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La jeunesse, notre avenir … sombre

Ecrit le 12 décembre 2012

L’Observatoire de la jeunesse et des politiques de jeunesse, a retenu la problématique des inégalités entre jeunes comme thème de son premier rapport.

Cette étude livre, dans un premier temps, un diagnostic sur la situation des jeunes en temps de crise, où l’on observe que le fossé se creuse entre deux jeunesses qui s’éloignent l’une de l’autre. Les jeunes les moins diplômés sont les plus fragilisés et la mise à l’écart du marché du travail les expose au risque d’exclusion sociale et professionnelle, puis, de pauvreté. Ceux qui sont diplômés, quant à eux, sont confrontés à la précarisation de l’emploi.

Le taux de pauvreté des 18-24 ans atteint 22,5 %. Depuis 2004, il a progressé de 5 points. Au total, plus d’un million de jeunes sont désormais confrontés à une situation de grande précarité. Et l’augmentation du chômage de longue durée est particulièrement préoccupante chez ces jeunes (+ 5,6 % entre 2008 et 2010). Dans la Com’Com’   du Castelbriantais, l’augmentation est de 39,6 % en un an : la fièvre ! )

En raison de l’ancrage de la crise, les auteurs du rapport soulignent l’urgence de réponses et de réformes de fond pour traiter les injustices les plus criantes, mais aussi des réformes structurelles, en particulier, du système éducatif et du régime de protection sociale, qui constituent la clé de voûte de l’intervention publique en direction de la jeunesse. Il est essentiel de repenser le fonctionnement du système éducatif, et d’atténuer le rôle du diplôme dans la détermination des trajectoires professionnelles et sociales pour offrir à chacun la possibilité de se former tout au long de la vie, et partant, des perspectives de mobilité sociale et professionnelle.

Autre exemple, il est indispensable de réviser la redistributivité des aides à l’éducation qui ne concernent que des jeunes de milieu modeste, via les bourses, ou de milieu aisé, via les aides fiscales, oubliant les jeunes des classes moyennes alors que les frais de scolarité et de logement augmentent fortement.

Le rapport s’interroge aussi sur l’égalité des droits. Plutôt que de privilégier l’indépendance du jeune, via des aides directes, l’Etat providence français favorise les solidarités familiales pour sa prise en charge. Partant, ces « grands enfants » se voient refuser l’accès à des droits sociaux universels. Même si une fraction de la jeunesse, les jeunes pauvres, est soutenue et accompagnée à travers des dispositifs spécifiques comme les fonds d’aides aux jeunes (FAJ), il y a un grand paradoxe entre la responsabilisation que l’on exige de ces jeunes vulnérables et la faible protection qui leur est accordée.

Selon Francine Labadie, chargée d’études et de recherche et chef de projet Observatoire à l’INJEP. Il faut repenser notre système éducatif : celui-ci « entend corriger les inégalités liées aux origines en favorisant le mérite, ce qui induit la compétition et la primauté donnée à une vision utilitaire de l’éducation. L’élitisme républicain est critiqué par de nombreux spécialistes soulignant la nécessaire combinaison des principes de justice : il ne faut pas seulement favoriser les plus méritants et performants, ou encore aider les plus faibles, il faut aussi, capables de comprendre les enjeux du monde qui les entoure ».

« C’est une autre approche de l’égalité des chances dont il s’agit ici. Elle induit qu’au-delà de la reconnaissance du mérite, on offre à tous les jeunes les opportunités et les moyens de construire leurs parcours, de prendre en main leur destin, dans une logique permettant à la personne de contrôler les événements qui la concernent ».