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Des abeilles au lycée Guy Môquet

Ecrit le 7 novembre 2012

Une abeille, c’est fait pour butiner les toits dans la verte campagne et nous offrir le miel, le pollen, la propolis, la cire, la gelée royale. Et le pollen qu’elle transporte féconde les fleurs et apporte les fruits.

 Les campagnes insecticidées, monsantomisées, gauchotées

Patricjk Pérès et les élèves

Oui mais les campagnes sont de plus en plus polluées, insecticidées, monsantomisées, régentées, gauchotées et les abeilles meurent, par milliers. Patrick Pérès, apiculteur à Villepôt, parle de 50 % à 75 % de mortalité des abeilles en campagne. C’est angoissant. « On peut envisager la disparition des abeilles vers 2035 ». « Sur le pays de Châteaubriant   j’élève des reines et des abeilles, sinon il n’y en aurait plus » dit-il.

Or, d’après Einstein, si les abeilles disparaissaient complètement, la vie sur terre n’aurait plus que quelques courtes années à perdurer. Il n’y aurait par exemple plus aucun fruit. Les arbres actuellement en vie continueraient à avoir des fleurs, mais ces dernières ne feraient pas de fruit, et bien entendu, pas de graine. Avec la disparition des plantes, disparaîtraient tous les animaux qui s’en nourrissent, tous les animaux carnivores … et l’homme omnivore.

Ce ne serait sans doute pas si radical mais il faut savoir que les abeilles assurent 80 % à 90 % de la pollinisation des plantes. Sans elles, sur la table du petit déjeuner, il n’y aurait ni confiture, ni jus d’orange, ni café. Ou, du moins, pas au même prix ni à une telle qualité. Et il faudrait trouver des mesures compensatoires aux coûts exorbitants. 

Un exemple frappant : sur les contreforts de l’Himalaya, l’espèce sauvage qui pollinisait les pommiers a disparu. Alors les villageois le font à la main. Ou, plutôt, au plumeau. Un exemple plus proche : au printemps il a fait froid trop longtemps, les abeilles ne sont pas sorties. Nous aurons peu de pommes cet hiver.

 Drame de l’ignorance

Sur le toit du lycée, la reine de l’une des ruches s’est envolée, entraînant une bonne partie de sa colonie. Elle a élu domicile du côté de l’étang de Choisel dans une cheminée assez haute, qui ne dérangeait personne. Sauf que les propriétaires ont fait intervenir les pompiers et ceux-ci, à doses massives d’insecticide, ont détruit la colonie, laissant les débris de la ruche dans une brouette. Les abeilles du voisinage, attirées par le miel qui y restait, sont venues faire un festin insecticidé et ont transporté ce miel pollué dans les ruches des alentours.… d’où une mortalité importante des abeilles. Finalement les propriétaires ont mis le feu à la brouette. Ca brûle bien le miel !

Tout ceci est le résultat de l’ignorance !
Patrick Pérès est allé faire une information chez les pompiers et leur a appris la grande étendue de la biodiversité : les abeilles sont très utiles mais les guêpes et les frelons le sont aussi… sauf le frelon asiatique !

 La ville, un refuge pour les abeilles

Fuyant la campagne, les abeilles se réfugient en ville où les températures plus clémentes, la diversité des plantations, les méthodes de culture sans engrais et sans pesticides, la multiplication des espaces verts, les plantations sur les terrasses et les bords de fenêtres, leur assurent des fleurs à butiner pour une bonne partie de l’année. Savez-vous que … une abeille butine 700 fleurs par jour dans un périmètre de trois kilomètres autour de la ruche, sur 100 000 à 120 000 hectares ?

Le Lycée Guy Môquet, à Châteaubriant, s’est engagé dans une démarche d’éco-responsabilité et c’est dans ce cadre que Patrick Pérès est venu faire des séances de formation et d’information dans les classes, renouant ainsi avec la tradition ancestrale des « leçons de choses ». Et deux ruches ont été installées sur les toits du lycée. Dans l’une d’elles, la colonie a essaimé : il n’y a pas eu de miel. Mais l’autre ruche a produit 15 kg de miel « toutes fleurs ». « L’an prochain nous mettrons une trappe à pollen, pour pouvoir étudier l’environnement en classe au microscope » disent les enseignants.

On goûte le miel

Dans le cadre de la reconstruction du lycée Môquet/Lenoir, une mare est prévue. « Nous choisirons les plantes qui feront plaisir aux abeilles » a dit le proviseur M. Dubroca, en remerciant les enseignants et les agents techniques de l’établissement « qui sont à la pointe du mouvement d’éco-responsabilité » Le personnel du lycée avec Patrick Pérès

Que deviennent les abeilles pendant l’hiver et comment se défendent-elles du froid ?

A Paris, le thermomètre est descendu souvent en dessous de zéro et la neige est parfois tombée abondamment. Mais les abeilles qui peuplent les ruches savent parfaitement se défendre des rigueurs de l’hiver. En effet, elles adaptent leur comportement. Par exemple, elles font une réserve de pollen et surtout de miel à la belle saison (il faut une vingtaine de kilos de miel dans la ruche à l’entrée de l’hiver pour couvrir les besoins de la colonie).

Et puis, à l’entrée de l’automne, on assiste à une réduction importante du nombre d’occupants : de 50.000 ouvrières en mai et juin, la ruche peut descendre progressivement jusqu’à 20.000 abeilles en décembre ou janvier. Cela fait beaucoup moins de bouches à nourrir. Les abeilles d’hiver aux réserves adipeuses abondantes et capables de vivre 6 mois, remplacent peu à peu les abeilles d’été à la vie courte (6 semaines environ).

Plus remarquable encore est la capacité de ces abeilles à se réchauffer mutuellement et à protéger la reine. Pour cela elles se regroupent, se serrent les unes contre les autres jusqu’à former une sorte de boule que l’on nomme la « grappe ». En même temps, elles consomment du miel et font vibrer leurs muscles à la manière d’un frisson prolongé. Cela produit de la chaleur qui maintient le centre de la grappe à une température voisine de 30° C. Et par un mouvement de rotation similaire à celui des Manchots empereurs formant la « tortue » sur la banquise pour se défendre du blizzard, les abeilles se trouvent tour à tour l’intérieur puis à l’extérieur de la grappe ayant ainsi la possibilité de se réchauffer et de protéger les autres membres de la colonie. Pas folle l’abeille !

Source : les abeilles à Paris

 Des abeilles et des hommes

Au royaume fabuleux des abeilles, dans la pénombre, une étroite pyramide dorée, décapitée par des abeilles affairées, s’ouvre peu à peu : deux grands yeux apparaissent, puis des antennes tâtent prudemment ce qui les entoure. La reine sort lentement de son sarcophage doré… Plus tard, elle s’envolera vers le soleil, suivie par un essaim de faux bourdons. C’est son vol nuptial. Après chaque accouplement, le mâle tombe du ciel, raide mort. De retour dans la chaude obscurité du nid, les autres abeilles tournoient autour d’elle, font sa toilette, la nourrissent : la reine s’installe pour pondre des œufs (jusqu’à 2000 par jour)…
Film à voir au Nozek, à Nozay, le 7 novembre

Sur les toits du Conseil Général