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Mée-disances du 17 octobre 2012

Ecrit le 17 octobre 2012

 Le monde sans Monsanto

 
Le Canard enchaîné du 03/10 : En attendant que l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, saisie par notre ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll, donne son avis sur la fameuse étude « OGM et rats » menée par Gilles-Eric Seralini, 80 % de nos veaux, vaches, cochons, poulets continuent de se régaler d’aliments génétiquement modifiés. La faute à Bruxelles, qui a autorisé l’importation en Europe de 45 OGM - dont le NK603 -susceptibles de se retrouver ainsi dans la gamelle du bétail, alors que depuis 2008 nos agriculteurs ont l’interdiction de semer du transgénique.
 
C’est l’occasion de s’intéresser à une autre étude, on ne peut plus fâcheuse pour Monsanto et consorts, même si l’expérience menée par l’Institut national de la recherche agronomique (Inra) valorise le principal argument de vente brandi par l’agrochimie : les OGM, c’est plus écolo car ça consomme moins de pesticides.

Après dix ans d’essais menés sur une vingtaine d’hectares en Côte d’Or, des scientifiques de l’Inra ont montré qu’on pouvait, sans une goutte d’herbicide et avec quasiment le même rendement, cultiver du blé, du tournesol, du colza, de l’orge ou du maïs ! L’étude, publiée dans l’« European Journal of Agronomy », montre qu’il suffit pour cela de bien alterner les cultures sur plusieurs années, de jouer avec les dates de semis ou encore de ne pas rechigner sur les outils de désherbage. D’après les calculs des chercheurs, la marge brute à l’hectare de l’agriculteur qui n’a pas à mettre la main à la poche pour acheter ses herbicides s’avère identique, voire supérieure à celle du paysan qui asperge son champ de produits chimiques. Bref, ça rend superflue l’utilisation, par exemple, du mais NK603 génétiquement bidouillé pour encaisser sans broncher le Round Up de Monsanto, l’herbicide le plus utilisé sur la planète.
 
Pour le leader mondial des bio-technologies (11,8 milliards de dollars de chiffre d’affaires annuel), voilà une menace plus terrible encore que les rats de Séralini : un monde sans pesticides et sans OGM !

 Le maire de Londres drague...

 
Le JDD.fr du 09/10 : Les appels du pied se multiplient en Grande-Bretagne à l’intention des candidats français à l’exil fiscal. Cette fois, c’est au tour de Boris Johnson, le maire conservateur de Londres, qualifiant le récent tour de vis fiscal de François Hollande de pire « tyrannie » depuis la Révolution française ! Il a ajouté qu’il était « très content d’accueillir les Français talentueux à Londres s’ils viennent alimenter notre économie, si et seulement s’ils ne viennent pas épuiser nos ressources nationales ». Londres accueille déjà une population française, estimée entre 300.000 et 400.000 personnes, à tel point que la capitale britannique est parfois appelée la « sixième ville française ». En juin dernier, David Cameron, le Premier ministre britannique, avait lui aussi promis de « dérouler le tapis rouge » aux patrons tentés de s’exiler en raison du projet de François Hollande de créer une taxe de 75% sur les très hauts salaires.
 
Il y a quelques jours, la Grande-Bretagne avait envoyé un « message codé » à Paris, en accordant une rare distinction honorifique à Bernard Arnault. Le patron de LVMH, qui a créé la polémique en France en demandant la double nationalité belge, s’est ainsi vu remettre le KBE (Knight Commander of the Most Excellent Order of the British Empire) par la Reine Elisabeth II en reconnaissance de sa contribution à l’économie britannique.
 

 Lobby du privé

 
Le Point.fr du 09/10 : La situation est ubuesque. Quelque 80 communes du Maine-et-Loire n’ont pas d’école primaire publique. Les parents sont ainsi contraints d’inscrire leurs enfants dans le privé, au risque de se retrouver dans une situation financière délicate. Malgré tout, le mécontentement ne se fait pas entendre. Selon RTL, les familles désireuses de faire ouvrir des classes publiques y sont fortement découragées par le lobby de l’enseignement privé, très actif dans la région. Insultes, lettres anonymes, intimidations, menaces de dénonciation à l’administration fiscale : le moins qu’on puisse dire, c’est que les pro-public sont personæ non gratta et sont fortement incités à se taire.
 
Ainsi, au Longeron, petite ville de plus de 2 000 habitants, l’école publique a fermé dans les années 1950. Le maire s’est confié au micro de RTL : « La loi stipule que l’école publique est obligatoire, ce qui donne toute légitimité à la demande, mais d’un autre côté, il y a le bon sens et la raison. Aujourd’hui, nous avons ouvert un registre : à ce jour, il y a 19 inscrits. Alors, est-ce que c’est judicieux de faire un investissement de un ou deux millions d’euros pour 19 élèves, alors qu’à tout juste 10 kilomètres ils viennent de fermer une classe dans l’école publique ? »
 
A priori, nul besoin de juger de la pertinence de la décision : l’article L212-2 du Code de l’éducation prévoit en effet que « toute commune doit être pourvue au moins d’une école élémentaire publique », pour peu qu’elle puisse réunir « au moins quinze enfants d’âge scolaire ». Et le maire d’expliquer qu’il veut travailler à un transport scolaire pour aider les enfants à rallier un établissement scolaire. Les parents n’ont pas attendu qu’une décision soit prise et organisent du covoiturage. Auraient-ils du mal à se fier aux promesses des pouvoirs publics ? On n’ose y croire.

 Une pilule plutôt qu’un baril

 
leMonde.fr du 10/10 : Alors que Sanofi a annoncé 900 suppressions d’emplois (sur 28 000 en France) d’ici à 2015, il est en passe de détrôner Total et de devenir la première capitalisation de la place de Paris. A la clôture, lundi 8 octobre, le groupe pharmaceutique valait 90 milliards d’euros et la compagnie pétrolière 90,6 milliards.
 
Depuis 2000, Total a toujours caracolé en tête de l’indice-phare de la Bourse de Paris. Le pétrolier est pourtant sous-valorisé par rapport à ses puissants concurrents Exxon Mobil ou Shell. Annoncé récemment aux investisseurs, son plan de cession d’actifs de 15 à 20 milliards de dollars était censé doper le titre...
 
Cet été, au moment où les dirigeants de Sanofi peaufinaient un plan social saignant, le titre gagnait allègrement 7 euros. Cette bonne fortune boursière, Sanofi la doit au rachat, en avril 2011, de l’américain Genzyme, qui l’a fait entrer dans la cour des grands de la biotechnologie. Il la doit surtout à un bon potentiel de croissance (supérieur à celui du pétrole), malgré l’expiration de certains brevets et la pression accrue des gouvernements et des assureurs santé sur les taux de remboursement des médicaments.
 
Quand Total recule de 4,5 % sur trois ans malgré d’énormes bénéfices, Sanofi progresse de 33 % .

 Renault avait tout prévu, même le suicide

 
L’Humanité.fr du 12/10 : La direction de Renault avait anticipé un éventuel suicide ou tentative de suicide des trois cadres accusés à tort d’espionnage par leur hiérarchie lors d’une affaire qui avait secoué le constructeur automobile en 2011. La direction avait rédigé à l’avance des communiqués. […]
 
Le document fait état de deux options : la première est à utiliser si « l’un des cadres a tenté de mettre fin à ses jours », tandis que la seconde est à reprendre s’il « a mis fin à ses jours ». Utilisant les formules d’usage pour de tels drames, les deux communiqués sont similaires, à l’exception d’une phrase rajoutée dans l’option 2 selon laquelle l’entreprise ... « pense particulièrement à la famille de M. xxx ».
 
« C’était de l’anticipation pure, des éléments de langage pour être prêt à répondre aux journalistes », a déclaré au Parisien Frédérique Le Grèves à l’époque directrice de la communication du groupe automobile, qui occupe désormais le poste de chef de cabinet de Carlos Ghosn, le PDG de Renault.
 
Ndlr : enfin une entreprise qui prend soin de ses employés !