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Mée-disances du 23 janvier 2013

Ecrit le 23 janvier 2013

 330 euros pour 1,56 m2

 
LEXPRESS.fr, du 17/01 : Dominique, 50 ans, a vécu pendant quinze ans dans un « studio » de 1,56 m2. Ce local, très sommaire ne disposait que d’un robinet, un matelas et une plaque de cuisson. Cela n’empêchait pas le propriétaire d’en réclamer 330 euros par mois. Soit 210 euros du mètre carré. 

Employé intérimaire, Dominique n’avait pas les revenus suffisants pour louer un studio digne de ce nom. La fondation Abbé Pierre, qui a révélé l’affaire, a indiqué que l’« appartement » fait aujourd’hui l’objet d’un arrêté préfectoral de « mise en demeure d’y faire cesser l’occupation aux fins d’habitation ». La loi Carrez interdit en effet la location de studio de moins de 9 m2. « Cela n’a pas empêché trois agences immobilières différentes de le gérer ». 

Le propriétaire, qui doit être jugé fin janvier, risque une forte amende et devra vraisemblablement reloger le locataire dans un appartement adapté à ses besoins.

 Comment « fabriquer » des malades

 
Le Point.fr du 17/01 : Pour le docteur Sauveur Boukris, « tout bien portant est quelqu’un qui n’a pas eu de dépistage ». Dans son dernier ouvrage, La fabrique des malades*, il dénonce « la médecine marketing » et montre comment certains secteurs médicaux, privés ou publics, jouent sur nos peurs, médicalisent nos vies pour pratiquer davantage d’examens biologiques, de radiographies et pour faire consommer toujours plus de médicaments.
 
« Le marché de la maladie s’étend et les profits des entreprises concernées progressent », écrit le Dr Boukris. […] « Lorsque les firmes pharmaceutiques mettent au point et testent une molécule avec les cliniciens, elles en déterminent les applications thérapeutiques et vont jusqu’à redéfinir les pathologies visées. (...) En résumé, on construit des maladies pour vendre des médicaments. »

 Le monde à l’envers...

 
Cette méthode marche particulièrement bien dans le domaine de la psychiatrie. L’apparition des antidépresseurs aurait « façonné » le diagnostic de la dépression, devenue « maladie du siècle ». Puis de nouveaux marchés ont été développés : les troubles anxieux ou encore le syndrome post-traumatique. Et aussi les troubles de l’attention et l’hyperactivité qui « touchent » aujourd’hui près de six millions d’enfants américains (contre moins de 500 000 dans les années 1970) !
 
Les troubles de la sexualité et les maladies chroniques et/ou métaboliques (HTA, diabète, excès de cholestérol...) sont aussi particulièrement concernés car ce sont des affections à traitement de longue durée, souvent à vie. Et pour augmenter le « cheptel » de malades, les critères de définition du diabète, de l’hypertension et du cholestérol ont été revus à la baisse. […]

Et voilà un nouveau marché, celui des « pré » : pré-diabète donc, mais aussi pré-hypertension, pré-dépression et pré-ostéoporose, qui concernerait la moitié des femmes âgées de 55 à 65 ans. « Or les médicaments contre l’ostéoporose ont un rapport bénéfice/risque défavorable pour ces personnes à faible risque », insiste le médecin pour qui ces patientes n’ont pas à être traitées.
 
[...]. « La Sécurité sociale dépense des milliards d’euros pour lutter contre la maladie et, dans le même temps, on crée des millions de malades supplémentaires... qui sont inévitablement source de dépenses supplémentaires », estime Sauveur Boukris, qui attaque les laboratoires pharmaceutiques et les fabricants d’outils de dépistage, responsables d’une « véritable industrie de la maladie ». Il n’est pas le premier à dénoncer ce système, qui perdure toujours. Jusqu’à quand ?

 Des armes pour les plus jeunes

 
Courier international du16/01 : La National Rifle Association (NRA) vient de lancer une application pour iPad et iPhone qui vous permet d’avoir un stand de tir - faisant intervenir neuf armes « réalistes » - dans la poche. Elle s’adresse aux enfants à partir de l’âge de 4 ans. Les concepteurs affirment que l’application « trouve le juste équilibre entre le jeu et la formation à la sécurité, et vous permet de vivre l’expérience la plus authentique possible ». Les utilisateurs intéressés par la sécurité en matière d’armes à feu sont redirigés vers le site de la NRA, et l’application n’est que le vecteur d’un jeu de tir qui offre trois modes : tir en intérieur, tir en extérieur et tir aux pigeons d’argile. On commence avec un pistolet M9 mais moyennant 0,99 dollars, on peut débloquer un MK11, un fusil de tireur d’élite.
 
Ce jeu sort un peu plus d’un mois après le tragique massacre de l’école primaire Sandy Hook et à l’heure où le gouvernement Obama s’apprête à prendre des mesures destinées à contrôler les armes à feu. Comme le fait remarquer Appside, un site d’information sur les jeux et les applications : « Le moment est-il bien choisi pour que la NRA sorte un jeu de tir en 3D ? Probablement pas. »

 L’Eglise philippine contre la pilule gratuite

 
laCroix.com du 17/01 : Le président des Philippines, Benigno Aquino, a signé le jeudi 10 janvier la loi sur la parentalité responsable et la santé reproductive. Elle prévoit d’instaurer la gratuité des contraceptifs dans les hôpitaux et les centres de soins publics, d’imposer des cours d’éducation sexuelle à l’école, de former le personnel de santé à la limitation des naissances, et d’autoriser l’avortement dans certaines conditions.
 
L’Église catholique, qui représente 80 % des 100 millions d’habitants, a tout fait depuis trois ans pour empêcher le vote de cette loi, redoutant des dérives : elle craint en effet que, sous prétexte d’accès gratuit à la contraception, l’État n’en vienne à financer des distributions de pilules abortives ; plus fondamentalement, elle refuse toute possibilité de légaliser l’avortement.
 
Pourtant, cette loi est très attendue car, même si la contraception est légale depuis plusieurs années sur l’archipel, son coût la rend inaccessible pour les plus pauvres, dans les campagnes et les bidonvilles. Aux Philippines, moins de la moitié des femmes en âge de procréer utilisent une méthode contraceptive – contre 56 % en Indonésie et 80 % en Thaïlande. Le pays a l’un des taux de fécondité les plus élevés d’Asie, de 3,11 enfants par femme.

 Arracheurs de dents

 
Le Parisien.fr du 15/01 : le Cosem est une association à but non lucratif qui compte trois centres de santé à Paris et regroupe 375 dentistes. Dans une lettre adressée le 3 décembre au président de l’Union des caisses d’assurance maladie, J-P Boidard, délégué CFDT, affirme qu’une poignée d’entre eux poseraient des « prothèses dentaires céramiques multiples, alors même que l’état dentaire des patients ne le nécessite pas ». [...] La Sécurité sociale mènerait actuellement des contrôles. Le dossier est également « suivi de près » par l’agence régionale de santé. L’un des dentistes incriminés aurait réalisé à lui seul en novembre un quart du chiffre d’affaires du site, les poses de prothèses représentant sur cette période 95% de son activité.

Des praticiens ont également attiré l’attention de la direction sur « les pratiques douteuses » d’une de leurs consœurs, poursuit Le Parisien. Ces derniers relèvent ainsi : « Notre information semble confirmer que nous avons parmi nous une personne usant de sa profession pour y exercer, notamment, des dérives de cotation dépassant toute mesure et quasi systématiques ».
 
L’avocat du Cosem, Patrick Atlan, déclare que « ces allégations mensongères revêtent toutes les caractéristiques de la diffamation et ne visent, en attaquant grossièrement ses praticiens, qu’à nuire directement aux intérêts économiques et moraux » de l’association.

Enquête à suivre ...