grève pourront être en partie récupérés.


11 décembre 2001 - Novembal :

Faut pas pousser le bouchon trop loin

Cela fait des mois qu’il se trame des choses chez NOVEMBAL-TETRA-PAK (anciennement ALCA) : elles viennent d’aboutir à 5 licenciements fermes, pas sans pleurs mais en douceur !

L’entreprise NOVEMBAL, créée à Châteaubriant il y a environ 40 ans a changé de mains plusieurs fois, pour appartenir successivement aux groupes Ferembal et Novembal (celui-ci étant filiale à 100 % du groupe Nord Est).

Novembal a été vendu à TETRA PAK, un groupe suédois basé en Suisse, en août 1999. Le groupe Novembal possède des usines à Châteaubriant et à Les Chères (près de Lyon), mais aussi en Italie, en Espagne, à Edison à côté de New-york aux USA, à Mexicali au Mexique tout nouvellement inauguré et au Japon.

En France, il n’y a donc que deux sites. Celui de Châteaubriant fonctionne bien : il est rentable, il y a peu d’absentéisme du personnel, peu de déchets et un taux de fonctionnement machine supérieur à celui de l’usine « Les Chères ». C’est en quelque sorte un site modèle. En revanche, l’usine de « Les Chères » a toujours été un boulet car elle n’a jamais fonctionné correctement mais le siège social de Novembal en France se situe là-bas et les dirigeants de Novembal considèrent que les deux usines sont une seule et même chose « et il ne faut pas dire Châteaubriant et les Chères mais Novembal France »

Les dirigeants de Novembal, qui sont installés près de Lyon, ont prévu des investissements à Les Chères plus importants qu’à Châteaubriant. Dame, ils n’ont pas envie de venir travailler sur le site de Châteaubriant. Alors ils ont lancé une réorganisation du travail favorisant le site des Chères au détriment de Châteaubriant, qui devait se traduire par 2 pré-retraite progressive (PRP) et 12 mutations, en interne (déclassement du personnel), ou en externe (c’est-à-dire avec départ pour Les Chères).

Dehors !

Les syndicats ont rué dans les brancards, faisant valoir que, selon la loi, 14 modifications profondes des contrats de travail obligeaient l’entreprise à présenter un plan social. L’entreprise n’a pas voulu « s’em... » avec ça. Les syndicats ont donc négocié pied à pied et finalement réussi à maintenir la plupart des emplois sur Châteaubriant sauf ...

Sauf un dessinateur, qui a refusé de partir vers Lyon, et a été licencié.

Sauf une autre personne qui a refusé d’être déclassée et qui a été licenciée (elle a retrouvé un emploi intéressant)

Sauf un comptable de 58 ans qui n’a pas eu envie d’aller travailler à Lyon et a été licencié pour motif économique

Et sauf deux femmes de 50 et 56 ans qui ont refusé de quitter leur poste au « triage » pour être placées en production. Elles ont été licenciées aussi.

Chez Novembal, maintenant, il y a à la direction des jeunes cadres dynamiques et modernes qui n’hésitent pas à harceler le personnel par des courriers électroniques sur le temps de travail. Les deux femmes, qui ont 30 et 38 ans d’ancienneté chez NOVEMBAL se souviendront de la délicatesse avec laquelle elles ont été traitées.

L’une d’elle a été priée de partir le soir même. L’autre, qui avait un travail précis à finir, a eu un « sursis » de trois jours. Elles ont été priées d’effectuer leur préavis chez elles. Ouste ! on ne veut plus de vous.

Ces deux femmes sont parties avec un « pactole » royal : l’équivalent de 6 mois de leur maigre salaire (car chez Novembal, la convention collective de la plasturgie n’accorde que 6 mois d’indemnité de licenciement après 20 ans d’ancienneté). Généreux, n’est-ce pas ? Ca vous en bouche un coin !

« Nous avons l’impression qu’on veut casser Châteaubriant pour en faire bénéficier Les Chères » dit le personnel, désabusé.

Novembal , c’est environ 15 milliards de bouchons plastiques fabriqués cette année à travers le monde dont 5 milliards en France. Mais ce n’est pas le champion de la délicatesse et du respect du personnel.

« Nous avons appris le mercredi 5 décembre 2001 que deux machines (presses de 350 tonnes) devaient partir vers Les Chères ce qui n’était pourtant pas au programme de la dernière réunion du Comité d’Entreprise qui a eu lieu le vendredi 30 novembre 2001 avec nos dirigeants. A quoi servent les réunions avec les délégués si nous ne sommes pas informés en temps et en heure », dit la CGT ! « De plus, deux moules qui devaient venir des Chères ne viennent plus, notre avenir est bien compromis. Car automatiquement pour faire tourner ces 2 machines il fallait 5 personnes. Nos dirigeants pensent-ils donc qu’il y a encore du personnel en trop à Châteaubriant ?

Pour faire passer la pilule amère la Direction a fait un super cadeau de 1,1 % d’augmentation pour début décembre. Un cadeau empoisonné si on nous retire notre outil de travail ! »

La section C.G.T Novembal


25 décembre 2001 : Y sont bouchés, ou quoi ?

Eh bien ça ne s’arrange pas chez Alca Novembal : à chaque fois que les délégués du personnel rencontrent la direction, c’est pour entendre des horreurs, des vertes et des pas mûres.

Mercredi 19 décembre 2001, il y a eu un Comité d’entreprise extraordinaire du groupe Novembal, à Les Chères, près de Lyon. Et les délégués ont appris qu’en plus des deux machines qui viennent de partir de Châteaubriant vers les Chères il y aura 8 autres machines très performantes et 7 moules qui partiront en septembre 2002. En contre-partie, la direction envoie des Chères 26 moules et machines dans un état dépassé et vétuste, des machines lentes et peu performantes. « Des vieilles poubelles qui ont 15 ans ! »

Des vieilles poubelles

Qu’est-ce qui va se passer ? Dans quelques temps la Direction va dire à Châteaubriant : « Vous n’avez pas de bonnes cadences, trop de déchets, vous avez du matériel dépassé, il faudrait que nous investissions à Châteaubriant, nous n’en avons pas les moyens, alors on va fermer » . Voilà ce qui se profile ! La Direction organise sciemment la destruction du site de Châteaubriant à court terme.

La nouvelle stratégie de Novembal c’est de rapprocher les fabrications des clients. Bon, on comprend. Mais alors pourquoi envoyer à Châteaubriant des machines et et des moules qui fabriquent des bouchons qui sont livrés sur la région de Lyon, alors que ces machines se trouvent déjà à Les Chères à 10 Km de Lyon ?

Les jeunes cadres dynamiques basés à Les Chères s’emmêlent fortement les pinceaux et se contredisent sans arrêt entre leurs écrits et leurs actes. La direction locale n’arrange pas les choses parce qu’elle ne connaît rien aux machines et aux marchés correspondants.

Les délégués syndicaux ont vu les machines et les produits, ils savent que le site de Châteaubriant court à sa perte. « La CGT se demande si les dirigeants sont là pour gérer leur carrière ou les entreprises. »

La zone

« Peut-on laisser faire cela sans réagir, sachant que Novembal Châteaubriant a toujours été innovateur, à la pointe de la technologie, et qu’il a de plus du personnel volontaire et qualifié ? » dit la CGT de l’entreprise. Les salariés ne s’y sont pas trompés : jeudi 20 décembre, lors d’une réunion générale, le personnel a hurlé sa colère. Le Père Noël n’est pas généreux cette année.

« Dès le 7 janvier, à la reprise du travail, nous allons saisir le Sous-Préfet et le maire de cette situation » dit la CFDT. « L’inspection du travail nous a dit qu’elle est vigilante et qu’elle demande que les deux sites de Châteaubriant et Les Chères soient équilibrés ». Mais les salariés ne se font guère d’illusions. « S’il faut foutre la zone, on le fera » disent-ils !


(écrit le 16 janvier 2002)

Novembal Ca s’emballe !

Le jour de la reprise, le 7 janvier 2002, les jeunes cadres dynamiques qui dirigent l’entreprise Novembal-Tetra-Pak sont venus à Châteaubriant : « nous pensions que c’était pour les voeux mais c’était tout simplement pour mettre notre patron a la porte, dès lundi soir » dit la section CGT de l’entreprise. Faut pas qu’il se plaigne le directeur, ils lui ont laissé passer les fêtes de fin d’année avant de lui annoncer la « bonne » nouvelle ! Sympa, non ? « Cela montre bien de quelle façon nous serons traités un jour ! » disent encore les syndicats, écœurés.

Un nouveau patron est mis en place à Châteaubriant c’est un ingénieur chimiste qui a déjà travaillé là il y a environ 18 ans.

« Pour nous c’est pas en remplaçant notre patron que les choses doivent mieux aller, c’est plutôt la stratégie du groupe qui est à revoir » disent les salariés.

« Aux Chères, l’autre boite du groupe Novembal, il y avait aussi, d’après la haute direction, un super régleur qui devait venir sur les deux sites pour montrer aux gars comment travailler mieux. Il a été viré comme un malpropre, juste avant les fêtes de Noël (sans aucune raison valable, sinon, d’après les salariés de là bas qu’il était trop près des salariés et avait signé une pétition. Ca ne se fait pas quand on est cadre !) ». En voici de bonnes nouvelles


Note historique :

4 milliards de bouchons

L’entreprise ALCA de Châteaubriant (ainsi que les 3 autres entreprises du groupe Novembal), a été rachetée le 6 août 1999 , par le groupe Tetra-pack qui compte 18 000 salariés et produit 85 milliards de briques alimentaires par an sur 163 pays.

Des concurrents de Tetra-pack, (par exemple ceux qui produisent les briques utilisées par le lait Candia) ont inventé un système de bouchage des briques par un bouchon en plastique. Tetra-pack cherchait donc à se développer de ce côté-là : ALCA, qui fabrique 3 à 4 milliards de bouchons par an, lui a paru intéressante de ce point de vue, d’autant plus qu’elle possède un Centre de Recherche et Développement de produits nouveaux.

« Nous envisageons de tripler nos fabrications » a dit le représentant d’ALCA-Novembal. Ce sont en effet les ambitions de groupe Tetra-pack, mais il n’est pas dit que cela se passera à Châteaubriant où il faudrait pousser les murs pour agrandir l’entreprise ! « Quand il y a rachat d’une entreprise, il y a toujours de grandes idées. Reste à les concrétiser » nous a dit un salarié


écrit le 30 janvier 2002 -

Novembal : Bouclez-la !

Selon la Direction, l’année 2002 doit être une année décisive avec l’objectif d’équilibrer les comptes. La direction a de grandes ambitions, et prétend tout mettre en œuvre pour atteindre cet objectif. Mais les choses ne se passent pas bien à l’usine Les Chères (près de Lyon) où il y a des graves problèmes avec la responsable du personnel : beaucoup d’erreurs sur les payes et surtout une personne jamais disponible pour le personnel. A la suite de cela une pétition a été signée par l’ensemble du personnel (95 personnes sur 110).

La direction a alors multiplié les mesures de rétorsion :

– Ignorer les revendications du personnel.

– Supprimer les augmentations individuelles pour ceux qui ont signé la pétition

– Ne pas reprendre les intérimaires qui ont eu le courage de signer cette pétition alors que certains d’entre eux avaient reçu des offres d’embauche.

Valeurs

« Allez vous encore longtemps accepter des augmentations de salaire de 2 % magistralement transformées en 0,7 % ?

Allez vous encore longtemps accepter le traitement moyenâgeux de nos intérimaires ?

Allez vous encore longtemps accepter de ne pouvoir exprimer vos opinions sans risquer de graves sanctions ? » interrogent les syndicats CGT-CFDT de l’entreprise.

« Voilà donc un traitement de choc particulièrement judicieux, pour susciter en vous, ambition, motivation, courage et abnégation, afin d’atteindre les ambitieux objectifs de la Direction pour l’année 2002 », disent-ils écœurés.

Le pire c’est que ce genre de situation se produit dans de plus en plus d’entreprises. On se plaint de la perte de vitesse de la valeur « travail » mais on ne voit pas qu’elle résulte de la perte de vitesse de la valeur « respect des travailleurs ».


(écrit le 13 mars 2002) :

Novembal France

Confirmant ce que nous avons écrit précédemment sur Novembal, le journal économique L’usine Nouvelle du lundi 11 mars 2002, écrit ceci :

Novembal France (bouchage plastique) réorganise ses deux usines à Châteaubriant (44) et aux Chères (69)

Celui de Châteaubriant (130 salariés permanents) sera désormais dédié aux petites et moyennes séries alors que celui des Chères près de Lyon (140 salariés) où se situe le siège (30 salariés) sera affecté aux grandes séries. Conséquence : des lignes entières de fabrication (presses et moules) ont été interverties entre les deux usines, se soldant à Châteaubriant par le licenciement de 7 personnes.

Le groupe invoque la nécessité de réduire ses coûts logistiques, les clients les plus importants en termes de volumes (dont le minéralier Evian) se trouvant dans le sud et l’est du pays. (...)

Ajournés

A Châteaubriant, Novembal fabriquera une nouvelle génération de bouchons

Tetra pak qui a racheté Novembal France en 1999 souhaite rentabiliser son acquisition : le Suédois a investi sur les deux sites hexagonaux près de 22 M€ en 1999 et 2000, l’essentiel de ses efforts se portant sur l’usine des Chères qui, outre le siège, bénéficie d’un centre de recherche et développement. D’où l’inquiétude des salariés de Châteaubriant qui s’interrogent sur la pérennité du site alors que plusieurs projets d’extension n’ont pas vu le jour. « Ils sont simplement ajournés, précise Pascal Montagnon, directeur de Tetra Pak Closures. « L’usine n’est pas du tout menacée à court terme » dit-il.

Châteaubriant se concentrera sur des liquides tels que l’huile, les jus de fruit et boissons gazeuses sans oublier l’eau pour un marché régional (Roxane). L’établissement récupère aussi la fabrication d’une nouvelle série de bouchons, le « spin cap », confiée jusque-là à la sous-traitance. Ce produit technique accompagne les dernières innovations de Tetra Pak en matière d’emballage, notamment la brique carton, portées par la demande des consommateurs et l’exigence accrue de sécurité alimentaire. Châteaubriant réalise déjà un produit de la même famille pour le concurrent Besnier.

Qui paye ?

A Châteaubriant le directeur d’usine Jean Pierre PATRIE et le directeur industriel Jean-Luc BAYER ont été invités à déjeuner par le maire Alain Hunault le jeudi 7 mars. Qui paye ? se demandent les salariés qui espèrent, avec ironie, que le maire n’aura pas l’idée d’acheter les bâtiments de l’usine pour en faire un complexe sportif genre tennis club Voltigeurs .


écrit le 24 avril 2002)

Démissions en série chez Novembal

Que se passe-t-il encore chez Novembal-France ? L’entreprise, qui a une usine à Châteaubriant (ex-Alca), et à Les Chères (près de Lyon) a aussi des usines en Italie et en Espagne. La Direction de Châteaubriant a annoncé, vendredi 19 avril, que le Directeur des Ressources humaines M. Montagnon, a démissionné (sans donner ses raisons) ainsi que 3 commerciaux (dont un qui fait les pays d’Afrique du Nord). Un comité d’entreprise va avoir lieu dans la semaine et les syndicats CGT-CFDT vont RE-demander les chiffres : budget, investissements, coûts, quantités, charge de travail. « Jusqu’à maintenant nous n’avons rien obtenu, dit la CGT. Nous allons faire usage du DROIT D’ALERTE prévu par la loi »

La CGT constate en effet qu’il n’y a pas d’investissements lourds en cours de réalisation ou programmés. « En revanche il y a des coups de peinture ici et là. Cela nous fait craindre une apparente remise à neuf des locaux pour faire meilleur effet pour une vente éventuelle ». La CGT constate par ailleurs qu’il n’y a plus que 2 intérimaires dans l’entreprise, au lieu de 20 à 25 les années précédentes. « Il y a du travail mais on n’embauche pas. C’est la charge des conducteurs qui a été considérablement augmentée moyennent une petite « carotte » de 2 % d’augmentation ».

Rappelons que l’usine de Châteaubriant est performante, avec des salariés compétents et une bonne capacité de production.


(écrit le 16 septembre 2002) :

Novembal Encore une démission

Ca va mal chez Novembal-France depuis quelques mois et l’usine de Châteaubriant en subit les conséquences puisqu’elle voit partir des machines performantes vers l’autre usine située à « Les Chères » près de Lyon.

Or les syndicats locaux ont appris le départ, au cours de l’été, de M. Montagnon, directeur des Ressources Humaines, puis, tout récemment, de M. Bayer, directeur industriel, justement les deux personnes qui ont fixé à Novembal des objectifs que la CGT juge impossibles à atteindre.

« Ces deux personnes ont le culot de quitter l’entreprise avant de finaliser les réorganisations qu’ils proposaient » dit la CGT qui pense que ces départs éviteront aux deux personnes en question de faire figurer une chute d’entreprise sur leur curriculum vitae !

« Nous pouvons encore espérer travailler si nous refusons de laisser partir nos derniers bons outils de travail. Stop ! Les transferts ça suffit. Nous voulons des explications dans les plus brefs délais sur notre avenir, pour maintenir nos emplois à Châteaubriant « dit un tract de la CGT affiché dans l’entreprise le 12 septembre 2002.


Ecrit le 22 octobre 2003 :

Un « nettoyeur » chez Novembal

Jeudi 16 octobre 2003, vers 8h30, les salariés de Novembal à Châteaubriant ont fait une haie d’honneur à M. André Devos. « ce gars là c’est un nettoyeur » disent les syndicats CGT-CFDT en signifiant par là qu’il vient à Châteaubriant pour supprimer des postes.

Il faut savoir que Novembal est un groupe mondial qui fabrique des bouchons en matière plastique, essentiellement pour les géants de l’eau (70 % de son activité). Il est en mauvaise posture financière. Le groupe ne tiendrait pas sans son principal actionnaire Tetrapack qui, lui, est leader mondial pour l’emballage et le cartonnage. Tetrapack, pour offrir un service supplémentaire à ses clients, souhaite leur livrer les « briques » (de lait par exemple) avec un bouchon : voilà pourquoi il a racheté Novembal. Dans l’immédiat Tetrapack accepte que Novembal soit déficitaire, mais, à terme, il entend ne pas perdre d’argent.

Or Novembal va mal : il n’a pas réussi à prendre des marchés en Amérique du Nord et, par suite d’une mauvaise prévision de marchés, il n’a pas eu les ventes espérées sur certains bouchons fabriqués dans l’usine de « Les Chères » à Lyon.

Novembal cherche alors à procéder à une réorganisation de sa production, qui va se traduire par des suppressions de postes : 35 à Châteaubriant (sur 127), 38 à Les Chères (sur 173) et 7 sur 16 au centre de recherche.

Il devrait y avoir aussi des modifications de postes, sous des formes qui restent à préciser. Pour l’instant l’usine de Châteaubriant tourne en semaine en 3 x 8 c’est-à-dire que les équipes font :

5 h—13 h
13 h—21 h
21 h— 5 h

Le dimanche il y a deux équipes qui font, chacune, 24 heures :

5 h le samedi matin - 17 h le soir
17 h le samedi soir - 5 h le dimanche
5 h le dimanche matin - 17 h le soir
17 h le dimanche soir - 5 h le lundi

Ainsi l’usine travaille 24 heures sur 24 et 7 jours sur sept.

La direction souhaite faire les 5 x 8 avec des équipes qui se relaieraient indifféremment la semaine et le week-end. « Il n’y aurait plus ni dimanche, ni jour férié. La vie de famille serait totalement désorganisée, les organismes des gars aussi » disent les délégués CGT-CFDT. « Or on peut éviter cela, il suffit d’augmenter le nombre de salariés qui travaillent le week-end ». Sauf que, le week-end, les salariés sont payés un peu plus cher .... Ce qui gêne la Direction !

Les délégués sont dégoûtés : « il y a un an, quand nos machines sont parties pour Les Chères, on ne nous a laissé que des productions en petite série, de l’épicerie fine, comme ils disaient. Et maintenant ils nous disent qu’ils ne veulent plus que des grosses séries. L’usine de Châteaubriant a toujours été performante. Mais on nous sacrifie quand même »


Ecrit le 29 octobre 2003 :

Pourquoi le patron de Novembal accepterait-il volontiers de prendre un mot pour un autre ?

Réponse :

Dans le compte-rendu du débrayage fait par les salariés de l’usine Novembal de Châteaubriant, un articulet de Ouest-France, paru en page départementale le 17 octobre 2003, signale que dans cette entreprise il y a « des équipes de week-end constituées sur la base du bénévolat » ! Les salariés tiennent à préciser que le volontariat ne signifie pas bénévolat et qu’ils ont la faiblesse de tenir à leur rémunération.