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Mée-disances du 28 novembre 2012

Ecrit le 28 novembre 2012

 Archaïsme modernisé

 
Courrier international du 22/11 : L’écrivaine saoudienne et militante des droits des femmes Badriya Al-Bishr se moque des « progrès » techniques du royaume, alors que son pays reste arc-bouté sur ses archaïsmes. L’administration se sert désormais non plus de formulaires papier mais de moyens informatiques pour savoir si le mari ou le père d’une femme lui a donné son autorisation de quitter le pays.
 
Qui plus est, ce « tuteur mâle » reçoit un SMS quand la femme franchit la frontière. C’est la simple confirmation d’une triste réalité : les femmes n’ont pas le droit de voyager seules à l’étranger. Elles doivent toujours non seulement obtenir l’accord d’un « tuteur mâle », mais également être accompagnées par celui-ci. Au point qu’une bourse octroyée à une jeune Saoudienne par le gouvernement de son pays pour des études à l’étranger entraîne généralement... un long congé payé à l’étranger pour un de ses frères.
 
Ce grand bond en avant dans le retour en arrière ne fera sans doute pas bondir grand monde dans les divers milieux qui courtisent l’opulente Arabie saoudite en ces temps de révolution arabe trahie.

 Feux de l’Amour

 
Lexpress.fr du 23/11 : Un quinquagénaire de Créil, dans l’Oise, a tiré au 357 Magnum sur son frère alors qu’ils regardaient ensemble la télévision. L’un des deux aurait traité une actrice des Feux de l’Amour de « prostituée » - ce qui aurait fortement déplu au second. Furieux, il aurait pris une arme et aurait fait feu. Mais l’agresseur aurait « fait exprès de mal viser », et la victime n’a que légèrement été blessée par les éclats du projectile. 

Les policiers, alertés, ont mis fin à la querelle... et découvert de nombreuses armes et munitions détenues illégalement par le fan des Feux de l’Amour. Souffrant de problèmes cardiaques, le tireur a été hospitalisé et devrait être mis en examen pour tentative d’homicide. 
 
Ndlr : tout rapprochement avec l’UMP… !

 Le nerf de la guerre

 
Challenges.fr du 22/11 : L’état des finances de l’UMP est catastrophique : le parti d’opposition accuse une dette gigantesque, de 50 à 70 millions d’euros. La situation est d’autant plus inquiétante que l’UMP ne pourra plus compter en 2013 sur les 30 millions d’euros de financement public qu’elle a touchés pour l’année 2012. Le parti dirigé par Jean-François Copé ne devrait plus recevoir que 20 millions d’euros. Si tout se passe bien...
 
Selon des informations recueillies par Challenges, l’ancien ministre de l’Économie François Baroin, soutien de Fillon, cherche à fédérer un groupe de parlementaires en marge du groupe UMP, présidé par le copéiste Christian Jacob. Si cette idée devenait réalité, le parti devrait faire avec quelques millions d’euros de moins. 
Depuis la loi de 1988, le financement public des partis politiques repose sur deux « fractions ». D’une part, le nombre de voix obtenues au premier tour des élections législatives : chacune d’entre elles garantit 1,68 euro par an aux partis qui ont fait 1% des suffrages dans au moins 50 circonscriptions. A ce titre, l’UMP, qui a obtenu un peu plus de 7 millions de voix le 10 juin dernier, peut espérer près de 12 millions d’euros, desquels il faut retrancher 5 millions d’euros environ pour non-respect de la parité. Soit 7 millions d’euros. 
 
D’autre part, chaque parlementaire qui se revendique d’un parti lui apporte environ 42.000 euros par an. Avec 196 députés et 131 sénateurs, l’UMP peut attendre 13 millions d’euros. Sauf si des élus refusent finalement d’endosser ses couleurs... La date fatidique est proche : c’est le 30 novembre que les députés et sénateurs doivent déclarer à qui ils veulent verser ces 42.000 euros. Vu le contexte actuel, les parlementaires soutenant François Fillon (151, selon le Monde) pourraient décider de « tuer » Jean-François Copé en l’étranglant financièrement. 151 députés à 42.000 euros, ça fait plus de 6 millions d’euros... […] Si elle paraît audacieuse politiquement, la manœuvre est tout à fait possible. Et la menace semble prise au sérieux par Jean-François Copé…

 Exilés fiscaux

 
Le Point.fr du 23/11 : En septembre, les Bernois refusaient l’abolition du forfait fiscal. Mais cette fois, ce sont tous les Suisses qui doivent se prononcer sur l’initiative   populaire « Halte aux privilèges fiscaux des millionnaires » lancée par les socialistes, les Verts et plusieurs syndicats.
 
Le riche étranger n’est pas imposé en fonction de ses revenus et de sa fortune, mais de ses dépenses. C’était jusqu’à présent cinq fois la valeur locative de son logement. L’impôt vient de passer à sept fois. Sur les 5 500 heureux bénéficiaires de forfaits fiscaux, 2 000 sont de nationalité française. Depuis quelques années, cet impôt très inégalitaire (les Suisses fortunés ne peuvent pas en profiter) est de plus en plus contesté. Les Suisses reprochent aux « forfaitaires » de ne pas jouer le jeu, à savoir, résider au moins six mois de l’année dans le pays, y dépenser leur argent, y inscrire leurs enfants à l’école, y verser leur obole lors des fêtes paroissiales... En outre, il ne rapporte que peu d’argent au pays : 535 millions d’euros en 2010. Après Zurich, les cantons de Schaffhouse et d’Appenzell Rhodes-Extérieures, Bâle-Ville et Bâle-Campagne ont décidé de l’abolir. En revanche, Saint-Gall, Thurgovie, Lucerne et Berne ont choisi de le maintenir. Au niveau des 26 cantons et demi-cantons de la Suisse, il est difficile de se livrer à un pronostic.
 
Certes, la gauche a toujours été minoritaire en Suisse, mais l’électorat de droite n’approuve pas pour autant ces privilèges uniquement accordés aux étrangers. L’Agefi, le quotidien suisse de la finance, évoque « une pratique d’imposition contestable », ajoutant : « Le problème, c’est que les chances d’une victoire complète de la gauche paraissent très élevées. »

 Pourboire

 
La tribune.fr du 21/11 : quelques jours après l’annonce d’une hausse de la TVA dans la restauration, le patron de l’UMIH, principal syndicat du secteur hôtelier voudrait inciter le personnel des restaurants à se montrer encore plus accueillant : « En France, le service n’est pas le point fort. On doit donc former des serveurs pour qu’ils soient souriants, pour qu’ils aiment faire plaisir (...). On doit professionnaliser ce travail, créer des vraies vocations ». Autre piste à l’étude : une prime d’intéressement sur les bénéfices réalisés par les restaurants.
 
Le patron de l’UMIH a toutefois nuancé son propos, affirmant qu’il s’agissait d’une piste à l’étude seulement : « Nous faisons attention à la précarité, à la perte de pouvoir d’achat ». Pourtant la proposition avait l’air d’être prise au sérieux. Pierre Moscovici a ainsi indiqué que l’idée serait « examinée », tout en mettant en garde contre les risques de précarisation.

La précarisation est au premier rang des inquiétudes des représentants des salariés. L’idée d’une rémunération au pourboire est jugée « scandaleuse » par Stéphane Fustec, secrétaire adjoint de l’Union syndicale commerce CGT. En effet, si la proposition était appliquée, « les serveurs auraient intérêt à être moins nombreux et à réaliser le plus d’heures possibles, ce qui constituerait un danger pour leur santé et pour l’emploi ». Aussi se dit-il étonné de cette proposition, qui intervient « après des négociations sur la convention collective ».

En outre, le pourboire n’étant pas dans la « culture » française, la part variable du salaire des serveurs et serveuses risquerait d’être réduite à la portion congrue. « Dans notre pays le pourboire se fait rare », convient ainsi Stéphane Fustec qui ajoute que c’est le cas même dans le secteur du luxe. « En dehors des anglo-saxons qui en ont l’habitude et des ressortissants des émirats arabes unis, les clients sont rares à laisser des pourboires », constate le représentant syndical. Une situation qui s’explique notamment par l’utilisation des cartes bancaires qui limite la manipulation de monnaie.