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Notre-Dame des Landes : 65 cartes déchirées

Ecrit le 12 décembre 2012

Le communiqué de la section PS de Moisdon/St Julien (qu’on n’entend guère habituellement) au sujet du projet d’aéroport à NDDL (Notre Dame des Landes), a provoqué de nombreuses réactions, verbales ou écrites, au point qu’on se demande si elle va en tirer le bénéfice qu’elle escomptait peut-être ...

Quelques exemples :

Thierry Viavant, de Vigneux de Bretagne, commente : « On se demande parfois si l’on vit dans le même monde. Celui ou celle qui a écrit cette « Lettre de la section PS » prend vraiment les gens pour des idiots. Qu’il ou elle explique à ses amis combien ce nouvel aéroport va coûter réellement et cela pour plus de 50 ans, emprunt + contrat Vinci oblige. Et que rien n’obligera cet établissement et autres Éts de service qui graviteront autour, d’embaucher les enfants du pays de la Mée puisque l’on est dans un système ouvert. Qu’il ou elle leur explique. Pas de boulot, une dette énorme à rembourser, Merci chers parents » (...).

« Cet aéroport ne doit pas voir le jour, n’en déplaise à notre premier ministre mégalo et aux différents acteurs favorables à ce projet inutile. Même les CRS constatent que l’on va vers un enlisement et que les cabanes détruites aujourd’hui seront reconstruites demain et que le terrain sera continuellement réinvesti. Pour une fois ils ont tout compris. La stratégie de la terre brûlée qu’Ayrault essaie de mettre en place à NDDL n’est pas simple tant qu’il y a des petits oiseaux et des résistants pour les protéger. Ce projet met aussi en lumière la fin d’un cycle d’abondance. Le temps des cerises n’est plus. Si l’on veut que le maximum de gens vivent correctement, il va bien falloir faire preuve d’intelligence et de plus de solidarité entre les peuples et de fait combattre tous ceux qui veulent s’accaparer les richesses de la Terre. C’est une évidence, le 21e siècle sera violent et trouver sa place dans ce monde sera de plus en plus difficile. J’espère simplement qu’à l’issue de cette tourmente, l’humanité y gagnera en sagesse et partage ».


Ecrit le 12 décembre 2012

René Bourrigaud, Treffieux :

 S’il vous plaît, merci de nous décompter de votre majorité !

Dans le seul communiqué que la Mée a choisi de reproduire intégralement à propos de Notre-Dame-des-Landes dans son numéro daté du 5 décembre,la section PS des cantons de Moisdon-la-Rivière et St-Julien-de-Vouvantes écrit, à propos des dernières législatives, que « les deux principaux candidats clairement favorables au projet (PS et UMP), ont recueilli plus de 67% ». Et l’auteur du communiqué ajoute : « Cela ne s’appelle-t-il pas une majorité évidente ? »

Comme beaucoup d’autres militants syndicalistes et associatifs, je fais partie de ceux qui votent constamment à gauche, mais pas toujours pour le même parti, selon les circonstances et la valeur des candidats. J’ai donc voté à gauche, aux dernières législatives, et donc forcément pour le candidat PS au second tour. Mais je demande officiellement qu’on ne nous comptabilise pas dans la « majorité évidente PS et UMP » autour de NDDL. Sans être investi dans la lutte contre cet aéroport, comme la plupart de mes amis, je me rends de mieux en mieux compte à quel point ce projet se révèle de plus en plus « décalé », au fur et à mesure que le débat s’approfondit et qu’il devient enfin démocratique, parce que les citoyens s’en emparent. En matière de démocratie, il ne faut pas confondre « masse amorphe et suiviste » – parce que mal informée – et débat fondé sur de véritables argumentations de fond.

Ce projet est « décalé » par rapport à quoi ? Notre-Dame-des-Landes est un « cas pratique » qui permet de vérifier si les discours électoraux sont véridiques ou non. Tout le monde aujourd’hui, à gauche comme à droite, évoque la crise de l’énergie, le passage du pic pétrolier, la nécessité de trouver des alternatives à une forme de développement dévoreur d’énergies non renouvelables. Semblant nager dans le sens de ce courant, notre député PS se présente même comme un agriculteur « bio », membre de la Confédération paysanne qui prône l’agriculture paysanne et la consommation des produits locaux. Alors je voudrais lui poser une seule question : A-t-on besoin d’un nouvel aéroport international pour développer la consommation des produits locaux ?

signé : René Bourrigaud


Ecrit le 12 décembre 2012

Le collectif de Châteaubriant :

 65 Cartes déchirées

Le collectif qui, tous les vendredis soirs, manifeste à la mairie de Châteaubriant, se dit déçu des positions du Député : « Parmi les opposants à NDDL, beaucoup ont contribué à sa récente élection. Mais aujourd’hui, voyant notre député, plutôt que nous représenter, devenir le valet servile des bétonneurs, nous le désavouons publiquement.

C’est pourquoi, ce vendredi, pour manifester notre déception et notre colère citoyenne, 65 personnes ont déchiré leurs cartes d’électeurs et les expédieront directement à François Hollande, Président de la République. Par ce geste, nous lui signifions que, seulement six mois après son accession au pouvoir, le peuple dont le cœur bat au rythme de celui des Landes de Notre Dame, ce peuple, déjà, ne lui répond plus ». 


Ecrit le 12 décembre 2012

La Confédération Paysanne :

 L’emploi de demain

Au niveau national, la Confédération Paysanne a pris position le 7 décembre : « A l’heure des défis alimentaires et énergétiques à relever, au moment même où se tient à Doha la conférence sur le changement climatique, où il faudra produire mieux avec moins, le gaspillage de la terre agricole est insupportable. La terre arable, la terre nourricière est un bien à préserver et non à massacrer, à bétonner… Il ne suffit plus de parler de préserver les espaces agricoles, comme cela est écrit dans tous les projets d’aménagement et de développement durable, il faut le faire !

Nous avons perdu 160 000 emplois paysans en 10 ans – l’équivalent de deux plans sociaux PSA/Citroën par an – dans la plus grande indifférence (...). La disparition des paysans n’est pas due à la seule artificialisation des terres, mais à la volonté de restructurer pour faire face à la fameuse compétitivité qui est le grand totem du libéralisme. En ce moment on entend partout que l’on a laissé la France se désindustrialiser, veut-on faire la même chose en matière agricole en laissant disparaître les paysans ? »

« Alors aujourd’hui, nous disons STOP, la Confédération paysanne soutient les paysans qui défendent leur activité, qui résistent et qui luttent pour préserver leur outil de travail : la terre, ici à Notre-Dame-Des-Landes mais aussi dans tous les pays où cela se produit, toujours au nom de ce fameux développement économique qui s’accapare des terres ».

« De nombreux jeunes veulent devenir paysans, veulent travailler dans et avec la nature, veulent cultiver la terre, veulent produire pour approvisionner les marchés de proximité ou les cantines scolaires, nourrir leurs voisins, participer au développement économique de leur territoire, développer des projets de vie basés sur la relocalisation. Alors pour eux, pour nos enfants, pour tous ceux qui veulent continuer à vivre de la terre, nous refusons ce nouvel aéroport de NDDL, alors qu’il existe déjà un aéroport qui peut être adapté pour répondre aux besoins d’échanges actuels et à venir. En l’occurrence l’aéroport de Nantes Atlantique avec ses 320 ha peut accueillir un trafic de plus de 10 millions de passagers, comme c’est le cas de nombreux aéroports internationaux. A l’inverse, combien de terres nouvelles seront nécessaires et viendront encore s’ajouter aux 1650 ha prévus pour les accès (ferroviaire ou routier), pour les infrastructures complémentaires, pour de nouveaux aménagements. Il est encore temps d’arrêter l’escalade, d’arrêter cette fuite en avant ! »

« Nous n’avons plus le droit de perdre des emplois, nous n’avons plus le droit de perdre des terres, car elles seront indispensables demain pour produire l’alimentation de nos enfants ».