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Mée-disances du 03 octobre 2012

Ecrit le 3 octobre 2012

 Ordonnance sévère

 
Le Canard enchaîné du 26/09 : Après les médocs dits « de confort », en 2006, puis les veinotoniques, une grande partie des remèdes contre l’asthme, les bronchites et les obstructions nasales sont désormais expulsés des ordonnances remboursables. En dix ans, quelque 500 produits ont ainsi été condamnés pour « service médical rendu insuffisant ». Le mal de la Sécu étant chronique, les gouvernements ont choisi de faire des économies sur les affections « bénignes ».
 
Selon l’Institut de recherche et de documentation en économie de la santé (Irdes), le prix des médocs concernés augmente de 43 %, en moyenne, « juste après leur déremboursement ». Explication : la Sécu n’a plus son mot à dire sur le prix, qui devient libre. Et, comme les ventes s’effondrent, le labo tente de refaire sa marge grâce à la valse des étiquettes. […]
 
Pour de nombreux patients, le déremboursement des médicaments destinés aux maladies bénignes les dispense désormais de la visite chez le médecin. Un conseil demandé au pharmacien, et ça repart ! En 2008, Roselyne Bachelot avait même encouragé ce changement de comportement. Sauf que l’automédication peut retarder la détection de maladies graves.
 
Finalement, cette mesure ne génère que de très modestes économies. Selon les experts de la Sécu, cette dernière fournée de déremboursements ne rapportera que 7 millions. Selon la députée européenne (Europe Ecologie) Michèle Rivasi, les génériques remboursés par la Sécu coûtent moitié plus qu’en Allemagne et deux fois plus cher qu’au Royaume-Uni. Certains médicaments pourraient même être remplacés avantageusement. Ainsi, le Plavix, qui empêche la formation de caillots dans les artères, grève de 424 millions par an le budget de la Sécu. Une bagatelle ! Mais, selon l’élue écolo, sa boîte est vendue 37,11 €, et son générique 26,09 €, alors qu’en Italie celui-ci est facturé 16 € et en Angleterre 2,26 €. Mieux encore : le Plavix pourrait aimablement céder sa place à... l’aspirine, qui a les mêmes effets !
 
Au total, pour Michèle Rivasi, aligner la politique médicamenteuse de la France sur celle des autres pays européens rapporterait une dizaine de milliards par an. Un abandon de souveraineté dont personne (hormis les labos) ne se plaindrait.

 Les cadeaux des labos

Lexpress.fr du 28/09 : Le Dr Irène Frachon, qui révéla le scandale du Mediator, s’inquiète du projet de décret portant sur les cadeaux offerts par les laboratoires pharmaceutiques aux professionnels de la santé. Ce texte provisoire et confidentiel indique que les avantages d’une valeur inférieure à 60 € n’auront pas à être rendus publics, alors qu’une version antérieure rédigée sous la responsabilité de Xavier Bertrand [alors ministre de la Santé] imposait une déclaration à partir d’un montant de 1 €.

Pour elle, ce seuil de 60 € est beaucoup trop élevé. Les petites attentions des industriels tissent des liens aussi sûrement que de plus gros cadeaux : « Ce midi, par exemple, des internes de mon service sont invités à déjeuner par un laboratoire pharmaceutique dans un bon restaurant de Brest. Le montant du repas sera inférieur à 60 € par personne. Avec le projet actuel, cet avantage ne serait pas déclaré. Et le texte donne sa bénédiction au laboratoire pour réinviter mes internes plus de dix fois dans l’année. Tant qu’ils n’ont pas reçu plus de 500 € sur six mois, l’industriel n’a rien à déclarer ». 

« Fixer un seuil à 60 €, cela revient à accepter une sorte de petite délinquance, il faut que l’obligation de déclarer s’applique à partir de 1 €, comme dans le projet initial. Et si, à la longue, ça se révèle trop compliqué pour tout le monde de déclarer ces « petits » avantages, eh bien ils finiront pas disparaître d’eux mêmes ». 

Comment expliquer que le seuil ait été relevé ? « En temps de crise, l’industrie pharmaceutique fait souvent usage de l’éternel chantage aux emplois et au commerce extérieur. Nous demandons une déclaration au premier euro, la seule garantissant la transparence vis-à-vis des citoyens, et nous nous retrouvons avec une machine à gaz qui génère encore plus d’opacité ».

 « Atteinte à la pudeur »

Le Monde.fr du 26/09 : Le 3 septembre dernier, à Tunis, une jeune femme et son fiancé étaient dans leur voiture lorsqu’ils ont été abordés par trois policiers. Deux d’entre eux ont violé la jeune femme pendant que le troisième gardait son ami. L’affaire avait fait scandale, d’autant que le porte-parole du ministère de l’intérieur avait déclaré que le couple avait été retrouvé par les policiers dans une « position immorale », tout en précisant que cela ne justifiait pas le viol qui a suivi.

[…] Alors que les deux policiers ont été incarcérés pour viol, la jeune femme et son fiancé « ont été convoqués par un juge d’instruction mercredi 26 septembre pour une confrontation où elle est entendue en tant qu’accusée du délit d’atteinte à la pudeur et voies de fait », selon un communiqué signé notamment par l’Association tunisienne des femmes démocrates et la Ligue tunisienne des droits de l’homme. […]

Les associations féministes tunisiennes dénoncent depuis l’arrivée au pouvoir des islamistes d’Ennahda le comportement de la police à l’égard des femmes, régulièrement harcelées pour leur tenue vestimentaire ou lors de sortie nocturnes sans un homme de leur famille. Les femmes tunisiennes bénéficient du statut le plus moderne du monde arabe depuis la promulgation du Code de statut personnel le 13 août 1956 instaurant l’égalité des sexes dans plusieurs domaines.

Rappel : les islamistes d’Ennahda avaient déclenché un large mouvement de con- testation en août en proposant d’inscrire dans la nouvelle Constitution la « complémentarité » des sexes et non l’égalité.