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La chasse à la grenouille

Ecrit le 6 février 2013

La chasse ? Comment ça, la chasse ? Ah oui, c’est vrai, ces naturalistes traquent les grenouilles lors des périodes de ponte, ils leur barrent la route avec un film plastique noir qui les dirige jusqu’à un seau où elles tombent, les unes sur les autres. Méchanceté ! Non, sauvetage !

Car ces petites bêtes, en cette saison, quittent la Forêt Pavée, non loin de Moisdon, traversant la route pour rejoindre l’étang, de l’autre côté, lors de cette saison des amours batraciennes. Et tandis que la grenouille vadrouille à petits sauts, les voitures passent en trombe. Horreur ! Des grenouilles en bouillie !

Alors nos naturalistes, chaque matin, se relaient pour relever les seaux, compter les grenouilles, crapauds, tritons et autres salamandres, et les remettre en liberté, de l’autre côté de la route et sans danger.

photo : Une grenouille verte

C’est la quatrième année que les adhérents de Bretagne-Vivante, aidés de quelques volontaires, se relaient ainsi deux mois par an, en espérant que le Conseil Général voudra bien, dans sa grande sagesse, aménager, sous la route, un tunnel à grenouilles !

Ce comptage hivernal a permis de mieux cerner le monde local des Batraciens. « Nous avons pu voir ainsi que la Grenouille Rousse habitait la Forêt Pavée » dit Françoise Lacheron.

La grenouille rousse, une espèce protégée. L’animal a le corps trapu, un œil doré à la pupille horizontale, deux lignes bien marquées sur le dos, formées par des replis de peau. La coloration du corps est extrêmement variée. En général, le dessus du corps est de couleur jaune-rouge à brun-noir, elle est capable par mimétisme de changer légèrement sa coloration en contractant ou dilatant des cellules à pigment noir situées sous la peau.

Chez les grenouilles et les crapauds, les mâles reproducteurs sont dotés de bras robustes. Ils portent des callosités nuptiales de couleur grise, marron foncé ou noir sur les pouces. Les femelles, en général plus grosses, voire dodues, présentent des granules perlées sur leurs flancs et leurs jambes, à la saison de la reproduction. Quand le temps est venu, les mâles se rassemblent à la surface de l’eau (sauf chez les grenouilles rousses qui ne pondent que dans les flaques de prairies humides) et commencent à chanter en chœur la nuit pour attirer les femelles « grrouk...grrouk...grrouk ». Suivant les espèces, il y a souvent deux fois plus de mâles que de femelles sur les sites de reproduction. Le mâle s’agrippe à une femelle, l’enserrant de ses bras puissants : ses callosités l’empêchent de glisser et tandis que la femelle pond, le mâle féconde les œufs en les arrosant de son sperme. On voit alors à la surface des eaux des centaines d’œufs agglutinés en boules gélatineuses transparentes pour les grenouilles et en chapelets pour les crapauds. Quant aux tapis gélatineux que l’on peut voir dans les flaques de prairies humides : ils sont typiques à la grenouille rousse.

Après un accouplement, les mâles restent sur le point d’eau avec les autres mâles. Certains s’accouplent plusieurs fois durant la même saison.

Les œufs bicolores donneront naissance à des têtards qui, eux-mêmes se métamorphoseront en grenouillettes, voyant leurs poumons se développer, les petites dents cornées faisant place à une langue gluante. La queue rétrécit, quatre pattes se forment, des yeux proéminents apparaissent. Merveilles de la nature.

Chaque grenouille peut pondre jusqu’à 700 œufs. Serons-nous colonisés par les grenouilles ? Non, car il y a de nombreux obstacles : une période de froid inattendue, une prairie humide qui s’assèche, par exemple à la suite d’une opération de drainage. Michel Dunay se souvient : « autrefois on a connu des prairies humides tout autour de la forêt de Juigné. Maintenant il n’y a plus rien. Les grenouilles ont cependant de la mémoire, elles reviennent sur les lieux de leurs amours, cherchant des lieux de substitution, par exemple des ornières autour des anciens étangs. Elles y bénéficient de luminosité (ce qui est bien), mais elles souffrent de variations thermiques importantes. Adieu œufs, têtards et grenouillettes : la mortalité infantile sst importante ».

Photo : La salamandre vous salue bien

Pour Chantal Julienne, les batraciens sont importants car ils sont de bons indicateurs de la qualité des milieux humides. Ceux-ci sont des zones fragiles, jouant des rôles importants :

  • - soutien d’étiages, recharge des nappes
  • - régulation des crues
  • - filtre pour l’épuration des eaux
  • - source de biodiversité, etc...

Les zones humides ont un rôle prépondérant dans la gestion qualitative et quantitative de la ressource en eau. Le 2 février 2013 a eu lieu la Journée mondiale des zones humides.

La section locale de Bretagne-Vivante participe à de nombreuses actions de découverte et de protection de l’environnement. Le 19 janvier, lors de sa galette des rois, elle a présenté l’opération « Grenouilles en vadrouille » - et le film documentaire « Court d’eau » parlant de la vie sub- aquatique en eau douce : interactions, symbiose et manipulations. On y a vu la bouvière et la moule d’eau, l’hydre verte et le gammare, et le ver gordien qui parasite le criquet et le force à se suicider !

Début mars, lors du festival de l’environnement à Châteaubriant, la section projettera la film « La clef des champs » de Denis Podalydès. Deux enfants solitaires se rencontrent en vacances au bord d’une mare.... une hymne à la nature, au monde de l’enfance, un merveilleux conte et des images époustouflantes. (Photos Cl. Jossilin)

Télécharger le document : Rapport zones humides , format pdf de 1.5 Méga octets

Une grenouille coassant comme un jouet


Ecrit le 6 février 2013

 Détachez vos ceintures

60 auteurs et 16 éditeurs, regroupés sous le label des éditions du Kyste, s’associent pour informer sur le projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes, dénoncer le caractère absurde et obsolète de la logique qui le gouverne et soutenir ses opposants : cela donne 144 pages de textes et d’images pour dire « Vinci dégage ! ».

Sortie lors du festival d’Angoulême 2013, en librairie le 15 février. Tous les bénéfices générés par les ventes de ce livre seront reversés à l’ACIPA (Association Citoyenne Intercommunale des Populations concernées par le projet d’Aéroport de Notre-Dame-des-Landes).

A noter aussi un article illustré dans Charlie Hebdo du 23 janvier 2013.


Ecrit le 6 février 2013

 Naturalistes en lutte

Le prochain inventaire des naturalistes en lutte aura lieu dimanche 10 février comme prévu. Celles et ceux qui souhaitent venir doivent absolument s’inscrire en adressant un mail à naturalistesenlutte@gmail.com

Le site internet
comporte de très belles photos sur la zone de Notre Dame des Landes et cite la dernière étude du cabinet Biotope, financé par les initiateurs du projet d’aéroport, qui déclare page 239 : le lieu du projet de l’aéroport « constitue un site écologique remarquable, présentant un grand intérêt pour la faune, la flore et les milieux naturels » à un carrefour naturel entre les grands espaces naturels que sont l’estuaire de la Loire au sud-ouest, les marais de l’Erdre à l’est et les vallées du Gesvres et du Cens au sud ».