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Accueil > Châteaubriant > Entreprises > Peguform (ex Manducher) à Pouancé > Cadence-Innovation : décisions

Cadence-Innovation : décisions

 Nombreux visiteurs qui venez consulter cet article

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Ecrit le 3 décembre 2006 :

Selon la presse économique du 30 novembre 2006, les ventes de voitures particulières neuves ont reculé de 8 % en novembre en France comparé au même mois de 2005, avec 158 313 immatriculations. Celles de Renault ont même « plongé » de 33 % .

Cette mévente se répercute en chaîne sur toutes les usines liées à la fabrication, en particulier sur ce qu’on appelle « les équipementiers ». L’entreprise Cadence-Innovation, (implantée notamment à Pouancé), en fait les frais.

 Bouderie

A l’origine, le groupe était contrôlé par le français Manducher, puis il a été repris par l’allemand Peguform, et finalement par l’américain Venture.

Le groupe a, pour l’essentiel, deux clients : Renault et PSA (qui représentent à eux deux 98 % des commandes). Ces deux clients n’ont pas apprécié la reprise par Venture et ont décidé de le lui faire payer ! Tant pis si 1365 salariés sont victimes de cette fâcherie ! « PSA nous demande encore de chiffrer certains marchés. Mais nous nous demandons si nous ne servons pas de chèvre-appât pour faire baisser les prix. Quant à Renault, il ne nous a rien demandé depuis 3 ans, il privilégie Plastic-Ommnium et Faurecia » dit un salarié. Autrement dit, Cadence-Innovation termine les contrats en cours mais n’a plus rien en carnet de commande.

« Oh , nous faisons encore des bricoles, par exemple, à Pouancé, de la peinture pour des façades de télévision, pour Philips. C’est un travail très difficile à réussir et, pratiquement, nous travaillons à perte, même si on nous oblige à faire les 2/8 ».

 Négligeable

Les salariés sont victimes aussi d’un jeu financier : lorsque Venture s’est trouvé en cessation de paiement, (octobre 2002) c’est un conglomérat de fonds de pension américains qui a racheté le groupe : environ 22 sites aux USA, deux sites en Tchéquie et les 4 usines françaises. « Les sites de Tchéquie, c’est de l’or » dit un salarié, « car il s’agit de deux usines toutes neuves, situées au cœur d’un marché en pleine expansion, avec des salariés peu payés ». En revanche, les quatre usines françaises sont quantité négligeable, elles n’intéressent pas les financiers.

Abandonnées par les constructeurs Renault et PSA, dédaignées par les financiers, les quatre usines sont en mauvaise posture.

Pauvres salariés, ils travaillent pour rien !
« On prenait l’usine pour notre deuxième maison, on est venu le samedi, le dimanche, ou à 5 heures du matin. On a oublié nos augmentations, on a porté l’usine à bout de bras. .... Et maintenant, après 20 ou 30 ans, on a la haine » dit un salarié de Noeux-les-mines (dans l’Humanité du 30.11.06).

 Trois repreneurs pour Pouancé

Dans cette affaire c’est, pour l’instant, l’usine de Pouancé qui s’en sortirait le mieux, avec trois repreneurs possibles : la société allemande Jacob, le groupe lavallois Sora Composites et l’industriel italien Ranger Plast. Ce dernier a repris en 2003 Matra Venture Composites à Theillay (Loir-et-Cher), il y fabrique des carosseries en polyester, notamment pour le modèle Espace de Matra. Sans doute est-il intéressé par le savoir faire plasturgie de Pouancé. Dans l’usine, les salariés sont inquiets, tendus, mais font tout pour sauver ce qui peut l’être et ne pas désespérer un repreneur. Ils craignent cependant 100 à 120 licenciements.

A Burnhaupt-le-Haut, un repreneur s’est manifesté : Peguform Gmbh (Allemagne). Pour l’instant les salariés travaillent .... Mais leur production dépend des pièces en provenance de Noeux-les-Mines et de Pouancé.

A Vernon se trouvent les bureaux du groupe « Cadence Innovation » et une unité de production. Aucun repreneur ne s’est manifesté officiellement. On parle de la Tchéquie ... ??? Au moins pour l’unité de production. Mais le siège (achat, commerciaux, finances, etc) n’intéresse personne.

Enfin à Noeux les Mines le personnel est en grève depuis le 21 novembre. Un repreneur potentiel, Faurecia (1), s’est désisté pour l’instant « suite à l’hostilité exprimée par des acteurs locaux ou régionaux ». On peut le comprendre, vu que Faurecia a lui-même un projet de suppression de postes !

La grève à Noeux-les-Mines affecte Renault et PSA. En effet, Noeux-les-Mines est l’unique fournisseur de pare-chocs de Renault-Douai (6000 salariés) . Pas de pare-choc, pas de voiture ! Renault-Douai est donc en chômage technique (1600 salariés). Il en est de même de l’usine PSA de Sevelnord (4400 salariés)

Les salariés de Noeux-les-Mines, désabusés, estiment qu’ils n’ont plus rien à perdre et essaient de négocier des conditions de licenciement plus avantageuses.


Note du 3 décembre 2006 :

 A l’affût

Si on ne reprend pas les salariés, il y a toujours moyen de vendre les biens ! Voici à ce sujet le texte d’un fax envoyé à Yves Bourgoin Liquidateur Judiciaire pour Cadence Innovation.

Monsieur, Madame

Nous sommes leader mondial dans l’expertise et la vente des biens industriels.

Durant les douze derniers mois nous avons vendu jusqu’à
$ 200,000,000 de matériel pour le compte de nos clients.

Je vous contacte au sujet de la liquidation de Cadence Innovation.

Nous sommes intéressés par la reprise de l’équipement excédentaire de cette société et donc aimerions reçevoir le dossier des informations.

Restant à votre disposition pour plus amples informations si nécessaire

Kristina Hambardzumyan
New Business Development
GoIndustry Henry Butcher International


Note du 6 décembre 2006

Les 436 salariés de l’usine de Noeux-les-Mines (Pas-de-Calais) ont repris le travail le 6 décembre au matin, après 13 jours de grève, suite à l’accord intervenu avec Faurecia.

L’équipementier a présenté une offre de reprise du site. Il serait notamment prêt à maintenir la moitié des effectifs, soit 218 emplois. Il prévoit également des aides au départ, des formations et une cellule reclassement pour les salariés licenciées.


Note du 14 décembre 2006

Selon infocéane.com du 11 décembre :

Aucune offre de reprise n’a été formellement déposée pour l’usine de Vernon (Eure) de l’quipementier Cadence innovation en liquidation judciaire depuis le 21 septembre dernier. La branche tchèque de ce fabricant de pare-chocs s’est toutefois montré intéressée mais son plan comportrait la suppression de 200 empmlois sur 340.

En revanche, selon Jean-Luc Rousseau secrétaire CGT du CCE, le Français Faurecia aurait déposé une offre pour l’usine de Noeux-les-mines (440 salariés) dans le Pas-de-Calais et pour celle Burnaupt-le-Haut (220) dans le Haut-Rhin qui intéresserait aussi Peguform Allemagne...

Selon l’Usine Nouvelle du 13 décembre :

Les 220 salariés de Burnaupt sont en grève. Le secrétaire (CGT) du comité central d’entreprise de l’équipementier, Jean-Luc Faller, a indiqué que les employés avaient démarré leur mouvement « dans un sentiment de ras-le-bol exprimant leur inquiétude quant à leur avenir ». C’est la semaine prochaine qu’ils seront fixés sur le nom du repreneur de l’usine. Le premier candidat, Peguform, propose de garder 160 salariés, mais son « projet industriel est plus flou », selon Jean-Luc Faller, et de plus court terme (2011) alors que celui de Faurecia qui bénéficie du « soutien exclusif » de PSA Peugeot Citroen, prévoit de maintenir 153 emplois dont 117 sur le site.


 Note du 19 décembre 2006

Le tribunal de commerce d’Evreux (Eure) qui devait se prononcer le 22 décembre sur une éventuelle reprise du groupe de sous-traitance, a repoussé le délai au début d e2007. Il demande aux éventuels repreneurs de préciser leurs offres d’ici le 4 janvier 2007.

L’objectif du tribunal serait d’améliorer la quantité de personnel repris.

Pour l’instant, sur Noeux, seules 104 personnes seraient reprises sur plus de 300.

Noeux serait découpé en deux :
– les pièces peintes passeraient chez FAURECIA et quitteraient donc le site de Noeux
– les pièces non peintes resteraient à Noeux , repris par GMD, tolerie / emboutissage, qui en profiterait pour se diversifier dans le plastique

Vernon aurait deux repreneurs possibles :
– Cadence innovation Tchéquie, qui est déjà propriétaire de l’installation de peinture : ils ont avancé l’argent et la France n’a jamais commencé à les rembourser !
– PLASTI OMNIUM qui veut bien reprendre l’usine mais pas payer l’installation de peinture !

Burnhaupt : toujours un repreneur potentiel : PEGUFORM GMBH (Allemagne) mais stratégie long terme peu évidente :
– les Allemands possèdent à Bötzingen, environ 70 km de Burnhaupt, une usine qui occupait 1600 personnes (en 2001)
– que recherchent-ils en reprenant Burnhaupt, une unité de 200 personnes ?

Pouancé : rien de nouveau si ce n’est que le PDG actuel de Cadence, M. André Chometon, ferait partie des nouveaux actionnaires.


Selon l’Usine Nouvelle du 19 décembre 2006 :

L’avenir de Cadence Innovation sera fixé en janvier

Le tribunal de commerce d’Evreux (Eure) statuera finalement le 4 janvier sur le sort de l’équipementier automobile Cadence Innovation, placé en liquidation judiciaire en septembre dernier. La période d’observation a été prolongée jusqu’au 21 janvier ce qui laissera le temps aux repreneurs de préciser leur offre.

Le groupe lavallois Sora Composites apparaît le mieux placé pour mettre la main sur le site de Pouancé (Maine-et-Loire) qui emploie 350 salariés au détriment de Ranger Plast, seul autre candidat encore en lice après le retrait de l’allemand Jacob. Outre la proximité géographique des deux acteurs, l’opération offre une complémentarité de métiers et des synergies puisque Pouancé sera en mesure de fournir en matières premières son nouvel actionnaire. La proposition initiale de Sora prévoyait de conserver 255 personnes.

Le plasturgiste Cadence Innovation est d’ailleurs promis à un démantèlement puisque l’usine de Vernon (Eure) devrait revenir à Plastic Omnium, celle de Nœux-les-Mines (Pas-de-Calais) à une alliance Faurecia/GMD et celle de Burnhaupt (Haut-Rhin) à Faurecia. Paradoxalement, la disparition d’un sous-traitant devrait « soulager » Renault et PSA, selon un observateur, alors que le secteur souffre en France d’une surcapacité de production (1,5 fois supérieure à la demande) obligeant les constructeurs à segmenter leurs gammes et séries pour tenter de satisfaire tous les acteurs.

De notre correspondant en Pays de la Loire, Jacques Le Brigand

Quelques photos sur un blog : http://toumai62.skyblog.com


 8 janvier 2007 : Cadence innovation vendu par appartements ?

520 salariés à la rue ??

Voici l’article des Echos

Journal Les E

 9 janvier 2007 : Plastic Omnium : reprend le site de Vernon

Le Tribunal de Commerce d’Evreux a accepté l’offre du groupe Plastic Omnium pour l’usine de Vernon (Eure). Ce site produit actuellement des pare-chocs pour les Citroën C2 et C3, la Peugeot 1007 et la Renault Twingo.

L’équipementier prévoit le maintien de 143 emplois de la société Cadence Innovation, sur 340. Les syndicats disent 116. Il y aurait donc 197 à 224 suppressions d’emplois rien que pour Vernon. Pauvres gens !


 Les autres sites

Selon l’Usine Nouvelle du 9 janvier 20007 :

L’usine de Nœux-les-Mines dans le Pas-de-Calais est, de son côté, reprise avec 103 salariés sur 436, par le plasturgiste français GMD. Aux autres employés, le sous-traitant automobile Faurecia propose 110 reclassements sur ses sites. « Une solution à laquelle n’adhéreront que peu de salariés », estime Jean-Claude Drapal, délégué FO du site nordiste, « ce qui augmentera en réalité le nombre d’emplois supprimés ».

Quant à l’usine Cadence Innovation de Burnaupt-le-Haut dans le Haut-Rhin, là encore, le calcul des pertes d’emplois est délicat. Sur un effectif de 207 personnes, 118 sont conservées par Faurecia, repreneur du site qui propose par ailleurs 32 reclassements dans d’autres unités du groupe.

Enfin l’usine de Pouancé dans le Maine-et-Loire, reprise par le plasturgiste français Sora Composites, n’échappe pas non plus aux pertes d’emplois. Ne resteront plus que 280 salariés sur 365. Ces 85 personnes licenciées, comme toutes les autres victimes de la restructuration du groupe, partiront avec une prime de 30 000 euros, une information confirmée par les représentants syndicaux.

Quant à la direction, elle juge avoir limité les dégâts. Selon elle, si toutes les propositions de reclassement sont suivies par les salariés, le nombre de licenciement passerait de 704 à 523 sur un effectif de 1318 salariés, 624 salariés étant directement repris

Les infos de blogauto

Lutte Ouvrière du 14 février 2007 :

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Lutte Ouvrière

Note du 12 novembre 2008

 Sotira

La société Sotira, à Pouancé (ex-Manducher, ex-Cadence-Innovation) vient d’annoncer 80 licenciements sur 273 : soit 45 « improductifs » et 35 conducteurs de ligne.


Ecrit le 16 janvier 2013

 Sotira s’est tirée

L’usine Sotira (qui s’est appelée Manducher, avec un millier de salariés à l’époque, puis Peguform, puis Cadence-Innovation) a fermé définitivement ses portes le 31 décembre 2012. Son repreneur, Faurecia, a récupéré tout le savoir faire mais a jeté les salariés. Encore 200 emplois supprimés.


NOTES:

(1) Selon Boursier.com de juin 2006,

Le groupe Faurecia table sur une perte de 30 millions d’Euros en 2006 et s’attend à une accélération de la baisse des volumes d’activité d’ici à 2008. En conséquence il prévoit un nouveau plan de redéploiement industriel avec une réduction de 690 postes sur la période 2007 -2008.

Aussitôt l’annonce de ce projet, le titre Faurecia a progressé de 1,25% à la Bourse de Paris. Ben voyons !