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2008 : grèves dans les écoles

Ecrit le 4 juin 2008

 Grèves et occupations dans les écoles

Ecole rené Guy Cadou, 26 mai

Monsieur le Ministre, faut-il bloquer l’économie pour être entendu ? Des représentants de la FCPE  , principale fédération de parents d’élèves, ont manifesté leur soutien aux enseignants qui ont bloqué la raffinerie Total à Donges pour protester contre les mesures Darcos.

« Retrait projet Darcos. Non aux nouveaux programmes ». Plusieurs écoles de la région sont occupées par des parents d’élèves : Saffré, Vay, St Julien de Vouvantes, La Grigonnais, Châteaubriant, Riaillé, Trans sur Erdre … Ils protestent contre l’alourdissement des programmes, la diminution du nombre des enseignants et les fermetures de
classes.

RG.Cadou2

A l’école RG. Cadou de Châteaubriant les parents occupent l’école sans pour autant perturber les enseignements.

 Un goûter

A l’école des Terrasses les parents ont organisé un goûter pour les enfants. Au cours de cette rencontre conviviale entre parents et enseignants chacun a pu être rassuré sur les effectifs de l’école pour la rentrée et prendre connaissance des raisons de la mobilisation de la FCPE   et de bien d’autres parents contre les mesures du ministre.

Au cours de ce goûter les parents ayant des enfants à la fois à la maternelle Marcel Viaud et à l’école des Terrasses ont affirmé leur attachement à l’école publique du centre ville et s’en remettent à la volonté et la responsabilité du maire pour maintenir l’équilibre des effectifs sur les différentes écoles de la ville. Actuellement dans certaines écoles maternelles l’effectif par classe est proche de 30 élèves alors qu’il manque deux élèves à Marcel Viaud pour éviter une fermeture de classe.

La mobilisation et la vigilance restent d’actualité. Un covoiturage sera organisé le 6 juin pour se rendre à Nantes où se réunira la commission technique paritaire qui examinera la situation de chaque école.

Pour en savoir plus : http://retrait.mesures.darcos.over-blog.com/


Ecrit le 11 juin 2008

 C’est chouette une occupation

J’ai passé avec quelques parents la semaine du 26 au 31 mai à occuper l’école René Guy Cadou à Châteaubriant pour protester contre le plan Darcos. Au passage, je souhaite bien du courage aux enseignants qui accompagneront les enfants en difficulté lors des heures supplémentaires obligatoires. Les enfants du foyer où je travaille y auront pratiquement tous droit et étant donné l’amour qu’ils portent à l’école, j’imagine la grande motivation avec laquelle ils se rendront à leurs heures de colle pour pauvres, je me vois déjà en train de galérer pour les convaincre de bien vouloir monter dans le véhicule. Au moins, ils seront prêts pour le collège, ils maîtriseront les heures de retenue.

Si nous n’avons pas fait trembler M. Darcos, ni mis en péril la République, ce temps d’occupation pacifique m’a permis de découvrir des parents, d’échanger sur toutes sortes de sujet, de plaisanter, bref de passer un bon moment malgré nos inquiétudes. J’ai toujours apprécié ces moments de révolte, 2002 et les défilés anti-Le Pen, 2003 et le mouvement contre la loi Fillon sur les retraites, 2006 et les rassemblements anti-CPE… Cela fait du bien de vérifier qu’on est pas seul à avoir des idées différentes, on ne gagne pas à tous les coups mais au moins, on ne marche pas la tête basse en pleurnichant sur son pauvre sort.

Alors, merci M. Sarkozy (le seul mec qui pouvait me faire regretter Chirac), merci l’U.M.P, tant que vous serez là, nous aurons beaucoup d’occasions de nous retrouver, d’être solidaires, de nous retrouver dans la rue plutôt que de regarder les beaux programmes de TF1.

Et si, les vacances arrivant, vous allez pouvoir sans doute souffler un peu, rendez vous en septembre…

 

Florent Chauveau

 


Ecrit le 11 juin 2008

 Conte 2012 : la journée de Pierre

Dessin de Moon - 06 87 32 7

Pierre est assis à sa place, parmi ses 32 camarades de CP (Cours Préparatoire). Il porte la vieille blouse de son frère, râpée, un peu grande. Celle de Jean-Emilien, au premier rang, est toute neuve et porte le logo d’une grande marque.

La maîtresse parle, mais il a du mal à l’entendre, du fond de la classe. Trop de bruit. La maîtresse est une remplaçante, une dame en retraite qui vient remplacer leur maîtresse en congé maternité. Il ne se souvient pas plus de son nom qu’elle ne se souvient du sien. Sa maîtresse a fait la rentrée, il y a trois semaines, puis est partie en congé. La vieille dame de 65 ans est là depuis lundi, elle est un peu sourde, mais gentille. Plus gentille que l’intérimaire avant elle. Il sentait le vin et criait fort. Puis il expliquait mal.

Pierre ne comprend pas bien pourquoi B et A font BA, mais pas dans BANC ni dans BAIE ; ni la soustraction ; ni pourquoi il doit connaître toutes les dates des croisades. On l’a mis sur la liste des élèves en difficulté, car il a raté sa première évaluation. Il devra rester de 12 h à 12h30 pour le soutien. Sans doute aussi aux vacances. Hier, il avait du mal à écouter la vieille dame, pendant le soutien ; son ventre gargouillait. Quand il est arrivé à la cantine, il ne restait que du pain. Il l’a mangé sous le préau avec ceux dont les parents ne peuvent déjà plus payer la cantine.

Il a commencé l’école l’an dernier, à 5 ans. L’école maternelle n’est plus obligatoire, c’est un choix des mairies, et la mairie de son village ne pouvait pas payer pour maintenir une école. Son cousin Brice a eu plus de chance : il est allé à l’école à 3 ans, mais ses parents ont dû payer. La sieste, l’accueil et le goûter n’existent plus, place à la morale, à l’alphabet ; il faut vouvoyer les adultes, obéir, ne pas parler et apprendre à se débrouiller seul pour les habits et les toilettes : pas assez de personnel. Les enseignants, mal payés par la commune, gèrent leurs quarante élèves chacun comme une garderie. L’école privée en face a une vraie maternelle, mais seuls les riches y ont accès.

Son ami Brice a moins de mal à comprendre les règles de l’école et ses leçons de CP. En plus, le soir il va à des cours particuliers, car ses parents ne peuvent pas l’aider pour les devoirs, ils font trop d’heures supplémentaires. Pierre, lui, malgré ses difficultés, a toujours plus de chance que son voisin Kévin qui doit se lever plus tôt et livrer les journaux avant de venir à l’école, pour aider son grand-père, qui n’a presque pas de retraite.

Pierre est au fond de la classe. La chaise à côté de lui est vide. Son ami Saïd est parti, son père a été expulsé le lendemain du jour où le directeur (un gendarme en retraite choisi par le maire) a rentré le dossier de Saïd dans Base Élèves. Il ne reviendra jamais. Pierre n’oubliera jamais son ami pleurant dans le fourgon de la police, à côté de son père menotté. Il parait qu’il n’avait pas de papiers ... Pierre fait très attention : chaque matin il met du papier dans son cartable, dans le sac de sa maman et dans celui de son frère.

Du fond, Pierre ne voit pas bien le tableau. Il est trop loin, et il a besoin de lunettes. Mais les lunettes ne sont plus remboursées. Il faut payer l’assurance, et ses parents n’ont pas les moyens.

L’an prochain Pierre devra prendre le bus pour aller à l’école. Il devra se lever plus tôt. Et rentrer plus tard. L’EPEP (établissements publics d’enseignement primaire) qui gère son école a décidé de regrouper les CP dans le village voisin, pour économiser un poste d’enseignant. Ils seront 36 par classe. Que des garçons. Les filles sont dans une autre école.

Pierre se demande si après le CM2 il ira au collège ou, comme son grand frère Théo, en centre de préformation professionnelle. Peut-être que les cours en atelier seront moins ennuyeux que toutes ces leçons à apprendre par cœur.

Mais sa mère dit qu’il n’y a plus de travail, que ça ne sert à rien. Le père de Pierre a dû aller travailler en Roumanie, l’usine est partie là-bas. Il ne l’a pas vu depuis des mois. La délocalisation, ça s’appelle, à cause de la mondialisation. Pourtant la vieille dame disait hier que c’est très bien, la mondialisation, que ça apportait la richesse. Ils sont fous, ces Roumains !

Il lui tarde d’aller en récréation. Il retrouvera Cathy, la jeune sœur de maman. Elle fait sa deuxième année de stage pour être maîtresse dans l’école, dans la classe de monsieur Luc. Celui-ci remplace monsieur Jacques, qui a été renvoyé, car il avait fait grève. On dit que c’était un syndicaliste
qui faisait de la pédagogie. Il y avait aussi madame Paulette en CP ; elle apprenait à lire aux enfants avec des vrais livres ; un inspecteur venait régulièrement la gronder ; elle a fini par démissionner.

Cathy a les yeux cernés : le soir elle est serveuse dans un café, car sa formation n’est pas payée. Elle dit : « A 28 ans et un bac +5, servir des bières le soir et faire
la classe la journée, c’est épuisant. » Surtout qu’elle dort dans le salon chez Pierre, elle n’a pas assez d’argent pour se payer un loyer.

Après la récréation, il y a le cours de religion et de morale, avec l’abbé Georges. Il faut lui réciter la vie de Jeanne d’Arc et les dix commandements par cœur. C’est lui qui organise le voyage scolaire à Lourdes, à Pâques. Sauf pour ceux qui seront convoqués pour le soutien…

Pierre se demande pourquoi il est là. Pourquoi Saïd a dû partir. Pourquoi Cathy et sa mère pleurent la nuit. Pourquoi et comment les usines s’en vont en emportant le travail. Pourquoi ils sont si nombreux en classe. Pourquoi il n’a pas une maîtresse toute l’année. Pourquoi il devra prendre le bus. Pourquoi il passe ses vacances à faire des stages. Pourquoi on le punit ainsi. Pourquoi il n’a pas de lunettes. Pourquoi il a faim….

Histoire basée sur les textes actuels, les expérimentations en cours et les annonces du gouvernement. Est-ce l’école que nous voulons ? Qu’attendons nous pour réagir ?


Ecrit le 24 juin 2009

 Fichage des enfants en France : base élèves

Réponse

Dans son arrêt du 11 juin 2009, le comité des Droits de l’enfant de l’ONU, critique la multiplication des bases de données, dans laquelle les données personnelles des enfants sont recueillies, stockées et utilisées pour une longue période, ce qui s’accorde mal avec le droit des enfants et de leurs familles à la vie privée. En ce qui concerne la “Base élèves“ utilisée à l’école primaire, le comité craint que cette base de données soit utilisée à d’autres fins : détection de la délinquance, repérage des enfants migrants en situation irrégulière. Il est en outre préoccupé par le fait que les parents ne peuvent pas s’opposer à ce fichage, ne sont souvent pas informés de l’enregistrement de leurs enfants et peuvent être réticents à les inscrire dans les écoles.

Source : http://www2.ohchr.org/english/bodies/crc/docs/co/CRC-C-FRA-CO-4.pdf


Ecrit le 11 juin 2008

 Manif et report

Manif le 4

Une manifestation contre la fermeture de classes a eu lieu le 4 juin à Châteaubriant Elle s’est rendue pour 11 h à l’inauguration de l’exposition artistique des Réseaux Ruraux d’Education. Une affluence inattendue qui a quelque peu retardé le vin d’honneur des zautorités !

Une autre manifestation a eu lieu le 6 juin à Nantes lors du Comité Technique qui devait prendre les décisions. Du coup la réunion à été reportée à une date ultérieure … et secrète ??

Rappelons que le ministre Darcos veut supprimer 11200 postes à la rentrée 2008 et 20 000 en 2009. Et ce n’est sans doute pas fini ! Cela va plus loin qu’une simple bataille de chiffres. Le travail de destruction de l’école démocratique et moderne

est engagé depuis 2002, spectaculaire et arrogant avec G. de Robien, structuré, cohérent et habile avec X. Darcos.

La droite ultra libérale s’appuie sur la grande majorité de l’opinion publique, victime d’une quasi intoxication orchestrée par les grands médias menant une véritable campagne de dénigrement de l’école d’aujourd’hui et de promotion de l’école de grand-papa dont on oublie de dire à quel point elle était antidémocratique et ségrégative. il ne saurait être question de nier les insuffisances, les faiblesses, les dérives des politiques éducatives mises en place depuis 1969. Mais personne ne pourra jamais démontrer que, dans un domaine aussi complexe que l’Ecole, il suffit d’imposer le retour aux pratiques d’avant-hier pour résoudre les problèmes de demain. Le Président de la République le dit lui-même « nous ne referons pas l’école de nos grands parents, ni même la nôtre » (lettre aux éducateurs, septembre 2007, page 6).

Les nouveaux (vieux) programmes, la réduction du temps scolaire, la mise en place de stages de remise à niveau pendant les vacances, la réduction de la formation des enseignants, le projet d’agence de remplacement avec des personnels non fonctionnaires, tout va dans le même sens : détruire l’école, transformer les enseignants en simples répétiteurs.

(Point de vue de Pierre Frackowiak)


Ecrit le 18 juin 2008

 300 policiers désarmés attaqués par un instituteur

Mercredi 11 juin à 16h00, des enseignants et parents d’élèves sont allés à l’Inspection Académique à Nantes, pour y déposer leur avenant au projet d’école. Dans l’objectif d’obtenir un entretien avec Monsieur l’Inspecteur d’Académie (ce que celui-ci refuse depuis 2 mois), ils ont investi le bâtiment public.

M. l’Inspecteur d’Académie a alors appelé depuis son bureau les forces de « l’ordre » pour déloger les pacifiques occupants. Les policiers n’ont pas hésité à agir dans la violence pour l’évacuation des lieux, comme l’attestent les bleus de plusieurs enseignants. Ils ont par ailleurs malmené un caméraman de France 3 qui filmait les images de violence.

Un instituteur, un peu bronzé, accusé d’avoir blessé un CRS au doigt, a été arrêté et emmené au poste de police, où les enseignants se sont rendus jusqu’à la libération du manifestant.

Le mouvement ne faiblit pas et touche aussi bien le privé que le public, les parents que les enseignants. Une nuit des écoles (jyjama-partie) a eu lieu le 13 juin. Mais le Ministère joue la montre, il compte sur la fin prochaine de l’année scolaire


Ecrit le 18 juin 2008

 Ecoles

Dans un communiqué le groupe d’opposition au Conseil Municipal de Châteaubriant déclare :

Le Maire A. Hunault peut être satisfait : les mesures de fermeture de classes dans les écoles Marcel Viaud et Terrasses sont levées. Mais contrairement à ce qu’il déclare, ce n’est pas son intervention qui a permis cette issue heureuse. C’est aux seuls parents d’élèves qu’il en revient le mérite.

En effet, depuis plusieurs semaines, dans les deux écoles concernées, ils se sont mobilisés sans relâche, téléphonant aux familles pour qu’elles inscrivent leur enfant dans l’école de leur secteur. Chaque matin, ils ont argumenté, convaincu les usagers de la nécessité du maintien d’une école publique en centre-ville et chaque inscription nouvelle était un pas vers la victoire. Car l’Inspecteur d’Académie n’attend pas le coup de fil d’un élu, mais le nombre d’inscriptions dans les écoles.

Dans le même temps, c’est sur mon intervention renouvelée auprès de l’adjoint aux finances, que les dernières dérogations nécessaires ont été accordées. C’est donc bien les parents qu’il faut féliciter et remercier. À nous élus de continuer à encourager ceux des écoles Cadou et Nazareth qui restent dans l’inquiétude et de faire en sorte que cette situation ne se renouvelle pas chaque année. »

 

Danièle Catala

 


Ecrit le 25 juin 2008

 Les parents à St Vincent des Landes

Ecole à St Vin

Les parents d’élèves de l’Ecole publique de St Vincent des Landes ont manifesté le 21 juin « contre l’école que Darcos nous propose ».

« Nous ne voulons pas que les enfants en difficulté reviennent à l’école pendant les vacances scolaires. En effet le temps de scolarité actuel est largement assez important pour nos enfants. Le soir ils ont des devoirs ce qui augmente considérablement leurs journées, d’autant plus s’ils ont des difficultés ».

« Nous voulons que l’allègement se traduise par un nombre d’élèves moins important par classe (25 au plus). Nous sommes pour la création de postes dans les écoles et non la suppression »

Les parents renouvelleront leur manifestation le samedi 28 juin « avec tous les parents et enseignants qui, comme nous, prennent en main l’avenir des enfants »

Dans d’autres écoles les manifestations se poursuivent. Nort sur Erdre, Pouancé, St Mars la Jaille, Poligné, Blain, Vay etc. Des communes apportent leur soutien. A Abbaretz une banderole sur les grilles de l’école dit : « Nous nous battons pour un futur à venir et non pour un futur antérieur