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Accueil > Châteaubriant > Entreprises > Novembal (ex-ALCA) > Novembal-Alca : ça intérime à rien !

Novembal-Alca : ça intérime à rien !

Ecrit le 24 janvier 2007 :

 Novembal ... TETRA PAK

« Depuis quelque temps dans l’entreprise NOVEMBAL qui appartient au groupe suédois TETRA PAK, le code du travail n’est plus respecté ! » dit la CGT qui signale le ras-le-bol des salariés. Un comité d’entreprise est prévu le 25 janvier.

Ce qui se passe : un étalement des congés a été fait par la Direction. Les salariés, de ce fait, peuvent avoir droit aux jours de fractionnement, c’est-à-dire entre 1 ou 2 jours de congés supplémentaires si les salariés n’ont pas pris leurs congés entre le 1er mai et le 31 octobre. Le délégué CGT a bien eu la confirmation de ces droits par l’inspecteur du travail le 12 janvier dernier.

D’ailleurs l’inspecteur avait lui-même expliqué à la direction, l’année dernière, quels étaient les droits de salariés et la direction avait appliqué ces jours de fractionnement.

Mais la direction n’avait pas compris que cela s’appliquait cette année aussi ! Le directeur actuel, qui vient d’arriver (après une série d’intérimaires) n’y est pas opposé. Mais la responsable des ressources humaines, derrière son joli minois, se refuse à appliquer le code du travail. « Pas facile quand il faut donner, c’est plus facile de prendre ! » dit la CGT

La direction veut « négocier » ces jours de fractionnement car, dit-elle, l’entreprise va mal : est-ce une bonne raison (invérifia- ble !) pour prendre aux salariés, une fois de plus, des jours après la journée de solidarité ?

Novembal va doubler sa capacité de production à châteaubriant suite à la fermeture de l’usine de Lyon (Les Chères) qui s’est produite fin décembre 2006 (une centaine d’emplois supprimés). Mais pour autant il n’est pas prévu de doubler le personnel. Aucune embauche pour l’instant ! C’est un ras le bol des salariés qui ont déjà fait beaucoup d’effort depuis les 5x8 et qui ont le sentiment de passer leur temps à courir dans l’usine pour assurer leur tâche. Un véritable esclavage moderne. Rien de tel pour arriver à un accident du travail.

Les délégués disent régulièrement à la direction que le personnel n’est pas suffisant pour absorber la charge supplémentaire de travail ! « Mais rien n’est fait il faut bosser ou crever ! »


Ecrit le 24 janvier 2007 :

 Des salariés bons en calcul

Selon Le Code du Travail :

Le droit à congé annuel repose sur le travail effectué au cours d’une période annuelle qui s’étend du 1er juin de l’année précédente au 31 mai de l’année en cours.
Lorsque la fraction des congés prise en dehors de la période du 1er mai au 31 octobre, en une ou plusieurs fois, est au moins égale à 6 jours, le salarié bénéficie de deux jours ouvrables de congés supplémentaires.

Il bénéficie d’un jour de congé supplémentaire lorsque cette fraction comprend 3, 4 ou 5 jours de congé.

Pour un salarié en horaire 5 x 8 :

Rappelons que ces salariés travaillent non plus en référence à la semaine, mais en « cycles » de 10 jours (6 jours de travail, quatre jours de repos). Leur situation est donc variable :

1er exemple : Vous prenez 3 cycles entre le 1er mai et le 31 octobre 2007 plus un cycle comme prévu à Noël. Vous n’avez pas droit aux jours de fractionnement.

2e exemple : Vous prenez 2 cycles entre le 1er mai et le 31 octobre 2007 plus un cycle comme prévu à Noël. Vous avez droit aux 2 jours de fractionnement et les 7 jours de congés restant peuvent être pris en une ou plusieurs fois.

Un salarié en horaire journée ou 2 x 7 :

1er exemple : Vous prenez 4 semaines entre le 1er mai et le 31 octobre 2007 plus une semaine comme prévu à Noël. Vous n’avez pas droit aux jours de fractionnement.

2e exemple : Vous prenez 3 semaines entre le 1er mai et le 31 octobre 2007 plus une semaine comme prévu à Noël. Vous avez droit à 1 jour si il vous reste entre 3 et 5 jours de congés à prendre et 2 jours s’il vous reste 6 jours de congés à prendre après le 31 octobre 2007, sans compter la cinquième semaine de noël.

Comme quoi faut savoir compter !

 Colère

Les salariés de Châteaubriant sont mécontents : lors de la grève de leurs camarades de Lyon (Les Chères), ils ont appris que Novembal aurait fait, début 2006, un chèque cadeau de 1 million d’euro à leur client Roxane.

C’est que le groupe Roxane, ayant acheté une petite société, a découvert qu’elle bénéficiait, de la part de Novembal, de prix plus intéressants, pour les mêmes produits. Il a donc demandé une compensation rétroactive.

Pas étonnant qu’avec une gestion de ce type, Novembal soient obligé de restructurer violemment !

Publicité Crista

Le groupe Roxane ? Créé en 1954, il atteint les toutes premières places sur le marché des eaux de source, des boissons gazéifiées et des boissons aux fruits. L’une de ses marques : Cristaline, cette société qui se fait remarquer actuellement par une publicité comparative de mauvais goût. « Je ne bois pas l’eau que j’utilise. Je choisis Cristaline. » Et le visuel de la publicité de s’attarder sur une cuvette de toilettes. Ou encore : « Qui prétend que l’eau du robinet a toujours bon goût ne doit pas en boire souvent ! » On l’aura compris, le bras de fer oppose l’eau de source Cristaline à l’eau du robinet.


 

Ecrit le 7 février 2007 :

  Ca intérime à rien !

Ils avaient dit : « Il va être temps de faire quelque chose » mais c’est la situation d’une collègue de travail qui a tout précipité : ce matin du 29 janvier 2007 elle a fondu en larmes au pied de sa machine, désespérée de ne plus pouvoir suivre le rythme. Ce fut l’élément déclenchant d’une grève partie spontanément.

« On n’en peut plus » dit le personnel qui ne réclame même pas d’augmentation de salaire : « Depuis quelque temps nous ne sommes plus seulement dans un lieu de travail, mais nous sommes dans un endroit où tout est fait pour broyer les gens et dégoûter le personnel ! » disent les syndicats CGT-CFDT.

Là où, naguère, un salarié conduisait et surveillait une machine, on demande maintenant aux salariés de suivre deux, trois, quatre machines ! De quoi en perdre la tête ! « Je suis là pour travailler et je le fais volontiers » nous a dit un salarié, « mais je ne suis pas là pour courir tout le temps. Quand je rentre chez moi je suis crevé à un point inimaginable. Mon épouse en est inquiète » .

Déjà, avec les 5 x 8, la vie sociale est totalement désorganisée. « Mais cela ne leur suffit pas ? « ils » veulent quoi ? ».

Depuis que les productions des Chères (= Lyon) sont arrivées, il y a un manque de personnel dans tous les services . « Il y a un manque de régleurs, d’administratifs, de conducteurs, sans compter une personne pour soulager dans les lignes 50, 60 et autres, pour alimenter les machines à carton, emmener les produits finis, aider à nettoyer les ateliers en fin de poste et bien d’autres choses ! » . Même le robot « Nono », acheté il y a trois ans, est fatigué. Il n’a d’ailleurs jamais marché plus de 8 heures « et c’est à nous qu’on demande un travail de forçat ! »

« Or nous avons le sentiment d’être commandés par des gratte-papiers qui ne savent que promener la souris sur leurs tableaux Excel et qui programment notre travail sans venir voir comme cela se passe sur le terrain ». C’est beau en effet, le boulot, quand on n’a pas à le faire !

« Nous réclamons, nous expliquons nos difficultés, mais on nous dit ... patientez. Et plus tard on nous dira : vous avez patienté jusqu’à maintenant, vous pourrez bien patienter encore et encore ... ».

« Cette situation, nous qui sommes sur le terrain, nous la payons cher par notre santé ! Et la médecine du travail, elle-même, a posé le problème. Globalement, le personnel est jeune ici, mais dans 10 ou 15 ans, que restera-t-il de nous quand l’épuisement aura fait de nous des loques ? ».

A cette situation déjà très difficile, s’ajoute une mauvaise ambiance. Des « bruits de couloir » attisent la colère des salariés. Celui qui refuse d’aller au delà de ses forces, entend dire, par la bande, qu’il se rapproche de la porte. C’est juste ce qu’il faut pour lui donner du cœur à l’ouvrage. Celui qui ose lever un sourcil est menacé d’un changement de machine ou d’un changement d’équipe : idéal pour déstabiliser quelqu’un. Les salariés expriment leur refus de travailler dans ces conditions d’esclavagisme.

Lundi 29 janvier, après quelques heures de grève, le personnel a repris le travail car, le lendemain, était attendu tout un « staff » : le PDG, le Directeur des Ressources Humaines, le directeur commercial.

Mardi 30 janvier le personnel a obtenu l’embauche de trois intérimaires : un pour les pauses de semaine (1), un pour les pauses de week-end (1) et un pour « la logistique » c’est à dire pour les travaux d’aménagement en cours dans l’usine.

« Des intérimaires, c’est pas ce que nous voulions » dit la CGT. « D’autant plus qu’on nous a dit qu’il n’était pas question de les embaucher. Il faut que, d’ici fin mai, ils aient dégagé » (1)

Et le pire est encore à venir : cinq autres suppressions d’emploi : « Dans l’usine il y a 5 équipes. Chaque équipe comprend :

  1 chef d’équipe
  1 régleur
  1 électricien-maintenance
  1 contrôleur
  1 magasinier-cariste
  1 ouvrier polyvalent
10 ouvriers-conducteurs de presses »

« Eh bien on nous a dit qu’il n’en faudrait plus que 9. Cela veut dire qu’il y aura 5 personnes à remercier d’ici peu »

Un tel manque de personnel surprend les salariés et leur pose des questions : « on se demande où on va et qu’est-ce qui va arriver ».


NOTES:

(1) D’après le code du travail, les ouvriers n’ont pas le droit de travailler plus de 6 heures de rang. Ils doivent donc prendre une pause de 20 min minimum. Pour que les machines ne s’arrêtent pas il y avait naguère un ouvrier « polyvalent ». Celui-ci est affecté désormais à l’atelier où se trouvent les « lignes 50-60 » (machines compliquées venant de l’usine des Chères).
Un intérimaire est donc embauché pour assurer le travail pendant les pauses des autres. Un pour la semaine, un pour le Week-end. D’ici fin mai. Et après ?

Pourquoi fin mai ? Qui nous dit que Sarko, s’il était élu, ne cèderait pas aux désirs des employeurs qui souhaitent supprimer ces temps de pause. ? Marche ou crève !

on entend dire que, à notre époque, les jeunes ne prennent aucun intérêt à travailler. Dans ces conditions de précarité il y a tout lieu de décourager ceux qui n’ont d’autre perspective que d’être des bouche-trous.