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Mée-disances du 12 décembre 2012

Ecrit le 12 déembre 2012

 On délocalise les vieux

 
L’Humanité.fr du 07/12 : Après le textile et les plates-formes téléphoniques, la dernière tendance en Allemagne est de délocaliser les… personnes âgées ! De plus en plus de familles, confrontées au coût croissant du grand âge, expédient Papi et Mamie dans des pays où elles pourront être placées dans des structures de soins plus abordables. Les contrées proches d’Europe de l’Est, comme la Slovaquie, la République tchèque ou la Hongrie, sont particulièrement prisées. Mais certains
vont jusqu’en Espagne 
ou en Thaïlande où, 
paraît-il, les «  maisons 
de retraite  » pour clientèle ouest-européenne 
se multiplient, parfois gérées par…des Allemands. Outre-Rhin, les tarifs de ces structures sont devenus inabordables pour une bonne part de la population :  le niveau 3 (niveau maximal correspondant à une assistance 24 heures sur 24) coûtait dernièrement près de 2 900 euros par mois . En Slovaquie, pour le même niveau de soins, il n’en coûte que 1 100 euros. Un argument qui fait mouche, alors que le niveau des retraites stagne depuis des années et que le nombre de personnes âgées dépendantes grimpe en flèche. L’Allemagne prévoit qu’elles seront 3,4 millions en 2030 contre 2,3 millions actuellement. Bref, cette délocalisation du grand âge risque de n’en être qu’à ses débuts. […]
 
Dans quelques semaines, lorsque la famille réunie offrira 
à Pépé un beau voyage 
à Prague, on ne saurait trop lui conseiller de 
bien regarder s’il y a 
le billet retour…

 Diplôme portugais

 
Selon le Monde.fr : « Devenir dentiste, pharmacien ou orthophoniste sans passer de concours... A Toulon, ça devient possible depuis l’ouverture, à la rentrée, d’une antenne de l’université privée portugaise Fernando-Pessoa. […] Si tout va bien, les étudiants admis sur dossier et contre un gros chèque décrocheront un diplôme portugais qui, en vertu des équivalences et des règles européennes, leur permettra d’exercer en France ».
 
Le vice-président de l’université privée, déclare : « Nous accueillerons, à terme, 50 étudiants par promotion en dentaire et pharmacie, 30 en orthophonie. Nous avons prolongé les délais d’inscription jusqu’à mi-janvier pour permettre à ceux qui auront échoué à leur semestre de première année commune aux études de santé de nous rejoindre ». Le Monde note que « l’université privée compte bien exploiter le vivier presque inépuisable des recalés du concours d’entrée en médecine. […] Les modalités pratiques du cursus restent floues : où et comment se dérouleront les indispensables stages ? Qui seront les professeurs ? Le matériel sera-t-il fourni ? ».
 
L’initiative   soulève un tollé parmi les universitaires et les syndicats professionnels qui estiment que « cet établissement à caractère privé va à l’encontre du principe même d’équité de l’enseignement supérieur et détourne directement le système des formations de santé, notamment du numerus clausus ». Au ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, l’embarras est réel : on réfléchit à une éventuelle action en justice qui pourrait porter sur l’utilisation du terme « université », mais attaquer la légalité de ce montage n’est pas évident.

 Aides sociales

 
Libération.fr du 02/12 : Selon Mme Carlotti, ministre chargée de la lutte contre l’exclusion, aujourd’hui 33% des personnes éligibles au RSA   socle (ex-RMI) ne le touchent pas, faute d’en avoir fait la demande. Le taux de non-recours atteint 68% pour le RSA   activité (complément de petits salaires) ». Quant au RSA   jeunes, c’est « un échec ». Alors qu’on tablait sur 130.000 bénéficiaires, « ils sont moins de 9.000 à en bénéficier », affirme la ministre.
 
Le renoncement à ces aides « peut s’expliquer par la complexité des dossiers, par des prestations inadaptées ou par la peur d’être montré du doigt ». S’agissant du RSA   jeunes, « son dispositif a été verrouillé avec des conditions d’accès très contraignantes ». « Aujourd’hui, il faut l’améliorer ou le compléter : 20% des jeunes vivent sous le seuil de pauvreté ».

Le RSA   socle s’élève actuellement à 417 euros, nets. Le RSA   jeunes est d’un montant identique pour les jeunes de moins de 25 ans ayant déjà travaillé au moins 2 ans au cours des 3 dernières années.
 
Une conférence nationale sur la pauvreté se tiendra les 10 et 11 décembre, et doit aboutir à un « plan quinquennal » de lutte contre les exclusions.

 EPR, l’électricité à pas cher

 
leMonde.fr du 05/12 : La dérive des coûts de l’EPR (réacteur pressurisé européen) suscite bien des craintes. L’argument avancé par EDF pour expliquer l’explosion de la facture de cette Rolls du nucléaire civil - une machine qui combine le dernier cri de la technologie et le « top » de la sécurité - est qu’il s’agit d’une évolution normale puisqu’on est, avec l’EPR, dans l’expérimentation en marche. Il ne s’agit pas d’un dérapage des coûts, mais « d’une méconnaissance à l’origine » du prix du réacteur, puisque ladite machine relève de l’innovation permanente !
 
Il y a quelque chose d’immature dans cette ligne de défense qui consiste à afficher un péremptoire « c’est la faute à personne » de la part d’un industriel qui opère dans un marché de plus en plus concurrentiel. En cinq ans, le prix du réacteur de Flamanville (Manche) est passé de 3,3 milliards d’euros à 8,5 milliards.
 
EDF a une maîtrise admirable du nucléaire, son dernier réacteur est une réalisation de très haut niveau, mais il faudra bien que l’électricien finisse par assumer ses responsabilités.
 
Evalué par EDF en 2005 à 42 €, le coût du MWh de l’EPR de Flamanville tourne aujourd’hui autour de 70 à 90 €. Les éoliennes sont aujourd’hui à 85 €/MWh. Le coût du nucléaire augmentant et celui des énergies renouvelables diminuant, les courbes vont bientôt se croiser. N’en déplaise à certains, ces énergies vont devenir concurrentielles !

 Corruption

 
Challenges.fr du 05/12 : Transparency International vient de présenter son classement sur la perception de la corruption. Avec une note de 71 sur 100, la France se situe à une piteuse 22e place mondiale et au 9e rang européen des pays perçus comme les moins corrompus.
 
« La France est pionnière en matière de conventions internationales, comme celle de 1997 concernant la lutte contre la corruption de fonctionnaires étrangers lors de transactions commerciales. Mais, ensuite, les résultats ne suivent pas du tout ». Selon un rapport publié par l’OCDE fin octobre, il y a eu à peine cinq condamnations pour fait de corruption transnationale depuis 2000. Un nombre dérisoire par rapport à nos grands voisins européens. Pour Transparency International, « le problème de l’indépendance du parquet français est notamment un point essentiel. »
 
Le Service Central de Prévention de la Corruption est rarement consulté par les pouvoirs publics avant les réformes législatives. Il ne dispose pas de pouvoir d’enquête administrative et ne peut pas être saisi directement par les citoyens. Il manque de moyens : ainsi, la Brigade Centrale de Lutte contre la Corruption ne compte que 14 agents pour tout le pays !
 
A la différence des salariés du privé, les fonctionnaires ont obligation de signaler toute faute ou délit mais aucune loi ne protège ces « lanceurs d’alerte » ; le gouvernement compte y remédier en 2013.
 
La France a des « bouffées législatives » mais elle n’applique pas suffisamment les lois qu’elle crée. En particulier, la Cour de discipline budgétaire et financière ne peut pas poursuivre les ministres et les élus locaux mais seulement les hauts fonctionnaires. […]
 
Autre point abordé : la déclaration de patrimoine que doivent fournir les élus. « Il n’y a aucun sanction ni publicité prévue dans les cas où les élus ne la remplissent pas ! » Qui plus est, la France est, selon Transparency, le seul pays européen avec la Slovénie où les responsables ne sont pas tenus de rendre publique cette déclaration, notamment sur Internet.