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Accueil > Châteaubriant > Entreprises > Novembal (ex-ALCA) > Novembal-Alca 2003-2006

Novembal-Alca 2003-2006

Octobre 2003
Mars 2004 : les 5 x 8
Novembre 2004
septembre 2005
novembre 2005 : les salariés quatre bras
mai 2006 : harcèlement
Septembre 2006
Ecrit le 29 octobre 2003

Engagement et plaisir chez Novembal

Qui a dit ceci :

Nous aimons travailler avec les autres et partager avec eux les succès.

Parce que l’épanouissement dans le travail favorise la créativité, nous cherchons à maintenir une bonne ambiance de travail.

Nous tenons nos engagements et faisons passer les intérêts de l’équipe et de l’entreprise avant les nôtres.

Très motivés, nous assumons pleinement notre démarche personnelle et l’ambiance de travail que nous créons.

Réponse : ce sont les dirigeants de l’entreprise TETRA PACK, actionnaire principal de Novembal à Châteaubriant . Vous savez, cette usine où ils veulent licencier 35 salariés .... Tu parles d’une ambiance de travail !

Sept nouvelles lignes : de qui se moque-t-on ?

Le vendredi 24 octobre 2003, le PDG de Novembal a très très vivement félicité les salariés de Châteaubriant pour le très bon accueil et la propreté de l’usine, lors de la visite, la veille, du délégué de l’actionnaire principal Tétrapack et, entre deux réunions consacrées aux futurs licenciements, il a annoncé l’arrivée de quatorze nouvelles « lignes de produits » pour Tetrapack, dont la moitié pour Châteaubriant et la moitié pour Les Chères (Lyon). « Ceci représente un investissement énorme (14 presses injection, plus 7 machines pour l’assemblage) à Châteaubriant et autant pour Les Chères » dit la CGT. De ce fait d’après la direction le plan de suppression de postes pourrait être revu à la baisse (les délégués en seront avisés le 28 octobre). L’embauche d’intérimaires est même prévue pour l’an prochain !

Les syndicats CGT et CFDT se demandent s’il ne s’agit pas d’une pression patronale pour leur faire accepter les 5 x 8 sous la menace des licenciements. La CGT propose de laisser le temps de mettre les lignes de machines en place et de garder au personnel ses horaires habituels 3 x 8 en semaine et 2 x 12 le week-end et de voir les résultats d’ici un an !


Ecrit le 3 décembre 2003

NOVEMBAL : bruits de couloirs

Chez Novembal, les délégués syndicaux discutent pied à pied avec la Direction. De 35 licenciements envisagés au départ, le chiffre est tombé à 18 le 27 novembre 2003. (ndlr : en fait il s’agit d’une tactique de la Direction qui annonce toujours plus, pour finir par arriver au chiffre qu’elle souhaite et ... tout le monde est content !).

Les syndicats essaient d’obtenir le départ de salariés plus âgés en FNE (fonds National de l’emploi) mais la Direction du Travail ne veut pas (et c’est normal puisque l’entreprise n’est pas en difficultés). Les syndicats essaient d’obtenir des PRP (pré-retraites progressives). Tout ça dans le but d’empêcher les licenciements secs. Les réponses sont encore évasives, laissant le personnel dans la plus grande confusion. C’est bon pour le moral !

La Direction (toujours une longueur d’avance pour calmer les esprits) fait savoir par des fuites volontaires, involontaires ou non fondées, que les nouvelles chaînes de production TETRA-PAK ne viendraient que sous acceptation par le personnel des 5 x 8 ! Le chantage.

Depuis le début du plan de licenciement, la Direction donne comme exemple l’usine de NOVEMBAL-Italie. Une délégation de Châteaubriant a visité cette usine à la mi-novembre et discuté avec le personnel. Il n’y a pas de différence de fonctionnement entre l’usine italienne et celle de Châteaubriant (taux de présence des salariés, taux de pièces au rebut etc....) « La direction nous avait donné un chiffre de 64 personnes travaillant en Italie et en discutant avec le personnel, nous nous sommes aperçus qu’il y avait 76 personnes et qu’ils étaient en sous-effectif pour travailler correctement. L’Italie a un parc de 33 machines pour 76 personnes, et Châteaubriant aura après réorganisation un parc de 49 machines avec une prévision après les licenciements de 106 personnes ».


Ecrit le 10 décembre 2003 :

Novembal

Les 4 ou 5 départs demandés par les syndicats, chez Novembal, au titre du FNE (fonds national de l’emploi) ont été refusés par la Direction du Travail qui considère, à juste titre, que l’entreprise n’est pas en difficultés et que les licenciements sont simplement décidés pour des raisons de rentabilité des actionnaires.

Selon les syndicats CGT-CFDT, « Il n’y a plus aucune avancée sur les suppressions de postes à Châteaubriant. Nous avons pourtant une fois de plus démontré à la direction que nous serons en sous-effectif pour le bon fonctionnement de l’entreprise de Châteaubriant. Nous avons demandé que des postes soient sauvés dans les services suivants :

·- Expédition, approvisionnement,
·- Impression,
·- Polyvalent, remplacement de pause,
·- Qualité,
·- Secrétariat.

La direction est restée sourde. »

Donc à partir du lundi 8/12/2003, les syndicats appellent à un débrayage d’une heure par équipe pour un temps illimité.


Ecrit le 3 mars 2004 :

Novembal en 5 x 8 : la CGT s’exprime

La Direction souhaitait mettre en place les 5 x 8 chez Novembal. Elle a gagné. La CGT a, dans une première phase, combattu le projet de la direction parce que les nouveaux horaires mettent en cause les jours fériés, le repos hebdomadaire du samedi et du dimanche.

Le rythme de travail sera en effet le suivant :
– 2 jours de matin
– 2 jours d’après-midi
– 2 jours de soir
– 4 jours de repos.
La vie familiale ne sera pas épargnée, par les nouveaux rythmes de travail. Tout est désorganisé.

Pour obliger les salariés à accepter cette nouvelle organisation du travail, la direction a promis « une carotte » : des augmentations de salaire :

+ 30 % pour ceux qui sont actuellement
en journée normale
+ 19 % pour ceux qui sont déjà en 2x8
+ 13 % pour ceux qui sont déjà en 3x8

« Le plus » de salaire mensuel, pour tous ne sera pas du superflu, compte tenu du niveau des salaires dans l’entreprise. « Cependant, faut-il se « détruire » la vie à la gagner ! ». La CGT pense que non !

« Cette organisation du travail, répond uniquement à des critères de rentabilité au profit de nos patrons. Les patrons s’en mettent dans les poches....! les salariés en paient la note. »

La CGT s’est longuement interrogée : Signer ou pas. Finalement elle a signé en disant « La CGT n’a pas vocation à décider à la place de tous. Nous avons fait le choix de la démocratie. Suite à la consultation individuelle des salariés, le OUI est majoritaire à Châteaubriant et sur le total des voix des deux sites. La CGT respecte le vote majoritaire, elle signe l’accord ».

Note de la rédaction :

Les salariés qui refuseront ces nouveaux horaires seront licenciés.

Actuellement de nouvelles machines arrivent chez Novembal, il y a un nouvel atelier tout neuf, les travaux continuent à grande vitesse, au point que les personnes extérieures ont du mal à comprendre qu’il existe un plan de licenciement

L’entreprise s’est même dotée d’une magnifique clôture autour de l’usine, bleu et blanc, couleurs de Novembal. Tout dans l’apparence. Tant pis si pour les salariés la nouvelle vie n’est pas rose.

Les 5 x8 : voir plus loin


Ecrit le 17 novembre 2004

Novembal

En ce qui concerne NOVEMBAL TETRA PAK, le délégué CGT est déconcerté :

« La direction nous a fait passer en force les 5 x 8 depuis 6 mois pour une meilleure organisation du travail, et depuis, on a de moins en moins de travail, pratiquement plus d’intérimaires dans l’entreprise. Les machines pour les bouchons TETRA PAK qui devaient démarrer plein pot en juin sont pratiquement toutes à l’arrêt, donc c’est la moitié de l’usine qui est à l’arrêt. »

Le délégué syndical CGT Jean Pierre Chaplais, s’inquiète fortement de l’avenir de Châteaubriant car de nouvelles machines devaient arriver pour fabriquer des bouchons EVIAN (annonce lors de la dernière réunion du comité central d’établissement de juillet 2004) « Et depuis nous apprenons que les machines iraient aux Chères, près de Lyon, et en Italie, une fois de plus nous sommes mis au placard ! Nous sommes les meilleurs modèles de fonctionnement avec l’usine italienne, donc pourquoi ne pas mettre les moyens à châteaubriant ! »

La cellule est fermée

« Cet été a été embauché un nouveau Directeur des Ressources Humaines : il a fortement réduit l’ouverture de la cellule de reclassement qui devait être ouverte 5 jours par semaine et n’est plus qu’à un jour par semaine. Les salariés licenciés devaient y trouver tous les jours le journal et des moyens pour des communications internet, téléphone, fax, télécopie etc... une fois par semaine c’est pas assez ! »

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Congrès
Au premier rang, tout à fait à gauche, Jean Pierre Chaplais, délégué CGT chez Novembal

Pour le délégué syndical CGT c’est un scandale car l’accord du plan de sauvegarde de l’emploi ( P.S.E ) signé par les syndicats n’a pas été respecté !


Dernière minute : il se dit que la plupart des machines Tetra Pack, bloquées depuis des mois, devraient démarrer à la mi-novembre.


Ecrit le 21 septembre 2005 :

Au cours d’une conférence de presse, le 15 septembre 2005, la CFDT a fait le point sur l’entreprise Novembal, où deux choses se sont produites en mai 2004 : l’application des 5 x 8 et le changement de direction. Les 5 x 8 c’est : deux matins, deux après-midis, deux nuits et 4 jours de congés. L’organisation du travail tourne donc sur 10 jours au lieu de la semaine, ce qui désorganise toute la vie familiale et sociale. De plus, selon le syndicat CFDT, le patron M. André CHARBON, met constamment la pression sur les salariés, à toute heure du jour ou de la nuit. Tout ceci, ajouté au manque de personnel, conduit à une surcharge de travail, à une dégradation du climat social, au point d’en arriver à des arrêts de travail, et à des prises de médicaments à répétition, pour dormir, ou pour tenir le coup, ou pour combattre l’anxiété.

Ah, si seulement les hommes
étaient des machines !


  Novembal : les gars quatre-bras

 Novembal : on chômera

Une réunion extraordinaire du Comité d’Entreprise a eu lieu le 17 novembre 2005 pour annoncer du chômage partiel chez NOVEMBAL :
–  3 jours en décembre 2005,
–  4 jours en janvier 2006 et
–  3 en février

Cette décision a été prise par la Direction suite aux « mauvaises ventes des produits TETRA PAK » , aux stocks trop importants dans les magasins et aux prévisions dans les prochains mois dans le flou complet !

La CGT estime que la Direction aurait pu anticiper cette situation. « Nous avions 23 intérimaires en juin, 31 en juillet, 28 en août et 8 en septembre et il a fallu produire, produire. Résultat : des bouchons qui sont toujours en stock. »

 Bougez les machines !
Les hommes partiront

La CGT révèle que « il va se passer des choses dans l’entreprise les prochains mois : les machines vont être bougées en grande partie dans l’usine pour avoir une meilleure réimplantation du site ». C’est bien joli, mais qu’est-ce que cela veut dire ?

« Après la réimplantation des machines combien de conducteurs de ligne faudra-t-il ? » a demandé la CGT. Réponse de la Direction : 8 par équipe si le marché TETRA PAK repart

« Actuellement nous avons 48 personnes conducteurs de ligne sur 5 équipes, faudra-t-il donc supprimer les postes de 8 personnes début mars et davantage si les prévisions des ventes ne sont pas bonnes ? » interroge Jean Pierre CHAPLAIS délégué syndical C.G.T.

Actuellement certains conducteurs de ligne gèrent le travail de
– 3 lignes de machines assemblage
– 6 presses injection.

Après réduction de postes, le conducteur aura
– 4 lignes de machines assemblage avec
– 8 presses injection.

Il y a 23 ans, chez Novembal (ALCA) un conducteur de ligne avait 2 machines d’injection et à cette époque il n’y avait pas d’assemblage c’est à dire que c’étaient des bouchons simples. Les cadences étaient moins rapides.

On n’arrête pas le progrès ! On n’arrête pas les suppressions de postes ! « La prochaine étape de la direction sera peut être de nous greffer des bras supplémentaires ! » ironise la CGT.

Actuellement sur le site des Chères (usine NOVEMBAL de Lyon) c’est la même situation qu’à Châteaubriant, mais pas de chômage partiel de prévu, il y a même 2 intérimaires pour faire du triage qui pourrait être fait à châteaubriant ! « Une fois de plus nous avons le sentiment de trinquer pour les autres. » dit-on à Châteaubriant.

Le PDG a pourtant dit à plusieurs reprises qu’il avait signé des contrats en BETON avec le client TETRA PAK. Des indemnités ont même été prévues quand les machines sont à l’arrêt dans l’usine. Contrat en béton pour le patron, contrat en CARTON BOUILLI pour les salariés qui seront indemnisés selon les conditions légales uniquement : pas question de mettre un sou de plus de la part de la direction.

 Suppressions

Mi octobre : Le spécialiste suédois de l’emballage Tetra Pak annonce qu’il restructurera ses activités sur son site fribourgeois de Romont et supprimera 131 emplois sur 241 d’ici fin 2006.

Début novembre : Tetra Pak annonce qu’il va supprimer environ 80 des 250 emplois de son siège international de Pully (Suisse). On parle de délocalisation ........

[note du 30 novembre 2005 : Fin novembre 2005 : une histoire d’encre pour l’emballage fait retirer 2 millions de litres de lait en Italie, Espagne, Portugal, Grèce et en France. L’encre utilisée sur les emballages, fournis par Tetra Pak, entre en réaction chimique avec la graisse du lait et entraîne la présence d’ITX (isopropylthioxanthone) dans le produit.

Entre 2 et 2,5 millions de frais

Peter Brabeck, patron de Nestlé, a estimé que ce produit ne présentait pas de danger et que cette affaire était « une tempête dans un verre d’eau ». Il a déclaré que les frais causés par ce problème sont « négligeables » : ils devraient s’échelonner entre 2 et 2,5 millions d’euros (entre 3,1 et 3,9 millions de francs). Ce montant est à comparer avec le bénéfice net du no 1 mondial de l’industrie alimentaire : 3,68 milliards de francs au 1er semestre.]


Ecrit le 10 mai 2006 :

Novembal : la Direction multiplie les notes de service pour mettre les salariés au courant des procédures à respecter. Pourquoi pas ? Mais pourquoi éprouve-t-elle le besoin d’y ajouter que : tout manquement à ces règles donnera lieu à une FAUTE GRAVE ou à une SANCTION DISIPLINAIRE ? A croire que les salariés sont de sales gamins qu’il faut mener à coups de pied au cul !


Ecrit le 13 septembre 2006

 Novembal : Une usine de moins

Les usines ferment sans bruit. Le 7 septembre 2006 le Comité Central d’Entreprise de Novembal a appris le projet de réorganisation pour la France, avec suppression de l’usine de Les Chères (près de Lyon) : 94 suppressions de postes de travail, transfert de 2 postes au service comptabilité de Chateaubriant. Les 17 machines qui restent sur Lyon seraient réparties sur 3 sites, Châteaubriant, Sezzadio(Italie), et Séville (Espagne) .