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Ecrans et pervers narcissiques

Ecrit le 30 janvier 2013

 Les enfants et les écrans

Faut-il avoir peur des écrans pour les enfants ? Loin des habituelles accusations, des chercheurs de l’Académie des sciences (1) démontrent leurs bienfaits. Dès le plus jeune âge. L’écran mobilise chez l’enfant l’intelligence visuelle, spatiale, narrative et la capacité à décider vite. Dès 4 ans, on peut pratiquer avec lui des jeux en société.

L’Académie des sciences est formelle : « Une utilisation pédagogique des outils numériques, à l’école et à la maison, peut provoquer des progrès éducatifs importants ». A tout âge, les personnes pratiquant l’ordinateur sont étonnées des progrès qu’elles peuvent faire en rapidité, débrouillardise, aptitude à rechercher, à comparer les infos et même à apprendre des rudiments d’une autre langue.

Evidemment, il y a des limites à ne pas franchir : l’isolement de l’enfant, un goût immodéré du zapping. Une présence excessive devant l’ordinateur peut se faire au détriment du sommeil, de la vie sociale

Enfin il ne faudrait pas que la recherche de rapidité conduise à un certain appauvrissement de la pensée, de la mémoire.

 Des pervers narcissiques

En même temps que se développent les ordinateurs, il est intéressant de s’interroger sur l’impact qu’ils peuvent avoir sur nos « neurones-miroirs », ces neurones qui nous permettent d’entrer en empathie avec l’autre. Ne risquent-ils pas de s’atrophier ?

Interrogé sur France Info le 20 janvier, Boris Cyrulnik explique : « les neurones-miroirs ont été découverts en 1990, par un neuro-physiologiste, Giacomo Rizzolatti, qui était en train d’étudier le fonctionnement du cerveau de singes babouins. Quand il a fait une pause à midi, il a tendu la main vers son sandwich et à ce moment-là le casque qui était autour du cerveau du singe s’est mis à crépiter. Les chercheurs se sont précipités pour voir quelle était la zone cérébrale qui fonctionnait et ils se sont rendus compte que, lorsque l’homme tendait la main vers un sandwich, la zone du cerveau qui commande à la main droite du babouin se mettait à fonctionner comme si le babouin avait voulu lui aussi tendre la main », ce qui veut dire que le cerveau mime ce que l’autre fait en face de lui, il se prépare à faire ce que l’autre fait. Pour nous, êtres humains, cette zone-là est très importante

Il y a une autre zone, la zone miroir, qui permet notamment le décryptage des mimiques faciales. Quand l’autre fronce les sourcils, cela déclenche en nous une crainte, on détourne le regard et les bébés font cela dès l’âge de deux mois. C’est plus que de l’imitation, c’est de l’empathie, on se met à la place de l’autre, on n’éprouve pas ce qu’il éprouve, mais on éprouve la représentation qu’on se fait de ce qu’il éprouve.

C’est le point de départ de la morale, on ne peut pas tout se permettre quand on se représente ce que l’autre fait.

Nos enfants, nos adolescents, vivent énormément dans un monde de machines et celles-ci ne font pas de mimiques faciales. Il n’y a pas d’empathie pour la machine qui nous permet de faire des performances stupéfiantes de communication, mais qui ne fait aucune performance de relations.

Les enfants qui font beaucoup d’heures devant les machines, ne stimulent pas leurs neurones-miroirs, ils n’apprennent pas à développer leur aptitude à se représenter les sentiments de l’autre, leur aptitude à penser que les autres ont des intentions, des désirs et des croyances. Ce qui veut dire qu’ils se coupent du monde des autres. Et un monde sans autres, c’est la définition de la perversion narcissique. Il n’est pas impossible que ce monde de machines qui stimulent nos enfants, atrophient en même temps leurs neurones-miroirs et leur apprennent à devenir des petits pervers narcissiques, c’est à dire ne pas s’occuper des autres.

(1)Le rapport de l’Académie des sciences, « L’enfant et les écrans », est publié aux éditions Le Pommier.

 Neurones miroirs

Chez le macaque, les neurones qui commandent le mouvement des doigts saisissant une pomme, s’activent également lorsque le singe observe quelqu’un qui fait le même geste. Ce qui suggère donc que le singe n’analyse pas l’action d’autrui uniquement avec son cortex visuel, mais aussi avec son cortex moteur.

Jean Decety, directeur de recherche à l’université de Seattle, en utilisant les techniques d’imagerie cérébrale, a montré, chez l’être humain, que les mêmes zones du cerveau s’activaient pour exécuter réellement une action et pour l’imaginer mentalement. Tient-on là une première piste sur les bases cérébrales de l’empathie ? La compréhension du comportement d’autrui passe-t-elle par le reflet de ce comportement dans l’activité cérébrale de l’observateur ? Et comment l’individu distingue-t-il alors son comportement du reflet de celui d’autrui ?

Source : http://www.scienceshumaines.com/

 Le mythe de Narcisse

Le jeune Narcisse était d’une beauté exceptionnelle mais d’un caractère très fier : repoussant de nombreux prétendants et prétendantes, amoureux de lui. Un jour qu’il s’abreuve à une source, Narcisse voit son reflet dans l’eau et en tombe amoureux. Il reste alors de longs jours à se contempler et à désespérer de ne jamais pouvoir rattraper sa propre image. Il finit par mourir de cette passion qu’il ne peut assouvir. L’histoire de Narcisse est passée dans le langage courant ; en effet, on dit d’une personne qui s’aime à outrance qu’elle est narcissique.


 La main à la pâte

« Les écrans, le cerveau … et l’enfant » : un module pédagogique est proposé aux enseignants, à raison d’une séance par semaine (d’une heure en moyenne) sur 22 semaines. Il n’est cependant pas nécessaire de réaliser le module en entier : l’enseignant peut sélectionner les séances qu’il veut réaliser (fabriquer son propre parcours d’activités) ou choisir l’un des trois parcours (chacun comprenant une dizaine de séances) proposés dans le guide pédagogique :

  • 1.1- Que fait-on devant les écrans ?
  • 2.2- Que peut-on faire grâce aux écrans ?
  • 3.3- En quoi ce qui se passe à l’écran diffère-t-il de la réalité ?

De nombreuses thématiques sont abordées : la perception sensorielle, l’attention, les émotions, la perception du temps, la mémoire, l’imagination, et même le sommeil (Permettre de réfléchir au rôle du sommeil, aux conditions susceptibles de le troubler, aux signes et aux effets du manque de sommeil), et le vivre ensemble (Faire découvrir aux enfants différentes formes de communication nous permettant d’échanger les uns avec les autres, faire prendre conscience des particularités, avantages et risques, que représente la communication à distance via Internet ).

Une « Charte pour le bon usage des écrans » au fil du module, permet d’apprécier de manière globale les acquis des enfants dans le domaine des fonctions cognitives ainsi que les messages qu’ils ont élaborés et retenus en vue d’un usage raisonné et autorégulé des écrans.

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