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Mée-disances du 14 novembre 2012

Ecrit le 14 novembre 2012

 Le déshonneur de Merck

 
Marianne du 06/11 : Qu’un laboratoire pharmaceutique gagne de l’argent en vendant des médicaments, personne ne songerait à le contester. Le rapport annuel de Merck nous apprend que l’Erbitux contribue à cette tâche avec brio : ce « blockbuster » des thérapies contre le cancer est numéro 2 de ses ventes. En 2011, le médicament a généré à lui seul un chiffre d’affaires de 855 millions d’euros (+4,3% par rapport à 2010) et contribué à hauteur de 15% aux ventes totales de Merck, qui a dégagé une trésorerie de 1,2 milliard d’euros (+14%). Joli.
 
Mais il faut croire que ça n’est pas assez pour éponger quelques retards de paiement. Le 3 novembre dernier, en effet, le laboratoire Merck a fait savoir, par son directeur financier, qu’il avait cessé de livrer l’anticancéreux Erbitux aux hôpitaux publics grecs en raison de factures impayées.
 

 Amiante

 
Lexpress.fr du 08/11 : Martine Aubry a été mise en examen pour « homicides involontaires » dans une des enquêtes sur le drame de l’amiante. Un feu de paille médiatique qui détourne de l’essentiel, pour François Desriaux, vice-président de l’Association nationale des victimes de l’amiante (ANDEVA) : 

 · Martine Aubry proteste contre sa mise en examen en répétant que ce qu’on lui reproche date de 25 ans. Cela ne risque-t-il pas de nuire à votre combat ?
Effectivement, la presse se focalise sur cette mise en cause judiciaire de Martine Aubry, car c’est une personnalité politique très connue. Cette effervescence fait oublier que ce sont des dizaines de responsables politiques et administratifs, en fonction entre 1977 et 1995, qui devraient s’expliquer devant la justice. 

· Sont-ils responsables ?
Depuis 1977, les spécialistes savaient que les mesures prises ne permettaient pas de protéger les salariés du risque de cancer. Et jusqu’en 1995, aucun des responsables politiques et administratifs qui avaient en charge la prévention du risque amiante n’a pris les décisions qui s’imposaient. 

· Pourquoi ne l’ont-ils pas fait ?
Ils étaient manipulés par les industriels de l’amiante, un lobbying criminel. Cela se passait surtout au sein du CPA, le Comité permanent amiante, qui, entre 1982 et 1995, décidait de fait de la politique des pouvoirs publics. Le CPA était contrôlé par les industriels. Et au sein de ce CPA, des représentants de la Direction des relations du travail, mais aussi de la Direction générale de la santé, de celle de l’Industrie et de l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS) ont apporté leur caution. 

· Quelle est la responsabilité spécifique de Martine Aubry ?
A partir des éléments du dossier en notre possession à ce jour, rien ne permet d’établir qu’elle ait une responsabilité personnelle distincte de la responsabilité générale des pouvoirs publics. 

· Votre principale préoccupation n’est-elle pas la lenteur de la justice ?
Cette affaire se trouve entre les mains de la justice depuis seize ans. Il y a des dizaines de milliers de morts, et la Chancellerie ne se décide toujours pas à donner à la juge d’instruction Marie-Odile Bertolla-Geoffroy des moyens suffisants pour qu’elle puisse conclure son instruction judiciaire. Il serait temps que cela change ! 

 Délation

 
Ouest-France du 08/11 : Après trente années de vie commune et trois enfants, un couple de sexagénaires se sépare. L’homme, connaissant les penchants pour l’alcool de son ex-concubine, l’invite pour lui présenter sa nouvelle compagne, le 21 septembre dernier. Après avoir bu quelques verres, l’ex repart au volant de son véhicule, qu’elle conduit sans assurance. Elle sera contrôlée peu de temps après au volant avec un taux de 1,80 g d’alcool par litre de sang.

Un contrôle loin d’être inopiné. C’est son ex-compagnon qui a appelé les gendarmes pour leur dire qu’elle conduisait ivre et sans assurance.

Citée le 7 novembre devant le tribunal correctionnel de Coutances, la prévenue, 68 ans, reconnaît ses problèmes avec l’alcool. Son avocat évoque le contexte singulier du contrôle : « La délation, ce n’est pas très beau ». Tenant compte de ce contexte particulier, le tribunal a décidé d’ajourner son jugement dans six mois. Le temps pour la prévenue de prouver qu’elle a définitivement tourné la page de l’alcool. Elle pourrait être dispensée de peine.
 
Ndlr : la nouvelle compagne devrait se méfier !

 Mariage homosexuel

 
Ouest-France du 05/11 : Les couples de même sexe peuvent s’unir civilement depuis 1999 et l’instauration du Pacs. Une forme d’union qui offre des droits assez proches de ceux du mariage et qui est plébiscitée par… les couples hétérosexuels.

Le projet de loi présenté le 7/11 en Conseil des ministres a pour but de permettre aux couples homosexuels de se marier, conformément à un engagement de campagne de François Hollande.

Le « mariage pour tous » sonne-t-il la mort du Pacs, le pacte civil de solidarité, instauré en 1999 par le gouvernement Jospin, et qui permet à des couples, homosexuels ou hétérosexuels, de s’unir civilement ? Pas vraiment : selon l’Insee, 95 % des Pacs conclus en 2010 l’ont été entre personnes de sexes opposés. Alors que le nombre de mariages régresse depuis dix ans, le nombre d’unions a bondi. Selon l’Insee, 205 000 Pacs ont été contractés en 2010, contre 22 000 dix ans plus tôt.

Quelle différence entre Pacs et mariage ?
Les couples, qu’ils soient pacsés ou mariés, déclarent leurs revenus ensemble, sont exonérés de droits de succession, et peuvent partager leur assurance-maladie ou décès. Leurs biens, en revanche, ne sont pas soumis au même régime : séparation de biens pour les couples pacsés, régime de la communauté pour les couples mariés. Mais dans un cas comme dans l’autre, il est possible de modifier cet état de fait, en recourant à l’indivision dans le cadre d’un Pacs, au contrat de mariage pour un couple marié.

C’est en cas de séparation ou de décès que les deux types d’union se distinguent. Il est plus simple et plus rapide de « se dépacser » que de divorcer. Et, contrairement au mariage, le Pacs ne prévoit pas de prestation compensatoire. Il protège civilement et fiscalement, en offrant plus de souplesse que le mariage, d’où son succès. En cas de décès, seul le mariage permet au veuf/à la veuve de bénéficier d’une pension de réversion et de récupérer l’usufruit des biens du défunt. Le Pacs ne rend pas héritier l’un de l’autre et nécessite d’être complété par un testament.

 Dépassements

 
NouvelObs du 31/10 : cet enseignant n’est pas spécialement près de ses sous. Mais chez le chirurgien consulté pour un cancer de la prostate, il est tombé de haut : « A la fin de l’entretien, il m’a annoncé la couleur : 1.000 euros pour lui, 500 pour l’anesthésiste. En plus du tarif remboursé par l’assurance-maladie. J’étais scotché ! » Nourri au lait de notre bonne vieille sécu, habitué à son généraliste de village au tarif de base, il s’est tourné vers la mutuelle des profs. Mauvaise surprise. La MGEN ne rembourse pas les dépassements d’honoraires. [...]
 
C’est pour éviter ce type de déboires que la ministre de la Santé a sommé l’assurance-maladie, les syndicats de praticiens et les mutuelles de trouver un accord sur les dépassements d’honoraires, qui n’ont cessé de croître depuis leur autorisation en 1980.

Même si 11% seulement des généralistes et 40% des spécialistes font payer au-dessus du tarif sécu, la note des dépassements est de plus en plus salée : 2,5 milliards d’euros l’an dernier. Et le constat est sans appel : la sécu ne rembourse plus que 55% des soins de ville. […].