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La Grigonnais : comme on fait son bois, on se chauffe

Ecrit le 23 janvier 2013

Cérémonie des voeux et inauguration : la commune de la Grigonnais présentait, le 12 janvier dernier, son chauffage au bois.

Dessin de Moon - 06 87 32 77 47 « Pour chauffer les bâtiments communaux, nous avions deux chaudières à fuel et une pompe à chaleur. Les deux chaudières étant vétustes, et le fuel coûtant de plus en plus cher, nous nous sommes donc orientés vers les énergies renouvelables … » explique Monique Jamin, adjointe « … d’autant plus que nous avons 196 km de haies communales », qu’elles soient le long des chemins communaux, sur les exploitations agricoles ou au bord du ruisseau du Pirudel.

 Un km de haies, ça chauffe, ça chauffe ...

chaudière bois

« Un km de haies, en ne prélevant que l’accroissement annuel, cela représente une tonne de bois par an, soit 2,5 m3 de plaquettes de bois et, nous, il nous faut 50 tonnes de bois par an » dit le maire, François Favry. « Avec une bonne gestion du bocage, cela doit pouvoir aller ».

L’installation comprend :

  • - un silo enterré avec deux containers maritimes recyclés et bardés de bois, dont l’un est consacré au stockage des plaquettes et l’autre à la chaufferie.
  • - une chaudière bois automatique, doublée d’une chaudière gaz (avec cuve propane enterrée)
  • - 216 m de réseau pour chauffer l’école, la mairie, le restaurant scolaire et la salle polyvalente et à terme le futur bar-restaurant(soit près de 1500 m2 de bâtiments)

Le silo est de 30 m3, il est prévu de le remplir tous les quinze jours. A proximité a été fait un stockage de 120 m3 de bois, en attente de séchage grâce à une bâche spéciale permettant l’évaporation de l’humidité tout en protégeant de la pluie. Ce bois a été coupé et stocké par les agents communaux, en faisant appel aux travailleurs de l’association Aire (cela a donc créé de l’emploi) pour le débroussaillage.

Si nécessaire, la commune passera une convention avec ses agriculteurs pour que ceux-ci fournissent du bois (à condition qu’ils aient engagé une gestion pérenne du bocage).

Coût d’installation : 246 715 € HT  . A déduire deux subventions de la Région Pays de Loire pour 125 000 €.

Selon le ministère du développement durable, les comparatifs Fuel-Bois sont les suivants (en euros par kwh) :

Augmentation des prix
Combustible Prix Evolution depuis 1995
Fuel 0,093 €/kwh + 197 %
Bois 0,030 €/kwh + 22 %

Certes le bois a augmenté depuis 1995, mais 9 fois moins que le fuel ! Et dans ce calcul il s’agit de bois acheté alors que la commune pense bien utiliser son propre bois !

 De 105 à 46

« Actuellement, si nous achetons le bois, il faut compter 105 € HT   de la tonne sèche et livrée. Nous avons calculé : si les agents communaux font l’abattage, font réaliser le déchiquetage, si nous payons le transport, et bien sûr le temps de travail, nous estimons que cela fera moins de 50 € la tonne. L’économie est donc sensible » dit Monique Jamin.

 Chaudière-bois

Actuellement nous travaillons sur la gestion du bocage, avec l’aide du CIVAM, précise Monique Jamin. Il ne s’agit pas de faire un massacre du bois, mais de planifier une exploitation sur 15 ans, en ne prélevant que l’accroissement annuel des haies, en replantant là où c’est nécessaire.... Et en maintenant des agriculteurs nombreux sur la commune (car, s’ils sont peu nombreux, ils feront des céréales à la place de l’élevage et, pour cela, ils abattront des haies).

Et ce serait tout avantage pour la commune parce que la haie apporte beaucoup de bienfaits  :

  • - bonification et protection des sols
  • - soutien aux insectes pollinisateurs
  • - bois d’œuvre et bois de chauffage
  • - amélioration de la qualité des eaux
  • - effet « puits de carbone » (diminuer la quantité de CO2 atmosphérique, et en conséquence, le réchauffement de la planète)
  • - espace récréatif et petits fruits (mûres, prunelles, noisettes, ...)

Un beau petit coin Si les agriculteurs n’ont plus le temps, la motivation ou le savoir-faire pour s’occuper des haies, ils peuvent déléguer à des grimpeur-élagueur ou à des associations comme Aire à Blain ou ACPM   à Châteaubriant …

Le CIVAM (Centres d’Initiatives pour Valoriser l’Agriculture et le Milieu rural) travaille depuis 15 ans sur la filière bois-énergie, en particulier pour valoriser le bois d’élagage et prévoir une gestion à long terme. En Bretagne et dans les Deux-Sèvres, ils sont en avance dans ce domaine.

 Voeux du maire

réserve de bois Dans son message, le maire de la Grigonnais a salué d’abord les avancées dans deux pays : la Birmanie et la Palestine. Puis il a évoqué trois domaines préoccupants qui conditionnent l’évolution du monde :

  • - la poursuite des combats en Syrie
  • - le sommet de Doha sur le climat, entérinant l’inaction face au changement climatique,
  • - la solidarité européenne rudement mise à l’épreuve lors de la négociation du budget 2014-2020 « qui a constaté les nombreuses tensions entre les différents pays, alors que la Grèce connaît une récession sans précédent, situation en train de s’installer progressivement en Europe du sud »,

« Cette récession entraîne une pauvreté grandissante, touchant non seulement les personnes privées d’emploi, mais aussi celles qui, avec un salaire modeste, ne parviennent plus à équilibrer leur budget, et bien sûr les plus démunis, dont certains ne dépendent plus que d’associations humanitaires telles que le Secours Populaire  , les Restos du Cœur et bien d’autres... ».

« Que peut faire alors dans ce contexte, une petite commune comme la nôtre, dotée de moyens financiers et humains limités, pour tenter d’améliorer le sort de ses administrés ? continuer à travailler sur les thèmes qui constituent le « fil rouge » de l’action de l’équipe municipale : respect de l’environnement, aménagement de l’espace et développement du vivre ensemble et de la solidarité ».

 Vivre ensemble

Vivre ensemble, être solidaires, c’est :

  • - le rachat du fonds de commerce du café-tabac, la recherche d’un locataire-gérant et la réouverture avec, pour objectif, que ce lieu constitue un espace de sociabilité et de convivialité,
  • - l’aide apportée aux personnes en difficulté : accompagnement dans leurs démarches et déplacements ou déménagements, fournitures de paniers de légumes grâce à la production du « jardin partagé d’Anna », jardin créé à l’initiative   des « Ainés ruraux », et coups de pouce financiers accordés pour faciliter l’équilibre de budgets précaires,
  • - l’animation au fil des mois, organisée par les associations communales et intercommunales, la conduite d’actions en faveur des jeunes et des moins jeunes, dans le domaine scolaire ou de jeunesse, social, sportif ou culturel.

Vivre ensemble, être solidaires c’est aussi, quotidiennement, être à l’écoute des problèmes de nos concitoyens ; ce qui nécessite une grande disponibilité, une volonté et une énergie constantes de la part des agents assurant l’accueil, et de l’ensemble de l’équipe municipale.

36 naissances et 5 décès, pour une population légale de 1548 habitants : la commune se porte bien. Un permis d’aménager de 55 lots a été déposé et un projet de lotissement, 70 maisons, est en bonne voie. Un rond-point sur la Nationale 171 devrait être fait par l’Etat à la fin de l’été 2013, mais les autres travaux sur cette nationale prennent du retard, faute de crédits d’Etat.

Le projet d’une nouvelle école publique a été validé, ouverture souhaitée à la rentrée 2015.

La commune a aussi le souhait de réhabiliter « la maison bleue » pour accueillir début 2014 le transfert du café-tabac et la création d’un restaurant.

 Conseil Municipal d’enfants

Une originalité : la commune a un conseil municipal des enfants, avec 12 enfants de 9 à 12 ans élus dans les classes de CE2, CM1, CM2.

Driss : Les 12 élus se retrouvent en salle du conseil municipal tous les mois. Avec quelques adultes nous commençons par parler de ce qu’on a vu la dernière fois, on
fait aussi le point sur des choses que l’on a pu remarquer sur la commune. Après l’annonce de l’ordre du jour on part en plusieurs commissions de travail .

Johan  : commission « abris bus » . Lors de nos passages quotidiens en car nous avions repéré des manques d’abris de bus dans certains villages présentant des dangers et un nombre important d’élèves. Nous avons choisi de mettre en place des cabanes en bois, pouvant être déplacées suivant le nombre d’enfant à chaque rentrée scolaire. Nous sommes allés ensuite visiter l’entreprise de Stéphane Grimoux à qui nous avons demandé un devis. Trois cabanes sont en cours de fabrication et seront installées prochainement à la Guillaudais, à Licouet et à la Ville-Ville.

baignade interdite Kimi  : Aménagements autour de l’étang . L’idée est venue de construire un ponton pour permettre aux handicapés de pêcher. Lors d’une visite des lieux, on a constaté aussi que le parcours de santé était peu accessible et en mauvais état, et les panneaux « baignade interdite » disparus.

Nous avons fait un concours de dessins ouvert aux enfants des deux écoles et nous avons choisi deux gagnants pour les nouveaux panneaux. Nous avons visité un ponton à La Chevallerais avec un élu et une personne en fauteuil qui nous ont donné des conseils.

Charline et Alicia  : à l’école nous avons parlé de la 1re guerre mondiale et avons lu des lettres de soldats avec nos instituteurs. Nous avons relu ces textes en commission municipale et voté pour en retenir deux : une lettre écrite par un soldat français et une lettre écrite par un soldat allemand. Le 11 novembre, avec les Anciens Combattants et quelques Grigonnaisiens nous sommes allés au monument aux morts du cimetière. Le Maire a lu un texte officiel puis Arthur a présenté les lettres et nous les avons lues à haute voix.

Annaël  : Ce qui reste à faire :

  • - poser les abri-bus sur les emplacements choisis dans les villages,
  • - construire le ponton et le monter à l’endroit choisi et validé par les gens de La Chevallerais,
  • - faire imprimer les panneaux « baignade interdite » par l’entreprise City-Pub que l’on a visitée, et les poser avant le concours de pêche en mai,
  • - voir avec les agents techniques pour la remise en état du parcours de santé.
    Nous ferons en sorte que le maximum de nos projets soit réalisé avant la fin de notre mandat.

Olivier : On est contents et fiers d’avoir participé au CME 2011/2013. On a appris à gérer, à faire évoluer des projets, faire face aux problèmes (argent, disponibilités,
temps...) et aussi à travailler en groupe et à demander conseil à ceux qui « savent ».

« Pour que tous les projets en cours soient terminés, nous souhaitons que les enfants du nouveau CME élus en juin prochain puissent les prolonger.

Nous, on regrette de ne pas pouvoir continuer. Ce serait bien de faire un Conseil de Jeunes au niveau de la communauté de communes de Nozay ». [Ndlr : Mme Segalen n’a pas dit non, d’autant plus qu’il existe aussi un conseil municipal d’enfants à Saffré. Et puis, il faudra bien assurer la relève des adultes dans quelques années !]

 Le projet de la Maison Bleue

La maison bleue

La Grigonnais, commune d’environ 1 600 habitants est la dernière créée en Loire-Atlantique après sa prise d’autonomie par rapport à Vay, le 1er janvier 1959. Elle
connaît une situation géographique privilégiée, au cœur de l’Ouest, à une demi- heure de Nantes, trois quarts d’heure de Rennes et de la côte atlantique. Au cours des deux dernières décennies, la commune a connu un fort essor démographique : 1101 habitants en 1999 et 1548 en 2010. Les habitants de La Grigonnais travaillent pour 90 % d’entre eux à l’extérieur, 45 % sur l’agglomération de Nantes-métropole, 20 % sur le territoire de la Communauté de communes de Nozay et 12 % sur le secteur de Blain.

La municipalité veille à la qualité de vie et au maintien, voire au développement des services en milieu rural (agence postale, bibliothèque, jardin partagé, système d’échange local, commerce de proxi-mité...). Jusqu’en 2004 la commune disposait d’un restaurant accueillant les salariés des entreprises locales et les automobilistes ou routiers de passage. Mais, après le départ en retraite du créateur du commerce, le repreneur n’a pas souhaité poursuivre l’activité de restauration, au vu de l’exiguïté des locaux (50 m2). Et finalement, en janvier 2012, le bar lui-même a été fermé. Plus de Grigue !

Alors la commune a racheté la dernière Licence IV disponible sur la commune et trouvé un nouvel exploitant. C’est ainsi que « Frédo » est arrivé et a repris l’activité fin décembre 2012.

La commune prépare maintenant le transfert vers un bâtiment situé de l’autre côté de la rue, propriété de la commune et présentant des caractéristiques adaptées au développement d’une activité de Bar-Tabac-Presse, auquel pourrait être adjoint un secteur « Brasserie », rendu possible grâce à la réalisation de travaux d’adaptation des locaux (qui se feront début 2013 ).

Les élus comptent beaucoup sur ce nouveau commerce dans quatre secteurs :

  • - Culturel : soutien à la création et à la diffusion artistique sous toutes ses formes
  • (théâtre, musiques et danses, audiovisuel, arts plastiques...),
  • - Rural : par l’implication de la population locale à l’accueil touristique, par le renforcement des liens sociaux,
  • - Agricole : par une valorisation d’une économie de proximité et une présentation originale de produits locaux et régionaux
  • - Touristique : par le développement d’un tourisme   en quête de proximité, d’autonomie et de liberté,