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Légion d’honneur 2012

Ecrit le 15 août 2012

 La faute à Duflot ?

Eh quoi ! La liste des promus dans l’ordre de la Légion d’honneur, le 14 juillet dernier, fait polémique ? C’est un blogueur « Autheuil », assistant parlementaire d’un député UMP, qui accuse Cécile Duflot d’avoir favorisé ses copains écolos. Le propos a été repris par Le Figaro (sans citer l’auteur) et par l’UMP.

Selon Le Monde, la ministre du logement et de l’égalité des territoires, Cécile Duflot, aurait largement récompensé ses camarades écologistes. Quel crime ! Se souvient-on de Nicolas Sarkozy décorant ses amis ? Isabelle Balkany (malgré sa condamnation pour prise illégale d’intérêt), Jacques Servier (le laboratoire qui a créé le Médiator, malgré le livre accusateur d’Irène Frachon), et Patrice de Maistre (gestionnaire des biens de Liliane Bettencourt) et Ali Bongo (pourtant mise en cause dans l’affaire des « biens mal acquis » et dans le pillage des finances publiques gabonaises). Et Marc Ladreit de Lacharrière, propriétaire de l’une des trois agences de notation, Fitch, qui secouent tant la planète financière ces derniers mois ...

Cécile Duflot répond qu’elle n’a décerné que 30 Légions d’Honneur sur 60 possibles soit 13 élus (6 EELV , 6 PS, 1 PC, aucun de Droite) et 17 associatifs et professionnels du logement et de l’urbanisme.

Mais s’il faut citer « Autheuil », citons-le totalement. Il écrit en effet :

« Je viens de parcourir la première promotion de Légion d’Honneur d’un gouvernement de gauche. Je dois dire que je suis très agréablement surpris. Tout d’abord, il y a une nette diminution du nombre de médailles distribuées. Je ne peux qu’approuver, tant j’estime qu’on donne des médailles à des gens qui ne les méritent pas plus que ça. La Légion d’Honneur, c’est pour des mérites vraiment exceptionnels ou des personnalités remarquables. Même si est encore loin du nombre que j’estime optimal, il y a un net progrès.

Deuxième avancée très remarquable, il n’a pas été fait usage du « décret coupe-file », mis en place par Sarkozy, permettant de faire passer directement certaines personnes de rien à officier, voire commandeur, alors que la règle impose de monter grade par grade, avec des délais entre deux promotions. Dans cette promotion du 14 juillet 2012, tout le monde a respecté les délais, même si parfois, on est juste. Il faut trois ans entre grand officier et grand croix. Les deux grand croix de cette promotion sont des grand-officiers de 2009 (ce qui n’enlève rien à leurs mérites). On met fin à une dérive scandaleuse dans la course à l’échalote.

Troisième avancée, un bon nombre de ministres ont effectivement récompensé des gens qui le méritaient, et surtout, qui entraient dans le champ de leurs compétences. Trop souvent, sous l’ancien gouvernement, on avait des coucous, c’est à dire des personnes dont on se demandait bien quel lien elles avaient avec les compétences du ministère qui les récompensait. En fait, il s’agissait souvent de copinages. Il en reste encore, mais dans beaucoup de cas, ils restent marginaux ».

Ndlr : on remarque dans cette promotion du 14 juillet, un certain nombre de représentants d’associations, mais aucun ouvrier ou paysan ou salarié de base !

 Baisse de 30 %

Le Conseil constitutionnel a validé, jeudi 9 août, l’essentiel de la loi de finances rectificative, premier texte important du nouveau gouvernement, mais a censuré, à cause d’un vice de forme, l’une des mesures les plus symboliques du début de quinquennat de François Hollande : la baisse de 30% de la rémunération du président de la République et du Premier ministre.

Les Sages ont considéré que cette diminution des salaires n’avait pas à figurer - au nom de la séparation des pouvoirs - dans une loi de finances votée par le Parlement. L’Elysée a donc précisé que les dispositions sur la rémunération de l’exécutif seront fixées par décret.


Ecrit le 15 août 2012

 Légion d’honneur refusée

Lemonde.fr du 08/08 : Un bon moyen de rendre utile une Légion d’honneur est ... de la refuser. C’est ce qu’a fait la chercheuse Annie Thébaud-Mony. Dans une lettre adressée à la ministre du logement, Cécile Duflot, qui lui a décerné cette distinction, elle explique son geste par son désir d’alerter sur la dégradation de la santé au travail et le manque de contrôle de l’exposition professionnelle aux produits cancérogènes.

Mme Thébaud-Mony, sociologue de la santé, a travaillé à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) de 1983 jusqu’à sa retraite en 2010. Elle explique au Monde avoir refusé la Légion d’honneur en raison des obstacles rencontrés lors de ses recherches : avancement bloqué, embauches de jeunes refusées, crédits insuffisants...

Mais, au-delà, c’est la situation de la santé au travail qu’elle déplore : « Les moyens scientifiques de bien faire existent, mais pas la volonté politique, dit-elle. On retrouve ce qui s’est passé sur l’amiante - le déni du lien entre l’exposition et la maladie - dans les domaines des pesticides ou des produits pétroliers. Les lobbies industriels sont très agressifs sur la question des cancers professionnels et déploient des stratégies impressionnantes pour éviter la reconnaissance des maladies professionnelles. »

La chercheuse dénonce l’occultation d’une partie grandissante des risques par la sous-traitance des tâches dangereuses. Elle avait montré, dans les années 1990, que le recours à la sous-traitance par l’industrie nucléaire permettait de rendre moins visible l’exposition des travailleurs à la radioactivité. Cette pratique se généralise selon elle à d’autres industries et produits toxiques : « On manque d’un suivi professionnel des travailleurs concernés, ce qui permet de faire disparaître le problème de santé. » Une profession comme celle du nettoyage constitue à ses yeux « un angle mort de l’épidémiologie ».

Mme Thébaud-Mony déplore aussi les manques de moyens de la recherche publique : « De plus en plus, la recherche en santé du travail est financée par des industriels juges et parties ». Elle souligne l’impunité de la « criminalité industrielle », c’est-à-dire le manque de moyens de la justice en matière de santé au travail.

Cécile Duflot lui a répondu, lundi 6 août : «  »Je ne regrette ni mon choix ni votre refus. (...) Mon seul souhait est que nos démarches conjuguées, et la publicité qui en est faite, contribuent à ce que votre combat soit tout sauf un sujet d’été. "