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Palestine, élections, piège à bombes

Ecrit le 5 décembre 2012

 Elections, piège à bombes

Les Palestiniens ont un truc infaillible pour se souvenir des dates des élections israéliennes. Quand les bombes commencent à leur tomber dessus, c’est qu’elles approchent. M. Netanyahou, le 14 novembre 2012, a ainsi lancé sa campagne avec l’assassinat à Gaza du chef militaire du Hamas, Ahmad Jahari, deux mois avant le scrutin du 22 janvier 2013 où il espère bien se succéder à lui-même. Un missile palestinien a répliqué, faisant trois morts israéliens. Il s’en est suivi une semaine d’hostilités meurtrières, qui ont coûté la vie à 163 Palestiniens et six Israéliens.

Une trêve a finalement eu lieu le 21 novembre.

 A l’ONU

Jeudi 29 novembre 2012, la Palestine a été reconnue comme EONMONU « Etat Observateur Non-Membre de l’ONU », par l’assemblée Générale de l’ONU, (138 ont voté pour, 9 contre et 41 se sont abstenus). La France a voté pour. Les Etats- Unis n’excluent pas des représailles financières. Israël a parlé de mesures de rétorsion, comme la réduction du nombre de permis de travail pour les Palestiniens.

C’est un événement historique, l’acte de naissance de la Palestine, reconnue pour la première fois comme un Etat. La résolution adoptée appelle à une reprise des négociations israélo-palestiniennes pour qu’un Etat de Palestine puisse coexister « aux côtés d’Israël en paix et en sécurité, sur la base des frontières d’avant 1967 ». (c’est-à-dire 22 % des terres de la Palestine historique).

Dans son discours de demande, Mahmoud Abbas a dénoncé « la politique de colonisation [qui] menace aussi la structure, voire l’existence de l’Autorité palestinienne. Tout ce que fait Israël est constitué de mesures unilatérales... c’est l’armée israélienne qui décide de confisquer nos terres, notre accès à l’eau » (…) « Nous sommes le dernier peuple de la planète sous occupation. Je suis venu aujourd’hui depuis la Terre sainte, et je dis après 63 ans de souffrance, ça suffit. Il est temps que le peuple palestinien obtienne sa liberté. (…) Aujourd’hui, l’heure de la Palestine a sonné. Aujourd’hui, les Palestiniens doivent vivre sans crainte ; les enfants doivent aller aller à l’école sans être confrontés à des barrages. Les paysans palestiniens doivent pouvoir cultiver leur terre sans crainte, sans que les oliviers soient arrachés par les colons ».

Rétorsion ! Dès le lendemain du vote, le gouvernement israélien a donné son accord pour la construction de 3 000 nouveaux logements pour des Juifs en Cisjordanie occupée, notamment à Jérusalem-Est. Et il a annoncé dimanche 2 décembre, qu’il bloquait le transfert des taxes collectées par Israël au profit de l’Autorité palestinienne (environ 92 millions d’euros) .


Ecrit le 5 décembre 2012

 Cé quoi un EONMONU ?

Un Etat observateur non membre de l’ONU ne peut pas siéger à l’Assemblée des Nations Unies en tant que membre de plein droit (pouvant voter des résolutions, prendre part aux décisions du Conseil de sécurité...), mais il peut adhérer à de nombreuses organisations ou traités internationaux, comme la Convention de Genève sur la protection des civils et surtout la Cour Pénale internationale. C’est ce que craignent le plus Israéliens et Américains. La Palestine pourrait alors porter plainte contre Israël. L’Autorité palestinienne a d’ailleurs dit qu’elle s’en réservait le droit, afin d’obliger l’Etat hébreu à renoncer à sa politique de colonisation en Cisjordanie.


Note du 19 décembre 2012

Le conflit israélo-palestinien, on n’en voit pas le bout. Gilad Sharon, fils de l’ancien Premier ministre Ariel Sharon, citoyen israélien, écrit, le 18 novembre 2012 dans le Jérusalem-Post : « Nous avons besoin d’aplatir des quartiers entiers dans la bande de Gaza. Aplatissez tout Gaza. Les Américains ne se sont pas limités à Hiroshima, ils ont frappé Nagasaki, aussi. Il devrait y avoir pas d’électricité dans la bande de Gaza, pas d’essence ou des véhicules en mouvement, rien. Si cela se produisait, les images de Gaza pourraient être désagréables - mais la victoire serait rapide, et la vie de nos soldats et de civils épargnée ». L’objectif est l’exode et l’expulsion des Palestiniens de la « Terre sainte ». Comme dit Benzion Netanyahu, le père du premier ministre israélien (le 17 novembre) : « il n’y a pas deux peuples ici. Il y a un peuple juif et une population arabe […] il n’y a pas de peuple palestinien, alors on ne crée pas d’État pour une nation imaginaire ».