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Colombie et huile de palme

Ecrit le 5 décembre 2012

La hacienda Bellacruz

Ah ! L’huile de palme, c’est pas cher savez-vous, c’est pourquoi les industriels en mettent partout dans nos aliments. Céréales, margarine, crème glacée, biscuiteries, pains industriels, barres chocolatées, c’est pas bon pour la santé. De plus, les plantations de palmiers à huile entraînent la destruction de la forêt tropicale et causent le rejet très important de dioxyde de carbone dans l’atmosphère. Oui mais c’est pas cher ! Du moins pour nous ….

La Colombie est un pays qui présente une des plus fortes concentrations de la terre au monde. La distribution injuste de la propriété est une des causes principales du conflit armé interne qui sévit en ce pays depuis plus de 50 ans. Des territoires potentiellement riches en ressources naturelles sont occupés au bénéfice de macro-projets agro-industriels, miniers, énergétiques et d’infrastructure. Le CICPR   de Treffieux soutient des familles paysannes de Colombie.

Dans ce pays il y a un conflit, qui dure depuis plus de 40 ans, entre les paysans et les propriétaires fonciers de la région qui ont des projets d’élevage et d’agro-industrie. Avec des méthodes illégales et violentes, la famille Marulanda a rassemblé sous son pouvoir environ 25 000 ha. Les communautés paysannes ont exigé du gouvernement colombien une enquête

pour clarifier la situation juridique des titres de propriété. Sept biens fonciers ne disposaient pas de titres de propriété privée et étaient donc des terres dites « baldias », c’est-à-dire propriété de la nation, celles où étaient justement installées les communautés paysannes.

Le bilan de ce conflit : 46 paysans et paysannes assassinés, environ 600 familles déplacées par la force et plusieurs familles exilées, du fait de l’offensive des groupes paramilitaires.

En février 1996, un groupe paramilitaire sous les ordres de l’ambassadeur de Colombie auprès de l’Union européenne, Carlos A. Marulanda, a expulsé violemment six communautés qui habitaient sur la Hacienda Bellacruz. Débuta alors une grande lutte de résistance pacifique avec occupations de bâtiments publics pour exiger la restitution des terres et le respect des droits humains. Un grand combat qui a reçu le soutien de nombreuses organisations des droits humains et de coopération en Europe. La résistance persévérante et l’appui politique de la communauté internationale ont permis qu’au moins une partie des familles déplacées soient réinstallées sur d’autres terres, mais ces terres sont très éloignées de Bellacruz, si bien que de très nombreuses familles de Bellacruz se retrouvent dispersées dans tout le pays.

En 1997, l’ex-ambassadeur Marulanda fut démis de sa fonction, puis recherché par Interpol et détenu en Espagne pendant plus d’un an, sous l’accusation de délit de terrorisme et de paramilitarisme. Extradé en Colombie, il a été remis en liberté et disculpé, alors que son frère fut arrêté et condamné à 18 ans de prison pour les mêmes délits. Cependant la famille Marulanda détenait toujours la propriété de la Hacienda Bellacruz et a lancé un immense projet de culture de palmiers à huile, effaçant ainsi toute trace de l’existence des communautés paysannes sur ces terres.

La hacienda Bellacruz fait aujourd’hui partie du conglomérat économique « SINERGY GROUP » de l’entrepreneur Germán Efromovitch. Elle est juridiquement la propriété de l’entreprise d’huile de palme dénommée « Dolce Vista State ». Cependant la famille Marulanda, possède encore 1350 ha de l’ancienne hacienda, ce qui rend encore plus complexe le processus de restitution des terres et de réinstallation des familles.

Aujourd’hui, bien que la Cour Suprême de Justice colombienne ait ordonné au gouvernement la restitution des terres de l’Hacienda Bellacruz, rien n’a encore été fait, Et les paramilitaires reconvertis en « armée antirestitution » menacent les dirigeants des paysans qui réclament leurs terres.

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