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Villepôt : une bibliothèque

écrit le 4 juin 2002

 Villepôt et les grenouilles rousses

« Villepôt, pourquoi pas ? ». La pancarte frappe comme un défi à l’entrée de la petite route qui, à l’ouest de Soudan, mène à la commune de Villepôt. Et c’est effectivement un défi qui est lancé aux Villepôtais par le Conseil Général d’Ille et Vilaine. Celui-ci a le projet d’améliorer la route Rennes-Angers en deux fois deux voies. Très bien. La solution qui prévalait jusqu’à maintenant, c’était l’élargissement de la route actuelle, de Pouancé à Retiers, qui traverse la forêt d’Araize (propriété privée) sachant que, d’après la loi Voynet, si l’on supprime un hectare de forêt, il faut en replanter 3, ce qui ne pose pas de problème dans le secteur.

L’élargissement de la route actuelle a provoqué la réaction d’une petite association (quelques agriculteurs de Martigné Ferchaud) qui ne veulent pas qu’on ampute leur propriété. Cela peut se comprendre. Il est possible aussi que les propriétaires, ou le locataire de la forêt d’Araize, soient intervenus pour protéger la chasse (pas la promenade des gens, car cette forêt est strictement privée). Le Conseil Général d’Ille et Vilaine a proposé alors un autre tracé, ne traversant plus la forêt, mais traversant de part en part la commune de Villepôt. Celle-ci est une commune tout en longueur, d’est en ouest, le long de la rivière La Brutz, et le projet (projet n°2) traverse la commune lui aussi d’est en ouest.

Projet 1 : aménagement de l’existant, élargissement de la route qui traverse la forêt - longueur totale de Pouancé à Retiers : 22,4 km. Coût 73,2 millions d’euros

Projet 2 : voie nouvelle, contournant la forêt et coupant Villepôt d’est en ouest. Longueur totale de Pouancé à Retiers : 25,3 km. Coût 85 millions d’euros

Le maire de Villepôt en a été avisé le 2 avril et le document précis est arrivé en mairie le 2 mai. Ce qui est bien c’est qu’il a été affiché et présenté dans les villages. Il y a eu alors une vive réaction des Villepôtais puisque, lors d’un conseil extraordinaire qui s’est tenu le 29 mai, le maire a reçu une pétition signée de 38 agriculteurs, et 386 habitants (sur 683 habitants, nourrissons compris)

A ce Conseil, différentes informations ont pu être glanées, en lisant sur l’épaule des Conseillers.

Une route 2 fois deux voies, c’est 30 à 50 mètres de large et les projets ont dessiné des « fuseaux » de 200 mètres de large à l’intérieur desquels pourrait se trouver la route.

La Forêt d’Araize fait 1000 hectares. Elle est peu boisée (8,25 % contre une moyenne nationale de 26 %). Elle n’est pas classée, même si elle comporte, comme toutes les forêts, des espèces végétales et animales intéressantes (Pic Mar, Pic Noir, Autour des Palombes, Pouillot de Bonelli, Bondrée apivore, Grenouille rousse, Salamandre tachetée, Triton marbré). Neuf espèces d’insectes protégés sont « potentiellement » présentes en lisière de la forêt. Il n’y a apparemment pas de mobilisation écologiste à ce sujet. Mais le dossier d’étude indique qu’il y aurait perte de valeur vénale pour la forêt. Vingt-deux exploitations agricoles se trouveraient à moins de 500 m de l’axe de la route. Et là il y a des hommes et femmes !


Inacceptable

Le projet n° 2, coupant la commune de Villepôt, aurait des aspects « totalement inacceptables » (comme dit la pétition signée de 386 habitants) parce que, selon eux :

– Elle toucherait 38 villages (de Pouancé à Martigné), « dont 31 restés jusqu’à présent hors de toute nuisance » et « 80 % des exploitations agricoles de la commune seraient touchées »

– Elle passerait à moins de 500 mètres du centre-bourg

– 13 voies communales et 18 cours d’eaux de Villepôt seraient coupés

Le maire estime que l’étude qui a été présentée est « tout-à-fait orientée » et non objective, pour pousser à l’adoption du projet n°2, bien que celui-ci coûte 12 millions d’euros de plus soit près de 80 millions de francs « Mais la question de prix n’a pas l’air de poser problème ». Les conseillers municipaux de Villepôt, comme ceux de Noyal sur Brutz, se sont prononcés à l’unanimité CONTRE le projet n°2.

Avis ?

Mais avant ce vote, ils ont demandé des avis autour d’eux :

Françis Martin, conseiller général du canton de Rougé est contre. Mais à voir sa tête lors du Conseil Municipal de Noyal, il y en a qui doutent un peu !

M. Piet, fonctionnaire chargé des infrastructures au Conseil Général de Loire-Atlantique, ne se prononce pas. Il dit qu’il demandera l’avis des communes concernées, et précise qu’il ne faut pas négliger l’opportunité de cet aménagement pour la région castelbriantaise. « Ah bon, il nous conseille de nous sacrifier pour Châteaubriant ? » a dit une élue de Villepôt.

Le Député Michel Hunault, vice-président de la Commission des infrastructures au Conseil Régional, dit qu’il n’était pas au courant de ce dossier qu’il juge, à titre personnel, « humainement inacceptable » et que la Région n’y mettra pas un sou

Le Président de la Communauté de Communes du Castelbriantais (Alain Hunault) dit qu’il n’était pas au courant non plus et qu’il mettra le dossier en discussion lors d’une réunion de bureau courant juin. Il ne se prononce pas davantage mais, du côté des Villepôtais, il se dit que les élus majoritaires de Châteaubriant seraient plutôt favorables car il y aurait un échangeur sur la route de Martigné, tout près de la ville de Châteaubriant, sans gêner aucunement la ville. Il y a donc des inquiétudes qui ont été exprimées au Conseil Municipal de Villepôt.

Le maire de Martigné Ferchaud souhaite que la route se fasse rapidement (il est question de 2009-2010) et privilégie le tracé n°2. Le maire de Pouancé dit qu’il voit le tracé n° 2 d’un très mauvais œil. Le maire de Soudan n’accepte pas que Villepôt soit coupée en deux, mais rappelle les difficultés que connaît sa commune avec le passage de la Nationale 171 et souhaite une déviation (quelqu’un a d’ailleurs proposé d’aménager la N 171 pour lier Pouancé à Martigné, sans passer par la forêt d’Araize, ni couper Villepôt, tout en contournant Soudan et rapprochant Châteaubriant d’une 2 fois deux voies)

« Et nous n’avons pas de contact avec le maire de Châteaubriant » a dit Jean-Pierre ADAM maire de Villepôt.

On en est là.

A Villepôt c’est un dossier chaud. « Une fois de plus on veut favoriser l’automobile au mépris des riverains » alors qu’il suffit d’aménager le tracé existant, à un coût moindre.

A suivre sur : http://villepot.ifrance.com

Projet 1 : aménagement de l’existant, élargissement de la route qui traverse la forêt - longueur totale de Pouancé à Retiers : 22,4 km. Coût 73,2 millions d’euros

Projet 2 : voie nouvelle, contournant la forêt et coupant Villepôt d’est en ouest. Longueur totale de Pouancé à Retiers : 25,3 km. Coût 85 millions d’euros


Ecrit le 12 janvier 2005 :

 Rennes-Angers : la voie du bon sens

La route express Rennes-Angers, par Martigné et Pouancé, est coupée : les travaux sont arrêtés en attendant qu’une décision soit prise sur le tracé.

Le tracé 1 a été définitivement refusé : il détruisait trop la forêt d’Araize et portait atteinte au lieu de vie des Grenouilles Rousses et des Tritons marbrés (relire La Mée du 4 juin 2002)

Le tracé n°2 est rejeté par les habitants de Villepôt car il toucherait 38 villages et 80 % des exploitations agricoles de la commune de Villepôt. Il couperait Villepôt en deux, ce qui est, à terme, la mort de la commune. Ce tracé, cependant, n’est pas abandonné.

Du nouveau

La donne est un peu modifiée dans la mesure où le Conseil Régional et le Conseil Général ont changé de couleur politique, et où l’entretien des routes sera désormais de la responsabilité des Conseils Généraux.

Les élus de Gauche, du Conseil Municipal de Châteaubriant, empêchés de s’exprimer au sein du Conseil de la Communauté de Communes du Castelbriantais (puisqu’il leur est refusé d’y siéger), se sont donc adressés directement aux Présidents des Conseils Régionaux de Bretagne et Pays de Loire et des Conseils Généraux de Loire-Atlantique, Ille et Vilaine et Maine et Loire, tous concernés par ce tracé.

Ils rappellent d’abord que la priorité c’est de finir le contournement de Châteaubriant par le sud, entre la D 163 et la route de St Nazaire (tracé n°7 sur la carte).

Ils demandent ensuite de porter « une attention particulière à la connexion entre la Nationale 171, et le tracé retenu pour l’axe Rennes-Angers » et suggèrent un autre tracé (n°3 sur la carte) « qui quitterait Martigné par la D 178, contournerait la forêt d’Araize par le Sud et l’Ouest, et rejoindrait la N 171 à l’Est de Soudan ».

Route_Rennes-Angers
1- tracé abandonné
2- tracé rejeté par les Villepôtais
3- proposition de tracé
4- barreau existant
5- contournement de Pouancé
(existant)
6- contournement de Martigné
(existant)
7- contournement sud de
Châteaubriant (espéré !)

« Ce tracé présente de nombreux avantages, dit Pascal Bioret :
– . Meilleure mise en cohérence des travaux de deux axes routiers majeurs, Saint-Nazaire-Laval et Rennes-Angers
– . Raccordement plus rapide et facile de Châteaubriant, pôle économique et de services de tout ce secteur, à l’axe Rennes-Angers, via la N 171, parachevant ainsi le contournement routier de la ville »

Intérêt général

Ce contournement est d’intérêt général, au moins pour deux raisons :
– . L’accessibilité du services des urgences de l’hôpital de Châteaubriant (bassin sanitaire de 80 000 habitants)
– . La vocation de l’axe Rennes-Angers à être une « colonne vertébrale de l’agro-alimentaire avec Bridel à Retiers, les poulets de Janzé, Castel-Viandes à Châteaubriant, la Toque Angevine à Segré et la Soviba à Angers (les industries agroalimentaires faisant l’objet d’un plan de développement d‘Etat qui vise à conforter durablement ce secteur d’activité), sans oublier une meilleure accessibilité du foirail de Châteaubriant, un des tout premiers au plan national »

Par ailleurs ce tracé n°3
permettrait :
– une utilisation maximale de tracés existants, avec une meilleure rentabilisation des investissements grâce au cumul des trafics.

– l’implication de davantage de financeurs, avec répartition des coûts d’aménagement routier sur 2 Régions et 3 départements.

Il aiderait au développement des zones industrielles de Châteaubriant (situées à l’est et au nord de la ville), favoriserait l’accès au Marché aux Bestiaux (3e marché de France) et permettrait un contournement facile de Soudan, commune actuellement très handicapée par la circulation de poids lourds sur la N 171

Quel coût ?

Certains argueront du rallongement du tracé total d’environ 6 km « ce qui ne représente pourtant que trois minutes de trajet à la vitesse autorisée de 110km/h »

« La prise en compte de cette nouvelle proposition de tracé routier nous semble d’intérêt majeur pour le schéma routier de la Loire-Atlantique ainsi que pour les schémas régionaux et interrégionaux et il présente l’intérêt de favoriser le désenclavement du Nord du département et en particulier du Pays de Châteaubriant   » conclut la lettre du groupe « Avec vous, une volonté pour Châteaubriant »

(Pascal Bioret, Françoise Gentil,
Danièle Catala, Jean Pierre Le Bourhis, Jean-Louis Faucheux, Martine Buron) (voir les photos page 1686->1686]


Ecrit le 19 janvier 2005 :

 Le maire de Soudan soutient les élus minoritaires de Châteaubriant

Le tracé proposé par les élus minoritaires de Châteaubriant, à propos de la route Rennes-Angers (lire La Mée de la semaine dernière) a provoqué une réaction de soutien de la part de Bernard Douaud, regrettant que ces élus minoritaires n’aient pas une représentation au Conseil de la Communauté de Communes. En effet, en réponse à une question de Ouest-France. Bernard Douaud a estimé que « ces questions d’infrastructures routières très longues à mettre en œuvre, mériteraient un débat plus serein au sein de la Communauté de Communes et surtout du Pays ».


Ecrit le 3 mai 2006 :

 La grenouille rousse

Le bulletin d’avril de la SEPNB (Bretagne Vivante) publie un petit article de Michel Dunay sur « La grenouille rousse ». « Il y a une dizaine d’années, la grenouille rousse était abondante en forêt de Juigné-les-Moutiers. Nous avons recensé tous les endroits où nous avons trouvé des pontes : prairies humides, flaques, ornières, fossés. Les prairies où se trouvent quelques dépressions humides et bien exposées au soleil semblent leurs lieux de reproduction privilégiés.

Pendant l’hiver 2000-2001, les précipitations ont été très abondantes et nous avons vu une quantité incroyable de pontes que nous n’avons pu qu’estimer (des centaines de milliers) sur des prairies quasiment inondées. Le printemps humide a permis à un grand nombre de larves d’achever leur métamorphose. Dans les deux, trois années qui ont suivi, les pluies hivernales moins abondantes n’ont pas donné lieu à une reproduction aussi prolifique et beaucoup de larves se sont retrouvées à sec sur les prairies dès mars et ont donc crevé.

Les deux derniers hivers 2004 et 2005, Claude Jossilin et moi-même avons constaté une chute vertigineuse du nombre de pontes. La faible quantité des précipitations de cet hiver 2005-2006 n’ayant pas saturé les sols d’humidité, les conditions sont les pires que nous ayons pu constater, les pontes se retrouvent à sec et en grande partie éclatées par le gel. La faiblesse des précipitations plus le drainage des prairies humides font passer la grenouille rousse d’un statut d’espèce abondante en Forêt de Juigné à celui d’une espèce menacée dès maintenant.

Le problème de la raréfaction des ressources en eau douce de bonne qualité ne menace pas que les grenouilles, on s’en alarme à l’échelle planétaire ; il est donc urgent de protéger toutes les zones humides et de reconsidérer totalement l’aménagement paysager à l’échelle des bassins versants.

Michel DUNAY

On trouve des indications passionnantes sur le site : http://www.naturama.ca/ Tout sur le crapaud calamite, le sonneur à ventre de feu, le triton ponctué, la rainette versicolore ....

Et sur bien d’autres animaux ou plantes !


Ecrit le 6 décembre 2006

 Une bibliothèque à Villepôt

Villepôt : 700 habitants. Cette petite commune a investi, il y a quinze ans environ, dans une salle polyvalente qui peut accueillir 720 personnes, et les accueille souvent tant les fêtes y sont dynamiques.

Salle associative Vill
Villepôt : P

« En 1995 nous avons aidé à la reprise de la boulangerie. En 2000 à la rénovation du restaurant et à la réalisation de 10 locatifs sociaux. Nous savions bien qu’il nous faudrait rénover la mairie, mais nous avions d’autres priorités » dit le maire Jean-Pierre Adam. « Pourtant nous en sommes encore aux sanitaires installés sous des tôles au fond du jardin ».

Mais voilà que les choses bougent encore : le 25 novembre a été inaugurée la bibliothèque intercommunale et la salle « Vie associative ».

Villepôt : enf
Villepôt : pouf et cous

La Communauté de Communes du Castelbriantais a acheté le local destiné à recevoir la bibliothèque. La vieille maison a été bien rénovée et offre 62 m2 de surface utile. Coût : 138 000 € HT   financés à 28 % par le Conseil Général dans le cadre du Contrat de Territoire. La bibliothèque est riche de 1500 livres, elle fonctionnera bientôt en réseau informatisé avec la médiathèque  . Sept bénévoles participent à la gestion, dont Mme Joineau conseillère municipale.

La salle associative (100 places) est utilisée par l’accueil périscolaire (10 enfants), et sert de cantine scolaire (25 à 35 enfants). Le club des aînés l’utilise en journée. La soirée est consacrée aux usages sportifs doux et aux réunions. Son coût : 592 000 € avec 13 % de subventions.

Cette salle, moderne, s’harmonise bien avec les maisons anciennes à proximité. Orientée au nord, elle est cependant très lumineuse avec ouverture sur la place de l’église. L’équipement comprend en outre : une cuisine aux normes, des sanitaires et six grands placards destinés aux associations. Un coin de pelouse et un vieux préau, à l’extérieur, donnent encore plus de place et d’agrément !

JP Trioulaire, JP Adam, M N
Villepot

La municipalité de Villepôt va maintenant s’attaquer à la rénovation de la mairie.

Nationale 171