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Un chômeur s’est immolé par le feu

Ecrit le 20 février 2013

Mercredi 13 février 2013, un chômeur s’immole par le feu

La famille dit son incompréhension

Pôle-Emploi déhumanisé

Marche à Nantes en mémoire de ce chômeur

 ... Par le feu

La Mée l’écrivait, la semaine dernière, sous la signature de Pascal, de Blain : le chômage peut être tueur. L’actualité hélas lui a donné raison : un chômeur s’est immolé par le feu à Nantes, le 13 février 2013, devant une agence de Pôle-Emploi, après avoir annoncé son geste. Sûrement que ceux qui l’ont appris ont essayé d’empêcher le geste désespéré. Mais le problème est ailleurs : c’est celui des causes de ce désespoir. Et la cause est connue : le manque de travail. On peut craindre que ce geste ultime ne soit qu’un début ...

Pour les jeunes Communistes : « Devant tant de désespoir il est grand temps de tordre le coup à l’austérité, de mettre en place des solutions alternatives au capitalisme effréné. L’argent et les moyens coulent à flot entre les mains d’une minorité, ce n’est plus acceptable. Cet acte de désespoir doit appeler à une véritable lutte contre le chômage, au développement de l’emploi et à la mise en place d’une politique au service du citoyen et non des banques ! ».

Pour Philippe Grosvalet : « Cet événement dramatique témoigne d’une réelle souffrance sociale que nul ne peut ignorer (…) Face au chômage qui accable nombre de nos concitoyens, la mobilisation pour l’emploi et l’accès aux droits est d’une urgence vitale. » .

Pour la CFDT, « Les fins de droits, sans perspective de travail, sont des périodes de cassure, de désespoir pour les chômeurs et leur famille. Cet événement tragique nous rappelle que l’emploi doit être la priorité pour tous. Il doit être accessible y compris aux personnes en chômage de longue durée. Et l’accompagnement des demandeurs d’emploi en fin de droits est une nécessité aujourd’hui plus que jamais. »

Pour la Ligue des Droits de l’homme, « en cinq ans, le nombre des hommes et des
femmes sans aucun travail est passé de deux à trois millions, un chômeur sur deux n’est pas indemnisé au titre de l’assurance-chômage et l’allocation spécifique de solidarité - ASS ou le revenu de solidarité active - RSA  , dont les montants se situent en dessous du seuil de pauvreté, ne peuvent être des solutions pérennes. Par ailleurs, des questions peuvent se poser sur la suffisance des moyens donnés à Pôle Emploi, humains, financiers, institutionnels pour répondre aux difficultés ».

L’exigence du respect des droits sociaux ne peut se heurter à de prétendues impossibilités financières et relève de l’action nécessaire pour l’égalité et la justice sociale. Plus que jamais s’impose le respect de l’article 23. (lire page 4).

Un chômeur nous écrit : « deux Ministres sont venus et repartis : M. Michel Sapin, et Mme Carlotti. Moi, ça m’a foutu en rogne. D’après la presse (je n’ai assisté à aucune des réunions), tous deux ont tressé des louanges à la qualité et la réactivité des services du personnel de l’agence Pôle-Emploi Nantes Est et plus généralement ont donné quitus à Pôle-Emploi en France (…) même si son contact avec son public n’a jamais été autant dématérialisé et déshumanisé. Bien sûr, tous les deux y ont été de leur petite larme (de crocodile, pensant au prochain train ou avion à prendre) pour la famille du défunt.

Mais je n’ai pas trouvé la plus petite ligne écrite d’encouragement ou de compassion à l’adresse de l’immense foule des chômeurs, de leur condition et de leur galère. Rien, nada ! Là, ce n’est plus digne d’un Gouvernement socialiste. C’est même une insulte (ou un déni) pour ceux qui survivent avec les minimas sociaux (RSA  , ASS, mêmes droits !). Et j’ai une pensée encore plus émue lorsqu’arrive la fin de droits. On dit bien facilement que « plaie d’argent n’est pas mortelle ». En voici la preuve contraire ».


Ecrit le 27 février 2013

 Suicide et pôle Emploi

Après le suicide d’un chômeur, devant Pôle Emploi le 13 février dernier, l’Union Départementale CGT déclare : « Depuis des années, les politiques publiques ont méthodiquement dégradé et déshumanisé le service rendu aux chômeurs en réduisant les moyens humains et financiers du service public et en appliquant de nouvelles règles d’indemnisations créatrices de précarité. Comment imaginer que cette dégradation ne soit pas la cause de drames humains ?

La dureté des règles d’indemnisation chômage ne permet pas aux travailleurs privés d’emploi d’accéder à un revenu décent. Rappelons que la majorité des chômeurs n’est pas indemnisée au titre de l’assurance chômage et que le RSA   ne peut constituer un horizon pour personne.

Ce que nous vivons aujourd’hui est le résultat de décisions politiques (non remises en cause par l’actuel gouvernement) et syndicales (les accords UNEDIC ont été avalisés par certaines organisations syndicales), prises ces dernières années, sur l’organisation des services publics et la situation financière des chômeurs. Déplorer ce drame affreux en valorisant le travail des agents de pôle emploi mais en occultant les causes du désespoir des privés d’emploi relève du contrefeu médiatique.

Les accords scélérats de Wagram, dits accords sur l’emploi, (lire ci-dessus) produiront très rapidement leurs effets : facilitation des licenciements, baisse de l’indemnisation ; toutes les conditions sont réunies pour que de nouveaux drames arrivent, les mêmes causes produisant les mêmes effets.

Contraints par le patronat à la précarité des CDD ou des temps partiels, victimes du chantage à l’emploi au nom de la recherche du profit, condamnés aux minima sociaux, jetés au chômage par millions, les travailleurs de notre pays attendent du gouvernement des mesures d’urgence pour la justice sociale ».